R 5692 (EB 2021 388 45)
DES PRIÈRES QUI SONT ENTENDUES - PSAUME 141.
« Garde-moi du piège qu'ils m'ont tendu » - v. 9.

[Remarque : L’article de l’EB 388 comprend en gros le contenu du Reprint R 5692, mais certains passages (la 1re page en particulier) sont ajoutées ou ont été modifiées de façon plus significative ; ces passages sont marquées en italiques et, le cas échéant, suivies d’une traduction plus littérale.]

Pour le chrétien consacré, la prière est le désir sincère du cœur, exprimé ou non, s'élevant vers Dieu pour obtenir de bonnes choses. Aucune règle de prière ne nous est proposée dans les Écritures. Quand les disciples en firent la demande pour être enseignés sur ce sujet, Jésus leur suggéra une idée ou un exemple de la manière de formuler leurs prières. Il leur dit « priez ainsi » (Matthieu 6 : 9-13).

Les prières de Jésus renfermaient tous les éléments d'une véritable prière. Ceux-ci sont au nombre de sept : l'invocation, la louange, l'action de grâce, la reconnaissance de dépendance vis-à-vis de Dieu, la requête, la communion, et l'assurance. La confession du péché n'apparaissait pas dans Ses prières, comme c'est le cas dans les nôtres, car Il n'avait aucun péché à confesser. Nous ne trouvons pas non plus les sept éléments susmentionnés dans chacune de Ses prières ; par exemple, dans certaines il n'y a que l'invocation, l'action de grâce et l'assurance, comme on peut le lire en Matthieu 11 : 25, 26, où Il remerciait Dieu avec la certitude que le Plan était destiné à la compréhension des humbles et des débonnaires et non à celle des sages selon leur propre estimation - les orgueilleux et les entêtés. De même, au sépulcre de Lazare (Jean 11 : 41, 42), nous ne voyons que ces trois éléments, quoique la dernière prière implique qu'Il avait demandé auparavant à Dieu de ramener Lazare à la vie. Dans Sa prière sacerdotale en Jean 17, alors que sont présentes l'invocation, la requête et l'assurance, la plus large part est réservée à la communion avec Dieu. Dans toutes Ses prières il y avait l'esprit de soumission que nous pouvons constater particulièrement dans celles qu'Il fit à Gethsémané. Son unité d'esprit avec Dieu faisait que prier était pour Lui la chose la plus appropriée et la plus naturelle. Nous pouvons être certains qu'Il priait avec régularité matin et soir, aux repas et à chaque occasion convenable, car toujours les désirs de Son cœur s'élevaient vers Dieu ; et, selon les besoins, les paroles de Ses prières étaient exprimées en privé et en public de façon appropriée envers Dieu.

Notons que presque toutes les prières du Grand Maître rapportées sont simples et brèves. Toutes les fois où Jésus souhaitait faire de longues prières, Il allait de Lui-même seul vers le Père. Ce serait sans aucun doute un bon exemple à suivre pour chacun de Ses disciples. De longues prières provoquent fréquemment une lassitude de la chair et, pour autant que nous pouvons en juger, sont susceptibles de contenir beaucoup de vaines redites, ou cherchent à instruire l'Éternel et à Le conseiller sur des affaires qu'Il comprend bien mieux qu'aucun de Ses enfants.

LA PRIÈRE N'EST PAS UN DEVOIR - ELLE EST UNE NÉCESSITÉ.

La prière n'est pas simplement un arrangement pour quémander, pas plus qu'une occasion d'informer Jéhovah quant à nos désirs. Elle devrait plutôt être considérée comme un moment propice de communion avec notre Père, durant lequel nous pouvons décharger notre cœur accablé ou perplexe, en faisant appel à Sa compassion et nous rappelant les promesses divines, en passant en revue le soin divin, et en exprimant notre confiance dans les abondantes promesses de Dieu. Combien la prière se révèle convenable et essentielle pour le vrai croyant ! Il nous est impossible de vivre sans elle. Cesser de prier serait comme de dépouiller un arbre de ses feuilles - il mourrait.

