L’amour est une qualité qu'il n’est pas, semble-t-il, au pouvoir de l'homme de décrire parfaitement. Le mieux que nous puissions faire est d'en décrire les manifestations. Ceux qui possèdent cette qualité sont capables de l'apprécier mais sont incapables de l'expliquer complètement, car elle est de Dieu - la ressemblance de Dieu dans le cœur, dans la langue, dans les mains, dans les pensées, pénétrant tous les attributs humains et s'efforçant de les diriger.
Il y a, cependant, différentes sortes d'amour ; l'Apôtre ne parle pas de l'affection en général, mais de cette sorte d'amour particulière qui appartient à Dieu et à la Nouvelle-Création, engendrée de Lui. Il y a un amour animal tel que celui qu'exercent les bêtes à l'égard de leurs petits - amour qui dans son abnégation les conduit fréquemment au sacrifice même de leur vie. Cette sorte d'amour est inhérente à l'homme naturel, même dans sa situation déchue. C'est un amour toujours plus ou moins égoïste ; car parfois il va même jusqu'à dépouiller les autres pour prodiguer de bonnes choses à ceux qu’il favorise. Ce n'est pas l'amour décrit par l'Apôtre qui ne s'adresse d'ailleurs pas à l'homme naturel. Il s'adresse à la Nouvelle-Création et l'informe que l'homme naturel est incapable d'apprécier ce qu'il expose. Pour avoir une compréhension parfaitement claire de cet amour et pour l'accepter de tout son cœur comme règle de vie, il apparaît nécessaire que nous soyons engendrés d’En-Haut, par le Tout-Puissant, Dieu Lui-même - 1 Cor. 2 : 9-14.
LA « VOIE PLUS EXCELLENTE »
L'Église de Corinthe avait été fondée depuis près de cinq ans, et elle avait joui dans une grande mesure de la providence divine. En leur adressant cette épître, il est évident que St Paul considérait bien leurs besoins et cherchait à les servir par le divin Message de grâce. Il peut ne s'être pas rendu compte combien était grande l'œuvre qu'il était en train de faire et quelle serait l'immense portée de ses instructions. Peut-être valait-il mieux pour lui de ne pas connaître l'importance de ce service envers l'Église entière de l'Âge de l'Évangile. Une telle connaissance aurait pu le rendre orgueilleux - la condition même contre laquelle le Seigneur l'avait prémuni en permettant qu’il eut encore « l'écharde dans la chair » (2 Cor. 12 : 7-10).
Dans cette épître, St Paul a graduellement dirigé les esprits de ses lecteurs à une plus haute appréciation des bénédictions dont ils jouissaient. Dans le chapitre précédant l'étude d'aujourd'hui, il attire l'attention sur les divers « dons de l'esprit » qui étaient accordés à l'Église primitive pour son établissement et son développement. Il termine le chapitre par l'exhortation que, tout en estimant ces dons, chaque membre de l'Église devrait rechercher sérieusement ceux qui sont supérieurs. Puis il ajoute : « Je vais vous montrer encore une voie plus excellente » - quelque chose de supérieur à tous les autres dons du saint Esprit. Notre étude se rapporte à cette ambition plus excellente qui devrait animer chaque enfant de Dieu ; savoir, l'acquisition et le développement de l'esprit d'Amour, l'Esprit du Seigneur, comme fidèles vainqueurs.
Les dons de l'Esprit, que l'Apôtre étudie dans le chapitre qui précède notre étude, avaient pris dans l'Église primitive, la place d'autres bénédictions dont nous jouissons maintenant. Ils n'avaient ni Bibles, comme nous en avons, ni concordances, ni guides, pour l'étude de la Bible. Aussi le miraculeux « don des langues » leur était-il nécessaire pour les rassembler une fois par semaine afin d'examiner le message de l'Éternel. Il était nécessaire que le message vînt de cette manière miraculeuse pour qu'ils pussent mieux l'apprécier et comprendre qu'il venait de l’Éternel et non d'eux-mêmes. Cela fut l’opportunité pour un autre don, « l'interprétation des langues ». C'est ainsi que par les divers dons du saint Esprit, ils furent rassemblés et édifiés - fondés - jusqu'à l’époque où graduellement les livres du Nouveau Testament furent réunis. Après la mort des Apôtres et la cessation des dons qui en résulta, ces providences divines de la Parole écrite furent tout à fait suffisantes, ainsi que l'Apôtre l'expose ici.
