Lorsque notre Seigneur Jésus envoya les soixante-dix disciples annoncer l'Évangile du Royaume, Il leur donna des instructions et leur dit entre autres les paroles de notre texte. Il les envoya dans le pays sans argent et sans vêtements de rechange. Ces disciples devaient s'adresser, en Israël, à ceux qui avaient des oreilles pour entendre le message de Dieu, c'est-à-dire aux « véritables Israélites ». Le temps marqué pour annoncer ce message était venu, c'est pourquoi ceux qui le recevraient seraient heureux de pourvoir à l'entretien des disciples sans exiger d'eux aucun payement. Les habitants des pays de l'Orient ont des coutumes quelque peu différentes de celles de l'Occident ; ils exercent l'hospitalité sur une large échelle.
A leur retour, Jésus demanda à ces soixante-dix s'ils avaient manqué de quelque chose pendant leur tournée. Ils répondirent qu'ils n'avaient manqué de rien. Jésus avait dit à ces disciples que le message dont ils étaient chargés ne devait pas être annoncé de maison en maison, ni dans les rues, ni sur les places publiques. Les soixante-dix devaient rechercher dans chaque ville qu'ils visitaient les gens dignes de les écouter ; lorsqu'ils entraient dans une maison, ils devaient dire : « Que la paix soit sur cette maison ! ». S'ils étaient bien reçus, leur paix devait demeurer sur leurs hôtes ; sinon, leur paix devait retourner à eux, c'est-à-dire qu'elle ne devait pas rester sur cette maison.
Cette forme de salutation nous paraît étrange, car ce n'est pas la coutume chez nous de saluer de cette manière ; c'est encore l'habitude dans les pays de l'Orient de saluer ainsi, dans les maisons et dans les rues. Les gens diront par exemple : La paix soit avec vous ce matin. Presque tous se saluent et chacun dit quelque chose de ce genre. Nous nous souvenons combien notre étonnement fut grand lorsque nous visitâmes la Palestine pour la première fois, en 1892. Notre guide était bien connu dans la contrée, et lorsque nous passions dans les rues, les gens lui adressaient la parole en arabe et il répondait toujours. Nous lui demandâmes ensuite ce qu'on lui disait ; il répondit : La paix soit avec vous ou Dieu vous bénisse. Nous étions surpris de voir que le peuple répondait en général d'une manière si gracieuse.
Nous avons cependant quelque chose qui ressemble à cela dans notre salutation. Bon jour ! Comment allez-vous ? Bonne journée ! etc. Ces phrases expriment à peu près les mêmes sentiments. La salutation des disciples de Jésus devait être une mise à l'épreuve du peuple, lorsqu'ils allaient partout dans le pays d'Israël. S'ils étaient bien reçus, ils devaient demeurer dans la maison où on leur souhaitait la bienvenue et ne pas changer de logement jusqu'à ce qu'ils quittent la localité. Si les gens ne montraient pas d'intérêt pour eux ou pour leur message, les disciples devaient continuer leur voyage. S'ils parcouraient une ville sans trouver quelqu'un pour les recevoir ou pour prêter l'oreille à leur message, « le royaume de Dieu est proche », ils devaient aller plus loin et secouer, au figuré, la poussière de la ville qui s'était attachée à leurs pieds. Si le peuple leur disait : Parlez-nous de ces choses, ils devaient entrer dans la maison et lui parler de Jésus, de Sa mission, de Ses miracles. Lorsque le message était annoncé, ils devaient laisser leur paix demeurer sur la famille et se hâter d'aller le proclamer ailleurs.
Aujourd'hui, tout est différent ; si nous employions la même méthode que les premiers disciples, nous n'arriverions pas au but voulu de Dieu. Il est actuellement plus rationnel de distribuer des traités ou de vendre des livres à un prix modique et d'attirer l'attention du peuple sur les choses de Dieu, afin qu'il reçoive les enseignements nécessaires relativement au Royaume qui sera bientôt établi. A cette époque-là, le Royaume devait être établi dans le cœur d'un petit nombre d'humains ; maintenant, il sera établi avec puissance et gloire sur toute la surface de la terre. Nous devons proclamer le message de la paix, le message du Royaume de la paix, comme le firent les premiers disciples.
