Nous avons, dans notre texte, l’énoncé d’un grand principe, principe qui pourrait être admis d’une manière quasi universelle. Les expériences de la vie nous ont enseigné que si l’on peut confier à quelqu’un de petites choses, l’on peut habituellement lui en confier également de grandes. L’homme qui est prudent, en ce qui concerne des affaires peu importantes, est d’ordinaire prudent également dans des entreprises qui le sont davantage. Celui qui est aimable dans les actions insignifiantes de la vie quotidienne sera d’ordinaire aimable à de grandes occasions.
Notre Seigneur applique ce principe à Ses disciples d’une manière générale ; nous croyons que c’est là une des leçons les plus importantes que le chrétien puisse apprendre. Il y a beaucoup de gens qui sont extrêmement prudents quand ils gèrent une forte somme d’argent, mais qui sont très négligents lorsqu’il s’agit d’une modeste somme. Il y a ceux qui sont scrupuleusement exacts quant aux sommes élevées qui leur sont confiées, mais qui ne font aucun cas des sommes infimes. Pourtant, celui qui cultive l’habitude de traiter avec négligence des choses peu importantes en viendra vraisemblablement à faire de même pour des choses importantes. D’autre part, celui qui prend soin de chaque dollar, de chaque dime ou de chaque franc, de chaque centime, qui a le souci de payer promptement chaque petite dette, sera plus soucieux encore en ce qui touche des sommes élevées, des dettes importantes.
Ainsi, il semblerait que ce soit un principe général dans la vie que ceux qui sont négligents dans les petites choses et soigneux dans les choses importantes, se prouveront au temps marqué ou sous une grande contrainte, indignes de confiance et infidèles en toutes choses si cette fidélité se heurtait à leurs propres intérêts égoïstes. En d’autres termes, les choses de la vie de peu d’importance sont d’un grand poids sur l’édification de notre caractère. Quiconque apprend à être consciencieux en toutes choses, est exercé d’une manière convenable par les leçons de la vie. Nous voyons ceci dans notre propre expérience individuelle. Certains sont tout-à-fait négligents en ce qui concerne les droits des autres ; par exemple, ils prendraient sans permission un parapluie qui appartient à un autre en disant : « Je n’en ai besoin seulement que pour une heure et je le rapporterai ». Une telle personne n’a pas suffisamment de scrupules touchant de petites choses. Celui qui, sans permission, prendrait un parapluie même pour une heure, n’a pas suffisamment de principes pour qu’on puisse lui confier de plus grandes choses. D’autres empruntent des objets ou des marchandises et oublient ou négligent de les rendre promptement, provoquant ainsi au propriétaire de grands inconvénients et ennuis. En mettent les choses au mieux, l’habitude d’emprunter est déplorable.
Les Ecritures nous disent que notre Seigneur choisit un groupe de croyants fidèles pour L’assister à rétablir le genre humain dans sa perfection, à prendre la direction des affaires terrestres durant les mille ans de Son Règne (Es. 32 : 1) ; elles nous disent aussi que quiconque est choisi pour cette œuvre, doit avoir une aptitude spéciale, un caractère spécial. Ceux qui se soumettent pleinement à Lui seront qualifiés pour cette position importante ; par contre, ne le seront pas ceux qui ne se soumettent pas ainsi. En conséquence, notre Seigneur nous donne à comprendre que les occasions présentes doivent être appréciées comme des occasions de révéler ce qu’est notre véritable attitude de cœur. Il pose comme condition que nous ne pouvons pas être Ses disciples à moins que nous nous abandonnions complètement à Lui, notre grand Instructeur, pour être guidés dans toutes nos affaires en harmonie avec Sa volonté.
Le Maître nous dit que si insignifiantes soient les affaires de la vie, nous devons comprendre que le Père sait quels sont nos besoins, et que, aussi sûrement qu’Il pourvoit aux choses nécessaires aux passereaux et aux lis des champs, aussi sûrement Il pourvoira aux choses nécessaires à ceux qui sont Ses enfants. Notre Seigneur nous dit : « Vous valez mieux que beaucoup de passereaux » (Matth. 10 : 31). Alors même que nous étions des esclaves du péché, le Père prit des dispositions pour notre retour à Sa faveur et à la vie éternelle, à la condition que nous Lui obéissions et que nous nous conformions aux clauses qu’Il a clairement spécifiées. Combien plus prendra-t-Il soin de nous à présent que nous sommes devenus Ses enfants.
