Peu de temps après le début du ministère de notre Seigneur, Il a prononcé le discours communément appelé le Sermon sur la Montagne. Les disciples n'étaient pas encore devenus des fils de Dieu au sens plein et propre du terme ; en effet, ils ne pouvaient être reçus dans la filiation avant la Pentecôte. Ils étaient membres de la race déchue, sous la même condamnation que les autres hommes. La revendication la plus élevée qu'ils pouvaient faire était celle des Juifs, à savoir celle d'être des serviteurs de Dieu. Mais maintenant, comme il est écrit dans Jean 1 : 12,13, « Mais à tous ceux qui l'ont reçu, il a donné le droit [privilège] d’être enfants de Dieu, savoir à ceux qui croient en son nom ; lesquels ont été engendrés, non pas de sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l'homme, mais de Dieu ».
Cet engendrement de l'esprit n'était pas possible dans son sens plein et propre avant que Jésus n'ait fait la réconciliation pour les péchés du monde ou, du moins, qu'Il n'ait préparé le chemin de la réconciliation par Sa propre mort. Dans un sens du terme, cependant, Sa mort avait déjà eu lieu, c'est-à-dire qu'Il S'était présenté comme un sacrifice vivant, et que le Père avait accepté ce sacrifice. Mais cette mort doit être achevée, et Jésus doit monter dans la présence de Dieu et présenter le mérite de Son sacrifice, avant que la bénédiction divine ne puisse descendre sur quelqu'un, lui permettant d'être fils de Dieu.
LE PÈRE DE L'ÉGLISE.
Nous voyons donc que Jésus a parlé dans un sens anticipatif, ou prophétique, de leur relation avec Dieu. Parce qu'ils croyaient en Lui et qu'ils cherchaient à faire Sa volonté, ils étaient en pleine conformité avec les dispositions prises par Dieu pour qu'ils deviennent des fils. De même qu'après qu'une personne ait adopté un enfant et pendant que les papiers sont en cours de rédaction sous forme légale, on peut parler de l'enfant comme d'un fils, ou bien il peut s'adresser à celui qui l'adopte comme à un père ou une mère ; de même, ceux-ci auront le privilège de s'adresser à Dieu comme à leur Père et ce privilège dépendra de leur foi. La majorité des Juifs n'avaient pas cette foi, et lorsque Jésus a dit qu'Il était le Fils de Dieu, ils étaient prêts à prendre des pierres pour Le lapider pour blasphème. Mais Jésus a dit que non seulement Il était le Fils de Dieu, mais qu'Il amènerait beaucoup de fils à Dieu ; et Il a cité des Psaumes pour appuyer cette affirmation — Jean 10 : 31-40 ; Psaume 82 : 6.
Ainsi, notre Seigneur s'adressait à Ses disciples comme s'ils étaient déjà de Nouvelles-Créatures, qu'ils étaient déjà devenus des fils de Dieu et qu'ils avaient déjà reçu le saint Esprit, même si Lui et eux savaient que cela ne devait pas être complètement accompli, jusqu'à ce que, comme Il leur a dit, « dans peu de temps » ils l'aient véritablement et personnellement reçu — à la Pentecôte. S'adressant aux disciples de ce point de vue, le Maître dit : « Votre Père sait de quoi vous avez besoin ». Ces paroles font partie de Son Sermon sur la Montagne. Comme nous le lisons, « lorsqu'il se fut assis, ses disciples s'approchèrent de lui ; et ayant ouvert sa bouche, il les enseignait ». La multitude ne devait pas appeler Dieu Père, mais elle devait comprendre que ceux qui étaient devenus les disciples du Seigneur Jésus pouvaient L'appeler Père.
Le mot Père implique beaucoup de choses lorsqu'il est pris en combinaison avec d'autres Écritures. Dieu était le Père d'Adam dans le sens où Il lui a donné la vie. Jésus n'était pas le Père d'Adam, bien que, en tant que Logos, Il ait été celui qui a été particulièrement actif en donnant la vie à Adam. Par la désobéissance d'Adam, cette vie a été perdue pour lui-même et pour tous ses enfants. Non seulement la vie a été perdue, mais l'Esprit du Seigneur a été perdu, et cela inclut la relation de fils.
LE PÈRE ÉTERNEL DE L'HUMANITÉ.
