R 5508 (EB 287 p. 58)
NOTRE GRAND PORTEUR DE FARDEAUX
« Rejetant sur lui de tout votre souci, car il a soin de vous » - 1 Pierre 5 : 7.

Ces paroles réconfortantes de l'Apôtre Pierre s'adressent à l'Église de Christ ; et tous ceux qui font partie du peuple du Seigneur se rendent compte assurément qu'il y a des soucis et difficultés de la vie qui constituent notre lot et qui sont troublants. Ces soucis de la vie touchent également ceux qui sont dans le monde - certains plus et d'autres moins. Mais ils touchent à coup sûr tous ceux qui sont les enfants du Seigneur.

Le mot souci est utilisé de deux manières différentes. Si nous pensons à ce mot dans le sens d'exercer une pensée appropriée et d'accorder une attention convenable à ce qui nous est confié, ou touchant ce dont nous sommes responsables, nous pourrions risquer de mal comprendre notre texte. Cependant, le mot « souci » a très souvent en lui la pensée de tracas, tourment de l'esprit ; et c'est dans ce sens qu'il est utilisé par l'Apôtre dans ce verset. L'Apôtre Paul dit aussi « ne vous souciez de rien » - ne vous inquiétez pas pour rien, ne vous angoissez pas pour rien. Aussi nous pourrions rendre les paroles de l'Apôtre Pierre comme suit : « Rejetez sur Lui toute votre angoisse ; car Il pense à vous ».

L’IMPORTANCE DES PETITES CHOSES.

L'Apôtre ne nous conseille pas de nous débarrasser de tout sens de responsabilité et de cesser d'exercer l'attention dans ce que nous faisons et en ce qui concerne nos devoirs et obligations. Nous sommes tous sûrement d'accord pour dire que l'homme ou la femme qui ne se soucie de rien, dans ce sens propre, serait tout à fait indigne d'une quelconque position dans la vie.

Les enfants de Dieu, Ses représentants devant les hommes, ne devraient pas se comporter avec maladresse dans le monde ou ennuyer inutilement les autres, que ce soit les frères ou les gens du monde. Notre influence pour le bien peut être grandement affaiblie par le manque d'attention que nous portons à ce qui pourrait être appelé des petites choses, mais qui, en réalité, n'en sont pas. Il y a un dicton riche en signification qui dit « les petites choses font la perfection ; et la perfection n'est pas une petite chose ». Le peuple du Seigneur devrait être le peuple le plus attentif dans le monde.

Les petites choses de la vie quotidienne peuvent s'avérer être des mises à l'épreuve plus cruciales du caractère véritable que ne le sont des affaires apparemment plus importantes. Les petites politesses, les petits actes de considération pleine d'égards pour les autres, comme ils signifient beaucoup ! Comme ils influent souvent beaucoup sur le bonheur de ceux qui nous entourent et sur notre propre crédit en tant qu'ambassadeurs de Christ ! Aussi, il est nécessaire que nous exercions plus d'attention et d'égards concernant nos paroles, nos actions, et à tout ce que nous devons accomplir. Ce n'est pas ce souci que nous devons rejeter sur le Seigneur pour qu'Il le porte. Nous devons porter tout cela nous-mêmes convenablement.

NOS EXPERIENCES DIRIGÉES PAR LE SEIGNEUR.

Dieu est l'Être le plus préoccupé de l'univers, nous pouvons en être certains. Il n'est pas préoccupé dans le sens où le mot est utilisé dans notre texte- dans le sens de tracas et d'inquiétude de l'esprit – mais il est préoccupé dans le sens juste et approprié du terme. Il y a des soucis qui s'abattent sur les membres du peuple de Dieu parce qu'ils sont tourmentés par l'Adversaire. Le Seigneur permet ces expériences dans le but même d'amener ceux de Son peuple à rejeter leurs soucis sur Lui, à les amener plus près de Lui, à leur apprendre l'endurance patiente, à leur montrer complètement leur besoin de Lui, leur impuissance et infortune totales sans Lui.

