Les Écritures présentent toujours la patience comme un élément important du caractère. Dans chaque phase de l’expérience humaine, nous en voyons la nécessité. Pour être droits dans les conditions présentes, il nous faut être patients, non impétueux, car il serait injurieux d’être impatients et sévères vis-à-vis des imperfections et faiblesses inévitables de nos semblables. C’est pourquoi, l’esprit de sobre bon sens appelle à ce que nous soyons patients dans nos relations avec l’humanité déchue. Dieu, Lui-même, possède cette qualité de la patience, Il l’exerce depuis longtemps. Dans ses affaires avec le monde, durant l’Âge prochain, l’Église aura besoin de beaucoup de patience et dans l’environnement actuel, nous en avons besoin constamment pour développer les caractères nécessaires pour avoir une place sur le Trône avec notre Seigneur.
La patience est étroitement associée à l’amour et la miséricorde. Si Dieu n’avait pas d’amour, de miséricorde, Il ne serait pas patient. Dans la condition humaine imparfaite et déchue actuelle, la patience fait tristement défaut, bien qu’elle soit parfois manifestée, extériorisée, dictée par une ligne de conduite. Cette qualité, semblable à Dieu, comme toutes les autres qualités de caractère inhérentes à Dieu et à tous les êtres parfaits créés à Son image, a été très largement effacée chez les humains par la chute du premier couple.
Dans le Nouveau Testament, deux mots grecs sont traduits par « patience ». L’un d’eux signifie indulgence, longanimité ; l’autre apporte la pensée d’une endurance joyeuse et pleine d’espoir. Ce dernier mot est utilisé dans notre texte et a une signification plus profonde que celle qui s’attache d’habitude à notre mot patience. Cette constance — qui consiste à endurer le mal d’une manière joyeuse et volontaire — représente un élément de caractère et non pas simplement une entrave temporaire d’un sentiment ou d’une action.
Cela implique un développement du cœur et du caractère qui se manifeste dans l’endurance face au mal et à l’affliction, avec contentement, sans rébellion de la volonté, en complet accord avec les exigences de la sagesse et de l’amour de Dieu qui, bien qu’Il permette le mal présent, a promis de le renverser au temps convenable.
Il nous sera très profitable de développer avec soin cet élément du caractère chrétien dont notre Seigneur parle avec un tel éloge et sans lequel, Sa Parole nous l’assure, notre caractère ne peut être rendu parfait. Le chrétien a besoin de l’endurance patiente pour revêtir l’armure complète de Dieu, et l’ayant mise, la garder bouclée d’une manière sûre. Nous en avons besoin non seulement dans les relations avec les autres, mais aussi pour nous-mêmes, pour nos propres imperfections. Nous devrions toujours prendre en considération les différentes circonstances et conditions qui nous entourent et entourent les autres. Lorsque nous regardons autour de nous, nous voyons que le monde est dans une condition malade, une condition de péché. Cette connaissance devrait nous donner une grande sympathie pour l’humanité, sympathie sans laquelle nous n’aurions que peu de patience. Tous nos frères en Christ, comme nous, sont par nature des membres de cette race humaine déchue. C’est pourquoi, il nous faut une grande mesure d’endurance patiente à l’égard des membres du peuple du Seigneur si nous voulons qu’ils exercent cette grâce envers nous.
LA PATIENCE DE DIEU.
De même que la qualité de la justice continuera toujours d’exister, il en sera ainsi de la patience, mais non dans le sens de l’endurance patiente à l’égard du mal. Dieu développe patiemment Ses glorieux desseins dans un parfait équilibre d’esprit. Au temps présent, cela requiert l’exercice de l’endurance patiente face au mal, aux conditions pécheresses ; et dans les Âges de gloire à venir nous croyons que Dieu accomplira Ses desseins avec une patience parfaite, probablement dans des mondes encore inhabités.