Après Adam, nous ne trouvons personne appelé fils de Dieu jusqu'à l'époque de Jésus. Jésus a été le premier fils de Dieu après Adam ; et depuis l'époque de notre Seigneur, l'Église est appelée fils de Dieu (1 Jean 3 : 2). Le fait que nous soyons appelés fils de Dieu implique l'engendrement à une vie nouvelle, car l'ancienne vie que nous avons héritée du Père Adam est partie. Cette vie nouvelle que nous avons reçue ne vient pas de Jésus, mais du Père, Jésus étant le canal par lequel cette vie nous parvient. « Le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus-Christ... nous a engendrés » (1 Pierre 1 : 3). Nous voyons que l'arrangement pour le monde est quelque peu différent. Dieu n'a pas l'intention d'engendrer le monde du saint Esprit, comme Il l'a fait pour l'Église. Au contraire, nous voyons que Jésus doit devenir le Père Éternel du monde, en temps voulu (Ésaïe 9 : 6). Ce temps voulu sera le grand Jour de mille ans du Royaume Messianique.
Dans ce Jour de mille ans, le Christ, en tant que grand Roi, Médiateur entre Dieu et les hommes, donnera la vie à l'humanité. Nous voyons que la vie qu'Il donnera sera la vie humaine. Il sera le Père de l'humanité, car cette vie humaine qu'Il leur donnera sera quelque chose qui Lui appartient en propre. Par Son obéissance au Plan de Dieu, Il a acheté le droit de donner la vie humaine. C'est pourquoi, en donnant cette vie au prix de la sienne, Il est appelé le Père de la famille humaine. Cela ne signifie pas que le monde ne sera pas considéré comme des fils de Dieu, pas plus qu'un petit-fils ne serait pas un fils du père et du grand-père. L'humanité ne recevra pas sa vie directement de Dieu, mais indirectement par le Christ — le Christ est le Père et Dieu le Grand-Père. Dieu ne parle pas en termes approximatifs, mais avec une grande précision. Ceci étant vrai, nous avons une grande confiance dans Sa Parole.
LES RELATIONS DE DIEU AVEC ISRAËL.
Lorsque Adam et sa famille sont devenus pécheurs, certains d'entre eux sont allés plus loin que la simple négligence de Dieu. Ce n'est pas de leur faute s'ils ont été coupés de Lui. Mais ils n'ont pas retenu Dieu dans leur esprit, et voilà pourquoi Dieu les a livrés à un esprit de réprobation. Ils sont devenus les enfants de Satan dans le sens où ils lui ont obéi. Il les a adoptés dans sa famille, ils l'ont accepté volontairement et lui ont obéi. Bien sûr, Satan n'a pas réellement donné la vie au monde, mais ils l'ont adopté comme leur père en acceptant ses conditions et en devenant membres de sa famille. À certains membres de la famille humaine, notre Seigneur a dit : « Vous avez pour père le diable, et vous voulez faire les convoitises de votre père » (Jean 8 : 44).
Lorsque Adam a été rejeté, il a été condamné à mort. Il a été abandonné à son sort. L'affirmation, « Tu es sous la malédiction de la mort », signifierait que tu ne pourras pas éviter la mort — « Mourant tu mourras ». Il y aura des pestes, des tremblements de terre et des famines. Vous y serez soumis parce que vous êtes des pécheurs. Les hommes ne pouvaient pas s'attendre à ce que Dieu fasse quelque chose pour eux alors qu'ils étaient sous le coup d'une condamnation à mort ; pourtant, Dieu a fait beaucoup pour eux, malgré le fait qu'ils soient pécheurs. Il fait lever Son soleil et envoie Sa pluie sur les justes et sur les injustes — Matthieu 5 : 45.
Lorsque les Juifs ont été appelés par Dieu sous l'Alliance de la Loi, cela les a conduits à une relation spéciale avec Lui en tant que serviteurs. « Moïse était fidèle sur sa propre Maison », un serviteur sur la Maison d'Israël. Ces serviteurs étaient soumis à certains soins, tout comme le gardien d'une grande maison s'occupe de tous les serviteurs ainsi que des fils. Bien que le fils soit l'objet d'un soin plus particulier, le serviteur est également soumis à des soins.
