Parmi les personnes qui ont une bonne instruction, et même une haute culture, il n'y en a que peu qui comprennent toute la puissance des dispositions d'esprit, des pensées, du caractère et toute l'influence qu'ils exercent sur toutes les affaires, tous les actes de la vie. Peu de mères comprennent que leurs pensées influent beaucoup sur la formation du caractère de leurs enfants pendant la période de gestation ; elles peuvent leur transmettre de bonnes ou de mauvaises dispositions d'esprit. Peu de pères comprennent aussi cela et cherchent vraiment à collaborer avec leur femme pour mettre au monde des enfants d'un caractère noble en tâchant de communiquer à leurs femmes pendant leur grossesse des pensées nobles, des aspirations élevées, un idéal de beauté, de grâce, de pureté, de révérence et de spiritualité. Lorsque les gens comprendront toute l'influence que les dispositions d'esprit de la mère exercent sur son enfant pour le bien comme pour le mal, un changement radical se produira sûrement dans beaucoup de familles ; car, nous avons la conviction que la plupart des gens préfèrent le bien au mal ; s'ils font le mal, c'est par ignorance ; l'ignorance est leur pierre d'achoppement.
Si, d'une part, nous nous intéressons aux humains en général, nous ne devons pas oublier que la Bible s'adresse aux enfants de Dieu qui ont conclu une alliance spéciale avec Jéhovah par le Seigneur Jésus-Christ et qui sont devenus de Nouvelles-Créatures par la puissance d'engendrement du saint Esprit. Le monde sera enseigné et développé pendant le Millénium ; maintenant, dans la vie actuelle, la possibilité de se développer n'est offerte qu'à ceux qui ont été engendrés du saint Esprit et qui n'ont qu'une unique et grande espérance, c'est celle d'être rendus parfaits, dans la nature spirituelle à la résurrection des justes. Si, d'une part, le chrétien doit s'intéresser au monde, d'autre part, son devoir est de suivre l'exemple de Jésus et de s'intéresser spécialement à ses semblables qui sont ses frères en Christ.
LA PUISSANCE DE LA PENSÉE.
Chaque chrétien doit prendre pour lui-même l'exhortation de l'Apôtre ; l'Église en général doit aussi écouter cette exhortation, afin que ses membres puissent s'édifier les uns les autres dans la très sainte foi en suivant les indications de notre texte.
Chaque individu est responsable de son propre esprit et de la manière dont il le dirige. En devenant chrétiens, nous avons donné notre volonté au Seigneur, nous avons consenti à ne pas accomplir, dès ce moment, les désirs de notre propre volonté, nous avons consenti à les ignorer et à suivre les directions du Seigneur qui sont selon Sa volonté. C'est dans ces conditions-là que le Seigneur nous reçut dans Sa famille ; chaque fois que nous omettons de remplir une de ces conditions, nous sommes infidèles à notre contrat d'alliance. Le Seigneur, par le moyen de Sa Parole, nous donne les enseignements nécessaires pour connaître Sa volonté ; Son message reçu dans un cœur honnête et bon, produit les fruits de l'obéissance qui conduisent au développement des fruits de l'Esprit.
Un homme « est tel que sont les pensées dans son âme ». Nombre de chrétiens ont appris à gouverner leurs actions et à refouler en eux toute manifestation de l'esprit charnel de querelles. Plusieurs ont appris à maîtriser leur langue dans une certaine mesure, se rappelant que, par elle, nous bénissons Dieu et par elle aussi nous pouvons faire du tort à notre prochain, comme le dit l'Apôtre Jacques (3 : 1-10). Changer sa conduite et ses paroles est une chose difficile, à moins que l'esprit, la volonté, tout soit soumis à la volonté de Dieu. Dieu nous montre pourquoi Il exige certaines choses ; Il met devant nos yeux Ses grandes et précieuses promesses ; ces promesses sont destinées à faire une œuvre en nous, à accomplir dans notre esprit, dans nos paroles et nos actions la volonté de Dieu, selon Son bon plaisir.
QUESTIONS QU'IL EST BON DE SE POSER EN FAISANT L'EXAMEN DE SOI-MÊME.
