La Bible fut adressée, non au monde, mais à l’Église ; non aux incroyants, mais aux croyants ; non aux pécheurs, mais à ceux qui se sont déjà détournés du péché. Beaucoup négligent ce fait, et il en résulte une confusion dans leur esprit.
Mais certains peuvent être enclins à dire que les paroles de notre texte s’appliquent aux pécheurs aussi bien qu’aux saints - aux pécheurs en particulier – bien que l’Épître même soit adressée « à l'assemblée de Dieu qui est à Corinthe, avec tous les saints qui sont dans l'Achaïe tout entière » (2 Cor. 1 : 1). Nous répondons : Non ! A juste titre, notre texte ne peut pas s’appliquer aux pécheurs en général, qui ne sont pas encore venus à Dieu, qui ne se sont pas encore repentis de leurs péchés et n’ont pas encore été pardonnés. A ceux-ci, Dieu ne fait aucune promesse ; Il les dénonce simplement comme pécheurs, leur refusant toute reconnaissance, toute communion, et leur dit qu’il n’y a point d’autre nom sous le ciel, qui soit donné parmi les hommes et par lequel ils puissent être délivrés de leurs péchés, que celui de Jésus - par la foi dans le mérite de Son sang (Actes 4 : 12). En d’autres termes, Dieu refuse toutes relations, quelles qu’elles soient, avec ceux qui ne peuvent ou ne veulent se soumettre à la grande Offrande pour le péché qu’Il a pourvue. Comme Jésus l’exprima. « Nul ne vient au Père que par moi » (Jean 14 : 6).
Après réflexion, la nature raisonnable du point de vue divin apparaît évidente. Durant l’Âge de l’Évangile Dieu a rassemblé hors du monde une classe choisie, dont le trait de caractère distinctif est la foi en Lui et un désir de Lui être agréable. Dans l’Âge à venir, l’Âge millénaire, Dieu projette de traiter avec le reste de l’humanité, et toutes Ses exigences seront alors rendues si claires que les hommes qui iront leur chemin, même les insensés, ne s’égareront pas (És. 35 : 8). Le Soleil de Justice brillera dans ce glorieux Jour millénaire et manifestera distinctement le bien et le mal, et révélera le caractère et les attributs divins, en sorte que toute créature puisse voir - oui, comme l’affirme clairement le Prophète, les yeux de tous les aveugles s’ouvriront et les oreilles de tous les sourds seront ouvertes (És. 35 : 5 ; 40 : 5).
Cependant, durant l’Âge de l’Évangile, la classe particulière que le Seigneur choisit et qu’Il désigne comme étant la semence d’Abraham est soumise à une épreuve de foi. Tous ceux qui n’exercent pas la foi requise ne font pas partie de cette classe élue, mais doivent attendre de recevoir la bénédiction des mains de la semence d’Abraham pendant le règne de Christ, pour lequel nous prions toujours : « Que ton règne vienne ; que ta volonté soit faite, comme dans le ciel, aussi sur la terre » (Matth. 6 : 10).
LES MEMBRES DU PEUPLE DE DIEU NE SONT PAS TOUS NOBLES PAR NATURE
Non seulement Dieu a fait de la foi un élément indispensable d’approbation dans la période actuelle, mais en plus, l’amour pour la droiture constitue une partie de l’épreuve. Il ne suffit pas d’avoir le regard de la foi qui reconnaît la mort de Christ comme étant le prix de la Rédemption pour les péchés du monde ; nous devons en plus posséder un cœur qui aime la droiture afin d’entrer dans la faveur divine. Le cœur qui aime la droiture discerne les faiblesses de sa propre chair, ses penchants vils. Dès l’instant où le cœur accepte Jésus comme le Rédempteur, il se réfugie auprès de Lui, non seulement pour être couvert par Son mérite en ce qui concerne les péchés passés, mais aussi pour avoir la protection imputée de Sa justice quant aux souillures et imperfections involontaires du présent et du futur - imperfections qui sont contraires à la volonté, et qui résultent des faiblesses héritées.
