La position du chrétien dans le monde est une position particulière. Personne d'autre n'est en mesure d'être aussi courageux et indépendant qu'il l'est. Cependant, le véritable enfant de Dieu n'est ni suffisant, ni indépendant de quelque aide extérieure. Il est exhorté, par la Parole de Dieu, à ne pas être arrogant mais d'un esprit humble, conscient de sa propre insuffisance et de son besoin de Dieu. En fait, à moins d'être d'un esprit humble, il ne peut être agréable à Dieu. Mais, en même temps, il doit être plein de courage et de confiance. Aucune puissance dans l'univers n'est capable de tenir tête à notre Dieu ; et Il a déclaré qu'Il est le soutien et le bouclier de Ses enfants, la puissante tour de ceux qui placent leur confiance en Lui (Ps. 61 : 3 ; Prov. 18 : 10 ; 2 Sam. 22 : 3 ; Michée 4 : 8).
Si nous demeurons en Christ et que Sa Parole demeure en nous, Il sera notre libérateur dans six détresses, et dans la septième Il ne nous abandonnera pas (Job 5 : 19) - parce que nous avons été appelés de Dieu, parce que nous avons répondu à cet appel, parce, que nous cherchons à Le glorifier dans nos corps. A cause de cela nous ne devons pas craindre ce qu'un homme peut nous faire. L'Apôtre Paul, qui nous exhorte au courage et à l'espérance confiante en Dieu, fut un noble exemple de foi courageuse. Dans le contexte, il nous dit pourquoi nous avons ces abondantes raisons de l'assurance de foi et de l'absence de crainte de l'homme. Il dit : « que votre conduite [manière de vivre] soit sans avarice, étant contents de ce que vous avez présentement ; car lui-même a dit : « Je ne te laisserai point et je ne t'abandonnerai point » ; en sorte que, pleins de confiance, nous disions : « le Seigneur est mon aide et je ne craindrai point : que me fera l'homme ? » Et st Jean dit : « L'amour parfait chasse la crainte ».
LA VÉRITABLE FOI N’EST PAS DE LA PRÉSOMPTION.
Nous ne devrions pas dire : « Le Seigneur est mon aide et, par conséquent, Il ne permettra pas que ma maison brûle ou que les voleurs la forcent et volent mes affaires. Je ne fermerai pas les portes à clef le soir ; car le Seigneur veille sur moi et sur les miens ». Ce ne serait pas l'esprit de sobre bon sens. Ce ne serait pas la véritable foi, mais de la présomption. Nous devrions prendre toutes les précautions raisonnables pour éviter les pertes de ce genre. Le Seigneur attend de nous que nous fassions tout ce qui est en notre pouvoir pour notre propre protection, et non que nous nous attendions à ce qu'Il fasse des miracles inutiles pour nous protéger de nos propres négligence et inefficacité. Dans ces circonstances, Il pourrait permettre que nous soyons entraînés dans des difficultés et des pertes afin qu'ainsi nous apprenions la leçon nécessaire. Nous sommes des économes de tout ce que le Seigneur nous a confié, et Il désire que nous exercions le soin envers tout ce qui est à juste titre à notre charge, mais qui Lui appartient. Nous devrions avoir une protection appropriée, par exemple, contre la perte par incendie et cambriolage. Quand notre propre devoir est accompli, nous devons nous abandonner entièrement dans les mains du Seigneur, sachant que tout ira bien pour nous.
Si Dieu permet qu'un malheur apparent survienne, nous pouvons nous reposer sur l'assurance qu'il concourra à notre bien si nous sommes convenablement exercés par l'expérience. Après avoir fait notre part, nous devons avoir confiance en Lui dans toutes les conséquences, ne doutant pas qu'Il aura soin de nous de Sa meilleure manière. Le Seigneur nous donnera toutes les aides temporelles selon ce qu'Il jugera être pour les intérêts les plus élevés, si nous ne nous éloignons pas de Sa protection pour chercher à diriger nos propres intérêts. Même dans l'éventualité d'une telle erreur, si nous en venons à discerner où nous avons été obstinés et où nous nous sommes appuyés sur notre propre compréhension, si nous nous repentons et renouvelons une pleine allégeance à Dieu, les difficultés dans lesquelles nous nous sommes impliqués peuvent s'avérer une réelle bénédiction en nous ouvrant les yeux sur notre mauvaise conduite, en nous montrant notre propre insuffisance à nous guider nous-mêmes, et en nous ramenant entièrement à Lui.
« LE MÉCHANT NE LE TOUCHE PAS ».