Après avoir attiré l'attention sur ces divers faits et sur l'unité de l'Église, St Paul montra aux Corinthiens qu'ils attribuaient une valeur un peu trop importante au « don des langues ». Si tout don, expliquait-il, avait sa place convenable dans l'Église, comme une bénédiction, néanmoins une bénédiction plus grande encore, consistait dans la capacité de présenter la Vérité dans une langue ou dans un langage compréhensibles. Il se déclara Lui-même capable de parler en plus de langues qu'aucun d'entre eux, et cependant, il indiqua qu'il préférait parler dans une langue qui serait comprise de ses auditeurs. Finalement, il en vint dans son argumentation à notre présente leçon qu'il donna comme le point le plus important de ses précédentes suggestions.
LA SUPÉRIORITÉ DU LANGAGE DE L'AMOUR.
Hardiment, l'Apôtre expose une grande vérité qui, de plus en plus, a été reconnue partout parmi les chrétiens, en proportion de leur développement dans la ressemblance de caractère avec leur cher Rédempteur, en proportion de leur développement comme enfants de Dieu. St Paul déclare que la connaissance, la sagesse, les talents, les dons de toutes sortes, ne sont pas les choses qui doivent être recherchées par-dessus tout, mais que c'est l'amour qui devrait être le plus hautement apprécié.
Dieu est Amour, et c'est pourquoi quiconque voudrait Lui être agréable devrait développer cette disposition ; car selon la loi divine, nul n'aura jamais la pleine approbation divine ou la vie éternelle sur un plan quelconque d’existence sans le plein épanouissement dans le cœur, dans le caractère, de cette divine qualité de l'amour. En conséquence, « l'amour est l'accomplissement de la loi » (Rom. 13 : 10). La vérité de cette déclaration est évidente pour tous.
Avec beaucoup de force, St Paul déclare que s'il possédait toutes les langues de la terre et des cieux et pouvait les parler parfaitement et dans un rythme captivant, cela même ne constituerait pas une preuve de son acceptation pour la vie éternelle. Lors même qu'il ferait tout cela d'une manière accomplie, même s'il s'agissait de parler du caractère divin et dans l'intérêt de ses semblables, il se pourrait qu'il n'y mît pas tout son cœur, mais fût simplement comme l'airain qui raisonne ou une cymbale qui retentit. Ainsi donc l'argument est que des langues ne doivent pas être considérées comme une preuve du caractère chrétien.
La déclaration de l'Apôtre est introduite par un « si », qui pourrait être contesté jusqu'à un certain point par l'affirmation que personne ne pourrait annoncer avec puissance l'Évangile de Christ s'il ne possédait l'esprit d'amour. Nous avons tous entendu des orateurs publics qui étaient capables de donner de très beaux essais sur des sujets scripturaux, mais nous avons généralement senti un creux dans leurs enseignements, à moins qu'ils ne parlassent du fond de leur cœur, pousses par l’amour de la vérité – non par l'amour des applaudissements, ni par l'amour de l'argent.
Puis il raisonne à l’égard de la prophétie - l'éloquence - et de la compréhension des mystères, et de la connaissance, et au sujet de la profession d'une foi à soulever les montagnes. Il demande : ces talents ne signifieraient-ils pas un glorieux développement du caractère, une complète approbation de la part de Dieu et l'assurance de la vie éternelle ? Alors il répond : non, aussi précieux que soient ces talents, ils n’auraient dans l'estimation divine aucune valeur quelconque, ne seraient pour nous d’aucun profit, s'ils n'étaient basés sur l'amour. Comme l'argument de l’Apôtre exalte cette qualité d'amour devant nos esprits, il continue en disant que même si nous donnions tous nos biens pour la nourriture des pauvres, si nous étions comme martyrs brûlés sur le bûcher, cela cependant ne servirait de rien si le motif, le sentiment qui sont derrière le don et derrière l'endurance du martyre n’étaient pas l’amour. Sans l'amour véritable comme instigateur de notre conduite, il n'y aura aucune récompense.