C’est à ceux qui ne sont pas en harmonie avec les péchés du monde, ni avec leurs propres faiblesses, que notre Seigneur fait allusion dans Son message : « Venez à moi, vous tous qui vous fatiguez et qui êtes chargés [sous le joug du péché, et de l’exécution de sa sentence, la mort], et moi, je vous donnerai du repos. Prenez mon joug sur vous, et apprenez de moi » (Matth. 11 : 28, 29). Ces étudiants - disciples et élèves à l’école de Christ - forment la classe à laquelle s’adressent les paroles de notre texte. Il serait vain d’exhorter le monde en général à se purifier de toute souillure de la chair et de l’esprit.
Le monde est du côté de cette souillure même et n’éprouve nullement le désir de se purifier ; il n’a pas une juste appréciation de l’obscénité que Dieu et ceux qui possèdent Son esprit de sainteté peuvent percevoir. Le Seigneur décrit la condition du monde comme celle dans laquelle la colère, la malice, l’envie et d’autres convoitises diverses désirs égoïstes forment les conditions habituelles et normales. La convoitise, l’égoïsme - qui souvent se réduit à la sauvagerie - dans sa quête de richesse, de plaisir et de pouvoir, cherche à envahir l’esprit naturel, de sorte que si cette convoitise était supprimée, sans aucune substitution, la vie perdrait tous ses attraits. Où serait la pertinence à exhorter le monde à chasser les souillures de la chair et de l’esprit alors qu’il n’a rien pour les remplacer ?
Quelques-uns allégueront peut-être que l’on trouve autant de personnes de disposition noble parmi les incroyants que parmi les croyants. Nous répondons, oui ! Les Écritures admettent ceci et assurent qu’il n’y a pas beaucoup de grands, de sages ou de nobles selon les voies de ce monde parmi ceux qui sont appelés (1 Cor. 1 : 26-29). Le message de la grâce de Dieu touche souvent les membres de la famille humaine les plus vils, les plus méprisables, les plus dégradés, plutôt que les nobles qui ressentent moins profondément leur propre déchéance et la nécessité d’un Sauveur et de Son assistance. S’il se trouve donc parmi le monde des personnes de nature noble, et si les croyants sont généralement d’une couche sociale inférieure, comment se fait-il que Dieu manifeste un intérêt plus particulier envers ces derniers plutôt qu’à l’égard des incroyants ? D’après quelle sorte de règle Dieu reconnaît-Il comme enfants certains qui, par nature, sont moins nobles, et en rejette d’autres qui, par nature, le sont davantage ?
Nous répondons que la règle ou critère de l’acceptation divine est la foi et l’obéissance du cœur. Ceux dont les cœur, esprit et volonté se détournent du péché, et qui par la foi acceptent l’arrangement divin, ceux-là Dieu est heureux de les accepter selon leur volonté, leurs intentions, et non d’après leur chair et ses souillures. Leurs défauts involontaires de la chair sont voilés à Ses yeux par la robe de justice de Christ qui les couvre à la mesure de l’incapacité de leur nouvel entendement qui méprise le péché et s’efforce de combattre un bon combat contre lui dans leur chair et en toutes choses. Telle est la classe à qui s’adresse l’Apôtre dans notre texte lorsqu’il dit : « Bien-aimés, purifions-nous nous-mêmes de toute souillure de chair et d’esprit ».
LES BIENS-AIMÉS DE DIEU MÉSESTIMÉS
En qualité de porte-parole du Seigneur, l’Apôtre s’adresse à tous les croyants qui ont fui le péché et qui s’efforcent d’être agréables et acceptables à Dieu, comme des « bien-aimés ». L’Apôtre, lui-même, un homme de disposition noble, était conscient que beaucoup de ces chers frères bien-aimés avaient des faiblesses et des imperfections de la chair. Il ne les aima pas à cause de ces souillures, mais en dépit d’elles - car ils étaient loyaux de cœur aux principes de vérité et de justice et s’efforçaient de vaincre le péché et ses inclinations dans leur propre chair mortelle, et – dans la mesure où leur influence s’étendrait - dans le monde.
