R 5711 (VP 337 p.290)
COMMENT NOUS DEVONS NOUS ATTENDRE AU SEIGNEUR.
« Attends-toi à l’Eternel ; fortifie-toi, et que ton cœur soit ferme, oui, attends-toi à l’Eternel » - Psaume 27 : 14.

L’expression « Attends-toi à l’Eternel » ne signifie pas tant qu’il faille rendre un service à Jéhovah, mais plutôt qu’il faille L’attendre, devant Lui, pour discerner Sa volonté à notre égard. Nous ne croyons pas qu’elle renferme l’idée d’un ministère en Sa faveur, comme le ferait un serviteur pour son maître, mais plutôt la pensée d’une attente patiente jusqu’à ce que nous ayons connaissance de ce que l’Éternel veut que nous fassions. Chaque enfant de Dieu devrait attendre d’être guidé par Lui, au lieu de courir devant Lui sans se soucier de Son dessein à notre égard. « Confie-toi de tout ton cœur à l’Eternel, et ne t’appuie pas sur ton intelligence ; dans toutes tes voies connais-le, et il dirigera tes sentiers » ; il s’agit là d’un conseil venant de la part d’un homme sage (Prov, 3 : 5, 6). De nombreux enfants dc Dieu ont commis des erreurs en ce domaine.

Ayant remis nos voies sur l’Eternel (Ps. 37 : 5), nous ne devrions avancer que dans la mesure où Il nous conduit. Si Sa volonté ne nous apparaît pas clairement, ne nous pressons pas, n’essayons pas d’être nos propres guides, mais présentons la question à l’Éternel dans une prière sincère, et demandons Son aide afin de ne pas suivre notre volonté ou notre manière d’agir, mais pour n’être guidés que selon Ses désirs. Puis, attendons et guettons l’indication de Ses providences, et suivons-Le lorsqu’il semble nous conduire, nous confiant en Lui pour les résultats. Nous ne devons pas suivre notre propre choix, si nous n’avons pas la preuve qu’il s’agit là de la volonté de Dieu.

On peut quelquefois nous poser la question : « Allez-vous agir de cette manière ou d’une autre ? Allez-vous à cet endroit ou ailleurs ? ». Notre attitude et notre réponse, si nous ne nous sommes pas encore clairement assurés de la volonté de l’Éternel à ce sujet, devraient être : « Je ne me suis pas encore décidé complètement. Je dois considérer la Parole de l’Éternel, pour voir comment Ses instruction semblent s’appliquer à ce cas ». Ou bien : « Je veille pour discerner ce que les Providences de l’Eternel semblent indiquer, et je prie à ce sujet afin d’être bien guidé ». Le poète exprime la pensée juste :

« Par crainte, y toucher je n’ose
Si importantes sont ces choses ».

Ceux qui s’attendent à l’Éternel ne semblent pas toujours manifester des signes extérieurs de prospérité. Mais le Psalmiste déclame que nous devrions nous fortifier au cours de cette attente à l’Éternel. Nous suivons le bon chemin, et nous recevrons Sa bénédiction. Nous ne commettons pas d’erreur en nous attendant à Lui de façon convenable. Il se peut qu’au début, d’autres donnent l’impression de prendre de l’avance sur nous, mais nous devons nous « attendre à l’Éternel ».

N’avancez pas avant d’être sûrs que l’Eternel vous dirige et vous guide. Guettez la signification de Ses providences. Etudiez Sa Parole. Ne laissez pas votre foi larguer ses amarres. « Fortifiez-vous » ! « Se fortifier », c’est faire preuve d’un courage de bonne qualité, pas simplement d’un peu de courage. Que votre courage soit fort ; « et que ton cœur soit ferme : attends-toi à l’Éternel ». On peut comprendre que le mot « cœur » veuille ici désigner l’âme, l’être, en particulier la partie intelligente qui se trouve en nous. L’Éternel nous soutiendra, Il nous fortifiera, et nous rendra forts pour supporter, forts pour faire Sa volonté à mesure qu’elle sera portée à notre connaissance. Ceux qui s’attendent à l’Éternel ne manqueront d’aucune bonne chose.