COMMENT DOIVENT SE COMPORTER LES MESSAGERS DE DIEU ?
Ce n'est pas les temps de détresse que nous devons annoncer, mais les bonnes nouvelles de l'Évangile, qui seront pour tout le peuple le sujet d'une grande joie, nous devons aussi annoncer les temps de rétablissement dans lesquels nous allons entrer. Si nous faisons allusion aux temps de détresse, nous devons dire qu'ils viendront nécessairement à cause du changement de dispensation, parce que le monde n'est pas préparé pour entrer dans le Royaume et recevoir ses bénédictions. En accomplissant notre œuvre, nous devons nous souvenir toujours que nous sommes des pacificateurs, que nous apportons la paix, que nous ne semons pas les querelles et les luttes. Quelques-uns d'entre nous pourraient être pris pour des gens qui sèment la discorde, s'ils n'annoncent pas le message avec une grande prudence. Nous devons favoriser la paix autant que possible, nous devons parler aux gens de l'amour de Dieu, de Sa miséricorde et de Sa bonté. Si nous accomplissons notre tâche avec amour, nous trouverons et atteindrons les gens auxquels le Seigneur veut que nous nous adressions. Dieu ne S'occupe pas actuellement des méchants, des indociles, mais Il choisit une classe spéciale de personnes qui formeront l'Épouse de Christ.
Si nous sommes sages, nous remarquerons quels sont les points importants du message que nous devons proclamer. C'est un message de paix et d'amour ; il doit montrer aux hommes la bonne direction à prendre, à ceux du moins qui pourront former la classe spéciale des fidèles. Le message de Dieu n'est pas pour les gens grossiers, querelleurs, il n'est pas pour les égoïstes et les méchants. Ce message est pour les humbles, les gens dociles, pour les cœurs honnêtes. Si quelqu'un ne reçoit pas notre message, nous ne devons pas lui montrer de l'amertume ou de l'opposition. Nous ne devons pas lui dire : Un jour vous vous repentirez de ne pas m'avoir écouté ! Nous ne devons pas agir ainsi. N'est-il pas dit de notre Maître : « Lui qui, injurié, ne rendait point d'injures » ? Nous devons suivre Son exemple en cela.
Certaines personnes pourraient dire que notre Seigneur répondit catégoriquement, avec franchise, aux scribes, aux pharisiens et aux docteurs de la loi qui s'opposaient à Lui, qu'Il les appela hypocrites, sépulcres blanchis et race de vipères. C’est vrai, mais notre Seigneur Jésus pouvait parler avec autorité, car Il occupait devant Dieu une place que nous n'avons pas ; Il était parfait, « il connaissait ce qui était en l'homme » et ne pouvait pas se tromper sur l'état du cœur de chacun de Ses adversaires. D’autre part, lorsque Jésus parlait de cette manière, Il S'adressait à une classe de personnes et non à un individu.
Quand nous avons annoncé le message du Seigneur fidèlement, nous devons avoir le sentiment que nous avons fait notre devoir et nous devons remettre les résultats de notre travail entre les mains du Maître de la moisson. La vérité est une épée tranchante qui coupera tout ce qu'il est nécessaire de retrancher ; d’autre part, s'il se manifeste quelque opposition, elle doit se produire à cause de la vérité et non à cause de certaines paroles ou certains actes rudes ou peu aimables de notre part. Tous ceux avec lesquels nous sommes en contact devraient pouvoir reconnaître la douceur de notre esprit, notre patience lorsqu'on cherche à nous fâcher, ils devraient pouvoir reconnaître que nous avons été avec Jésus et que nous avons été instruits par Lui - Act. 4 : 13.
« La paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence » devrait gouverner tous ceux qui parlent du Seigneur et qui annoncent Son message, à tel point qu'une influence sanctifiante les accompagne, surtout lorsqu'ils travaillent pour Dieu et parlent au nom du Prince de la Paix. Le caractère des véritables disciples est indiqué par le Maître Lui-même. Ceux qui désirent vraiment être appelés enfants de Dieu doivent procurer la paix ; Jésus nomme ces derniers bienheureux. L'Apôtre Paul fait aussi cette recommandation : « S'il est possible, autant que cela dépend de vous, soyez en paix avec tous les hommes » (Rom. 12 : 18). Il n'est pas possible de vivre en paix avec tous et de rester fidèle aux principes de la justice, mais les représentants de Dieu devraient procurer la paix par tous les moyens raisonnables.
