R 5705 (VP 461 p.88; nov-déc 2004)
NOTRE CONQUÊTE DES CANANÉENS-ANTITYPES.
« Fortifie-toi et sois très ferme » - Josué 1 : 7.

[Cet article est tiré de la Watch Tower Reprints. pp. 5 705-5707 juin 15, 1915. Des changements minimes ont été effectués afin de l’harmoniser avec notre style actuel. L ‘article fut écrit et destiné à la Nouvelle-Création et devrait être lu dans cette optique et le contexte de l’époque.]

Josué cite ces paroles que Jéhovah Dieu lui a adressées au moment où, après la mort de Moïse, il prit le commandement d’Israël. Les Israélites avaient eu alors leur expérience de 40 années dans le désert et étaient sur le point de traverser le Jourdain et de prendre possession du pays de Canaan. Josué était devenu le successeur de Moïse. Le peuple avait appris de nombreuses leçons au cours de ses expériences dans le désert, et maintenant que Moïse était mort, il se tournait vers Josué comme son conducteur.

Josué exprima son incompétence à servir à la place de Moïse, par qui Dieu S’était manifesté au moyen de signes. Mais l’Eternel assura à Josué qu’Il le bénirait durant toute sa vie, comme Il l’avait fait pour Moïse. Josué avait été trouvé fidèle durant toutes ses expériences. Il était l’un des deux survivants des expériences du désert qui, lorsqu’ils quittèrent l’Égypte, étaient âgés de plus de 20 ans. En raison de la fidélité de Josué et de Caleb, l’Eternel leur avait promis que, de tous les adultes qui avaient quitté l’Égypte, eux seuls entreraient dans la Terre Promise. Les autres étaient morts dans le désert, hormis Moïse et Aaron ; ce dernier mourut sur le mont Hor, et Moïse un peu plus tard sur le mont Nebo, avant que le peuple ne traversât le Jourdain.

L’exhortation de l’Eternel adressée à Josué, de se fortifier et d’être très ferme, était en rapport avec l’ordre que les Israélites devaient prendre possession du pays de Canaan et en détruire les habitants. Ce commandement de Dieu a été une pierre d’achoppement pour beaucoup. Ils ont pensé que la Bible ne pouvait être d’origine divine alors qu’elle renferme de tels ordres. Ils ont jugé que c’était un acte d’injustice de la part des Israélites d’entrer en Canaan et d’en prendre possession. Quel droit a Israël, disent-ils, de tuer ces gens et de prendre possession de leur terre ? Elle appartenait davantage aux gens qui la possédaient déjà qu’à n’importe qui d’autre. Envahir leur pays, détruire leur vie et s’emparer de leur terre et de leurs biens, serait très injuste. La conduite d’Israël est mise en avant comme une illustration de la disposition de l’homme naturel à « s’accaparer du territoire » qui a semblé s’amplifier siècle après siècle, sans tenir compte de l’avancée de la civilisation et de son appréciation prétendue de la justice.

Telle est la vue que beaucoup adoptent, et cela leur occasionne beaucoup de tort, car ils ne comprennent pas le sujet qu’ils abordent. Lorsque nous disons qu’ils ne comprennent pas le sujet, nous ne voulons pas dire qu’ils sont limités dans leurs facultés, mais qu’ils n’ont pas adopté le point de vue de Dieu. De tout autre point de vue que celui qu’il convient, tout le comportement d’Israël dans cette affaire doit sembler injuste et non divin. Cependant, du point de vue correct, on voit la question comme raisonnable, juste et tout à fait correcte. Les péchés et les abominations de ces peuples Gentils furent tels que leur destruction était tout à fait souhaitable. Dieu avait à l’esprit une grande surprise pour ce pays de Canaan qu’ils habitaient. De plus, l’Âge judaïque était un âge de types. A la fois Israël et ces nations corrompues de Gentils étaient typiques.