Cependant, le monde n’aime pas ceux que le Père aime, ceux que Jésus aime, ceux que l’Apôtre aima. Les paroles de notre Maître sont : « Si le monde vous hait, sachez qu’il m’a haï avant vous. Si vous étiez du monde, le monde aimerait ce qui serait sien ; mais parce que vous n’êtes pas du monde, mais que moi je vous ai choisis du monde, à cause de cela le monde vous hait. Ce n’est pas vous qui m’avez choisi ; mais c’est moi qui vous ai choisis et qui vous ai établis, afin que vous alliez, et que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure » (Jean 15: 18, 19, 16).
Le monde n’aime pas ceux qui sont choisis car, lorsque ceux-ci confessent leurs faiblesses personnelles et luttent contre elles, ils les appellent par leur propre nom - péchés, bassesses, souillures de la chair et de l’esprit. Tous les efforts qu’ils font pour se purifier sont une réprobation des autres qui ne cherchent pas à se purifier et qui détestent qu’on leur rappelle que les choses qu’ils affectionnent le plus, à savoir, la cupidité, l’égoïsme, les affections déréglées, les dissensions, l’orgueil, la vaine gloire, etc., sont pécheresses. Quiconque donne pleine satisfaction au monde peut être sûr qu’il ne donne pas satisfaction au Seigneur. Quiconque plaît au Seigneur ne peut pas s’attendre à plaire au monde ; car l’amitié, la sympathie de ce monde, est inimitié contre Dieu ; c’est pourquoi, le monde n’est pas soumis au modèle divin et ne peut vraiment pas l’être (Jacq. 4 : 4 ; Rom. 8 : 7). Son cœur s’oriente dans l’autre direction.
Les exigences de la Loi de Dieu - l’amour pour Dieu de toute sa pensée, de tout son cœur, de toute son âme et de toute sa force, et l’amour du prochain comme soi-même, apparaissent à tous égards déraisonnables, indésirables pour le monde ; et tout rappel de ces exigences, ne serait-ce que par la présence de ceux qui, de cœur, sont du côté de la justice, provoque le déplaisir et le malaise. Pour ces personnes, notre Seigneur et ceux qui marchent dans Ses traces sont toujours importuns - des intrus. Elles préfèrent qu’on les laisse tranquilles, qu’on ne leur fasse aucune allusion suggérant qu’elles ont tort. En vérité, certaines tirent une fierté agréable de la générosité, de l’amour d’un nom honorable, d’une réputation à l’honnêteté et à la vertu. Cependant, elles souhaitent être considérées comme des modèles et des exemples, et n’admettent aucune intrusion, aucune évaluation de leurs pensées, paroles ou actes d’après les critères divins. En conséquence, ceux qui reconnaissent et honorent continuellement les critères divins sont mésestimés par eux.
LA NÉCESSITÉ DE SE PURIFIER
Mais pour quelle raison l’Apôtre exhorterait-il les membres du peuple de Dieu à accomplir une œuvre de purification dans leur cœur et dans leur chair alors que nous apprenons que Dieu a couvert totalement ces souillures afin qu’elles soient hors de Sa vue ? Si les souillures sont couvertes, pourquoi s’en préoccuper davantage ? Ah, voici les meilleures des raisons ! Ceux qui sont loyaux de cœur envers Dieu et Sa justice sont attristés par leurs souillures, péchés et faiblesses de leur chair, même s’ils sont conscients que Dieu les a tous gracieusement couverts, et ne leur impute pas leur culpabilité car, au fond d’eux-mêmes, ils sont opposés à leurs fautes. L’aspiration des membres de cette classe est d’édifier, d’établir un caractère, par la fidélité aux principes de vérité et de droiture. Ils souhaitent que leur esprit se fonde de plus en plus dans la fidélité au Seigneur et à Sa Règle d’Or de l’amour, et que, dans la mesure du possible, le nouvel entendement puisse contrôler la chair déchue, imparfaite, l’assujettir en l’accordant avec la divine Loi d’amour.
Quiconque, après avoir expérimenté la bénédiction de Dieu dans le pardon des péchés n’a aucun désir de combattre le bon combat contre ceux-ci, et de soumettre à sa nouvelle volonté les facultés et talents de son corps mortel, ne possède pas le véritable esprit de filiation. De cette manière, il prouve qu’il n’aime pas vraiment la droiture, et qu’il n’abhorre pas véritablement l’iniquité. Il atteste ainsi qu’il n’appartient pas à la classe que le Père céleste souhaite pour être Ses fils.