Mais, dans l’exercice de la patience, sous les conditions présentes mauvaises, la sagesse doit se faire entendre. Dieu a déclaré que, dans Sa sagesse, le temps arrivera où Il cessera d’exercer Sa patience vis-à-vis du monde. Cela veut dire qu’Il ne pourra plus supporter le monde dans sa condition présente pécheresse et imparfaite. Ce temps est presque arrivé. Le grand cataclysme de la détresse, qui doit s'abattre très prochainement, balayera l’ordre présent, en entier, pour préparer l’établissement du Royaume de Dieu sous tous les cieux. Ensuite, Dieu donnera aux hommes les occasions les plus complètes de venir en harmonie avec Lui et la justice, avant de traiter avec eux.
Le temps approche où il n’y aura plus de péché. Dieu aura prochainement un univers propre. Mais Il donnera d’abord aux humains l’occasion de se relever du péché. S’ils ne profitent pas de l’occasion, alors la patience de Dieu cessera d’opérer envers eux. Cela ne signifie pas que la patience de Dieu aura cessé, mais que son activité aura cessé dans cette direction.
La patience de Dieu a prévu le Règne millénaire du Messie pour la bénédiction de l’homme, et Sa sagesse a décidé que ces mille ans seront suffisants pour éliminer le mal. Quiconque n’apprendra pas à vivre dans la justice sous ces conditions favorables, n’apprendra donc jamais, et ce ne sera plus le rôle de la sagesse Divine d’exercer la patience envers de telles personnes. De la même façon, dans nos affaires avec nous mêmes et les autres, il y a une limite à l’exercice convenable de la patience. Nous ne devrions pas être patients, envers nous-mêmes, au-delà d’une certaine limite. Il y a des circonstances dans lesquelles nous sentirons que nous aurions dû savoir et faire mieux que ce que nous avons fait.
JUGEONS-NOUS NOUS-MÊMES
Si un enfant de Dieu réalise qu’il s’est négligé, il devrait dire : « Je ne vais désormais plus être patient avec moi-même. Je vais me prendre en main et vaincre cette faiblesse que j’ai autorisée dans une mesure et m’affirmer face à la faiblesse de mon caractère qui a probablement mis mal à l’aise les autres, et les a fait souffrir. Je ne peux faire cela de ma propre force, sans aucune aide, mais par la grâce du Seigneur, je suis déterminé à vaincre sur ce point ».
Les parents ont besoin de beaucoup de patience, de longanimité dans leurs rapports avec leurs enfants. La limite de la patience peut être différente selon les enfants. C’est pourquoi, le parent sage juge comment chaque enfant fait une chose juste et comment il a reçu et profité de l’instruction. S’il découvre qu’un de ses enfants agit mal de sa propre volonté, il ne doit pas continuer à être patient, mais lui administrer une punition. Cela ne signifie pas que le parent ait cessé d’être patient. Il pourra avoir de la patience, le lendemain, avec le même enfant et par conséquent une punition pourra se renouveler. Nous devrions plutôt être enclins à avoir trop de patience, trop de sympathie que le contraire. Nous rappelant nos propres faiblesses, nous devons exercer la patience envers ceux qui cherchent à vaincre leurs imperfections, de même que nous essayons de vaincre les nôtres. Nous avons tous besoin que cette patience, cette longanimité, soient exercées envers nous.
LES LEÇONS DE NOTRE SEIGNEUR SUR L’ENDURANCE PATIENTE
En revenant sur le mot patience, tel qu’il est utilisé dans notre texte, jetons un coup d’œil sur la parabole du semeur, de notre Seigneur, mentionnée en Luc 8 ; dans le verset 15 nous lisons : « Ce qui est tombé dans la bonne terre, ce sont ceux qui, ayant entendu la parole avec un cœur honnête et bon, la retiennent, et portent du fruit avec persévérance » [l’endurance patiente, la constance]. La pensée est ici que pour être de la classe de ceux qui portent du fruit, classe que le Seigneur approuve et acceptera dans Son Royaume, nous devons faire plus que de recevoir la parole de Son témoignage, même si nous la recevons avec joie. Cela signifie plus ; car la classe qui l’a reçue sur le sol rocailleux l’a aussi reçue. Pendant un court laps de temps, ceux qui composent cette classe ont semblé donner l’évidence de porter du fruit et de la vigueur, mais lorsque le soleil brûlant de la persécution apparut, ils disparurent car le sol manquait de profondeur.