TRAITS DE CARACTÈRE NÉCESSAIRES À LA RÉUSSITE

Le courage, la force d’âme et la ténacité dans le service de l’Eternel sont absolument nécessaires à l’enfant de Dieu. De tels traits de caractère sont même nécessaires pour le monde. Quiconque manque de ces qualités est assuré de ne connaître que peu de réussite dans la vie. Le manque de courage, d’espérance, est l’une des principales causes d’échec dans le monde. Notre texte, cependant n’attire pas l’attention sur le monde, mais sur ceux qui appartiennent à l’Éternel. Les précieuses promesses de la Parole de Dieu, qui ne s’adressent qu’à Son peuple, à ceux qui Lui appartiennent totalement, leur donnent toutes les raisons d’espérer ; ils ont toute autorité pour être fermes et se fortifier. Les enfants de Dieu subiront les épreuves et les expériences semblables à celles du monde, en plus des expériences et des épreuves qui leurs sont particulières en tant que disciples de Christ. Cependant, elles ne nous surviennent pas de façon fortuite, comme dans le cas du monde, mais elles sont sous la surveillance directe de l’Éternel.

Ceux qui débutent dans le service du Maître pourraient penser, pour un temps, que la route devait s’aplanir devant eux, qu’ils ne devraient pas rencontrer les difficultés communes au monde ; que maintenant qu’ils sont des enfants de Dieu, Il leur épargnera afflictions et mauvais traitements. Mais s’ils étudient la Parole de l’Éternel, ils discernent rapidement que cela n’est pas vrai ; ils comprennent qu’ils doivent marcher par la foi, et non par la vue. Ils apprennent qu’ils ne doivent pas s’attendre à des manifestations extérieures et tangibles de Sa faveur, mais qu’ils doivent souffrir avec Christ - que c’est à cela qu’ils ont été appelés (1 Pi. 2 : 20, 21 ; Actes 14 : 22). Ils apprennent qu’ils doivent être obéissants, et ils comprennent ce que signifie l’obéissance.

Le Maître apprit l’obéissance – Il apprit ce que signifiait l’obéissance – « par les choses qu’Il a souffertes » (Héb. 5 : 8). Leur chemin étroit n’est pas une voie aisée. Ses disciples apprennent que l’Éternel appelle actuellement une classe de personnes qui ont foi en Lui, une classe de personnes qui acceptent totalement Sa Parole. En leur temps, ils comprennent également que « Si Dieu est avec eux, qui peut être contre eux ? » Si le déroulement des choses n’est pas conforme à leur attente, si des épreuves surviennent, ils diront : « Nous savons que toutes choses travaillent ensemble pour le bien de ceux qui aiment Dieu » (Rom. 8 : 31,28).

A mesure qu’ils sont guidés par la Parole de l’Éternel, ils apprennent ainsi qu’ils doivent se fortifier dans la poursuite de leur marche en avant. De nombreuses difficultés doivent être surmontées, qui nécessitent le courage. Mais le courage né de la foi en Dieu et dans Ses grandes et précieuses promesses les fortifie, alors qu’autrement ils pourraient être accablés. Cela leur donne une force inconnue de tous les autres.

LA CONFIANCE LÀ OU NOUS NE POUVONS SUIVRE DES YEUX

Si un enfant de Dieu se décourage et perd son espérance et sa force, c’est parce qu’il a perdu le sens secourable des promesses de l’Eternel. Perdre courage, c’est perdre la foi. La perte de foi et de courage ôte toute puissance à l’enfant de Dieu face à ses ennemis. Nous devons avoir confiance en notre Père même lorsque la signification de Ses providences est voilée à nos yeux ou lorsque nos efforts pour Le servir semblent rencontrer des barrières.

Revenons en arrière, avec les Apôtres et leurs expériences. L’Apôtre Paul désirait fortement présenter à d’autres le message de l’Évangile. Il essaya plusieurs fois d’aller en Asie, mais il ne lui fut pas permis de s’y rendre. Il commença à se demander pourquoi il en était ainsi, pourquoi ses efforts se muaient continuellement en échecs. Mais l’Éternel lui révéla qu’au lieu de cela, il devait aller en Grèce. Dans sa première Épître à l’église de Thessalonique, il écrit : « C’est pourquoi nous avons voulu aller vers vous, moi Paul, et une fois et deux fois, et Satan nous en a empêchés » (1 Thess. 2 : 18). Mais nous sommes sûrs que l’Éternel l’emportera sur les machinations de Satan, et qu’Il les fera œuvrer pour Sa propre gloire, et que la leçon de patience et de soumission constituera une bénédiction pour Ses enfants. Nous voyons que, dans le jardin de Gethsémané, notre Seigneur n’avait pas perdu la foi en Dieu, mais que, pendant un moment, Il éprouva de la crainte. A mesure qu’Il approchait des dernières heures de Ses expériences sur terre, Il Se demandait s’Il S’était bien conformé aux exigences du Père. Il savait que la moindre infraction à la loi de Dieu signifierait Sa mort. Avait-Il mené à bien Son sacrifice ? Serait-Il retiré de la mort et introduit dans la gloire céleste par une résurrection ? Il reçut alors du Père l’assurance qu’Il avait été fidèle en tout. Toutes les épreuves et les difficultés que le Maître avait subies en déposant Sa vie Le précédèrent, formant un encens de drogues odoriférantes, un précieux parfum, au-delà du Voile dans le Très-Saint, comme cela est montré dans le type (Lév. 16 : 12, 13).

