R 5633 (VP 107 p.91)
LE MINISTÈRE DES ANGES.
« L'ange de l'Éternel campe autour de ceux qui le craignent, et les délivre » - Ps. 34 : 7.

Toutes les tentatives faites pour penser au sujet du grand Jéhovah, de Son caractère et de Sa puissance s'accompagnent de plus ou moins de difficulté. Les Ecritures semblent indiquer que Dieu a employé divers moyens de manifester Sa puissance à Son peuple – aux Juifs durant l’Âge judaïque et à l'Eglise chrétienne durant l’Âge de l'Évangile. Nous pensons que ce ne serait pas une pensée impropre que le mot « ange » puisse représenter tout agent, toute puissance, animée ou inanimée qu'il plairait à Dieu d'employer en rapport avec le service. Dieu pourrait faire du vent ou du feu ardent Son messager. Il pourrait faire du grand Archange ou d'un ange inférieur Son messager. Il pourrait employer quoi que ce soit ou qui que ce soit qu'Il pourrait choisir pour l'investir du pouvoir requis, de même qu'un député de nos États-Unis, allant dans un autre pays, serait reconnu sans égard à sa capacité ou à sa position personnelles.

Les détails de la façon dont le Tout-Puissant a connaissance de nos prières, de nos pensées, de nos paroles, de nos besoins, ne nous sont pas fournis dans les Écritures, et évidemment il n'est pas nécessaire, en conséquence, que nous les comprenions dans tous les détails. Nous ne pensons pas qu'aucun esprit limité puisse comprendre Dieu. Il est trop grand pour notre compréhension, beaucoup trop puissant pour que nous comprenions à fond toutes Ses facultés, toute Sa capacité. Néanmoins, nous pouvons saisir certaines choses concernant Dieu, et nous sommes donc invités dans les Ecritures à L'étudier dans l'ordre d'idées de Sa révélation. Supposer que Dieu se trouve corporellement dans tous les lieux, dans toutes les parties de l'espace, d'un bout à l’autre de l'Univers, semble une absurdité et n'est pas enseigné dans la Bible ; on peut difficilement accepter l'idée que Dieu s'intéresse à chaque petit têtard, à chaque microbe, qu'il prenne même connaissance de tous les actes de chaque membre de la famille humaine, alors qu'il y a des millions et des millions de personnes.

Si nous limitons l'attention de Dieu à l'Église, elle s'appliquerait encore à des milliers d'individus ; et la capacité de comprendre et de traiter avec dix ou vingt mille personnes en un instant nous semble être une improbabilité. Un tel arrangement ne serait pas ce que nous attendons être celui de Dieu. Tout être humain qui tenterait de traiter, même avec une centaine de personnes et savoir tout ce qui se passe, serait jugé comme étant très déraisonnable. Il aurait plutôt divers agents au moyen desquels sa volonté serait faite par ces centaines de personnes, par lesquels il saurait ce qui a été fait, et par lesquels elles connaîtraient son dessein concernant le travail. Sa connaissance générale des choses n'impliquerait pas qu'il serait dans chaque chambre de la maison au même instant, ni qu'il prêterait attention à chaque personne au même instant.

Dans notre présent texte nous sommes enclin à penser que le mot « ange » employé par le psalmiste se rapporte aux êtres-esprits. Notre raison de penser ainsi est que les révélations de l'Éternel dans les temps anciens antérieurs à la Pentecôte furent à peu près toutes faites par des êtres-esprits. Ceux-ci se matérialisaient et ensuite se dématérialisaient, disparaissant de la vue. En général, les Écritures semblent indiquer que les transactions de Dieu avec Son peuple dans ces temps anciens se faisaient par l'intermédiaire des anges. En ce qui concerne cet Âge de l'Évangile qui s'achève, nous avons confiance que Dieu a montré un aussi grand soin dans Ses transactions avec Israël selon l'esprit qu'Il le fit avec Israël selon la chair, car Israël selon l'esprit vient plus près de Lui étant Sa maison de Fils, que ne le fit Israël selon la chair, étant une maison de serviteurs. Mais Dieu s'attend à voir la maison de Fils marcher par la foi et non par la vue, une marche beaucoup plus élevée. En conséquence, Ses manifestations à l'égard de ces derniers ne sont pas de nature à frapper les sens. Cependant, elles sont tout aussi réelles.

LES YEUX DU SEIGNEUR.