Dans cette parabole, le Seigneur montre que l’endurance patiente (persévérance, constance) est le test final de notre caractère. Elle fait suite à la réception et la germination de la semence, elle fait suite à l’amour, l’espoir, la joie et la foi qui ont fait pousser la semence et commencé à porter du fruit. L’endurance patiente est donc nécessaire pour que le fruit se développe et puisse mûrir complètement, afin que le grain soit prêt à être engrangé. Ah combien cette grâce est importante à la lumière de la Parole de Dieu ! Mais rappelons-nous que la persévérance doit être joyeuse. Nous ne pouvons supposer que Celui qui juge les pensées et les intentions du cœur serait content de Ses enfants, quand bien même ils auraient tant supporté pour Lui, s’ils ont enduré tout cela dans un état d’esprit impatient et insatisfait.
Ceux qui endurent de cette façon ne seront certainement pas des copies du cher Fils de Dieu, dont le sentiment est exprimé en ces mots : « Je prends plaisir à faire ta volonté, ô mon Dieu! ». Toute la Sacrificature Royale est constituée de personnes qui se sacrifient, comme le fut notre Souverain Sacrificateur ; et Dieu qui accepte nos sacrifices par le mérite de notre Rédempteur, nous informe qu’Il aime celui qui offre avec joie — celui qui accomplit son sacrifice volontairement et joyeusement. Cela ne signifie pas que notre corps ne se lassera jamais, mais que notre esprit se réjouira dans le privilège de supporter la lassitude de la chair dans un service si noble et si merveilleux. Mais, si notre Père estime qu’il serait mieux de nous laisser à l’écart de l’activité pour une période, alors que nos cœurs désirent Le servir, ce sera aussi une occasion d’accepter joyeusement Sa volonté à notre égard. Cela peut aussi être un test d’une complète soumission de notre volonté à la Sienne et être un important marchepied vers les privilèges et gloires du Royaume.
L’autre exemple où notre Seigneur a utilisé ce mot persévérance ou endurance patiente, se trouve en Luc 21 : 19. Il venait de dire à Ses disciples qu’ils devaient s’attendre, par le fait qu’ils étaient Ses disciples, à des tribulations dans le temps présent, pendant que le péché abonde et que Satan est le prince de ce monde. Ils doivent s’attendre à des oppositions venant de toutes parts, mais Il les assure qu’ils seront néanmoins totalement sous les soins et la protection Divins même s’il est permis aux persécutions de les atteindre et de les affecter. Puis, viennent les paroles : « Possédez vos âmes par votre patience (endurance patiente, constance joyeuse) » Luc 21 : 19.
Notre foi et notre confiance dans le Seigneur et en Ses gracieuses promesses seront si fortes et si déterminées qu’elles feront plus que contrebalancer l’opposition du monde, des faux frères et des serviteurs aveuglés de Satan. Notre foi dans l’amour et dans les soins de notre Père sera tellement sans réserve que, dans toutes ces persécutions, nous reconnaîtrons, et nous nous réjouirons des agissements de la Providence dans le cisèlement, le façonnement et le polissage de nous-mêmes comme pierres vivantes pour le temple glorieux qu’Il construit et qui sera établi d’ici peu, comme nous le croyons.