L’HUMILITÉ ESSENTIELLE AU SERVICE
Même dans les plus petites affaires de la vie, nous devons rechercher la volonté de l’Éternel. L’attitude convenable à maintenir est la suivante : Je sers le Seigneur Christ ; et que ce soit un grand travail ou un petit cela importe peu : « Soit donc que vous mangiez, soit que vous buviez, ou quoi que vous fassiez, faites tout pour la gloire de Dieu » (1 Cor. 10 : 31). Le genre de service le plus humble est agréable à l’Éternel s’il est inspiré par l’amour. Nous rappelons le cas de notre Seigneur Jésus. Lorsque l’occasion Lui fut offerte de parler avec une pauvre femme samaritaine au puits de Jacob, Il ne dit pas : Je suis venu pour prêcher l’Évangile ; et puisque cette femme n’est qu’une femme samaritaine je ne vais pas me mettre en souci pour elle ». Lorsque les disciples revinrent, ils ne pouvaient pas comprendre pourquoi le Maître parlait ainsi avec cette femme (Jean 4 : 27). Mais Jésus, ayant l’opportunité de prêcher, même si c’était seulement à une femme samaritaine, en profita pour le faire. Il savait que, par elle, la Vérité pourrait aller à d’autres ; que ce qu’elle apprendrait, elle le dirait à ses voisins, et que lorsque le temps convenable viendrait, les Samaritains pourraient écouter et être prêts au mieux pour bénéficier de l’occasion.
Partout où il nous est possible de présenter la Vérité, nous devrions apprécier ce privilège. Bien entendu, nous ne devons pas ennuyer les gens avec qui nous venons en contact ; mais s’il semble qu’il y ait une occasion de servir, c’est-à nous de nous occuper de l’affaire de notre Père et de saisir cette occasion ; soit pour parler de la Vérité, soit simplement pour exprimer une parole aimable, etc. : « L’Esprit du Seigneur, l’Eternel est sur moi, parce que l’Éternel m’a oint pour apporter de bonnes nouvelles aux débonnaires » (Es. 61 : 1). Dieu cherche ceux qui sont bons et compatissants, désireux d’aider les autres.
C’est notre privilège de donner une parole encourageante en tout temps. En règle générale, les gens ont de tristes expériences. Il y a souvent un ver dans le noyau du fruit, dans le cœur. On a remarqué que des gens qui s’étaient suicidés avaient parfois ri et plaisanté peu de temps avant de se supprimer. Le monde serait dans une condition terrible si chacun racontait toutes ses difficultés et vidait son cœur. Il est préférable que les gens du monde cachent leurs difficultés et que nous cachions les nôtres. Il vaut mieux cultiver l’esprit qui chante :
« Mon lot quel qu’il soit, me sourit,
Puisque c’est Dieu qui me conduit ».
PETITES ÉPREUVES DE CARACTÈRE
Nous devrions estimer comme étant un privilège de rédiger des adresses sur des enveloppes pour expédier des tracts ou quelle que soit l’occasion de l’heure au service du Seigneur. Si quelqu’un disait : « Je voudrais prêcher », nous répondons : Si Le Seigneur ouvre la voie et vous donne une occasion de prêcher, faites-le, et si vous avez plusieurs occasions de prêcher dans la même journée que ce soit à une personne, ou à dix personnes ou à un millier de personnes, saisissez ces occasions, mais si vous n’avez aucune occasion de prêcher, vous pouvez avoir le privilège d’expédier des tracts dans des enveloppes. De cette manière vous êtes l’agent qui sert à placer quelque chose à lire dans les mains des autres même si c’est le facteur qui l’apporte là où ce sera lu. Ou bien si notre travail est dans la cuisine, ou dans toute autre partie de la maison, ou au magasin, c’est le service de l’Éternel si nous faisons tout comme pour Lui. Mais avec bienveillance, Il nous donne des occasions de faire également quelque chose pour les frères.
Ainsi, quel que soit ce que nous faisons, nous le faisons pour le Seigneur, nous le faisons comme pour Lui, nous le faisons comme Il voudrait que cela fût fait. Il y a une manière de rechercher les choses qui nous rendent heureux. C’est une bonne chose de nous demander à l’occasion : Qu’est-ce que je cherche ? Quel est le mobile en faisant cela ? Pour qui suis-je en train de travailler ?
En travaillant ainsi pour le Seigneur, et en nous efforçant de Lui plaire et de cultiver ainsi l’esprit de reconnaissance pour le service dans les petites choses, nous prouverons que nous sommes dignes des grandes choses. Notre désir de rendre un service fidèle au Seigneur se manifestera dans l’économie domestique et dans les égards que nous aurons pour ceux qui sont autour de nous. Quiconque est infidèle dans les petites choses, par exemple en gaspillant la nourriture (comp. Marc 6 : 43), en arrivant habituellement en retard aux rendez-vous, etc.… démontre ainsi qu’il n’est pas pleinement digne de confiance. Quiconque emploie un poste de radio ou de télévision en troublant les autres qui se trouvent dans des chambres voisines, ou qui se lève très tôt le matin et fait tant de bruit que les autres ne peuvent pas se reposer, ou qui rentre tard la nuit et se rend bruyamment à sa chambre, démontre qu’il n’a pas appris à observer la Règle d’Or, qu’il n’a pas appris à respecter les droits des autres.