Mais les tracas et tourments - les angoisses qui pourraient nous gêner dans le service du Seigneur, qui nous enlèveraient notre paix dans le Seigneur – devraient être rejetés, non négligemment cependant, mais avec intelligence, avec la pensée que Jésus, notre grand Porteur de fardeaux, nous a invités, nous a encouragés à rejeter tout notre souci, tout ce qui pourrait perturber notre paix - sur Lui. Il rendra notre fardeau léger et atténuera nos épreuves. C'est un repos de la foi, et il ne peut être atteint autrement que par la foi en Son amour, la foi en Ses promesses.

LA SOLLICITUDE DE NOTRE PÈRE POUR SES ENFANTS.

Chaque jour de sa vie le chrétien devrait faire de plus en plus confiance au Seigneur. Il devrait prendre plus pleinement conscience qu'auparavant que notre Père céleste, qui a pourvu l'herbe des champs et l'air aux oiseaux, prend bien davantage soin de Ses enfants que des fleurs ou des nombreux moineaux, et qu'Il a aussi un Plan pour le monde, une disposition pour le bénir, au temps voulu. Mais nous avons déjà pris part à la bénédiction du Seigneur, nous sommes déjà devenus Ses enfants et sommes Sa préoccupation particulière. Et « comme un père a compassion de ses fils, l'Éternel a compassion de ceux qui le craignent » - ceux qui Le révèrent (Ps. 103 : 13).

Nous ne pouvons être de fidèles enfants de Dieu si nous sommes pleins de tourments. Le tourment est une chose, mais la préoccupation convenable en est une autre. Nous devrions être plus prudents chaque jour, et ainsi être capables de remplir nos obligations envers le monde en général, envers nos familles, envers nous-mêmes, envers les frères et envers le Seigneur – pour rendre plus efficace notre service envers Dieu.

Nous ne devons pas nous inquiéter ni être préoccupés quant à l'endroit où nous allons nous procurer des vêtements. Pour le moment nous avons les vêtements que le Seigneur a jugé approprié de nous donner ; et nous devons faire de notre mieux pour subvenir aux choses nécessaires. Si le Seigneur ne nous donnait jamais des vêtements aussi beaux que ceux que beaucoup d'autres portent, ou de la nourriture aussi riche et exquise, nous ne devrions pas nous mettre en souci mais être contents de ce que Sa providence dispose pour nous, et accepter cela avec reconnaissance. Il donnera ce qui est le mieux. Nous ne devrions ni douter, ni craindre qu'Il ne pourvoie pas à nos besoins. Il connaît tout de nos affaires et n'est pas oublieux de notre bien-être. « Humiliez-vous donc sous la puissante main de Dieu, afin qu'il vous élève quand le temps sera venu, rejetant sur lui tout votre souci, car il a soin de vous » (1 Pi. 5 : 6, 7).

Combien est nécessaire cette humilité devant Dieu, et combien est consolante et précieuse cette assurance aimante ! Alors que nous avançons sur le chemin béni désigné par notre Seigneur, apprenons alors plus complètement que nous ne devons pas demander quelque chose selon notre volonté, mais uniquement que Sa volonté puisse être faite en nous et pour nous. Sa sagesse est infaillible. Disons tout au Seigneur de nos fardeaux, grands et petits, et approprions-nous pour nous-mêmes Son amour et Sa compassion, appliquant sur nos cœurs le baume de Sa parole, de Ses précieuses promesses qui sont l'héritage de ceux qui Lui appartiennent et qui ont la confiance en Lui, qu'Il est à la fois capable et disposé à suppléer à tous nos besoins - qu'Il se réjouit donc de nous bénir, si nous demeurons dans Son amour.

Comme est forte et douce l'attention de mon Père !
Les paroles comme la musique dans l'air
Viennent répondre à ma prière chuchotée -
« Il a soin de toi ».

Rien alors ne peut me blesser, m'assombrir ou m'aveugler;
Aucune chose mauvaise me touche, ni les miens,
Puisque Toi avec Ta divine tendresse
Prends vraiment soin de moi !