Considérant nos épreuves de ce point de vue, nous pouvons en effet nous réjouir et posséder nos âmes, nos vies, comme Nouvelles-Créatures, même au sein des tribulations avec une endurance joyeuse. Oui, nous pouvons réaliser que l’âme, l’être véritable à qui Dieu a donné les « excessivement grandes et précieuses promesses » du futur, ne peut être blessée par les persécutions de la chair ou par ce que l’homme peut faire contre nous, aussi longtemps que nous sommes fidèles au Seigneur, acceptant toutes les expériences qu’Il permet de s’abattre sur nous comme des soins de Sa Providence pour notre bien final et pour Sa gloire.
LA NÉCESSITÉ DE LA PERSÉVÉRANCE
Examinons soigneusement la raison pour laquelle il est nécessaire de développer cette grâce de la persévérance. Il apparaît que le développement de cette qualité est l’une des conditions que Dieu a attachée à l’appel pour être cohéritiers avec notre Seigneur dans le Royaume, et une même condition fut demandée au Seigneur. La sagesse de ceci est manifestée lorsque nous considérons le travail auquel nous avons été appelés — le travail de bénédiction de toutes les familles de la terre, dans le Royaume de Dieu, en tant que cohéritiers du seul Fils engendré de Dieu, notre grand Rédempteur. Ce sera un travail immense. Il est éminemment juste que Jéhovah exige de ceux qu’Il estimera dignes de cette position d’exaltation, qu’ils n’apprécient pas seulement Sa Divinité et Son glorieux caractère et préfèrent Son service au péché et à l’iniquité, mais qu’ils démontrent leur totale loyauté aux principes de justice et à Sa volonté jusqu’au point d’exprimer un dévouement joyeux à souffrir à cause de ces principes. Une endurance passagère manifestée au cours d’une, de deux ou de trois épreuves ne prouvera pas que l’individu a un caractère établi, ferme pour la justice, mais une endurance patiente, joyeuse, jusqu’à la mort même, sera nécessaire pour démontrer un tel caractère.
Nous pourrions illustrer cela par le diamant. Supposons que nous soyons capables de faire, à partir de quelque plastique, des pierres qui auraient l’éclat du vrai diamant, et supposons qu’elles deviennent dures, moins pour autant que le vrai diamant. Ces imitations auraient-elles la même valeur que les vrais diamants ? Nullement. Si elles étaient soumises à de fortes pressions, elles seraient écrasées. Il en est ainsi du chrétien. Si nous supposons qu’il possède toutes les grâces de caractère qui peuvent appartenir aux fils de Dieu, hormis celle de la fermeté, de la persévérance, il ne sera pas digne d’être parmi les joyaux du Seigneur. Dorénavant, nous voyons la nécessité de l’exigence du Seigneur pour que l’endurance patiente et joyeuse caractérise chacun de ceux qui veulent être acceptés à une place dans Son Diadème Royal.
L’importance de cette qualité, dans le caractère chrétien, est de nouveau mise en valeur par l’Apôtre Paul. Dans son Épître à Tite (Tite 2 : 2), quand il énumère les qualités de caractère des chrétiens avancés, il déclare qu’ils doivent être : « sobres, honnêtes, modérés, sains dans la foi, dans la charité, dans la patience ». Le test final de la patience doit être passé avant de pouvoir être accepté parmi les élus.
Le même Apôtre écrivant à Timothée, lui rappelle : « Pour toi, tu as suivi de près mon enseignement, ma conduite, mes résolutions, ma foi, ma douceur, ma charité, ma constance ». Nous avons de plus en plus besoin de cette grâce quand nous courons notre course et sommes près du but. Nos pieds se fatiguent et les épreuves, les difficultés abondent ; c’est pourquoi nous avons besoin de « ceindre les reins de notre entendement » et de regarder à notre grand Exemple pour l’inspiration et la force nécessaires, afin de tenir bon pour la fin de parcours.
LES ÉPREUVES ABSOLUMENT NÉCESSAIRES.