UNE CRAINTE CONVENABLE

Après avoir pulvérisé l’encens de drogues odoriférantes sur l’autel d’or, et une fois que le parfum avait pénétré au-delà du second voile et avait couvert l’Arche de l’Alliance et le Propitiatoire, le souverain sacrificateur juif passait alors lui-même sous le voile. Chaque fois que le souverain sacrificateur soulevait ainsi le voile pour passer en-dessous, il éprouvait probablement de la crainte car, au cas où il n’aurait pas réussi à mener à bien dans tous ses détails l’œuvre de sacrifice, il serait probablement mort en passant sous le voile. C’est pourquoi notre Seigneur Jésus savait que Son œuvre devait être acceptable à Dieu au sens le plus absolu, sinon Il perdait Son existence à jamais. Ce serait comme s’Il n’avait jamais existé : Il perdrait tout.

Aucune créature terrestre n’était présente pour apporter un encouragement à notre Seigneur dans ce domaine. Personne n’était là pour dire : Tu as tout accompli parfaitement ; tu n’aurais pas pu mieux faire. C’est pourquoi le Maître S’approcha seul du Père pour rechercher cette assurance, de la force et du courage. Il pria : « Que ce ne soit pas ma volonté, mais la tienne qui soit faite » ; et le Père entendit Sa prière et Lui donna l’assurance et la force nécessaires. Il fut entendu en ce qui concernait Sa crainte ; et au cours de cette nuit et du jour suivant, jusqu’à l’heure de Sa crucifixion, Il fit preuve de calme et de courage.

De même, les membres du peuple du Seigneur devraient éprouver une crainte convenable. Il est bon qu’ils éprouvent une crainte convenable. Mais elle ne devrait pas se développer au point de faire obstacle à leurs efforts et de dissiper leur courage. Ils devraient éprouver la crainte qui l’Apôtre enjoint de posséder : « Craignons donc qu’une promesse ayant été laissée d’entrer dans son repos, quelqu’un d’entre vous paraisse ne pas l’atteindre » (Héb. 4 :1). Le Maître éprouva cette crainte convenable. Il ne se découragea jamais, Il n’hésita jamais dans l’œuvre que le Père Lui avait donnée à accomplir. Sa crainte était de nature filiale ; elle engendra la vigilance et l’attention, une circonspection dans la progression et dans la vie afin qu’il pût plaire en tout au Père. Cela, tous les chrétiens devraient l’éprouver. Nous devrions veiller de peur de négliger quelque privilège ou devoir.

Cette crainte convenable nous amènera à un examen attentif de nous-mêmes. Nous devrions nous demander : « Que crois-je ? Pourquoi y crois-je ? ». Nous devrions revoir le fondement. Nous devrions revoir en notre esprit, les preuves de la justesse de notre foi. Ce faisant, l’Éternel nous fortifiera dans notre foi, Il fortifiera notre cœur. Si d’aucuns placent leur espérance en eux-mêmes, et s’ils s’appuient surtout sur leur propre force, c’est pour leur avantage que l’Éternel leur permettra d’arriver à un point tel de découragement qu’ils perdront toute l’assurance qu’ils ont en eux-mêmes, afin qu’ils puissent se rendre compte de leur impuissance et de leur faiblesse absolues et de leur besoin de s’appuyer totalement sur l’Éternel, de regarder constamment dans Sa direction pour la conduite et le soutien. A mesure que les enfants de l’Éternel apprennent ainsi à s’attendre à Lui, pour eux est accomplie la promesse´ : « Ceux qui s’attendent à l’Eternel renouvelleront leur force ; ils s’élèveront avec des ailes, comme des aigles ; ils courront et ne se fatigueront pas, ils marcheront et ne se lasseront pas » (Es. 40 : 31). (Pour plus de détails concernant notre attente à l’Eternel au cours de notre vie individuelle, veuillez considérer P’ 56. pp. 2-6 - V.P. N° 169, pp. 454-459).

[Remarque : L’article de la VP 337 continue avec : S’attendre collectivement à Dieu.]