Ainsi, les Juifs ont été invités à prendre part aux soins de Dieu. Ils recevaient la promesse que tout concourrait à leur bien. Dieu bénirait leurs troupeaux et leur ferait du bien s'ils obéissaient à Ses lois. Ils ne l'ont pas fait, et ils se sont ainsi attirés des châtiments. En lisant l'histoire du peuple d'Israël, nous constatons qu'il a été le peuple le plus châtié de l'histoire, passant par les expériences et les disciplines les plus merveilleuses, à travers lesquelles il a été amené à une attitude religieuse élevée. Ainsi, lorsque notre Seigneur est venu dans le monde, ils avaient le sentiment religieux le plus élevé, le sentiment le plus dévoué de toute l'humanité. Beaucoup d'entre eux étaient préparés à recevoir la faveur spéciale que Jésus était venu donner, à savoir le privilège de devenir fils de Dieu.
LES RELATIONS DE DIEU AVEC L'ÉGLISE.
Les fils de Dieu, au cours de cet Âge de l'Évangile, sont également sous la faveur spéciale de Dieu et sous une alliance spéciale avec Lui. Il s'est engagé à les traiter comme des fils, non comme des serviteurs ; non comme des adversaires ou des ennemis, mais comme des enfants. « Dieu vous traite comme des fils » (Hébreux 12 : 7). Avec cette assurance que Dieu traitera Son peuple comme des fils, nous pourrions être surpris que les personnes saintes n'aient pas été bénies, comme celles qui ne le sont pas, par l'argent, la santé, la prospérité temporelle. Nous nous demandons comment cela est possible. Dieu néglige-t-il Sa part alors qu'Il a promis de traiter ceux-ci comme des fils ? Nous ne sommes pas fils de Dieu selon la chair, mais selon l'esprit. Ayant été engendrés de l'Esprit, nous sommes fils de Dieu selon la Nouvelle-Créature, dont les intérêts sont souvent mieux servis par des expériences qui ne sont pas favorables à la chair.
Dans le cas de ces fils de Dieu, la Nouvelle-Créature est ce qu'il y a de plus précieux aux yeux de Dieu. La chair importe peu. Et Dieu souhaite que ces fils fassent les expériences appropriées qui les amèneront au développement requis en tant que fils de Dieu sur le plan spirituel. Cela signifie qu'ils doivent finalement mourir selon la chair. Il n'y a pas d'autre moyen pour entrer dans la nature spirituelle que de mourir selon la chair. Nous devons tous suivre les traces du Maître.
Les épreuves du chemin étroit sont des tests particuliers pour la Nouvelle Créature. Comment la Nouvelle-Créature agira-t-elle dans ces épreuves et ces difficultés ? Sera-t-elle fidèle à Dieu lorsque les choses lui seront défavorables selon la chair ? Si tel est le cas, la Nouvelle-Créature se fortifiera ; et le combat entre les deux, l'esprit et la chair, aboutira finalement à la victoire de la Nouvelle-Créature, et à sa naissance dans la première résurrection, ou résurrection supérieure, à la nature spirituelle, la nature divine.
ATTITUDE DE L'ESPRIT APPROPRIÉE POUR LA PRIÈRE.
Les paroles de notre texte ne s'appliquent qu'aux Nouvelles-Créatures. « Votre Père sait de quoi vous avez besoin ». Il n'est pas nécessaire pour nous d'utiliser de vaines répétitions comme le font les païens, en demandant sans cesse à Dieu des bénédictions d'ordre temporel. Il sait de quelles choses nous avons besoin, c'est-à-dire si, en tant que Nouvelles-Créatures, nous serons plus avantagés par l'abondance de richesses ou par l'absence de richesses ; si, en tant que Nouvelles Créatures, nous serons plus avantagés par la possession de la santé ou autrement. Nous ne devons pas dire à Dieu ce que nous souhaitons. Nous devons renoncer à notre volonté pour que la Sienne puisse être faite. Nous devons donc prier, comme Jésus l'a fait : « Que ce ne soit pas ma volonté, mais la tienne qui soit faite », car « votre Père sait de quoi vous avez besoin ». Les païens n'ont pas Dieu pour Père, et Il ne supervise pas leurs affaires. Ils obtiennent certaines bénédictions communes que Dieu fournit pour tous — le soleil et la pluie.