Nous lisons que « Les yeux de l'Éternel courent çà et là d'un bout à l'autre du monde afin qu'Il se montre fort en faveur de ceux qui sont d'un cœur parfait envers Lui » ; et aussi « Les yeux de l'Éternel sont en tous lieux regardant les méchants et les bons ». Mais ceci ne nous donne pas la pensée que Dieu, personnellement, observe tous les actes individuels de chaque personne sur terre, mais qu'Il prend connaissance des choses partout dans le monde, au moyen de Sa puissance, de Ses agents. Les « yeux » auxquels il est fait allusion, sont l’influence de l'Éternel, Son pouvoir de connaître, quels que soient les moyens. Si Sa puissance est exercée et si Sa volonté est exécutée par des anges ou par d'autres forces et agents, cela n'est d'aucune importance, pas plus que ce ne le serait pour nous quand nous réalisons nos souhaits. Si nous souhaitions connaître certaines choses dans Philadelphie, il y aurait diverses méthodes par lesquelles nous pourrions les apprendre. Une méthode effective consisterait à téléphoner et à entrer en communication directe avec l'individu, pourvu qu'il soit muni d'un téléphone. Ou nous pourrions envoyer un message par télégraphe ; ou nous pourrions envoyer un messager directement à l'individu, à pied ou par le train ou par quelque autre véhicule.

Or, si les hommes ont ces diverses manières d'accomplir leurs desseins, nous pouvons apprécier davantage notre Père céleste en pensant qu'Il possède la pleine capacité d'entrer en communication avec Ses enfants et d'avoir divers agents de communication. Dieu a des moyens, sans aucun doute, très supérieurs aux nôtres. Il ne nous a pas révélé clairement la chose, sauf qu'Il nous déclare qu'Il est informé touchant tout ce qui nous concerne aussi bien que tout ce qui concerne toutes les affaires du monde. Il nous dit que des anges sont Ses ministres et que ceux-ci ont un ministère à l'égard de Son peuple. « Ne sont-ils pas tous des esprits administrateurs envoyés pour servir en faveur de ceux qui vont hériter du salut » (Héb. 1 : 14) ? Ils n'administrent pas dans le sens de nous procurer directement du pain ni dans le sens de cuire nos aliments, ni de construire nos maisons ; ils n'administrent dans aucune de ces manières. Comment alors nous servent-ils ? Nous n'avons aucun moyen de savoir positivement comment ils servent sauf d'après les paroles de notre Seigneur Jésus, disant : que les anges des « petits » de Dieu contemplent toujours la face du Père, ont toujours accès auprès de Lui (Matth. 18 : 10).

Le fait que ces anges représentent les « petits » de l'Éternel impliquerait qu'ils auraient l'accès immédiat auprès de Dieu et Son audience immédiate. Quelle serait l'utilité pour le Père de recevoir les anges en Sa présence à moins que ce ne fût pour Lui communiquer quelque chose ? Nous comprenons que Dieu connaît nos affaires et nos intérêts par des méthodes ignorées de nous. Nous pouvons supposer cependant que les intermédiaires employés sont en grande partie les messagers angéliques. La direction de chaque maison d'affaires et de chaque banque a certaines lois, certains règlements, gouvernant toutes les opérations de l'affaire. De même, Dieu a certaines lois gouvernant la nature. Il n'est pas nécessaire de prier Dieu que la terre tourne sur son axe et que demain puisse venir. Nous pouvons être sûrs que le Tout-Puissant, Celui qui représente l'exacte Justice et la Sagesse infinie a des lois qui gouvernent Son Univers tout entier ; que les anges ont une idée exacte de ces lois et qu'ils sont les délégués de Jéhovah, de même qu'un tribunal terrestre pout déléguer quelqu'un pour siéger à la Haute-Cour et pour prendre des informations.

NOTRE SEIGNEUR JÉSUS EST LE PRINCIPAL MESSAGER.