Si nous entrons dans une maison, nous devrions chercher à faire du bien, à apporter des bénédictions, à exercer une influence qui conduise à la paix, à la joie, à la régénération de ceux qui l'habitent ; nous devrions chercher à faire du bien, non par des prédications, mais en annonçant le message simplement, sans importuner les gens. Si, étant les ministres du Seigneur, nous sommes repoussés avec dédain, si nous sommes mal accueillis, nous ne devons pas importuner davantage. Nous devons, au figuré, secouer la poussière de nos pieds et nous hâter d'aller plus loin chercher les cœurs qui ont faim et soif d'entendre la Parole de la grâce. Si nous proclamons la vérité d'une manière convenable, aimable, et ne trouvons pas de cœurs pour la recevoir, le Père céleste ne veut pas que nous violions les règles de la politesse en nous imposant à des gens qui n'apprécient pas cette vérité. Le Maître nous laissa un exemple magnifique dans ce domaine-là.
LE SEIGNEUR NE NOUS A PAS COMMANDÉ DE MENDIER POUR LUI.
Les disciples de Jésus envoyés pour prêcher la bonne nouvelle du Royaume ne devaient pas aller de maison en maison comme des mendiants cherchant à obtenir un repas ici et un logement plus loin ; si le Seigneur, par Sa providence, les guidait vers ceux qui les recevaient, Il voulait que les disciples donnassent à leurs hôtes des bénédictions proportionnées au prix de leur entretien momentané ; les porteurs de la bonne nouvelle ne devaient pas considérer l'hospitalité qu'on leur accordait comme des aumônes, car, étant les représentants du Seigneur, ils devaient répandre des bénédictions beaucoup plus grandes que celles qu'ils recevaient. Comme des ouvriers ordinaires, leur travail ou le service qu'ils rendaient valait au moins le prix de leur entretien. Si cette règle devait être mise en pratique à l'égard, d'une maison, elle devait être mises en pratique aussi à l'égard d'une ville. Les disciples ne devaient pas être difficiles, mais devaient accepter l'hospitalité comme on la leur offrait. Si personne ne leur offrait l'hospitalité, ils devaient quitter la ville et aller ailleurs, dans une localité où il se trouvait quelqu'un pour les recevoir et où leur message était écouté. Les serviteurs du Seigneur ne doivent pas du tout être des mendiants et ne doivent pas non plus mendier pour le Seigneur.
Le verset 9 du chapitre, dans lequel se trouvent les paroles de notre texte, semble à première vue n'avoir trait qu'à la moisson juive, mais il a trait aussi aux temps actuels. Il y a des maladies spirituelles aussi bien que des maladies du corps ; les ambassadeurs du Seigneur, aujourd'hui, doivent reconnaître que leur œuvre, leur mission, doit être d'ouvrir les yeux des aveugles et les oreilles des sourds, de porter secours aux malades spirituellement, de répandre le baume de Galaad sur les cœurs meurtris et brisés. Il est bon aujourd'hui, comme autrefois, de dire au peuple : « Le royaume de Dieu est venu vers vous ». Cette proclamation ne pouvait pas se faire pendant tout l'Âge Évangélique, mais seulement à la fin, c'est-à-dire à la moisson de l'âge juif et de l'âge actuel.
LE MESSAGE DE LA VÉRITÉ OPÈRE UNE SÉPARATION.