Nous voyons donc qu’il existe de bonnes raisons pour que, dans notre texte, l’Apôtre s’adresse aux frères. Nous discernons les motifs pour lesquels tous ceux qui possèdent le même esprit de sainteté doivent prendre garde à ses paroles, et faire de la purification de la chair et de l’esprit le travail principal durant le reste de leur existence. Nous comprenons que s’ils n’agissent pas ainsi, ils démentiront leurs prétentions d’aimer la droiture et de haïr l’iniquité. Nous voyons que par un tel combat contre les faiblesses de la chair et de l’esprit, le dessein du Père est qu’ils établissent des caractères cristallisés. Ils seront ainsi rendus aptes dans le cœur pour le Royaume millénaire de Dieu et le service. Nous sommes assurés que ceux dont le cœur est préparé de cette manière pour le service du Royaume se verront accorder, dans la résurrection, de nouveaux corps exempts de toutes souillures. Ainsi donc, en ayant dans la vie présente développé leur esprit, et établi un caractère dans leur cœur en maîtrisant la chair autant que possible, ils démontrent que, de cœur, ils ont la ressemblance de caractère avec leur Seigneur et Rédempteur. Par conséquent, seuls ceux qui se développent comme copies du cher Fils de Dieu constitueront cette classe divinement favorisée, la semence d’Abraham, par laquelle le monde recevra bientôt sa bénédiction.
« PURIFIONS-NOUS NOUS-MÊMES »
Les paroles, « Purifions-nous nous-mêmes », ne se rapportent pas à la délivrance de la condamnation adamique. Comme l’exprime l’Apôtre par ailleurs, cette purification du péché originel est impossible de notre part. Nous ne pouvons l’obtenir que si nous la recevons comme un don gratuit de Dieu. Alors, dans quel sens nous purifions-nous nous-mêmes ? Nous répondons qu’ayant d’abord été considérés comme purifiés de la condamnation adamique par le Seigneur, et amenés sous l’influence de Son saint Esprit et de la claire compréhension de Sa parole, nous sommes ensuite invités à démontrer notre zèle pour la justice et à coopérer avec Lui dans le service.
Bien que toute la condamnation adamique soit considérée comme étant écartée de nous, nous avons encore l’occasion de démontrer à Dieu notre disposition, notre intention, en luttant contre le péché dans notre esprit et notre chair. La motivation à se purifier vient de Dieu, mais la purification elle-même est quelque chose que nous devons faire – « Purifions-nous nous-mêmes ». Le travail de purification est fastidieux ; car, au début, nous ne discernions pas combien nous étions profondément souillés, combien sont égoïstes presque toutes les suggestions de la disposition naturelle. Nous ne considérions même pas l’égoïsme comme étant un péché.
A mesure que les yeux de notre compréhension s’ouvraient de plus en plus largement, nous avons acquis une vue plus correcte de notre Seigneur et de Sa justice, de notre propre condition imparfaite, de la nécessité d’être couverts de Sa robe, etc. Jour après jour, depuis que nous nous sommes efforcés de chasser le péché, l’erreur, l’égoïsme et l’esprit mondain - oui, tous les éléments de l’impiété - nous sommes devenus plus douloureusement conscients de l’importance de la tâche qui peut-être, au départ, nous paraissait simplement superficielle.
Après des années d’effort en vue de se purifier eux-mêmes des souillures de la chair et de l’esprit, beaucoup parmi le peuple de Dieu sont, hélas, plus conscients maintenant qu’auparavant de leurs propres tares, bien qu’ils se soient débarrassés d’une bonne partie de cette souillure - l’égoïsme, etc. Le travail de purification se révélerait très décourageant s’il n’était pas accompli avec l’assurance de la Parole de Dieu qui nous dit qu’Il nous considère, non selon la chair, mais selon nos intentions, nos désirs, nos efforts. Il nous considère comme vainqueurs, en raison de notre bon combat contre les tares naturelles, quelle que soit la mesure de notre succès.