LES CHRÉTIENS DOIVENT ÊTRE NON RÉSISTANTS

Dans l’Âge actuel, les membres du peuple du Seigneur ne doivent prendre possession, ni des personnes, ni des biens d’autrui. Ils ne doivent détruire la vie en aucune circonstance. Ils ne doivent se battre avec aucune arme charnelle. Ils doivent être non résistants. Nous ne sommes pas de ceux qui défendront la conduite de prétendues nations chrétiennes des temps modernes sur ce sujet. En tant que chrétiens, guidés par l’exemple et les instructions de notre Maître, nous devrions chercher à faire le bien à tous, selon que nous en avons l’occasion, et à les laisser dans la jouissance paisible de leur maison, de leurs biens et de leurs libertés. Il y a une grande différence entre la loi divine d’amour, qui est la puissance motivante qui agit chez les vrais enfants de Dieu aujourd’hui, et la loi de l’égoïsme, sous laquelle les masses de l’humanité - y compris la grande majorité de la chrétienté nominale - opère encore et continuera à opérer jusqu’à ce que la nouvelle dispensation soit pleinement introduite par la Puissance divine.

Néanmoins, étant donné que la véritable Église est séparée du monde dans le Plan et les agissements du Seigneur, nous pouvons regarder avec une sérénité relative les dérogations à la justice et à l’équité par les royaumes de ce monde, et nous pouvons comprendre que le Seigneur, spécialement de nos jours, profite de leur disposition naturelle à la guerre, à la conquête et à l’édification d’empire. Il fera donc en sorte que la colère de l’homme accomplisse certains aspects de Son Plan qui s’avérera plus tard pour la bénédiction du monde entier, ceux qui sont en ce moment dans la tombe, aussi bien que ceux qui sont encore vivants.

N’étant pas à même de voir au-delà du Voile dans tous les desseins miséricordieux du Père céleste, et n’étant pas assez sages pour savoir comment ces desseins pourraient être menés à bien, les peuples de la terre marchent à tâtons dans l’obscurité, en pensant qu’ils dirigent leurs propres affaires, sans savoir qu’une Main puissante gère les affaires des nations de telle sorte que Ses propres projets glorieux seront menés à bien en tous points, et en ne sachant pas que rien ne peut contrecarrer Ses desseins. Les membres du peuple du Seigneur occupent en grande partie la position de spectateurs en ce qui concerne la conduite de ce monde - ses méthodes, sa politique, ses conquêtes, ses efforts frénétiques pour mener à bien ses projets égoïstes (Jean 17 : 16).

Si nous devions prendre en main les affaires de ce monde, les deux aspects des grandes questions auxquelles elles s’attaquent, nous agirions certainement contrairement au programme divin. Le but du Seigneur n’est pas de donner la victoire maintenant à l’un quelconque des partis en conflit. Nous devons nous tenir séparés du monde, et attacher notre attention, nos pensées, notre sympathie et nos intérêts aux affaires du Royaume céleste. Et alors que nos voix, si elles s’élèvent un jour sur ces questions, devraient s’élever en faveur de la justice, de la miséricorde et de la paix, nous pouvons cependant examiner avec beaucoup de sang-froid tous les événements et changements qui peuvent se produire dans le monde, sachant que notre Père céleste a tout pouvoir de diriger ces affaires pour Sa propre louange et pour le bien final de l’humanité.

UNE VUE RÉTROSPECTIVE

Mais le monde nous dit que nous sommes trop paisibles. Ils disent que l’humanité ne pourrait pas faire de progrès sans un certain nombre de luttes. Nous répondons que nul ne peut comprendre les méthodes de Dieu s’il n’est guidé par Sa parole, par l’esprit de la Vérité. Les agissements de Dieu sont différents dans des âges différents et pour des desseins différents. Ces présentations apparemment conflictuelles de la volonté de Dieu sont parfaitement raisonnables et harmonieuses d’après le point de vue approprié.

Observons. En Eden, la sentence : « Mourant tu mourras », fut prononcée contre Adam en raison de sa désobéissance volontaire à l’instruction divine qu’une violation de l’ordre de Dieu entraînerait la mort. Après la chute, graduellement, l’humanité s’est détachée de plus en plus de l’Eternel. Beaucoup parmi les anges, qui avaient alors accès à la terre avec les pouvoirs de se matérialiser, tombèrent de leur position sainte. L’humanité devint une proie pour ces anges qui étaient « allés après une autre chair » (Gen. 6 : l-4 ; Jude 6, 7 ; 2 Pi. 2 : 4). Cet état de choses fut finalement renversé par le grand déluge à l’époque de Noé.