Mais supposer que la vie du chrétien dépend uniquement de la prière sans l'étude sérieuse, la pratique et la propagation de la Parole de Dieu, serait une erreur. De même que l'arbre a besoin de ses feuilles, il lui faut également ses racines et son sol. Tous les éléments sont indispensables. Nous avons besoin d'absorber les promesses de la Parole de Dieu. En retour, cela conduira à de bonnes œuvres et à la communion avec Dieu en prière, sans lesquelles nos fruits se flétriraient et disparaîtraient bientôt.

Lorsque nous pensons à la grandeur de Jéhovah, le Créateur et l'Architecte des cieux et de la terre et de tout ce qui s'y trouve, et lorsque nous considérons notre petitesse, nos faiblesses et nos imperfections, nous sommes stupéfaits que le grand Dieu de l'univers ait pris des dispositions par lesquelles chacune de Ses créatures terrestres puisse maintenir la communion avec Lui par la prière. Prenons particulièrement note de la différence entre l'adoration et la louange que chacun peut rendre à Jéhovah, et les prières et les supplications qui ne Lui sont agréables que de la part de Son peuple consacré.

Alors que Dieu porte un intérêt à l'humanité entière, un intérêt profond, il ne s'agit toutefois pas du même intérêt profond qu'Il porte à Ses propres enfants dévoués, ceux qui sont entrés en alliance de cœur avec Lui par Christ, renonçant à leur propre volonté et acceptant à la place Sa volonté pour qu'elle les gouverne en toutes choses. Ceux-là sont Ses appelés, dédiés, la seule véritable église ou ecclésia du peuple de Dieu. Ces enfants de la foi, la seule véritable église, après avoir été développés à la ressemblance à Christ, trouvés fidèles et approuvés, auront le privilège dans l'Âge millénaire, rassemblés avec le fidèle Abraham, de bénir toutes les familles de la terre avec les bénédictions du Rétablissement (Gal. 3 : 7-9 ; Actes 3 :19-23).

[Texte original (traduction nouvelle) : Pour illustrer : C'est une chose que la population acclame un gouverneur ou un roi, qu'elle enlève son chapeau ou incline la tête, mais c'en est une autre que cette même population soit reçue par le roi ou le gouverneur en tant qu'amis ou pour avoir une communion avec lui, pour lui parler de ses préoccupations, pour avoir ses conseils et ses directives. Alors que Dieu porte un intérêt à l'humanité entière, un intérêt profond, il ne s'agit toutefois pas du même intérêt profond qu'Il porte à Ses propres enfants dévoués, ceux qui sont entrés en alliance de cœur avec Lui par Christ, renonçant à leur propre volonté et acceptant à la place Sa volonté pour qu'elle les gouverne en toutes choses. Ceux-là sont Ses appelés, dédiés, la seule véritable église ou ecclésia du peuple de Dieu. Ces enfants de la foi, la seule véritable église, après avoir été développés à la ressemblance à Christ, trouvés fidèles et approuvés, auront le privilège dans l'Âge millénaire, rassemblés avec le fidèle Abraham, de bénir toutes les familles de la terre avec les bénédictions du Rétablissement (Gal. 3 : 7-9 ; Actes 3 :19-23).

Cette Église de Dieu, dans le monde entier, n'est pas forte numériquement. Comme le dit la Bible, elle ne comprend pas beaucoup de riches, pas beaucoup de sages, pas beaucoup de savants, mais principalement les pauvres de ce monde, riches en foi, héritiers du Royaume (1 Cor. 1 : 26 ; Jacq. 2 : 5). Leur règne, leur pouvoir et leur contrôle sur les affaires du monde ne viendront que lorsqu'ils auront expérimenté le changement de la résurrection, et que le Royaume du Messie sera pleinement inauguré. Alors, ils vivront et régneront avec le Christ pendant mille ans – Apoc. 20 : 4.]