LA PURIFICATION DE LA CHAIR ET DE L’ESPRIT
La distinction qu’établit l’Apôtre entre la souillure de la chair et celle de l’esprit doit retenir notre attention. Après avoir accepté le Seigneur, nous prenons place auprès de Lui comme le Capitaine de notre Salut, afin d’être des soldats de la croix et de mener un bon combat contre le péché et toutes œuvres de la chair et du diable. Nous commençons correctement à purifier la chair, à chasser les habitudes dépravées, les mauvais agissements extérieurs de toutes sortes. Cela est bien. Quelle amitié pourrait-il exister entre les enfants de lumière et toutes les œuvres des ténèbres ?
Dans de nombreux cas, il se manifeste en peu de temps un changement extérieur considérable - le langage irréfléchi est évité, les passions sont réfrénées et l’égoïsme est maintenu, tout au moins dans ses manifestations extérieures. Il est possible que les voisins et amis s’aperçoivent d’une transformation notable. C’est bien, mais cela n’est pas suffisant. Il nous faut également purifier notre esprit, notre disposition. Il n’est pas suffisant que nous évitions les mauvaises actions extérieures. Notre mentalité doit aussi être purifiée. Nous devons apprendre à haïr le péché, à repousser ses premières avances. Nous devons apprendre que notre esprit et notre corps sont les temples de Dieu, et que tout ce qui s’oppose à Lui et à Sa Loi de justice et d’amour doit être interdit.
Les autres sont témoins, dans une certaine mesure, de nos épreuves et de nos victoires de nature extérieure. Mais les batailles les plus importantes des consacrés sont celles qui ne sont connues que de nous-mêmes et de notre Capitaine les combats de la nouvelle volonté contre les influences de l’ancienne disposition naturelle. Le véritable soldat de la Croix trouvera ce champ de bataille tout à fait suffisant pour y engager sa combativité et son pouvoir destructeur, et pour le tenir bien occupé. Ceux qui sont en éveil sur le développement du nouveau caractère ont beaucoup moins de temps et sont beaucoup moins disposés que les autres à critiquer leurs voisins, amis et frères, car ils trouvent suffisamment à faire en eux-mêmes, ce qui nécessite la vigilance et la maîtrise de soi. Et, à mesure qu’ils progressent dans cette direction, ils deviennent plus compréhensifs à l’égard de ceux qui ont les mêmes faiblesses et inclinations ou d’autres, contraires aux critères divins. Ils compatissent spécialement avec leurs frères consacrés qui ont offert pareillement leur tout à Dieu et qui luttent contre le monde, la chair et l’Adversaire, dans leur corps et leur esprit.
NOTRE TRANSFORMATION PROGRESSIVE
Ceux qui sont déjà entrés en relation avec le Père comme Ses enfants devraient se souvenir que les promesses de Dieu sont que nous serons de plus en plus accueillis dans Sa communion (1 Jean 1 : 3, 6, 7), que nous recevrons de plus en plus de Sa bénédiction, dans la mesure de notre loyauté envers ces principes sur lesquels nous nous sommes engagés. Si nous nous sommes détournés du monde, de l’égoïsme et du péché, et constatons que nous avons certaines contaminations de la chair, nous devrions les chasser toutes – nous efforcer de bannir même toute trace de péché. Plus nous déployons notre énergie dans cette direction, plus nous obtiendrons la faveur de Dieu, et plus nous Lui serons agréables et acceptables.
En faisant remarquer qu’il y a la souillure de la chair et la souillure de l’esprit, l’Apôtre ne veut pas dire que la Nouvelle-Créature ou les nouveaux cœur, esprit et volonté est souillée. Comme cela est mentionné ailleurs, elle est pure, sainte (1 Jean 5 : 18). Le mot esprit est fréquemment employé pour représenter la mentalité. La volonté doit être totalement transformée avant que quelqu’un puisse devenir tout à fait une Nouvelle-Créature. Et si la volonté de l’une d’entre elles venait jamais à se retirer, cela signifierait pour elle aller vers la perdition. Pour un engendré de l’Esprit, trouver satisfaction dans le péché impliquerait la perte du saint Esprit et son appartenance à la classe de la Seconde-Mort. Ceux qui sont consacrés mais non engendrés de l’Esprit, et qui ne sont donc pas de Nouvelles-Créatures, possèdent également le saint Esprit de Dieu, mais ils ne sont pas encore à l’épreuve pour la vie ; c’est pourquoi, si leur volonté se retire, cela ne les conduit pas vers la Seconde-Mort, tout au moins pas dans cet âge, mais vers la perte de leur position présente dans la faveur de Dieu.