Mais, par la suite, le monde redevint très pécheur. Alors Dieu choisit un homme d’entre tous les humains - c’est-à-dire Abraham. Il promit que, si Abraham marchait dans Ses sentiers, Il dirigerait les affaires Abraham pour son bien, ferait de lui une grande nation et bénirait sa semence. C’est ainsi que nous avons Abraham, Isaac et Jacob comme serviteurs spéciaux de Dieu. Dieu établit avec les descendants de Jacob une relation d’alliance avec Lui-même durant les jours de Moïse. Sous ce dernier comme médiateur, Dieu promit d’être leur Dieu et de les reconnaître comme Son peuple. Il les bénirait s’ils Lui étaient loyaux. Dans le cas contraire, et s’ils s’adonnaient à l’idolâtrie des nations voisines, alors Il les punirait pour leurs péchés et les châtierait ; mais Il ne les abandonnerait pas.

Les habitants de Canaan étaient dans une condition morale très dégradée. Ils étaient allés si loin dans le péché qu’il n’était désormais plus souhaitable qu’ils restent en possession de Canaan. Les Israélites devaient chasser ces peuples - et lorsque cela s’avérait nécessaire, ils devaient être anéantis. Dieu commanda spécialement à Israël de détruire complètement certaines nations (Deut. 20 : 10-18).

Lorsque nous pensons à cet ordre de Dieu, nous devons nous débarrasser l’esprit des superstitions du passé. Ces peuples qui devaient être détruits ne sont pas allés au tourment éternel, mais dans la mort, dans le shéol, le Hadès, la tombe. C’est un sommeil inconscient. Ceux qui périrent par l’épée dorment encore ; ils ne souffrent pas et n’ont aucune sorte d’angoisse. Ils sont simplement retranchés de la vie jusqu’au moment du réveil général ; car Dieu a pris des dispositions par lesquelles ces gens peuvent revenir à la vie, peuvent être réveillés de leur sommeil. Dieu a pourvu à toutes les bénédictions de la vie éternelle par le Messie. Le Messie doit avoir un Royaume, et ce Royaume doit gouverner le monde dans la justice (voyez Ps. 96, 97, et 72), en bénissant non seulement les vivants, mais aussi ceux qui se sont endormis dans la mort (Es. 25 : 6-9 ; Osée 13 : 14 ; Rom. 14 : 9 ; 8 : 20, 21). De nombreux passages des Ecritures déclarent ceci en termes non équivoques. Ceci est véritablement le point central de toute la Parole de Dieu. Le Plan divin se manifeste tel une chaîne d’or dans la Bible tout entière, dans l’Ancien et dans le Nouveau Testament.

Ce grand Messie, qui doit encore bénir toute la race d’Adam, doit absolument être leur Rédempteur, et ainsi le Propriétaire et le Libérateur du peuple, comme le déclarent les Écritures. Par Son sacrifice pour l’homme, Il a obtenu les « clés de la mort et du Hadès », comme Il nous le dit (Apoc. 1 : 18). II a offert Sa vie comme compensation pour la vie du père Adam. Ce prix d’achat n’a pas encore été appliqué pour le monde en général, mais il le sera, nous le croyons, dans un futur très proche. Le Royaume millénaire de Christ a pour but principal d’accorder à tous les enfants d’Adam, non éclairés auparavant, ainsi qu’à Adam lui-même, une pleine occasion d’obtenir la vie éternelle, après avoir expérimenté la nature et les conséquences du péché.

De ce vaste point de vue, nous voyons que pour ces peuples de l’ancienne Palestine - les Cananéens, les Amoréens, les Hittites, les Phérégiens, les Héthiens, et les Jébusiens - ce fut une bénédiction qu’ils meurent au moment où cela survint. Vils et dégradés dans leurs moralités, ils n’étaient d’aucun bienfait pour eux ni pour les autres. Ce fut la même chose que s’ils étaient morts d’une maladie - de phtisie, de pneumonie, de choléra - ou de quelque autre manière.