QUI PEUT PRIER ?

Assez étrangement, beaucoup semblent portés à penser que quelqu'un, à tout moment, peut se précipiter en la présence du Dieu tout-puissant avec ses requêtes. Il semble même suggéré que Dieu est malheureux de ce que les personnes ne viennent pas à Lui de cette façon. De telles conceptions de la prière dénotent une lacune dans l'étude de la Bible, d'instruction biblique. La Bible enseigne que la prière est un grand privilège, comme le déclarait Jésus « nul ne vient au Père que par moi » (Jean 14 : 6). En outre, Il indiquait les restrictions touchant ceux qui voudraient s'approcher du Père par Lui - ils doivent être Ses disciples ; et pour devenir Ses disciples, il leur faut se charger de certaines obligations ou vœux. Ils ne doivent pas seulement reconnaître qu'ils sont pécheurs et se repentir, solliciter le pardon par Christ comme leur Sauveur, mais renoncer à leur propre volonté et accepter celle de Dieu et de Jésus. Ils doivent déposer leur tout sur l'autel ; autrement, ils ne peuvent être agréés, ne peuvent être présentés au Père, ne peuvent recevoir Son saint Esprit de compréhension, ne peuvent être qualifiés et traités comme des fils de Dieu, ne peuvent obtenir une part avec Jésus-Christ dans Son Royaume à venir, ni bénéficier du privilège de la prière et de la communion avec le Père.

La Bible réserve toutes ces bénédictions particulières à ceux qui deviennent particulièrement et personnellement des fils de Dieu. Et même s'agissant de ceux qui sont devenus fils de Dieu, Jésus les prévient du danger de perdre le privilège de la prière. Il dit : « Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous [pas autrement], vous demanderez ce que vous voudrez [l'objet de la prière est de ne demander que ces choses que Dieu S'est Lui-même déjà déclaré heureux d'accorder], et il vous sera fait » (Jean 15 : 7).

Nous croyons que la mauvaise information sur ce sujet de la prière a travaillé défavorablement pour beaucoup. La majorité des humains, empêtrés dans le mal, ne se réfugient qu'occasionnellement auprès de Dieu dans certaines difficultés, et cela sans être entrés dans quelque alliance avec Lui ou avoir reçu une reconnaissance comme fils, et sans la désirer. S'ils étaient correctement informés, l'effet sur leur esprit serait d'abord de les alarmer. Ils prendraient soudainement conscience qu'ils sont sans Dieu dans le monde, que leurs affaires ne sont pas soumises à Sa direction, mais comme une partie du monde, ils se trouvent sous la malédiction générale, ou sentence de mort.

Les qualités les plus élevées de l'esprit humain, qui siègent au sommet même de notre crâne, sont les organes de l'adoration, de la révérence, de la vénération et de la spiritualité. Parfois même les méchants ont le sentiment qu'ils seront agréables à Dieu s'ils Le prient et Lui demandent quelques faveurs. Ils n'ont pas appris que Dieu S'est adressé à eux, disant : « Mais Dieu dit au méchant : Qu'as-tu à faire… de prendre mon alliance dans ta bouche ? Toi qui hais l'instruction, et qui as jeté mes paroles derrière toi » (Ps. 50 : 16, 17).

Il est grand temps que la différence entre l'enfant consacré de Dieu et le monde soit plus clairement perçue et les privilèges du consacré plus grandement appréciés. Le résultat serait d'éveiller chez d'autres leur sens du besoin de Dieu. L'entière consécration constitue l'unique condition par laquelle Jésus les accepterait et serait leur Avocat auprès du Père, et leur assurerait les privilèges de fils de Dieu, précieux à la fois pour la vie actuelle et pour celle à venir. [Texte original (traduction nouvelle) : Alors, dans leurs heures de détresse, réalisant qu'ils n'ont pas de Dieu, ne seraient-ils pas plus enclins à Le chercher avec ardeur dans la voie qu'Il a tracée, par le Seigneur Jésus-Christ, et par une consécration complète - les seules conditions auxquelles Jésus les accepterait et serait leur Avocat auprès du Père, et leur assurerait le titre et le privilège de fils de Dieu, valables à la fois pour la vie présente et pour celle qui est à venir ?]