Le peuple du Seigneur possède cette nouvelle volonté, ce nouveau trésor, dans des vases de terre (2 Cor. 4 : 7). Nous avons une disposition naturelle au péché. En outre, nous avons une mentalité qui, bien qu’elle rejette les choses du péché, a plus ou moins la mémoire des choses du péché, des impuretés du péché. Ainsi, alors que nous nous détournons de ce qui est coupable, nous devons également lutter pour avoir une disposition pure. Nous devons rejeter tout ce qui en nous est bien disposé envers le péché. Nous ne devons pas penser à ces choses, ni nous permettre de ruminer sur ce qui est pécheur. Nous devons placer nos affections sur les choses d’en haut (Phil. 4 : 8 ; Col. 3 : 2).
A mesure que nous remplissons notre esprit des promesses de Dieu, le caractère tout entier, la vie tout entière, se transforme de plus en plus. L’Apôtre dit : « Soyez transformés par le renouvellement de votre entendement » (Rom. 12 : 2). Notre mentalité, qui était en accord avec la nature humaine déchue, doit non seulement se détacher de l’obéissance au péché, mais aussi être orientée dans une nouvelle direction. Notre esprit doit être rempli de saintes pensées - des pensées de Dieu, de Sa Vérité, de Son service. Lorsque l’esprit est dans une attitude convenable envers Dieu, il est relativement aisé de servir Sa Loi. L’Apôtre nous exhorte à achever la sanctification. La sanctification a commencé en nous quand nous sommes devenus membres du peuple de Dieu. Nous nous sommes donnés entièrement à Lui - Il n’accepte jamais une partie. Notre consécration consiste à accomplir totalement la volonté de Dieu. Nous avons présenté nos corps en sacrifice vivant, saint et agréable à Dieu, ce qui est notre service intelligent. Par conséquent, dans toute la conduite de notre vie nous devons chercher à vivre selon le critère divin - dans nos pensées, paroles et actes.
NOUS PURIFIANT NOUS-MÊMES ET DIEU NOUS PURIFIANT
Cependant, le perfectionnement de la sanctification se poursuit, cette purification de nous-mêmes. Nous nous examinons nous-mêmes soigneusement afin de découvrir, en nous, toute trace d’impureté, de la bannir de notre conduite - et davantage encore que cela, de la chasser de notre esprit. En agissant ainsi, la sainteté se répand dans toutes les voies de la vie. Et ainsi un chrétien devrait posséder un très beau caractère. Si un chrétien n’a pas un beau caractère, cela prouve qu’il n’a pas suffisamment veillé à la question de sa purification, en lui accordant une attention quotidienne dans ses relations extérieures envers les hommes, et intérieurement dans ses relations à l’égard de Dieu.
Nous devons faire toutes ces choses dans la crainte révérence de l’Éternel. Il existe une différence entre la crainte qui est révérencielle et la crainte servile. La crainte révérencielle est bénéfique. Nous ne devons pas craindre notre Père céleste comme s’Il était un démon qui s’en prendrait à nous et nous traiterait avec cruauté ; mais nous devons avoir une crainte de Lui déplaire, une crainte pieuse, et une satisfaction d’accomplir ces choses qui Lui plaisent et Lui sont agréables. Ainsi cette totale purification de nous-mêmes, ce perfectionnement de nous-mêmes dans la sainteté, a pour dessein de nous rendre parfaits dans la révérence de l’Eternel. Nous ayant accordé Son saint Esprit et donné ces précieuses promesses, Dieu attendra de nous que nous n’enfouissions pas nos talents dans une serviette, ne faisant aucun progrès, mais que nous produisions du fruit - certains trente fois plus, certains soixante fois plus, d’autres cent fois plus. Et en agissant ainsi, nous recevrons une récompense en rapport.