Quelqu’un devrait-il se demander : Pourquoi Dieu choisit-Il de faire mourir ces anciennes peuplades au combat plutôt que de maladie ? La réponse est que les peuples qui habitaient le pays allaient être une menace constante pour la moralité du peuple d’Israël. Non seulement ils étaient idolâtres, mais ils pratiquaient des rites licencieux et la divination. De plus, Dieu avait prévu que le pays allait servir à tout autre chose. Il avait un grand Plan, dans lequel Son dessein était que Canaan jouerait un rôle important. Le pays et ses habitants devaient être le type des agissements de Dieu avec Israël spirituel de l’Âge de l’Évangile. Le type dans lequel Dieu voulait que le pays de Canaan figure ne pouvait pas être mené à bien sans l’expulsion de ces païens, ou leur destruction.

ISRAËL SPIRITUEL EXPULSANT LES CANANÉENS

Se demande-t-on quel type était ici montré ? Nous croyons que l’expulsion et la destruction de ces nations pécheresses par Israël était un type de la manière par laquelle les membres du peuple de Dieu d’aujourd’hui, Israël spirituel, doivent prendre possession de leur corps humain. En tant que Nouvelles-Créatures, nous devons vaincre et détruire ces tendances de la chair qui nous asserviraient. Si nous n’en triomphons pas ni ne les détruisons, elles prendront le dessus sur nous et nous anéantiront. Nous devons vaincre les mauvaises tendances, les habitudes, vices, pensées, désirs mauvais qui ont pris place dans notre esprit et, par l’action de notre nouvelle volonté, nous devons prendre le contrôle total et occuper la place que prenaient les premiers occupants avec des pensées, désirs, ambitions, habitudes et desseins purs et saints.

Ces corps humains sont maintenant la propriété et la possession des Israélites spirituels, les Nouvelles-Créatures en Christ. Il ne doit pas y avoir de paix entre la Nouvelle-Créature et sa chair. Nous devons retirer une leçon d’Israël naturel sur ce point. Leur échec à chasser et à détruire complètement leurs ennemis, comme l’avait commandé Dieu, fut une source de problèmes et de pièges constants, et aussi la cause de beaucoup d’idolâtrie et de péché pour Israël. Et leur expérience « fut écrite pour nous servir d’exemple ». Notre combat contre des ennemis spirituels doit avoir comme résultat la destruction complète de notre mentalité charnelle, et signifiera aussi la mort du corps humain.

Ce combat d’Israël contre ses ennemis peut de même être une figure des conditions dans le Millénium. Pendant l’Âge millénaire, le monde, guidé par Christ et l’Église, sera amené dans une condition qui le rendra apte à posséder la terre entière. Satan sera lié mille ans. Le péché et la malédiction de la mort adamique qui affligent le monde seront détruits, ainsi que tout ce qui est contraire à la droiture. Toutes ces choses appartiennent au règne de cet « homme fort » qui opprime le monde depuis si longtemps. Christ, l’antitype de Josué, sera alors au pouvoir et montrera à l’homme comment exterminer ces choses du péché et ainsi donc, finalement, prendre possession de la terre, l’Eden de Dieu, et chaque homme sera roi, souverain.

Tandis que l’Israélite naturel devait être un homme de guerre, et prendre possession du pays de l’ennemi, nous ne devons pas voir en ceci quelque chose qui ne s’y trouvait pas. Par exemple, ce ne furent pas les Israélites qui devaient dire qu’ils monteraient et prendraient possession du pays de Canaan. C’était Dieu Lui-même qui devait le leur donner en possession. Nous ne devons pas non plus penser que Dieu était indifférent aux intérêts véritables de ces Gentils. Il déclare que leur iniquité était à son comble. Il n’était désormais plus profitable de prolonger leur vie. Ainsi nous voyons que la justice n’a pas été violée en remettant cette terre en possession éternelle aux Israélites. Ceci avait été prédit auparavant par l’Eternel ; mais le témoignage de l’Eternel, à l’époque où la promesse fut faite, était que ce ne serait pas alors le moment convenable pour qu’elle soit accomplie, mais qu’il devrait y avoir premièrement une période de ténèbres, jusqu’ à ce que l’iniquité de ces nations devienne totale.