LES ÉLÉMENTS DE L'AMOUR
À ceux du peuple du Seigneur qui n'ont jamais étudié de près les éléments de l'amour, ses parties constituantes, les suggestions de l'Apôtre dans l'étude de ce jour seront une sorte de révélation. Il énumère les neuf parties constituantes :
(1) La patience – « l'amour est patient » ;
(2) La bonté – « il est plein de bonté » ;
(3) La générosité – « l'amour n'est point envieux » ;
(4) L'humilité – « l'amour ne se vante point, il ne s'enfle point d'orgueil » ;
(5) La courtoisie – « il ne fait rien de malhonnête » ;
(6) Le désintéressement – « il ne cherche pas son propre intérêt » ;
(7) L’indulgence – « il ne s’irrite pas » ;
(8) L'innocence – « il ne soupçonne point le mal » ;
(9) L’honnêteté – « il ne se réjouit pas de l'injustice, mais se réjouit dans la Vérité ».
Malgré toutes nos douleurs et tous nos maux physiques, que le monde serait merveilleux si chaque membre de la race humaine possédait dans la perfection les qualités qui viennent d’être énumérées ! Cependant, ce serait gaspiller son temps inutilement que de se lamenter sur ce que nous n'avons pas, ou de faire des reproches sans nécessité à nos voisins et nos amis, parce que comme nous, ils ne sont pas parfaits dans l’amour. En vérité, plus nous parvenons à comprendre les enseignements de la Bible, plus nous avons de la sympathie pour la pauvre « création gémissante ». Dans un sens du mot, nos sympathies sont toutes pour l’étendard glorieux que l'Apôtre dresse devant nous. Nous ne pouvons pas sympathiser avec le mensonge, l'erreur, le mal ; ils nous sont antipathiques. Mais, comprenant la situation, nous pouvons sympathiser avec nos semblables et avec nous-mêmes parce qu’étant dans une condition déchue dans laquelle aucun ne peut faire les choses qu'il voudrait faire.
La clé scripturale de la situation est le fait que, en tant que race, nous sommes nés et avons été formés dans l'iniquité, et que nos mères nous ont conçus dans le péché (Ps. 51 : 5 ; Gen. 3 : 20). La calamité du péché, de l'imperfection et de la mort a détérioré mentalement, moralement et physiquement le monde entier - elle a fait de nous ce que l'Apôtre décrit comme une « création gémissante » (Rom. 8 : 22). La connaissance de ces faits que si peu de gens possèdent, que si peu de gens comprennent, devrait tendre à faire de ce petit nombre un peuple particulier par son affectueuse sympathie et sa bonté envers ses semblables dans la détresse. Hélas ! la difficulté est que ces quelques-uns qui connaissent ces faits de la Parole divine, sont si imprégnés eux-mêmes d'égoïsme et si accablés par les soucis de la vie, que souvent leur sympathie n’est pas tout ce qu'elle devrait être !
SEULES LES NOUVELLES-CRÉATURES SONT CONCERNÉES.
C'est pour cette raison que les Écritures ne s'adressent pas à l'homme naturel ; car son esprit est tellement gâté par l'égoïsme que l’œil de la pitié et l’oreille de la sympathie sont chez lui presque fermés. Au lieu de faire appel à l'homme naturel en général, les Écritures montrent que le Seigneur attire spécialement quelques-uns possédant certaines qualités du cœur et de l'esprit, et conduit spécialement ceux-ci à la connaissance du Rédempteur, leur laissant toute liberté d'accepter ou de rejeter l'offre de la grâce et du pardon divins.
Ceux qui y répondent sont encore un peu plus éclairés ; et s'ils continuent d'y répondre, ils sont traités comme des justifiés à cause de leur foi dans le sang de notre Seigneur Jésus-Christ. Il leur est accordé ensuite d'autres opportunités spéciales et des exhortations à se consacrer complètement à Dieu et à Son service, même jusqu'à la mort. S'ils y répondent encore et font cette consécration, ils sont alors parvenus au point où il plaît au Seigneur de les considérer comme morts aux choses terrestres, d'après ce qu'ils professent, et de les engendrer du saint Esprit et des glorieuses promesses de Sa Parole, et de les compter au nombre des Nouvelles-Créatures en Christ - Membres du Corps du Rédempteur, qui est l'Église. Ils ont alors atteint le degré où, comme enfants de Dieu, ils doivent aller à l'école et se développer en connaissance et en caractère, afin qu'ils deviennent véritablement capables, préparés, bons pour la vie éternelle et avoir part avec leur Rédempteur dans Son Royaume.