Notre habilité et notre force à endurer patiemment devraient augmenter, alors que nous progressons sur le chemin étroit. Nous devrions nous « fortifier dans le Seigneur et dans la puissance de sa force ». Mais il est absolument impossible de développer ce trait de caractère indispensable sans épreuves — sans les expériences prévues pour appeler à l’exercice de l’endurance joyeuse. Ne trouvons donc pas étrange si nous sommes appelés à traverser des épreuves prolongées qui nous obligent à nous fortifier pour les supporter. Répétons que la valeur n’est pas simplement dans le fait de supporter, car le monde a lui aussi beaucoup à supporter, mais c’est surtout la manière dont nous les supportons qui compte. Nous devrions être doux et soumis de cœur, dans l’harmonie la plus complète avec les procédés de développement du Seigneur. Cela peut nous paraître dur, sur le moment, mais Sa grâce sera suffisante si nous la sollicitons. « Ayant tout fait, tenons fermes ».
Nous pouvons assurément voir une nouvelle raison à cet arrangement de Dieu, que nous devons avoir nos épreuves comme le Seigneur a eu les Siennes — dans un environnement hostile — pour que nous puissions non seulement avoir toutes les qualités nécessaires à un caractère chrétien, mais qu’elles puissent être bien enracinées, affermies, fixées, établies.
De la même façon, l’Apôtre Jacques, attire notre attention sur l’importance de cette qualité. Il dit : « L’épreuve de votre foi produit la patience », c’est-à-dire que si notre foi résiste à l’épreuve, cela développera en nous cette endurance patiente. D’un autre côté, si nous ne parvenons pas à ce développement, c’est que notre foi n’a pas résisté dans ce test d’une manière satisfaisante et que nous ne sommes pas prêts, dignes du Royaume. Donc, nous voyons clairement quelle grande erreur a été faite parmi les chrétiens, en général, en supposant que la religion est quelque chose que l’on reçoit soudainement en réponse à une prière, en allant « au banc des affligés », en se levant pour des prières, en réponse à un appel divin ou humain — comme si quelqu’un recevait un dollar et le mettait en poche. Au contraire, le pas de la repentance du péché et de la justification sont seulement le début et non la fin de la route du chrétien. Le pas suivant est la consécration à Dieu de nous-mêmes et de tout ce qui nous appartient. Mais, nous sommes encore loin de la fin. Non seulement, nous devons aller plus en avant vers la possession de la foi, du courage, du contrôle de soi-même, de la douceur et de l’amour, et ayant obtenu tout ceci, nous devons supporter patiemment. Nous devons « courir avec patience (persévérance) la course qui est devant nous ». Ou, pour utiliser une autre image, c’est simplement commencer à l’école de Christ, seulement avoir nos noms inscrits comme élèves, pour être enseignés du Seigneur.
« L’HEURE DE LA TENTATION »
Le Seigneur a promis à l’Église de la période de Philadelphie qu’à cause de sa fidélité, parce qu’elle avait « gardé la Parole de ma patience », elle serait préservée de « l’heure de la tentation » qui devait venir sur le monde un peu plus tard. L’Église de Laodicée — l’Église de notre époque — n’est pas épargnée d’entrer dans « l’heure de la tentation » ; mais nous pouvons être sûrs que nous en serons « préservés » lorsque nous y serons, si nous sommes fidèles et véritables. Le message particulier de notre cher Sauveur à la période de Laodicée a été : « Voici, je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui, je souperai avec lui, et lui avec moi. Celui qui vaincra, je le ferai asseoir avec moi sur le trône » — Apocalypse 3 : 20, 21.