BATAILLE D’ISRAËL SPIRITUEL AUJOURD’HUI

En revenant à l’Âge de l’Évangile, nous voyons que les Israélites spirituels ont eu un grand conflit. C’est un combat contre le monde entier - aucun combat aussi puissant et aussi important n’a jamais été engagé. Cependant, le combat mené par le Seigneur Jésus et Ses disciples n’a pas été un conflit livré avec des canons ou d’autres armes charnelles. Nous avons aujourd’hui des millions de personnes stationnées dans des grands camps dans le dessein de se détruire mutuellement. Elles sont aiguillonnées par leurs chefs. Il se peut qu’il y ait ici et là un chrétien parmi eux, quelqu’un qui ait véritablement donné son cœur à Dieu ; mais ce sont des exceptions. Les gens du monde dans leur grande majorité reconnaissent qu’ils n’ont pas entrepris cette démarche de la consécration au Seigneur. Cependant leurs gouvernants leur disent qu’ils sont le peuple du Seigneur et qu’ils livrent Ses combats.

Selon la Bible, seuls les saints, seuls ceux qui ont franchi les étapes spécifiques fixées par le Maître pour Ses disciples sont véritablement des chrétiens. Tous les autres qui prétendent être chrétiens ne sont que des imitations - de « l’ivraie ». En étudiant la vie des saints des temps anciens, les véritables chrétiens sont à même de percevoir plus clairement la pensée de Dieu, la volonté de Dieu les concernant. D’après la vie de Moïse, de Josué, des prophètes et d’autres fidèles du passé, ils obtiennent des leçons de foi, de courage, de zèle. On leur enseigne que tous ces récits scripturaux servent de types et d’avertissements pour l’Église de l’Évangile, et ils sont, de ce fait, mis en garde, fortifiés et encouragés.

Les membres du peuple du Seigneur ne devraient pas se sentir sûr d’eux-mêmes, ni arrogants, mais au contraire, très humbles et dans l’insuffisance - tout à fait comme l’était Josué. Tous les enfants de Dieu doivent prendre conscience de leur insuffisance en leurs propres forces. Ils doivent ressentir que Dieu les a appelés pour une grande œuvre, et qu’ils échoueraient complètement sans la bénédiction du Seigneur. Ils doivent se tourner vers le Seigneur, et recevoir Ses promesses dans un cœur honnête et bon, en croyant que ces promesses leur appartiennent, aussi longtemps qu’ils demeureront loyaux et honnêtes envers Lui. En agissant ainsi, ils peuvent être forts, très forts ; ils peuvent être très courageux.

EXEMPLES BRILLANTS DU PASSÉ

Nous avons noté le courage de notre Seigneur Jésus Lui-même, une nation tout entière Lui étant hostile ! Il en a été de même pour tous Ses disciples fidèles – la majorité d’entre eux, les pauvres de ce monde, qui ont reçu très peu de richesse, ou d’influence, ou d’honneur de la part des hommes. Le véritable peuple de Dieu durant l’Âge de l’Évangile a été une classe de gens humbles, et pourtant ils ont été très forts et courageux. Les gens aux jours des Apôtres « les reconnaissaient pour avoir été avec Jésus » et pour avoir appris de Lui. Ces disciples de Jésus avaient vu Sa promptitude à déposer Sa vie au service du Père. Ils avaient vu Son courage lorsqu’Il affronta la mort de l’espèce la plus cruelle, lorsqu’Il dit : « La coupe que mon Père a versée pour moi, ne la boirais-je pas ? ». Ainsi, nous qui avons suivi le Maître depuis lors, avons pris note de l’esprit que notre Seigneur manifesta à tous moments, sous les expériences les plus éprouvantes et les plus cruciales ; et cela s’est prouvé être une merveilleuse source d’inspiration pour nous.