ENCENS, PRIÈRE, DEVANT DIEU.

Le Prophète David, au Psaume 141 : 1, 2, illustre le chrétien dans sa détresse, venant à Dieu par Son moyen désigné : « Éternel ! je t'ai invoqué ; hâte-toi [de venir] vers moi. Prête l'oreille à ma voix, quand je crie à toi. Que ma prière vienne devant toi comme l'encens ». C'est la même pensée exprimée ailleurs dans la Bible - que les prières du peuple de Dieu s'élèvent vers Lui comme un doux parfum (Apoc. 5 : 8). Et, à ce propos, nous nous rappelons que l'encens d'autrefois, lequel typifiait les prières des saints, était composé d'un rare mélange d'épices exhalant un parfum particulièrement doux (Exode 30 : 34-38 ; 37 : 29) ; [Texte original (traduction nouvelle) : et que personne n'était autorisé à fabriquer cet encens, sauf les sacrificateurs qui devaient l'offrir (Ex. 30 : 34-38 ; 37 : 29). Ainsi de nouveau, le Seigneur nous montre que le privilège de prier, de s'approcher de Lui d'une manière agréable, est réservé aux sacrificateurs antitypes, appelés par saint Pierre la Sacrificature Royale - 1 Pi. 2 : 9.]

Seuls ceux du peuple de Dieu qui Lui ont consacré leur vie, jusqu'à la mort même, sont pleinement Siens. L'Apôtre écrivait : « Je vous exhorte donc, frères [croyants justifiés], par les compassions de Dieu, à présenter vos corps en sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu, ce qui est votre service intelligent » (Rom. 12 : 1). Dieu a pris l'engagement envers cette classe particulière qu'Il l'écoutera, oui, qu'Il lui répondra – pas nécessairement selon ses préférences naturelles ; mais Il prêtera attention à l'esprit de ses cris et lui donnera, conformément à Sa sagesse, les expériences et les bénédictions les plus utiles.

POUR QUELLES CHOSES DEVRIONS- NOUS PRIER ?

Nos prières devraient être en harmonie avec nos efforts. Au Psaume 141 : 3-10, les enfants consacrés de Dieu sont décrits comme priant Dieu afin qu'Il mette une garde à leur bouche. La pensée est qu'ils s'efforcent d'abstenir leurs lèvres, leur bouche, de propos qui pourraient offenser les autres, mais qu'ils puissent au contraire leur apporter de l'aide et honorer Dieu. De plus, en s'appliquant à une pureté de cœur et à éviter de pratiquer de mauvaises actions envers les méchants, leur prière est donc en harmonie (v. 4) : « N'incline mon cœur à aucune chose mauvaise, pour pratiquer de méchantes actions avec des hommes qui sont des ouvriers d'iniquité ; et que je ne mange pas de leurs délices » - assiste-moi dans ma détermination à m'opposer à toutes ces choses ; mais aide-moi dans les choses mentionnées en Philippiens 4 : 8, les choses qui sont vraies, vénérables, justes, pures, aimables, et celles qui sont de bonne renommée !

Comme il serait convenable que les membres du peuple consacré de Dieu examinent leur vie lorsqu'ils vont au Père en prière ! Combien serait-il approprié pour eux de noter dans quelle mesure leurs bénédictions, y compris les voluptés et les délices, ont été acquises à l'encontre des principes de justice et d'amour - à l'encontre de la Règle d'Or ! Quiconque prie intelligemment cherchera certainement, par l'examen de sa vie, à corriger ses relations d'affaires et autres relations, afin qu'il ne mange les délices qui pourraient provenir de l'injustice ou de l'oppression, et plutôt se réjouisse des choses les plus ordinaires de la vie si elles sont obtenues le plus en conformité avec les principes de justice, les principes de la bonté bienveillante de Dieu.