Nous arrivons maintenant à la fin de l'âge que Dieu réserva pour faire le rassemblement des membres d'Israël spirituel ; il est temps d'annoncer que le Roi est à la porte. Ce message a été proclamé par les vierges sages au cours de ces quarante dernières années et a opéré une séparation entre les vierges sages et les vierges folles. Cette œuvre est bientôt terminée. Notre Seigneur allait de ville en ville en Israël, parlant de l'appel céleste de la nouvelle dispensation, de l'appel à être cohéritier de Christ dans le Royaume ; Il disait aux villes qui rejetaient Son message : « Au jour du jugement, le pays de Sodome et de Gomorrhe sera traité moins rigoureusement que cette ville-là » (Matth. 10 : 15). Nous croyons que Jésus peut adresser les mêmes paroles actuellement aux habitants de nos pays. Les gens auxquels Dieu avait accordé la faveur d'entendre le message de la vérité et qui ont fait la sourde oreille, tout en professant de suivre Christ, peut-être même en enseignant en Son nom, trouveront les conditions de l’âge futur moins favorables pour eux que pour les païens qui n'ont jamais entendu le véritable message de Dieu, l'Évangile du Royaume qui va s'établir prochainement.
Les païens se soumettront probablement plus facilement aux conditions et exigences imposées dans le Royaume, et recevront moins de coups de verge, que ceux qui ont plus ou moins endurci leur cœur en péchant contre la lumière, en ne profitant pas des possibilités offertes, en refusant d'écouter la Parole de Dieu et d'examiner les preuves évidentes données à l'appui de ce qui leur était annoncé par les messagers du Seigneur. Les personnes qui, dans la vie actuelle, ont eu une position élevée dans les organisations religieuses juives et chrétiennes, seront profondément humiliées dans l'âge à venir, lorsque les jugements de Christ dans Son Royaume s'exerceront, lorsqu'Il fera « de la droiture une règle et de la justice un niveau », lorsque « la grêle emportera le refuge de la fausseté » (Es. 28 : 17) ; alors tout le mal et toutes les séductions qui se commettent maintenant seront connus et vaincus. Nous craignons que certaines personnes ne reçoivent de nombreux coups de verge avant de devenir humbles, dociles, obéissantes.
QUELQUES PAROLES D'AVERTISSEMENT.
Pendant les quelques jours ou les quelques mois que nous avons à passer jusqu'à ce que notre œuvre soit terminée dans la chair, soyons des dispensateurs fidèles de la précieuse vérité, et des représentants dignes de porter le nom de notre Maître. Il est à craindre que ceux qui suivent depuis peu de temps le chemin étroit et qui n'ont pas appris toutes les leçons d'humilité, de douceur, de patience et d'amour, ne laissent pas toujours, dans les familles chez lesquelles ils passent, une douce et bienfaisante influence. Il est à craindre qu'ils bavardent, médisent, parlent mal de leur prochain, laissent échapper des paroles qui manquent de douceur, que leur conduite ne laisse à désirer, qu'ils se montrent impatients, etc. L'influence de ces personnes-là, même si elles sont à l'école de Christ, est charnelle, elle nuit beaucoup au développement spirituel, à la croissance des fruits de l'esprit en eux-mêmes et chez ceux qui cherchent à marcher dans la voie droite, qui se laissent diriger par le Seigneur au moyen de Sa Parole.
Tous ceux qui portent le nom de Christ, qui sont entrés à Son école, doivent mettre eux-mêmes en pratique les leçons que leur donne le Maître suprême, c'est là une chose de toute importance. Il est de toute importance aussi que ceux qui ont fait un contrat d'alliance avec le Seigneur marchent fidèlement, se montrent dignes de leur haute vocation et ne soient pas une honte pour Celui au service duquel ils travaillent. Les humains qui ont été retirés des ténèbres et conduits dans la merveilleuse lumière du Seigneur devraient, plus que tous les autres habitants de la terre, être des exemples par leur vie de chaque jour, par leurs conversations et en portant les précieux fruits et les grâces du saint Esprit de Dieu. Nous aimons à croire que, tous, nous désirons glorifier le Seigneur de cette manière, Lui témoigner toute notre gratitude et Lui montrer que nous apprécions ses bontés, envers nous.
L'Église, aujourd'hui, est comme « une ville située sur une montagne et qui ne peut être cachée ». Le monde et même nos ennemis attendent beaucoup de nous ; le Seigneur, d'autre part, attend certainement beaucoup de nous. Soyons donc fidèles, chers frères, dans nos paroles et nos actes, dans toute notre conduite. C'est ainsi que nous honorerons le nom de notre Dieu et le nom de notre Sauveur et Roi, le nom de celui que nous espérons voir bientôt face à face.