En règle générale, de tout temps, les fidèles ont été très peu connus dans le monde. Ils n’ont pas souvent fait partie des grands, des instruits, des riches. Dans le passé, il se peut qu’il y ait eu quelques influents, certains de noble naissance, qui firent partie des saints de Dieu, en vivant selon la lumière qu’ils possédaient à leur époque ; mais ils furent des exceptions. Nous savons qu’il y a eu de nombreux saints véritables qui ont vécu une vie calme, ordinaire, et qui, cependant, semblent avoir vécu à la hauteur de la lumière qu’ils possédaient, et avoir marché avec Dieu jusqu’à ce qu’ils s’endorment dans la mort. En général, le monde a ignoré ces saints de Dieu, même quand ils n’étaient pas franchement persécutés. Nous ne pouvons pas connaître avec certitude quels sont ceux qui ont le cœur entièrement loyal et sincère ; mais nous pouvons être persuadés que « le Seigneur connaît ceux qui lui appartiennent » (2 Tim. 2 : 19).

COURAGE DANS CETTE « HEURE DE TENTATION »

En revenant à notre propre époque, il n’y a jamais eu un temps où il fallait plus de force de caractère et de courage qu’en ce moment. Les iniquités du monde entier, et spécialement de la soi-disant chrétienté, sont presque arrivées à leur paroxysme, et tous les gouvernements actuels sont sur le point d’être renversés, pour laisser place au Royaume glorieux de Dieu sous les cieux tout entiers - le Règne glorieux du Roi des rois. Tous les systèmes ecclésiastiques d’aujourd’hui, qui se nomment eux-mêmes l’Église de Christ, prennent position du côté de l’erreur et luttent contre la Vérité et ses défenseurs. C’est pourquoi nous avons besoin d’être forts dans le Seigneur et dans le pouvoir de Sa force.

Quiconque se met à combattre avec sa propre force contre cette forteresse d’erreur peut être certain qu’il sera battu. Mais s’il y va dans la force du Seigneur des Armées, et s’il a des instructions divines sur ce qu’il doit faire ou dire, celui-là peut bien être très courageux. De nombreux cœurs sincères demandent maintenant le Pain de Vie ; ils sont captifs dans Babylone ou bien sont affamés dans le « champ », le monde. Ceux-ci ont besoin de notre aide.

Notre force sera mise à l’épreuve - notre attachement à Dieu et à la Vérité, et notre courage à défendre la Vérité, Ces choses seront assurément mises à l’épreuve ; car Babylone s’oppose à notre démarche. Dieu n’acceptera personne dans le Royaume qui n’ait pas enduré fidèlement. Cependant, efforçons-nous d’instruire avec douceur ceux qui s’opposent à la Parole du Seigneur, et recherchons ceux qui ont faim et soif.

Nous ne savons pas sous quelles formes viendront certaines de nos épreuves et tribulations. Mais nous qui vivons dans ce « jour mauvais », oui, en vérité, à la fin même de ce jour - dans « l’heure de la tentation » finale - nous devons assurément revêtir l’armure complète de Dieu. Il est nécessaire que nos reins soient ceints de la Vérité ; nous avons besoin du casque pour protéger notre pensée, notre intellect, des gourdins de l’erreur ; nous avons besoin de la cuirasse de la justice ; nous avons besoin de l’Epée de l’Esprit – la large épée à deux tranchants ; nous avons besoin des sandales de la « préparation de l’évangile de paix ». Nous avons besoin de tout cela pour vaincre les Cananéens dans notre cœur, et pour surmonter tous les obstacles environnants.

Ainsi armés et équipés, nous pouvons en vérité sortir « Plus-que-Vainqueurs » dans le grand conflit qui augmente de jour en jour. Nous vaincrons « par lui qui nous a aimés et qui nous a rachetés de son sang précieux ». Que la promesse du Maître soit notre inspiration quotidienne : « A celui qui vaincra, je donnerai une place avec moi sur mon trône ».