« QUE LE JUSTE ME FRAPPE ».

Au v. 5, ceux qui sont en communion avec Dieu par la prière et par l'application à obéir à Ses lois et Ses arrangements, sont si pleinement engagés qu'ils sont capables d'affirmer qu'ils ne s'offenseront pas d'être repris par le juste - au contraire, les reproches de cette personne seront pour eux comme une huile excellente, comme en recevait autrefois un invité de la part de son hôte. Le verset 5 conclut « car ma prière sera encore là dans leurs calamités ». Oui, les chrétiens véritables, ceux qui jouissent de la communion avec Dieu par la prière, ont les qualités de cœur que décrit l'Apôtre comme étant les fruits du saint Esprit - à savoir la douceur, la bonté, la patience, la longanimité, l'affection fraternelle et l'amour (Gal. 5 : 22, 23 ; 2 Pi. 1 : 5-8).

Et parce qu'ils possèdent ces fruits, ils ne s'offensent pas facilement, mais sont vraiment heureux de recevoir de telles expériences et leçons que les interventions providentielles de Dieu peuvent leur destiner - spécialement si elles proviennent de frères et si leurs reproches sont administrés d'une manière chrétienne – dans la douceur, prenant garde à eux-mêmes de crainte qu'ils ne soient aussi tentés (Gal. 6 : 1).

Dans de tels cas, la réprimande se révèlera pour les frères une bénédiction de la part de Dieu - si elle est dispensée et reçue dans cet esprit. Ni leur tête ni leur cœur ne sont abattus par de tels reproches basés sur les Écritures, et eux-mêmes apprennent à administrer les remontrances à d'autres d'une manière similaire, de façon à ne pas blesser, mais à aider. Leurs prières sont réciproques dans ce qui semble être des afflictions ; et, conformément à la promesse de Dieu, ces apparentes afflictions, comme toutes les affaires de la vie, travailleront ensemble pour le bien de ceux qui L'aiment suprêmement, de ceux qui sont appelés selon Son dessein (Rom. 8 : 28).

La version Américaine donne ici une formulation différente : « Comme l'huile sur la tête, que ma tête ne la refuse pas, car même dans leur méchanceté, ma prière continuera ».

Dans une figure de rhétorique, le Prophète relate l'adversité qui frappe les membres de l'Église, jusqu’à la mort même : « Nos os sont dispersés à la gueule du shéol, comme quand on coupe et qu'on fend du bois sur la terre » (v. 7) - comme les éclats faits par le graveur sur bois, qui considère les copeaux comme indignes d'être rassemblés. Cependant, tandis que cela peut être estimé ainsi par les saints de Dieu du point de vue du monde, il n'en est pas de même de Dieu, comme l'implique le v. 8 : « Car, ô Éternel, Seigneur, mes yeux sont sur toi, je me confie en toi ; n'abandonne pas mon âme ».

Mais quelle que soit l'affliction que peuvent subir les consacrés du peuple de Dieu dans cette vie présente, quel que soit le rejet qu'ils peuvent expérimenter des mains des grands et des sages de ce monde, ils ont de Lui la promesse de la gloire, de l'honneur et de la vie éternelle dans le futur. En Lui ils se confient, et Il ne les abandonnera pas dans le désespoir. Il a déclaré : « les portes du hadès ne prévaudront pas contre elle » (Matth. 16 : 18) ; c'est-à-dire que le pouvoir de la tombe ne prévaudra pas contre eux - ils reviendront du pouvoir de la tombe dans la glorieuse résurrection.

« GARDE-MOI DU PIÈGE ».