L'Apôtre, dans notre texte principal, nous montre la voie à suivre en cherchant à se gouverner soi-même, à gouverner ses pensées, ses paroles et sa conduite. Toute pensée doit être prise à partie et sérieusement jugée, car si une pensée mauvaise, égoïste, basse ou impure pénètre dans notre cœur, elle germera et produira des souillures qui contamineront et empoisonneront nos paroles, notre conduite et ensuite influenceront notre prochain. Cette opération, qui consiste à censurer nos propres pensées, doit être dirigée selon les lignes tracées par l'Apôtre dans notre texte, et cet examen critique, qui au début prend peut-être beaucoup de temps pour aboutir à une décision, finit par devenir très rapide, et chaque cas est résolu presque instantanément. Nous devons nous demander :
1° La pensée qui cherche à prendre pied dans notre esprit est-elle honorable ? Si oui, on peut la conserver et l'entretenir. Si, par contre, elle n'est pas honorable, on doit s'y opposer et la chasser de l'esprit, car elle a une mauvaise influence.
2° La pensée qui arrive dans notre esprit est-elle pure, n'a-t-elle rien de sensuel ou d'égoïste ? Si elle supporte ce premier examen, on doit encore la vérifier. Si, après ce second examen, nous ne la trouvons pas véritablement pure, nous la condamnerons comme une peste susceptible de faire beaucoup de mal et d'empoisonner la demeure de nos pensées et de nos sentiments.
3° La pensée qui cherche à entrer dans notre esprit est-elle aimable ? Aura-t-elle une bonne influence, nous donnera-t-elle des pensées d'amour ? Contient-elle quelque chose qui ressemble quelque peu à la haine, au ressentiment, à la colère, à la malice ? Si elle est aimable, on peut la laisser entrer ; si elle ne l'est pas, elle doit être immédiatement chassée ; on ne doit pas la laisser pénétrer plus loin, car elle nuirait à nous-mêmes et à notre prochain.
4° La pensée qui nous vient à l'esprit est-elle de bonne renommée ? Non pas de bonne renommée simplement aux yeux du monde ; car les Apôtres et Jésus furent outragés par le monde qui répandit toutes sortes de calomnies contre eux faussement. Les termes « de bonne renommée » dans notre texte veulent dire ce qui serait considéré comme bien par toutes les personnes honorables qui connaîtraient exactement tout ce qui est renfermé dans la pensée exprimée par ce mot.
5° La pensée qui demande à entrer dans notre esprit contient-elle quelque vertu, est-elle digne de louange ? Si oui, on petit l'admettre ; si non, on doit la chasser ; mais si elle n'a aucune valeur, même si elle n'est pas vraiment blâmable, nous ne devons pas la conserver. Nous n'avons ni temps ni place dans notre cœur pour des choses qui ne sont ni bonnes ni mauvaises. Nous désirons remplir notre cœur et notre esprit de choses qui ont une valeur positive, qui sont bonnes, utiles, profitables d'une manière quelconque ; sinon ces pensées inutiles ne sont que des occupants gênants et encombrants de notre cœur, de notre esprit qui, cependant, ont besoin de toute la place disponible pour de bonnes choses. La lecture de romans religieux ou de nouvelles peut être classée parmi ces pensées-là ; ce sont des pensées qui ne sont ni mauvaises, ni utiles, ni édifiantes.
Quelles que soient les dispositions d'esprit naturelles d'un enfant de Dieu, qui suit les enseignements de la Parole divine, il finit par acquérir sûrement un caractère noble, il désire secourir son prochain, il possède un esprit de sagesse ou de sobre bon sens ; ces qualités ne constituent qu'une partie de la préparation pour le Royaume et pour la grande œuvre qui sera confiée aux serviteurs de Dieu conduits par leur Rédempteur et Chef.
6° La pensée a-t-elle quelque vertu, ou est-elle, dans un sens quelconque du terme, digne d'éloges ? Si oui, elle peut être admise. Sinon, elle doit être repoussée ; car même si elle est irréprochable par ailleurs, le fait qu'elle n'ait aucune valeur est une raison pour la rejeter. Nous n'avons ni le temps ni la place pour les choses qui ne sont simplement pas mauvaises. Nous désirons avoir dans nos cœurs et dans nos esprits des choses qui sont positivement bonnes, utiles, bénéfiques d'une certaine manière. Sinon, la pensée devrait être repoussée comme un simple encombrement du sol de nos cœurs, de nos esprits, qui est requis pour des choses profitables. Une grande partie de la lecture de romans est de ce caractère - pas mauvaise, mais pas avantageuse, pas édifiante.
Quoi que nous soyons par nature, le peuple de Dieu qui suit les instructions de la Parole Divine devient certainement un peuple noble, un peuple serviable, possédant l'esprit du sobre bon sens ; et ces choses ne seront qu'une partie de leur préparation pour le Royaume et pour le grand travail qui leur sera alors confié en tant que serviteurs de Dieu sous leur Rédempteur et Chef.