La prière du peuple de Dieu ne devrait pas porter sur les choses temporelles. Nous ne connaissons aucun témoignage scriptural où les fils spirituels de Dieu ont demandé de manière explicite des choses temporelles et ont reçu une réponse. Nous nous souvenons que saint Paul a prié trois fois avec beaucoup d'insistance pour recouvrer la vue. Dieu n'a pas voulu lui donner ce qu'il demandait, mais Il lui a donné ce qui serait meilleur pour lui en tant que Nouvelle-Créature. Et cette affliction de la mauvaise vue, des yeux larmoyants, l'aiderait à se souvenir du fait qu'il était autrefois un persécuteur du peuple du Seigneur. Le Seigneur ne lui enlevait pas son affliction, mais lui donnait la grâce nécessaire. On peut penser que l’Apôtre, lorsqu’il a appris cette leçon, n'a plus prié pour de telles choses ; mais il est sans doute avantageux pour nous qu'il ne l'ait appris qu'après avoir fait ces trois prières inappropriées. Nous apprenons de ceci que nous devrions être dans l'attitude de dire : « Seigneur, Tu sais de quoi j'ai besoin. Donne ce qui est le mieux ».
LA PRIÈRE MODÈLE.
Certains pourraient déclarer que ce n'est pas la bonne façon de présenter une requête — que nous devrions demander à Dieu quelque chose de précis ; par exemple, si quelqu'un a besoin d'un manteau, il devrait demander un manteau. Mais notre Père a dit que nous ne devrions pas entrer dans les détails. Dieu sait que nous avons besoin de pain. Par conséquent, lorsque nous disons : « Donne-nous aujourd'hui notre pain quotidien », ce n'est pas parce que nous pensons que Dieu l'oubliera, mais plutôt parce que nous reconnaissons que tout ce que nous avons - notre nourriture et tout le reste — vient de Dieu. Il sait ce dont nous avons besoin, et fournit ces choses sans que nous le Lui demandions. Néanmoins, c'est le bon plaisir du Père que nous allions à Lui, demandant le pardon de nos péchés, sachant qu'Il a pris des dispositions à l'avance pour ce pardon, et que ce n'est que lorsque nous serons miséricordieux envers les autres qu'Il sera miséricordieux envers nous en ce qui concerne nos offenses. En ce qui concerne notre nourriture, nous remercions notre Père qui est le Donateur de tout don bon et parfait.
Nous glorifions Son nom — nous honorons Son nom — nous le mettons en premier dans nos requêtes, dans nos pensées. Il ne s'agit pas de savoir combien de gloire nous pouvons obtenir ; mais, avant tout, nous évoquons notre Père et Son nom glorieux — nous sanctifions Son nom, nous le rendons saint. Il devrait être sanctifié et vénéré partout dans le monde entier. Puis nous poursuivons avec la demande que Son Royaume vienne, car nous réalisons que Son Royaume est la chose même dont le monde entier a besoin, et qu'Il a promis qu'il viendrait. Il s'agit simplement de Lui dire que nous dépendons de Lui, que nous l'attendons et que nous attendons les choses qu'Il a promises et prévues dans Son Royaume. Nous ne nous contentons pas de dire : « Que Ton règne vienne », nous l'attendons, nous le désirons. Puis vient la mention de nos besoins. Il sait de quoi nous avons besoin, que ce soit d'un pain entier, d'un demi-pain ou d'un quart de pain, d'une petite portion ou d'une grande. Puis nous demandons la protection contre le Méchant.
ll n'y a pas de requête telle que : « Mes chaussures ont besoin d'être remplacées par de nouvelles chaussures » ou « Mon manteau devient trop brillant ». Les païens, le monde pourraient prier pour ces choses ; mais nous sommes enfants de Dieu, et nous devons conformer nos prières à ce qu'Il a dit. Nous devons prendre pour exemple les prières de Jésus et les prières que les Apôtres ont offertes. Ces prières ne sont pas tant des demandes faites à Dieu, mais elles Lui disent que nous dépendons de Lui, que nous ne cherchons pas à avoir une volonté propre, que nous nous soumettons simplement à Sa volonté, demandant que Sa volonté soit faite dans toutes nos affaires. Ensuite, nous devons vivre et agir selon cette volonté et selon ces prières.