LEÇONS ENSEIGNÉES DANS CETTE ÉCOLE.
Quand nous entrons à l'école du Christ, le but final du cours d'instruction nous est présenté dans les paroles du grand Instructeur : « Soyez semblables à votre Père qui est dans les cieux ». La même pensée nous est présentée quand St Paul nous assure que Dieu a déterminé d’avance que seuls ceux qui sont des copies de Son cher Fils - dans la ressemblance du caractère - peuvent être Ses cohéritiers dans le Royaume promis (Rom. 8 : 29). Quand nous sommes entrés à l'école du Christ, nous ne savions pas qu'il serait tant exigé de nous. Nous ne comprenions pas tout ce que nous faisions quand nous nous consacrâmes jusqu'à la mort dans le service de la justice. Cependant, aucun avantage ne nous fut enlevé, car ce qui nous était présenté, et ce que nous nous étions consacrés à faire, inclut tout ce qui est en notre pouvoir - et rien de plus - même jusqu'à la mort. C'est pourquoi aucune des leçons qui sont exposées devant nous n'est au-delà de notre engagement ou de notre accord pour l'accomplir.
Dans le spectre de l'amour qu'il nous donne dans cette étude, l'Apôtre définit les diverses parties de cette grande leçon de la ressemblance de Christ qui est la ressemblance de Dieu. Il montre ce qui constitue le caractère que nous devons avoir, comme Dieu l'a déterminé d'avance, afin d'être dignes du don de Dieu, qui est la vie éternelle par notre Seigneur Jésus-Christ (Rom. (6 : 23).
L'AMOUR VU EN COMPARAISON.
« L'amour excuse tout, il croit tout, il espère tout, il supporte tout ». Ses éléments de patience et de douceur sont l'amour dans le sens de la bonne volonté de souffrir toutes sortes d’oppositions, toutes les fois qu'il voit un sujet convenable de sympathie. « L'amour croit tout », dans le sens qu'il n'est pas porté à douter, à ne pas croire, à contester les motifs et la véracité de ses semblables. Ce n'est qu'après des preuves complètes et convaincantes du contraire qu'il cessera d'exercer la foi. « L'amour espère tout » dans le sens qu'il désire la bénédiction de tous ceux avec lesquels il est en contact ; et en harmonie avec son désir, il s'efforce continuellement de leur faire du bien. « L'amour supporte tout » dans le sens qu’il ne peut s’éteindre tant qu’il peut convenablement s'exercer.
Considérées à autre point de vue, ces qualités peuvent être ainsi interprétées : L'amour « excuse tout », parce qu'il endure l'opposition de tous côtés sans être renversé. Il « croit tout », parce qu'il est plein de foi dans les promesses et les arrangements divins, ne doutant de rien. Il « espère tout », dans le sens que ce parfait amour envers Dieu rend le cœur capable d'être rempli de confiance dans le Tout-Puissant dans l'amour duquel il se repose. Il « supporte tout » dans le sens que l 'âme qui est unie à Dieu par le lien de l'amour ne peut être vaincue, ne peut être abattue, car c'est la volonté et l'arrangement divins de ce qu'il est capable de supporter, mais avec chaque tentation, Il prépare le moyen d'en sortir (1 Cor. 10 : 13).
L'Apôtre établit une comparaison entre l'amour et certains dons de l'Esprit que l'église de Corinthe tenait à juste titre en haute estime. Il voulait que nous comprenions tous combien l'amour est infiniment plus élevé qu'aucun des dons qui faisaient les délices de l'église primitive. L'amour n'est pas un don, mais un produit. C'est un fruit qui doit être développé dans le jardin de nos âmes et doit être gardé avec beaucoup de soin en vue de son développement convenable. Il dit que l'amour ne périt jamais, mais que les autres choses périront ; savoir, le pouvoir de prophétiser - l'éloquence - le don des langues, la connaissance, etc. Ils perdraient leur valeur à mesure que le changement des conditions les rendrait comparativement moins nécessaires. Les prophéties prendraient fin, les langues cesseraient et la connaissance disparaîtrait.