Si, en rapport avec notre texte, nous avons également à l'esprit les paroles de notre Seigneur avant Son ascension « Et voici, moi, je suis avec vous tous les jours jusqu'à la consommation du siècle » (Matth. 28 : 20), nous comprendrons que le Seigneur Jésus est le principal Messager, ou ange, de Jéhovah. Il a sûrement été le premier Messager pour l’Église de l'Évangile. Notre pensée est alors que, par les anges et d'autres agents, Dieu gouverne le monde, prend spécialement soin de Son peuple, par l'intermédiaire de notre Seigneur Jésus-Christ qui est le Chef de toutes les puissances spirituelles divines et a la charge de toutes les affaires de Jéhovah. Nous avons été amenés à l'école de Christ. Il est notre instituteur. Quand nous allons au Père dans la prière, nous n'ignorons pas cet Instituteur, mais nous allons en Son nom, et nous ne devons pas supposer que le Père voudrait l’ignorer. Il est le représentant du Père en ayant affaire avec nous. Mais nous ne devons pas supposer que le Seigneur Jésus a tous les détails des affaires du monde sous Son contrôle personnel ; mais plutôt que ces anges Lui rapportent tout ce qui est nécessaire, et qu'ainsi il y a certains principes qui agissent. Il nous semble que c'est là l'arrangement raisonnable et logique des opérations divines. Nous n'insistons pas pour faire partager ceci à d'autres esprits, mais nous disons simplement que ceci paraît intéressant à notre esprit.

En raison du fait que l'Église a été placée sous l'égide spéciale du Seigneur Jésus, ce ne serait pas déraisonnable de penser que Jéhovah campe autour de Son peuple au moyen de Jésus, et que les anges soient sous Sa direction. Si Satan est le chef de sa troupe d'anges, notre Seigneur aurait également des anges sous Son contrôle, et Il serait leur Prince. Nous lisons le récit de ce qu'Alexandre le Grand accomplit, et de ce que Napoléon Bonaparte fit, sans nous soucier du fait qu'ils avaient de nombreux milliers sous leurs ordres pour exécuter leur volonté. Ainsi pensons-nous de tous les êtres spirituels qui sont sous la direction et sous la conduite de Jésus-Christ. Dieu a remis entre Ses mains tout le pouvoir dans le ciel et sur la terre. Tous les anges de Dieu lui furent assujettis ; et par ceux-ci, sous la direction de notre Seigneur, tous les intérêts du peuple de Dieu sont surveillés. Telle est notre pensée, et nous aimons à le penser ainsi.

LA DÉLIVRANCE DE DIVERSES MANIÈRES.

Notre texte continue en disant que l'ange qui campe autour du peuple du Seigneur « les délivre », Dans les temps anciens, les enfants du Seigneur furent parfois délivrés d'une manière miraculeuse. Certains furent délivrés de la prison, d’autres ne le furent pas. Certains furent délivrés de l'épée, d'autres ne le furent pas. Nous devrions accepter la volonté de Dieu, quelle qu'elle puisse être. Mais pour être capables de faire ceci, pour notre bien spirituel, notre bien ultime, nous devons nous rendre compte que les termes et conditions sous lesquels nous fûmes acceptés par Lui étaient que nous nous remettrions sans réserve entre Ses mains. Une crainte, ou révérence légitime pour l’Éternel, nous conduirait sûrement à nous placer sous Sa garde, sous Son égide et Sa direction. Nos expériences dans la vie nous ont montré combien nous sommes incapables de nous bien diriger. L'Éternel délivrera chacun de nous dans le chemin qui nous apportera la plus grande mesure de bénédiction.

Aux jours des Apôtres, St. Pierre fut délivré de la prison par un ange du Seigneur qui lui apparut comme un homme. Ce fut dans l'intérêt, non seulement de l’Apôtre, mais de l'Église entière, leur montrant que le Seigneur était capable de prendre soin de Son peuple, leur donnant de précieuses leçons. Et quoique ces manifestations extérieures ne nous soient pas données dans le temps présent, nous avons d'autres bénédictions qui font plus que compenser ces témoignages extérieurs qui ne sont pas actuellement pour le bien de l'Église. Nous sommes capables de dire avec l'Apôtre que toutes choses concourent ensemble au bien de ceux qui aiment Dieu, de ceux qui sont appelés selon Son dessein. Nous devrions être pleins de confiance en Lui - savoir que nous sommes les objets, à tous moments, de Ses plus tendres soins.

CHAQUE SAINT A SON ANGE GARDIEN.