Il existe un autre passage des Ecritures qui parle de Dieu comme accomplissant cette œuvre de purification : « Purifie-moi de mes fautes cachées » (Ps. 19 : 12-14). Ces paroles du Prophète David reflètent le sentiment de tout le vrai peuple de Dieu. Par ces propos, le Prophète montrait qu’il reconnaissait le fait de son incapacité à se purifier lui-même. Il se rendait compte qu’il pouvait avoir des fautes cachées dont il n’était pas conscient - qu’il ne distinguait pas lui-même. Peut-être ne s’apercevait-il pas de certaines fautes que d’autres voyaient. Il désirait que Dieu l’en purifie. Ceci révélait son désir de s’éloigner de tout ce qui n’était pas en harmonie avec Dieu.
C’est le sentiment convenable que devraient éprouver tous les chrétiens. Nous devrions prier Dieu de bien vouloir nous montrer tout ce qui ne Lui est pas pleinement agréable et acceptable dans notre vie, nous aider à nous voir tel que les autres nous voient et surtout à nous voir tel qu’Il nous voit. Nous croyons que, pour beaucoup parmi le peuple de Dieu, leurs imperfections et faiblesses leur ont été dévoilées dans Sa providence par de très sévères secousses. Nous demandons également à Dieu, comme le fit le Psalmiste, de nous garder éloignés des péchés présomptueux, de nous en purifier complètement.
« ACHEVANT LA SAINTETÉ »
Notre texte déclare qu’une telle purification de la chair et de l’esprit, du corps et de la mentalité, constitue un perfectionnement de la sanctification. La pensée exprimée ici est qu’il est impossible d’atteindre la sanctification en un instant, mais que celle-ci doit s’effectuer, se parfaire graduellement. Une appréciation exacte de cette question nous empêchera de tomber dans certaines erreurs dangereuses. La sanctification n’est pas un porte-bonheur que nous pouvons mettre dans notre poche ; elle n’est pas un vêtement qui se porte occasionnellement. La sanctification ressemble davantage à la trempe d’une pièce de métal ; elle pénètre dans la structure tout entière, en en modifiant les caractéristiques générales ; elle la transforme sous son influence. En vérité, il existe une sanctification considérée comme telle pour le peuple de Dieu dans la robe de justice de Christ, laquelle nous est accordée lorsque, en premier lieu, nous nous détournons du péché, acceptons le Rédempteur et nous consacrons à Dieu. Mais cela n’est pas suffisant. Nous devons accomplir dans nos caractères ce que nous avons désiré - ou, comme l’exprime l’Apôtre, nous devons laisser Dieu opérer en nous Sa sainte volonté, et la sainte conduite qui doit nécessairement l’accompagner, comme l’occasion favorable et les conditions le permettront (Phil. 2 : 13).
Mais de quelle manière cette sanctification est-elle achevée en nous ? Comment Dieu opère-t-Il en nous le vouloir et le faire selon Son bon plaisir ? Notre texte répond aussi à cette partie de la question, nous assurant que c’est la part de Dieu de nous donner les promesses, et que celles-ci constituent les motivations pour ceux qui se trouvent dans une disposition d’esprit correcte. Sans ces promesses divines de bénédictions présentes et futures, qui lutterait contre ses propres faiblesses ? Qui résisterait avec acharnement aux attaques du monde, de la chair et de l’Adversaire ? De plus, qui sacrifierait volontairement sa vie et ses droits naturels pour servir le Seigneur et Sa cause, s’il n’y avait pas de grandes et précieuses promesses pour le stimuler et lui donner de l’énergie au service du Roi, en luttant contre le péché, en aidant tous ceux qui sont du côté de la droiture ? Sûrement il y en aurait peu, si tant est qu’il y ait quelqu’un. Et c’est ainsi que notre texte le notifie, disant : « Ayant donc ces promesses, bien-aimés, purifions-nous nous-mêmes », etc. Les promesses représentent véritablement la puissance de Dieu pour une purification - notre salut - comme le souligne st. Paul (Rom. 1 : 16).