L'argument avancé par St Paul est que toutes ces choses cesseraient nécessairement quand la perfection règnerait, car tous nos dons et talents sont imparfaits. Assurément, avec notre glorieux « changement » dans la première résurrection et avec l'introduction du Millénium, nos conditions seront si différentes que beaucoup de choses que nous estimons hautement maintenant, dans les circonstances défavorables actuelles, seront alors sans valeur ! C'est ainsi qu'autrefois le silex était précieux pour produire une étincelle, mais il n'est plus employé aujourd'hui, ayant été supplanté par les allumettes, les lampes électriques, etc. Cependant, beaucoup de ces dons, y compris celui des langues, ont péri longtemps avant l'Aurore du Millénium. Peu de temps après la mort des Apôtres, ils cessèrent tout à fait, car ils ne furent partagés que par les Apôtres.
« DONS » VS. « FRUITS »
Puis l'Apôtre compare les dons de l'Esprit aux fruits de l'Esprit, et montre que les premiers mis en contraste avec les derniers, étaient comme les jouets de l'enfance en comparaison des valeurs de l'âge viril. « Lorsque j'étais enfant, je parlais comme un enfant, je pensais comme un enfant, je raisonnais comme un enfant ; mais quand je suis devenu homme, j'ai fait disparaître ce qui était de l'enfant ». Ainsi, le don des langues, l'interprétation des langues, etc., furent donnés à l'Église dans son enfance et remplirent alors utilement leur but. Mais ils disparurent à mesure que l'Église sortant de l'enfance parvenait à la force et au développement résultant d'une plus grande connaissance du grand plan de Dieu. Le lait de la Parole et la nourriture solide de la Parole devraient, dans l'intention de Dieu, développer les membres du Corps de Christ, jusqu'à ce qu'ils parvinssent à la stature de l'homme en Christ. Plus avancé serait le chrétien, plus sûrement il connaîtrait que les dons de l'Esprit étaient simplement comme les jouets d'enfants, et devaient être supplantés par les fruits de l'Esprit, beaucoup plus précieux pour l'Église dans sa condition développée (Héb. 5 : 12-14).
St Paul nous fait encore comprendre que nous vivons non simplement pour le présent, mais spécialement pour le futur, et que tout ce qui subsistera de nous dans l’avenir éternel doit certainement être pour nous la chose la plus importante à acquérir. Il voulait que nous discernions que la chose la plus importante pour le chrétien est l'Amour qu'il a décrit dans notre étude. Notre connaissance, nos langues, etc., du temps actuel, ne sont que l'ombre des grands pouvoirs qui seront à nous si nous atteignons les glorieuses bénédictions de la première résurrection. Quelle que soit notre clarté de vues au temps actuel, nous trouverons qu'elle n'est que ténèbres en comparaison de la pleine lumière du glorieux jour millénaire. Où nous voyons maintenant comme à travers un miroir obscur, nous verrons alors face à face. Maintenant, nous connaissons en partie ; alors nous connaîtrons comme nous avons été connus.
L'Apôtre désirait que l’Église vît que la foi, l'espérance et l'amour - trois fruits du saint Esprit - sont bien supérieurs à tous les dons de l'Esprit ; car ces fruits subsisteront à travers l’Âge. Jusqu'au matin millénaire, nous aurons besoin de foi, d'espérance et d'amour. Nous ne pouvons pas avancer sans eux. Nous ne pouvons faire aucun progrès sur les traces du Maître sans ces qualités, mais si nous cherchons à comparer ces qualités imparfaites entre elles, nous découvrons que la principale d’entre elles est l'amour, ainsi que l'Apôtre le déclare.
L'amour est la qualité Divine sans laquelle nous ne serions pas encore agrées par Dieu, même si nous possédions toutes les autres qualités qui servent à édifier le caractère chrétien. L'amour est la qualité qui persistera dans toute l'éternité. Si nous voulons demeurer dans la faveur divine, nous aurons toujours besoin de l'amour. Quant à la foi et à l'espérance dans leur forme présente, aussi excellentes qualités soient-elles, le temps viendra où elles seront englouties par la vue, par les réalités des conditions glorieuses de la communion avec le Seigneur, bien qu’elles continueront toujours comme qualités s’exerçant dans d’autres voies. Mais l'amour ne périra jamais, tel qu’il est même à présent constitué. Parmi toutes les grâces de l'Esprit, dans sa forme actuelle, il demeure suprême et éternel.