Bien que nous ne soyons pas épargnés de cette heure de la tentation, le fait de vivre au temps de la « parousie » de notre Seigneur nous apporte en compensation une bénédiction particulière. Nous pouvons bénéficier de Son instruction, de la distribution de Sa nourriture spirituelle, « la nourriture au temps convenable » d’une manière et dans une mesure dont Ses saints n’ont jamais profité auparavant. Et, comme nous pouvons nous y attendre, cette faveur suprême est contrebalancée par la sévérité et la subtilité des épreuves de cette « heure de la tentation ». Si jamais l’endurance patiente fut nécessaire pour les fidèles du Seigneur, c’est bien maintenant. Si jamais ils avaient besoin de la recommandation :« Possédez vos âmes par votre patience », c’est bien maintenant. Ceux qui sont capables de supporter patiemment, résisteront dans ces jours mauvais. Tous les autres chuteront. Comme l’Apôtre nous a prévenus, les ardents jugements de ce jour « prouveront ce qu’est l’œuvre de chacun. »
Cette qualité de l’endurance patiente fait partout défaut parmi la chrétienté, même parmi la majorité de ceux qui déclarent être disciples de Christ. Elle devient de plus en plus rare. Peu d’entre eux veulent endurer n’importe quoi pour la justice, pour Christ ou pour quelqu’un d’autre, et si l’endurance en faveur de quelque chose de déplaisant est vraiment nécessaire, l’épreuve est supportée avec beaucoup d’impatience, de complaintes et d’irritation. En outre, un esprit de défiance et de rébellion contre tout ce qui ressemble à la résignation, à l’abnégation de soi, un esprit d’intense amertume croît quotidiennement dans les cœurs de l’humanité.
Cette tendance générale du monde civilisé d’aujourd’hui à manquer d’endurance, à être impatient et à se rebeller contre la contrainte a nécessairement une influence sur ceux qui cherchent à marcher sur le chemin étroit. Ce n’est que par la grâce Divine que l’on peut résister avec succès à cette tendance et faire des progrès dans la croissance à la ressemblance de Christ. Cette grâce particulière, dont les enfants du Seigneur ont besoin aujourd’hui, sera retirée à ceux qui ne marchent pas près du Seigneur, suivant les traces de Jésus. C’est parce que ceux qui se disent disciples de Christ vivent si loin de Lui, que nous voyons aujourd’hui se développer les tendances dont nous avions remarqué la présence parmi ceux qui prêchent Son nom.
Cet esprit si répandu est à la base de la violence du peuple qui est contenue grâce à la force militaire ; nous en entendons souvent parler dans les infractions contre la loi et l’ordre. Nous pouvons nous attendre à ce que cet esprit continue à croître. Il y a un sentiment parmi les masses qui leur font ressentir qu’elles ont été, par le passé, trop patientes, ayant manqué d’agressivité, que si elles avaient pris les choses en main, il y a longtemps que les conditions présentes auraient pu être évitées. Mais, ceux qui ont gardé la Parole du Seigneur de l’endurance patiente, qui ont cherché auprès de Lui la sagesse venant d’en-haut, laquelle « est pure, ensuite pacifique, modérée, conciliante, pleine de miséricorde et de bons fruits », ont appris qu’il y a un temps convenable dans lequel Ses desseins seront accomplis, et ils veulent attendre ce temps patiemment, sachant que cela est mieux ; ils ont appris que :
« Les plans de Dieu, comme des lis blancs, s’ouvrent ;
Nous ne devons pas arracher séparément les feuilles bien fermées,
Le temps révèlera leur cœur d’or caché ».
UNE DES TROMPERIES PARTICULIÈRES DE SATAN.
L’Apôtre nous conseille en ce qui concerne « l’heure de la tentation » qui est maintenant sur nous. Les assauts et les épreuves relatifs à ce temps seront nombreux, et certains seront si subtils et trompeurs, que ceux qui ne sont pas fermement enracinés et affermis dans la Vérité, seront emportés par les faux arguments de ceux qu’il est permis à Satan d’employer, maintenant, comme agents pour éprouver ceux qui habitent sur la face de la terre entière.