« DE GRANDES ET PRÉCIEUSES PROMESSES »
En examinant le contexte afin de voir à quelles promesses l’Apôtre fait référence, nous trouvons dans les versets précédents la déclaration : « C’est pourquoi sortez du milieu d’eux, et soyez séparés, dit le Seigneur, et ne touchez pas à ce qui est impur, et moi, je vous recevrai ; et je vous serai pour père, et vous, vous me serez pour fils [le Petit Troupeau] et pour filles [la Grande Foule], dit le Seigneur, le Tout-puissant » (2 Cor. 6 : 17, 18). Quelle promesse ! Quelle invitation ! – que nous qui, par nature sommes souillés et imparfaits, non seulement nous soyons l’objet de l’attention de notre souverain Créateur, mais que nous soyons également invités à devenir Ses enfants et à recevoir l’assurance de Son affection parentale – que « comme un père a compassion de ses enfants, l’Éternel a compassion de ceux qui le craignent [révèrent] » (Ps. 103 : 13) ! Comme cela semble merveilleux ! Et ce n’est pas la fin, mais simplement le commencement !
Oui, c’est la pensée suggérée dans l’expression « enfants de Dieu ». Les bénédictions et les richesses du Père ont été accordées par notre Seigneur Jésus, aux membres du Petit Troupeau en particulier, comme « héritiers de Dieu, cohéritiers de Christ » (voyez par ex. Rom.8 : 17 ; 2 Tim.2 : 11, 12 ; 2 Pi.1 :4).Les bénédictions et richesses de Dieu ont également été accordées aux membres de la Grande Foule qui, comme « filles », recevront une bénédiction secondaire, à savoir, le privilège de servir devant le Trône (Apoc. 7 : 11-15 ; Ps. 45 : 15), et aux consacrés non engendrés de l’Esprit qui, comme semence terrestre d’Abraham, recevront de même des privilèges de service bénis dans le Royaume.
Cependant, personne n’est admis instantanément dans le Royaume sans avoir d’abord été mis à l’épreuve. Comme enfants de Dieu nous avons, dans la vie présente, la joie d’avoir la connaissance du caractère de notre Père par Sa parole, qu’il nous est permis de comprendre, mais dont le monde n’a pas la compréhension. Nous sommes assurés de la direction divine. Pas la moindre chose ne peut arriver aux enfants de Dieu excepté celle qu’Il jugerait être pour leur profit. Mais ils doivent manifester leur amour, leur attachement, leur unité d’esprit avec le Père et le Rédempteur avant de pouvoir être comptés comme vainqueurs, et qu’une part leur soit accordée dans les gloires de Son Royaume.
C’est pour démontrer qu’ils possèdent ces grâces que ces membres consacrés sont laissés pour un temps au milieu de l’iniquité et d’un environnement défavorable - afin de prouver leur amour pour la droiture, leur opposition à l’iniquité, leur amour pour Dieu et leur fidélité à Lui, de même que leur amour pour tous ceux qui sont en accord avec les arrangements divins. S’ils supportent ces épreuves totalement, cela signifiera qu’ils endureront une vive opposition du monde, de la chair et de l’Adversaire et, s’ils y parviennent victorieusement, ils seront fortifiés par ces expériences de manière correspondante. C’est le privilège de cette classe de souffrir pour l’amour de la justice (1 Pi. 3 : 14). A l’instar de Jésus, nous devons souffrir pour nos bonnes actions et du fait que nos voisins et amis sont fréquemment aveuglés sur ce qu’est une conduite droite. Nous devons souffrir de bon cœur et joyeusement quelle que soit la coupe que le Père verse pour nous, sachant qu’Il est trop bon pour être désobligeant, trop sage pour Se tromper.
« Bien-aimés, purifions-nous nous-mêmes de toute souillure de chair et d’esprit, achevant la sainteté dans la crainte de Dieu ». Et comme l’Apôtre Pierre le déclare : « En faisant ces choses vous ne faillirez jamais ; car ainsi l’entrée dans le royaume éternel de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ vous sera richement donnée » (2 Pi. 1 : 10, 11).
P. T. N° 668 - mars-avril 1997