Bien que nous ne puissions pas être trop positifs dans notre interprétation sur ce sujet, nous comprenons que chaque membre du peuple du Seigneur, dans la proportion où il est l'un des vrais enfants de Dieu, a un esprit administrateur, une personne, un ange, qui a charge de ses affaires. Cet ange fait son compte-rendu à l'Eternel ; s'il est mensuel, hebdomadaire ou d'heure en heure, nous ne le savons pas. Si Dieu voit que cela est la ligne de conduite sage, convenable, nous avons toute confiance en Sa sagesse. Tout ce que Dieu a arrangé nous satisfait pleinement dans cette matière, et nous sommes sûrs que cela est tout à fait bien et pleinement en harmonie avec le caractère divin.

Nous pensons que ce principe est illustré dans le livre du prophète Daniel. Daniel avait prié, et après peu de temps, sa prière fut exaucée. L'ange Gabriel, qui était le messager de l'Éternel à Daniel, lui expliqua certaines choses. Au début de ses supplications le Seigneur avait décidé de lui envoyer une réponse. Gabriel avait été envoyé spécialement pour le renseigner, mais il avait été retenu par certains autres devoirs. Le fait de son retard ne devrait pas nous donner l'idée que Daniel ou l'un quelconque des membres du peuple de l'Éternel serait à un moment quelconque négligé ; mais que tandis que les affaires secondaires de Daniel étaient sous la surveillance de quelque autre ange inférieur, il y avait des affaires importantes qui étaient confiées à Gabriel, comme étant le plénipotentiaire, pour ainsi dire, en ce qui concerne l'intérêt de Daniel et d'autres affaires. Il y avait un retard, et Gabriel mentionna ce qu'était le retard : le prince de Perse lui avait résisté pendant vingt et un jours.

Nous avons jusqu'ici fait ressortir que cet Âge de l'Évangile a été différent de l'Âge juif et des âges précédents - après que la dispensation évangélique fut introduite, les démonstrations extérieures, telles que les dons du Saint Esprit, le don des guérisons, le don et l'interprétation des langues et le discernement des esprits, et les visitations angéliques, disparurent - et que pendant l'Âge de l'Évangile, la volonté de Dieu a été que la maison spirituelle d’Israël devrait marcher par la foi et non par la vue, et donc qu'il ne serait pas approprié après que l'Église fut pleinement établie, d'espérer que des anges apparaîtraient, se manifesteraient eux-mêmes extérieurement.

Mais les anges de l'Éternel néanmoins ont une charge, plus particulièrement envers nous de l'Église évangélique, qu'envers l'un quelconque des membres du peuple de l'Éternel à aucun moment antérieur dans l'histoire du monde. L'Éternel s'intéresse spécialement à Israël selon l'esprit. Ces anges donc, prennent soin de nous, surveillent nos affaires et sont les agents ou sont les canaux de communication de Dieu pour nous en ce qui concerne Sa volonté : C'est-à-dire communication dans le sens de moyens providentiels pour nous, occasionnant ce moyen providentiel ci, ou cet autre moyen providentiel, mais non d'une manière verbale.

LES SAINTS ANGES NE SE MANIFESTENT PAS À NOS SENS.

Nous ne voudrions pas donner la pensée que les anges chuchotent à nos oreilles. Nous pensons que les anges qui chuchotent maintenant à l'oreille sont les mêmes que ceux qui donnent des petits coups aux tables, des communications par planchette, des communications par écrit au moyen de la main, diverses autres communications à l'oreille et l'œil du médecin spirite ; c'est-à-dire les esprits mauvais, les anges déchus. Notre compréhension est que les saints anges ne font rien de la sorte. Le peuple de l'Éternel de l'Âge présent doit trouver son instruction dans Sa Parole. Il n'y a pour les enfants du Seigneur aucune nécessité d'un livre sur le Mormonisme, sur le Spiritisme ou la Nouvelle pensée, ou d'un pouvoir clairvoyant ou « clairaudiant ». Ce sont tous des pièges de l'adversaire et de ses démons.

Les disciples de Christ ont la Bible et les ministères invisibles des saints anges qui pourvoient à leurs intérêts et gardent et guident providentiellement leurs affaires. Ceci est pour nous très réel et d'un grand confort. Si nous avions la pensée que Dieu faisait tout cela personnellement, nous penserions qu'Il nous a certainement oubliés. Mais ayant l'assurance de Sa Parole qu'aucun cheveu de notre tête ne peut tomber sans l'attention de notre Père, notre esprit peut reposer dans le fait qu'Il accomplit Ses desseins en Christ pour Ses enfants au moyen du ministère des saints anges.

(P' 1er Août 1937)