Au v. 9, Satan est représenté tel un oiseleur, un chasseur qui poursuit le peuple de Dieu, de même que les chasseurs terrestres sont portés à chasser différentes espèces de gibier. Préalablement à l'invention des armes à feu, les chasseurs attrapaient leurs proies plus spécialement à l'aide de pièges et de trappes. Alors que Satan est figuré comme étant le grand Archiadversaire, on lui accrédite aussi l'emploi d'agents. Selon la Bible, les principaux parmi ses agents sont ces anges déchus dont il est le prince – « le chef des démons ». Mais il se trouve parmi les hommes beaucoup d'ouvriers d'iniquité. Ceux-là sont ses serviteurs, qu'ils en aient conscience ou non. « Vous êtes esclaves de celui à qui vous obéissez » (Rom. 6 : 16).

Nous comprenons que la conséquence de cette domination est que beaucoup se prétendant serviteurs de Dieu s'abusent eux-mêmes et sont en réalité les serviteurs du Méchant ; car, comme Jésus le déclarait, ils font ses œuvres (Jean 8 : 44). Ils œuvrent conjointement à l'édification de l'injustice, de l'iniquité, étouffent la Vérité et trompent le peuple.

Le Seigneur assistera-t-Il Son peuple ? Assurément, Il le délivrera des différents pièges de l'Adversaire ; et finalement, Satan et toutes ses cohortes tomberont dans leurs propres pièges. Comme ce le fut dans les temps anciens lorsque les Égyptiens pensaient capturer les Israélites à la Mer Rouge, le Seigneur ouvrit la voie aux Israélites qui s'échappèrent, tandis que leurs ennemis les poursuivaient et furent eux-mêmes pris au piège et engloutis. Le même principe s'applique de nos jours. Le monde est totalement submergé par les épreuves et les tentations placées devant lui ; toutefois, l'esprit éclairé de l'enfant consacré de Dieu est sauvegardé grâce à la compréhension du Plan de Dieu et au privilège de la prière en harmonie avec Ses dispositions.

Nous concluons cette explication en citant le v. 10 : « Que les méchants tombent dans leurs propres filets, tandis que moi je passe outre ». Telle l'expérience qui eut lieu à la Mer Rouge, telle sera également l'expérience du grand Temps de Détresse qui s'approche ; manifestement, Satan et ses serviteurs seront engloutis dans cette détresse d'une manière à laquelle ils ne s'attendent pas. La seule vraie église échappera à ces choses venant sur le monde et se tiendra devant le Fils de l'Homme, certains changés par la puissance de la première résurrection et d'autres non-engendrés de l'Esprit, tous étant appelés à être avec Lui comme Sa classe du Royaume. Quant au monde, il sera pris au piège dans ce grand Temps de Détresse. Cependant, Dieu merci, il sera favorisé alors qu'il apprendra plus complètement les voies du Seigneur, et grandes seront les bénédictions du Tout-Puissant qui lui échoiront !

Pour venir en aide à toute l'humanité, Dieu a prescrit quatre nécessités dans le privilège de la prière : (a) il est nécessaire que nous ayons une connaissance de Dieu comme notre Père, le Tout-Puissant et Celui qui est saint ; (b) nous devrions exprimer notre attente et notre confiance en l'avènement de Son Royaume, notre vive aspiration pour celui-ci et pour le temps où Sa volonté sera faite sur la terre comme elle est faite dans les cieux ; (c) nous affirmons notre dépendance de Lui pour nos besoins quotidiens, ce dont Il nous a promis ; (d) nous reconnaissons nos péchés et demandons Son pardon, étant disposés à exercer le pardon à l'égard de ceux qui nous ont offensés, et nous exprimons notre confiance en ce qu'Il ne nous abandonnera pas dans la tentation, mais nous délivrera du Malin. La prière est absolument indispensable à la croissance chrétienne, à l'existence spirituelle : « Priez sans cesse » (1 Thess. 5 : 17).

Bible Standard N° 923 — mars-avril 2021