Parmi ces théories subtiles de l’adversaire, aucune d’elles ne semble plus trompeuse que la Science Chrétienne, faussement ainsi nommée, car elle n’est ni scientifique ni chrétienne. Soutenue par la puissance du méchant, elle est capable de promettre à ceux qu’elle a dupés que s’ils affirment une erreur et qu’ils s’y tiennent, ils seront délivrés et guéris de certaines maladies et afflictions corporelles. Ceux qui n’ont pas appris à supporter patiemment tout ce que le Seigneur leur permet d’expérimenter dans le domaine de la souffrance et de la maladie — tout ce qui ne peut pas être soulagé par des méthodes raisonnables et rationnelles — seront prêts à accepter presque n’importe quel soulagement que l’adversaire peut porter à leur attention. Et, comme ils apprennent à se tromper eux mêmes en ce qui concerne les peines et maladies et graduellement à détourner les mots de leur vrai sens et à ignorer et renier les faits, leurs esprits deviennent avec le temps si confus que la Vérité apparaît comme étant l’erreur et l’erreur semble être une vérité étincelante.
CERTAINS SONT LIBÉRÉS PAR LA VÉRITÉ.
Ces personnes bercées d'illusions sont conduites dans l’erreur en partie à cause de leur curiosité. Il leur semble si étrange d’entendre quelqu’un dire : « Il n’y a pas de mort ; tout est vie ! Il n’y a pas de souffrance ; tout est santé ! Il n’y a pas de mal ; tout est bien ! ». Ils se disent en eux-mêmes : « Ces affirmations sont sûrement très inconsistantes, cependant je suis curieux de savoir comment ces personnes me feront entendre raison. Quelle est leur philosophie ? ». C’est exactement ce que l’adversaire désire. Il désire ainsi attirer leur attention, pour pouvoir les guider pas à pas d’une erreur à l’autre, jusqu’à ce que tout le cerveau et la conscience soient corrompus. Ils ont accepté les ténèbres pour la lumière, les mensonges pour la vérité. Pour cela, ils sont récompensés par un soulagement physique — maigre récompense !
C’est la récompense de l’égoïsme et du fait de ne pas vouloir souffrir, ce à quoi ils veulent échapper par n’importe quel moyen. Ils préfèrent leur propre voie, la voie la plus attrayante pour la chair déchue. Ils font ce choix plutôt que celui de la Vérité qui ne plait pas à leur chair. Ils sont prêts à échanger le témoignage du Seigneur pour le bien-être et le confort physique ou pour satisfaire une curiosité morbide. Ainsi ils ont échappé aux afflictions et aux peines qui, si elles sont endurées patiemment et joyeusement, auraient œuvré pour les bénir et renforcer leur caractère. Quelques-uns de ceux qui ont ainsi été esclaves du grand adversaire, en vérité très peu, sont libérés par la puissance de la Vérité, actuellement. Mais, c’est une tâche très difficile à accomplir complètement. Dans certains cas, les expériences endurées par suite des efforts faits pour casser les liens qui les tiennent si fermement ont été très pénibles, et accompagnées de coups provenant du méchant et de ses armées, lequel les a tenus si longtemps en esclavage. Mais le combat et la difficulté en valent la peine pour être libre de tout esclavage semblable.
L’ILLUSTRATION DES CONDITIONS PRÉSENTES SELON L’APÔTRE PAUL
Le temps des épreuves n’arrive pas toujours de la même façon sur nous tous, car toute la chrétienté n’est pas sur le même niveau — mentalement, moralement et physiquement. Les épreuves qui arrivent sur la chrétienté en général sont décrites par l’Apôtre Paul en 2 Timothée 3 : 1-5. Il y énumère certaines caractéristiques de cette heure de tentation. Il dit :
« Sache que, dans les derniers jours, il y aura des temps difficiles. Car les hommes seront égoïstes, amis de l’argent, blasphémateurs, rebelles à leurs parents, ingrats, irréligieux, insensibles, déloyaux, calomniateurs, intempérants (sans aucune contrainte, impétueux), cruels, ennemis des gens de bien, traîtres (ceux en qui on ne peut avoir confiance, ils vendraient leurs meilleurs amis pour des considérations égoïstes), emportés, enflés d’orgueil, aimant le plaisir plus que Dieu, ayant l’apparence de la piété mais reniant ce qui en fait la force. Éloigne-toi de ces gens-là ».
