R 5893 (TG janvier 1917 p.7)
IL EST NÉCESSAIRE D’ANNONCER L’ÉVANGILE
« Malheur à moi si je n’annonce pas l’Évangile » - 1 Corinthiens 9 : 16.

Le plus grand nombre des personnes qui lisent la parabole de Jésus parlant de « pleurs et de grincements de dents » pensent que cela veut dire, tourments éternels, et le terme malheur, selon certaines personnes, a, dans la Bible, la même signification que le précédent. Nous pourrions alors changer notre texte et dire : J'irai dans les tourments éternels si je n'annonce pas l'Évangile. Cette fausse compréhension nous est venue de doctrines, de traditions et de coutumes qui ont pris naissance dans l'âge des ténèbres, lorsqu’on défendait aux gens de lire la Bible.

Nous croyons que l'Apôtre veut dire : Je serais très malheureux si je ne pouvais pas annoncer ou prêcher l'évangile ; ce serait une cause de grande affliction pour moi. J'ai persécuté autrefois les disciples de Christ, et le Seigneur a usé d'une miséricorde immense à mon égard ; si, me souvenant de ma vie passée, je m'abstenais de proclamer Son message, je perdrais certainement Ses faveurs et Ses bénédictions. Le contexte parait bien contenir cette signification aussi. N'avoir plus la possibilité d'annoncer ce merveilleux Évangile serait de même une cause de grande souffrance pour ceux à qui le Seigneur a fait la grâce de connaître Sa vérité et d'être éclairés par elle.

Selon notre compréhension, les paroles de l'Apôtre ne se rapportent qu'au ministère public de la Parole. A un autre point de vue, tout enfant de Dieu consacré est un ministre consacré pour prêcher, car consécration ou ordination veut dire mission, droit ou autorisation. Cette mission de prêcher l'Évangile est mentionnée par le prophète Esaïe (Es. 61 : 1-3). Là, l'Église nous est montrée ayant pour Chef suprême Jésus-Christ qui, Lui, dans la prophétie, est la personne qui parle. « L'esprit du Seigneur est sur moi, car l'Éternel m'a oint pour porter de bonnes nouvelles aux malheureux ; il m'a envoyé pour guérir ceux qui ont le cœur brisé, pour proclamer aux captifs la liberté, et aux prisonniers la délivrance ; pour publier une année de grâce de l'Eternel, et un jour de vengeance de notre Dieu ; pour consoler tous les affligés ; pour accorder aux affligés de Sion, pour leur donner un diadème au lieu de la cendre, une huile de joie ou lieu du deuil, un vêtement de louange au lieu d'un esprit abattu, afin qu'on les appelle des térébinthes de la justice, une plantation de l'Éternel pour servir à sa gloire ».

DIVERSES MÉTHODES DE PRÊCHER L'ÉVANGILE

La Mission conférée au Messie par le don du saint Esprit fut annoncée par la prophétie longtemps à l'avance. Les membres du Corps du Messie qui ont reçu la même onction par Christ ont aussi pour mission de prêcher l'Évangile. Si le disciple de Christ apprécie vraiment le privilège qui lui est offert d'être un messager, un ambassadeur de Dieu, ce serait un malheur pour lui s'il ne proclamait pas le message selon ses moyens, ses capacités, lorsque l'occasion se présente de le faire.

Certaines personnes croient qu'il n'existe pas d'autre moyen d'annoncer l'Évangile que par des discours publics, en chaire ; mais ce n'est pas là ce que la Bible semble enseigner. Jésus parlait au peuple au bord de la mer et sur le chemin ; quelquefois même, Il annonçait le message du salut assis sur le bord d'un puits ; Il prêchait à Ses disciples sur le sommet d'une montagne, quelquefois Il le faisait en voyage. Nous devons faire de mème ; quels que soient les moyens ou le temps dont nous disposons pour annoncer la bonne nouvelle, nous devons en profiter.

Évangile signifie bonne nouvelle ; c'est « la bonne nouvelle..., le sujet d'une grande joie » que nous sommes chargés de proclamer ; nous pouvons le faire tout en accomplissant notre devoir de chaque jour, en allant chez le boucher, le boulanger ou l'épicier, chez nos voisins et nos amis, nous pouvons le faire en envoyant des traités par la poste, ou en les distribuant, en donnant un livre ou en prêchant en chaire. L'Évangile est prêché par tous ces moyens et la bonne nouvelle est ainsi annoncée. Prêcher veut dire faire connaître sans indiquer de quelle manière la connaissance est répandue.

LA BASE DE L'ÉVANGILE ET SON ÉDIFICE PROPREMENT DIT

Beaucoup de traités religieux n'annoncent pas l'Évangile ; ils contiennent des nouvelles de grande misère ; il serait à désirer que ces traités-là ne soient pas mis en circulation, car plus on les répand, moins on prêche l'Évangile. Souvenons-nous que, selon notre Seigneur Jésus, l'Évangile fait partie du Royaume ; nous devons donc prêcher la bonne nouvelle, l'Évangile du Royaume. Dieu a employé cette méthode pour rassembler les membres de l’Église, et c'est par cette méthode aussi que le témoignage doit être rendu au monde. Nous avons toujours la possibilité de faire connaître le merveilleux Message du Royaume. Le fondement de l'Évangile est la mort de notre Seigneur Jésus-Christ qui est un sacrifice fait en faveur des pécheurs ; c'est aussi Sa résurrection et Son ascension pour être placé à la droite du Père céleste. L'édifice proprement dit de l'Évangile est le salut de l'Église et celui du monde, de tous les humains qui le voudront. Toutes les bénédictions de Dieu sont accordées par Christ.

Les riches bénédictions du Seigneur destinées à l'Église et au monde doivent suivre la Seconde Venue de Jésus. Alors l'Église sera glorifiée et élevée ; les humains entreront ensuite dans l'ère bénie qui, selon les promesses de Dieu, commencera au temps du complet établissement de Son Royaume.

Donc, le disciple de Christ qui comprend le véritable Évangile et qui comprend son ordination personnelle pour l'annoncer, doit sûrement se sentir malheureux s'il ne peut pas proclamer la bonne nouvelle. Les uns ont quelques moyens à leur disposition pour prêcher, d'autres en ont davantage, d'autres enfin n'en ont que peu ; tous cependant ont la possibilité de prêcher de quelque manière. Plus nous annonçons l'Évangile, plus nous sommes heureux. Nous remercions le Père céleste d'avoir mis à notre disposition tant de moyens de nous faire progresser actuellement : livres, écrits divers gratuits, concordances bibliques, etc., que nous apprécions beaucoup ; nous cherchons à en faire un bon usage pour la bénédiction de notre prochain et pour notre propre édification.

WT 1916 p5893