Toute notre conduite même, comme serviteurs consacrés de Dieu, devrait commencer par être l’observance des principes de justice. Nous devrions réfléchir à ce que sont les droits des autres et savoir si nous n’empiétons pas sur ces droits. Si nous trouvons que nous le faisons, nous pouvons savoir que nous sommes en train de violer la loi de la justice. Dans toutes les circonstances de la vie, la justice doit venir en premier lieu, et ensuite il nous est permis d’être aussi bon et aussi généreux que possible.
« SEIGNEUR, EST-CE MOI ? »
En ce qui concerne les sujets spirituels, le principe est le même. Les petits renards ravagent les vignes (Cant. 2 : 15). Dieu recherche une classe très spéciale pour les phases céleste et terrestre de Son Royaume. Il désire ceux qui Lui seront absolument loyaux, loyaux à Sa Parole, fidèles non seulement dans quelque grande chose, mais également dans les affaires les plus insignifiantes de la vie, fidèles en pensée, en parole et en action. Quiconque est ainsi fidèle, quiconque est méticuleux en toutes ces choses se rendra apte et préparé pour le Royaume. Quiconque est négligent et inattentif aux petites choses n’est pas apte à recevoir le grand honneur que le Seigneur a en réserve pour ceux qui sont entièrement fidèles. Il nous surveille de près, mais d’un œil bienveillant, Il désire que nous réussissions. Il nous donne l’instruction et les directives nécessaires. Lorsque nous sommes consciencieux dans les petites choses, nous sommes en train par-là de développer notre caractère dans la bonne direction. Si nous ne réussissons pas à faire cela, nous ne serons jamais préparés pour nous voir confier des choses importantes.
Que chacun de nous se pose personnellement la question suivante : Quelle sorte de caractère suis-je en train de développer au fur et à mesure que le temps s’écoule ?
Mais le chrétien qui commet une faute, qui la discerne et qui fait son possible pour y remédier, trouvera que son expérience lui est profitable, peut-être pour le reste de sa vie. Grâce à la correction qu’il s’impose, il apprendra à être plus scrupuleux. La prudence et la vigilance sont nécessaires, et nous devrions veiller à ce qu’elles s’étendent à toutes les affaires de la vie - à l’emploi de notre temps, de nos talents, de notre argent, etc. Quel que soit ce que nous avons de tout cela, tout vient de Dieu et Lui appartient (1 Cor. 4 : 7).
Nous devrions, par conséquent, considérer avec soin ce que nous ferons de ces occasions et être très consciencieux dans leur usage : Combien nous en emploierons pour nous-mêmes et comment nous utiliserons le reste. Notre conduite dans ces choses montrera au Seigneur si oui ou non nous sommes propres à recevoir une place dans Son Royaume.
L’usage ou l’abus que nous faisons de tous les talents, grands ou petits, qui nous sont confiés par le Maître, démontrera combien nous sommes scrupuleux en discernant Sa volonté et en l’accomplissant touchant cet aspect de notre charge. Il Se propose de donner bientôt aux fidèles ces choses qui seront d’une valeur bien plus grande que l’argent, etc. ; des affaires de grande responsabilité leur seront confiées. Si quelqu’un n’a pas été fidèle, si quelqu’un a pensé que le temps, les talents, l’argent, etc. lui appartenaient et s’il les a ainsi employés, celui-là ne fera pas partie de la classe que Dieu est en train de rechercher. Dieu nous considère selon l’alliance de consécration que nous avons faite avec Lui (1 Cor. 4 : 2). Si nous avions un million de dollars, ce ne serait qu’une petite chose à Ses yeux. C’est la manière dont nous utilisons les choses de cette vie qui manifeste notre loyauté à Dieu et qui démontre comment nous emploierions le pouvoir confié durant les mille ans du Royaume du Messie pour bénir toutes les familles de la terre.
Les occasions de service les plus grandes que nous avons sont, en comparaison, insignifiantes. Mais nous devons apprécier le moindre service même que nous pouvons être capables de rendre. Nous devons estimer que notre service ici ne peut être comparé avec les choses que Dieu a en réserve pour ceux qui L’aiment. Ils doivent régner mille ans avec leur Seigneur, et ensuite viendront les « Âges à venir » durant lesquels Dieu montrera les richesses surabondantes de Sa grâce dans Sa bonté envers eux par Christ Jésus leur Seigneur (Eph.2 : 7). En raison de ce futur héritage des fidèles enfants de Dieu, est-il étonnant qu’Il désire que nous ayons un cœur bon, juste, généreux ? Notre occasion d’appartenir à l’une quelconque des classes élues de Dieu dépendra largement de notre appréciation des occasions de Le servir dans les petites choses de la vie présente. Soyons fidèles dans ces petites choses !