Nos intérêts les plus élevés, nos intérêts réels, sont les objets des soins constants de notre Père. Si nous restons très près du Seigneur, nous sommes protégés de la puissance des anges déchus qui voudraient, si cela leur était permis, provoquer notre asservissement et notre ruine. Ils ne peuvent pas véritablement nous faire du tort si nous veillons et gardons nos vêtements blancs. Seul un manque de fidélité nous soumettrait à leur pouvoir dans une certaine mesure pour autant que nos intérêts véritables sont concernés. Ils ne peuvent ni faire tort à notre corps de quelque manière, ni nous faire de violences, à moins que le Seigneur le permette pour notre plus grand bien - peut-être pour notre délivrance et notre exaltation, comme dans le cas de notre Maître.
Gardons-nous donc nous-mêmes, de telle sorte que « le méchant ne nous touche point » (l Jean 5 : 18). Nous sommes sujets à diverses attaques venant des serviteurs abusés des puissances des ténèbres. Il peut y avoir des attaques sur notre renommée, notre réputation, notre corps ou autre chose, avec plus ou moins de légalité. Nous sommes, dans une mesure considérable, soumis à l'homme par « les puissances qui sont ». Cependant, nos ennemis les plus âpres sont sans pouvoir pour nous toucher, à moins que ce ne soit permis par notre Père qui est dans les cieux. Et nous ne pouvons être vaincus par le grand Adversaire, si nous demeurons fidèles à notre Alliance - fidèles aux vœux que nous avons faits à Dieu. L'Adversaire ne peut jamais toucher notre véritable personne, « l'homme intérieur » (2 Cor. 4 : 16), sauf par notre propre infidélité.
NOUS ADORERONS NOTRE DIEU SEUL.
La volonté de Dieu peut être de nous permettre de souffrir, exactement comme Il permit que Jean Baptiste soit emprisonné et finalement décapité, exactement comme Il permit que Jésus soit arrêté et crucifié, et exactement comme Il permit que beaucoup de Ses saints soient maltraités et mis à mort. Mais nous ne devons pas craindre ce que l'homme peut nous faire, sachant que notre Dieu, auquel nous appartenons et que nous servons, sera constamment avec nous, et fera en sorte que toutes choses concourent à Ses propres desseins glorieux pour nous et en nous.
En général, bien sûr, nous sommes heureux de plaire aux hommes, si possible. Mais partout où il est question de plaire à Dieu ou de plaire à l'homme, nous dirons, comme le firent les trois jeunes Hébreux à Nebucadnetsar, roide Babylone : « notre Dieu que nous servons peut nous délivrer. ... Et sinon, sache, ô roi, que nous ne servirons pas tes dieux, et n'adorerons pas la statue d'or que tu as dressée ». En d'autres termes : nous ne ferons rien de contraire à la volonté divine, à l'ordre de Jéhovah. Nous adorerons notre Dieu seul !
Quand le Conseil juif (Actes 4 : 13-20) commanda aux Apôtres Pierre et Jean de ne plus parler au nom de Jésus, leur réponse fut : « Jugez s'il est juste devant Dieu de vous écouter plutôt que Dieu. Car, pour nous, nous ne pouvons pas ne pas parler des choses que nous avons vues et entendues ». Quand Ponce Pilate, le gouverneur romain de Judée, jugeant notre Seigneur, dit : « Ne sais-tu pas que j'ai le pouvoir de te relâcher, et que j'ai le pouvoir de te crucifier ? ». Jésus répondit : « Tu n'aurais aucun pouvoir contre moi, s'il ne t'était donné d'en haut » (Jean 19 : 10, 11). Il en est ainsi de tous ceux qui suivent loyalement les pas du Maître. La grâce de Dieu sera suffisante. L'homme est impuissant à nuire à un cheveu de notre tête (Matth. 10 : 28-30), à moins que ce ne soit permis par notre Père qui est dans les cieux pour Sa gloire et notre propre bien-être le plus élevé.
LE COURAGE NÉ DE LA FOI.
Le monde s'est souvent étonné du calme des petits et humbles du Seigneur dans des circonstances qui feraient défaillir les cœurs les plus vaillants. Mais, pour suivre dans la vie la course qui glorifiera notre Dieu et magnifiera Sa grâce, pour être capable d'affronter avec sagesse et courage les épreuves et difficultés telles qu'elles nous arrivent en tant que chrétiens, et y faire face dans l'esprit d'allégresse, en estimant nos tribulations comme de la joie, il est nécessaire que nos cœurs soient en harmonie avec Lui, que nous n'ayons aucune autre volonté que la Sienne, et que nous vainquions la crainte de l'homme qui nous tend un piège (Prov. 29 : 25). Nous ne pouvons accomplir ceci par notre propre force, mais par la force de Dieu seule. Nous sommes instruits à craindre Jéhovah, et à ne pas craindre un simple mortel. Les justes sont aussi hardis que le lion, aussi simples que la colombe, et aussi doux que l'agneau. Cette combinaison particulière de hardiesse, de simplicité et de douceur devrait caractériser chaque chrétien.
Present Truth - novembre-décembre 1969