Ceci est une image des conditions présentes dans le monde appelé chrétien. Parce qu’ils n’ont pas reçu la vérité par amour pour elle, Dieu leur a envoyé « une puissance d’égarement pour qu’ils croient au mensonge » et qu’ils soient condamnés pour cela. Cette heure de la tentation n’a pas encore atteint sa plus grande intensité, mais nous pensons que ce stade sera atteint d’ici peu. Bénis seront ceux qui ont fait du Seigneur « leur refuge, le Très haut pour leur demeure ». Ils ne chancelleront pas, bien que beaucoup d’entre eux passeront par les plus sévères épreuves et tentations. Par des courriers, nous avons connaissance des luttes et des prières de beaucoup d’enfants de Dieu — pour certains c’est à cause de leurs propres imperfections et faiblesses, pour d’autres à cause des imperfections des autres, d’autres encore sont éprouvés à cause des soucis ou fardeaux terrestres qu’ils ne parviennent pas à vaincre complètement ou à confier au Seigneur.
AYONS LA CRAINTE JUSTE.
Nous sympathisons avec ces bien-aimés, et nous les conseillons du mieux que nous pouvons, en nous rappelant les paroles du Maître : « Heureux vous qui pleurez maintenant, car vous serez dans la joie » — Luc 6 : 21. Notre cœur est spécialement préoccupés pour ceux dont les lettres montrent qu’ils sont dans la tentation, mais ils ne se rendent pas compte qu’ils sont absorbés par l’ambition ou le travail, par d’autres « soucis de cette vie et la séduction des richesses » ; ceux dont l’amour pour la Vérité semble se refroidir au lieu de se réchauffer et qui semblent ressentir moins et voir moins que ce qu’ils voyaient il y a quelques années. Ceux-là semblent dormir alors qu’ils devraient veiller et prier. Cette heure d’épreuve, nous le craignons, les trouve non préparés, tandis que ceux qui pleurent, prient et luttent ressemblent plus à notre cher Maître à Gethsémané. Comme Lui, ils seront fortifiés pour l’épreuve finale.
Prenons tous garde, chers frères à nous-mêmes et aux autres, considérons le prix qui nous est réservé comme plus cher et plus précieux que toute autre chose. « Craignons donc, tandis que la promesse d’entrer dans Son repos subsiste encore, qu’aucun de vous ne paraisse être venu trop tard ». Aimons donc ainsi tous les chers enfants du Seigneur, que leur bien-être soit notre principale préoccupation, et cela signifiera la bonne tenue de notre santé spirituelle. Cependant, nous ne devons pas laisser notre amour pour les frères gêner notre totale confiance en l’amour du Seigneur et en Sa sagesse dans le choix de l’Épouse, même si des criblages emportent loin de nous certains de ceux avec qui nous avions communion et que nous chérissions.
Maintenons patiemment notre chemin — ce chemin béni ! Faisons avec force ce que nos mains trouvent à faire. Bientôt, viendra la fin de la Moisson. Bientôt, si nous sommes fidèles, nous serons rassemblés comme glorieuse assemblée, pour ne plus en sortir. Nous viendrons avec joie, apportant nos gerbes. Mais rappelons-nous que « nous avons besoin de patience, afin qu’après avoir accompli la volonté de Dieu, nous obtenions ce qui nous est promis » — Hébreux 10 : 36.
« Combien nos épreuves nous sembleront alors légères !
Et notre pèlerinage bien court !
La vie sur la terre sera un rêve capricieux,
Chassé par le jour qui se lève !
Alors paix à mon cœur ! Apaise-toi ô ma langue !
Soit calme, ma poitrine troublée ;
Chaque heure qui passe te prépare
Au repos éternel ! »