D'un bout à l'autre de l'Ancien Testament, le mot rendu par SEIGNEUR (en anglais Lord, rendu par Éternel - trad.] est, en hébreu, JÉHOVAH et s'applique par conséquent au Père Céleste et non au Fils Céleste. La pensée présentée dans notre texte, comme dans d'autres passages des Écritures, est que le grand Berger-Chef a désigné Son Fils pour être Berger-adjoint du troupeau, de même que le Fils a désigné des bergers subalternes dans l'Église qui Lui est assujettie. Le travail pastoral n'est pas exercé envers le monde. Le Grand Berger-adjoint ne garde pas des boucs ou des loups. Les seules à être gardées sont les brebis, et un soin spécial est exercé envers le troupeau de Dieu. Le Grand Berger-Chef veille aux intérêts de Ses brebis, pourvoit pour elles à de verts pâturages et les y conduit comme nous l'enseigne le Psalmiste. Il les protège également des loups et d'autres bêtes féroces.
Si nous demandons : « Quelles sont ces brebis ? » nous trouvons que les Écritures nous donnent une bonne preuve qu'à l'origine, la nation juive constituait ce troupeau, et que le Roi David se reconnaissait lui-même comme l'une de ces brebis. Les Israélites ne furent pas choisis par l'Éternel parce qu'ils étaient meilleurs que le reste de l'humanité ; mais Dieu fit de ce peuple une exception à cause du Père Abraham, pour qui Il devînt le « Berger d'Israël ». A cause de la grande foi d'Abraham en Dieu et de son obéissance implicite sous les épreuves les plus cruciales, l'Éternel promit de faire de sa semence un peuple particulier au-dessus de tous les autres peuples de la terre. Il promit de les bénir, d'exercer un soin particulier sur leurs affaires et de les employer éventuellement à bénir toutes les autres nations. Ainsi Dieu fit des Hébreux Son peuple choisi. Dans la mesure où ils étaient obéissants à Ses commandements, Il les bénissait ; et toutes les fois qu'ils s’égaraient, Il les châtiait et les ramenait à nouveau sous Sa protection.
Mais Abraham devait avoir une autre Semence, une Semence spirituelle qui devait régner sur la semence naturelle, et par elle bénir toutes les nations et tribus. Nous comprenons alors que ce texte s'applique spécialement à Israël selon l'esprit, de même que toutes les principales promesses de Dieu appartiennent à Israël selon l'esprit. Israël naturel était la descendance d'Abraham selon la chair ; mais les enfants spirituels d'Abraham sont ceux qui sont engendrés du saint Esprit a une nouvelle nature - la nature spirituelle. Ainsi, alors que l'Eternel prenait un soin particulier des affaires d'Israël naturel, et en prend encore soin, Il a un soin plus particulier encore des affaires d'Israël spirituel.
C'est pourquoi nous comprenons que celui qui parle dans ce texte, considéré du point de vue prophétique, est en premier lieu le Seigneur Jésus ; et que tous Ses disciples consacrés à travers cet Âge de l'Évangile, tous les membres de Son Corps, sont aussi représentés dans celui qui parle. Tous ceux-ci (la Grande Foule et les Jeunes Dignes également) ont le privilège d'employer ces paroles de l'Éternel : « L'Eternel est mon Berger, je ne manquerai de rien. Il me fait reposer dans de verts pâturages ; il me mène à des eaux paisibles ; il restaure mon âme ; il me conduit dans des sentiers de justice, à cause de son nom ». (D.)
PRENEZ GARDE AUX LOUPS.
Dans ce Psaume 23, il y a une distinction impliquée entre des Brebis et des Loups. Les gens du monde aiment à être considérés comme forts et bien capables de se défendre, eux et leurs droits. Sur leurs blasons, nous ne voyons jamais l'image d'une brebis. Nous voyons des lions ; nous voyons l'aigle avec ses ailes déployées et ses serres et son bec acérés ; nous voyons des dragons, des ours et des serpents - toutes choses qui indiquent la férocité, la rapacité, la ruse, le désir de conquêtes. L'Éternel néglige toutes ces nations fortes, cruelles - le lion, l'aigle, l'ours, etc., et a appelé une nouvelle nation, distincte de chacune de celles-ci.
Dieu a choisi comme membres de cette nation - peu en nombre - ceux qui sont comme les brebis en disposition et qui désirent entrer dans Sa bergerie. Il a pourvu pour ceux-là à un chemin d'entrée particulier dans cette bergerie. Il n'y a dans cette bergerie, ni ours, ni tigres, ni loups, ni oiseaux de proie. Dieu ne reconnaît pas ceux-là ; ils ne doivent pas être nourris et soignés comme Il soigne Ses Brebis. Il est le berger des brebis seulement. Si, par conséquent, nous désirons prétendre aux promesses de ce beau Psaume, nous devons nous assurer que nous avons une disposition semblable à celle des brebis, et avons le désir d'être conduits par le Vrai Berger. Nous devons noter avec soin qu'il n'y a qu'un seul Berger qui soit capable de prendre soin de nos intérêts, et à qui ils peuvent être confiés en toute sécurité. Un berger étranger égarerait les brebis, les mènerait dans des difficultés, des dangers et le désastre. Pour cette raison nous n'accordons pas notre confiance au premier venu portant l'habit de berger. Il n'y a qu'un seul berger en qui nous pouvons nous confier.
LES SOINS AFFECTUEUX DU BERGER.
Le Grand Berger-Chef est prêt à recevoir toutes les brebis égarées qui désirent vivement revenir à la bergerie. Il a désigné comme le Berger-adjoint Celui qui mourut pour nous, afin qu'Il pût délivrer complètement toutes les brebis du Malin - le lion rugissant qui rôde autour de nous, cherchant qui il pourra dévorer (1 Pi 5 : 8). Notre gracieux Sauveur laissa les parvis de gloire et descendit sur terre ; et durant 33 ans et demi, Il parcourut cette vallée de larmes avec des pieds fatigués. Il Se mêla aux pauvres et aux humbles ; Il pleura avec les affliges et les pécheurs ; Il n'eut aucun lieu où reposer Sa tête ; Il porta les douleurs et les maladies de ceux qui L'entouraient. Il souffrit et fut affligé ; Il supporta la honte et l'ignominie, et tout ceci jusqu'à la mort même. Pourquoi ? Ce fut afin qu'il pût sauver les brebis perdues. Sa communion bénie qu'Il avait avec les armées resplendissantes des cieux fut totalement abandonnée pendant ces années de pèlerinage terrestre, afin que les brebis errantes pussent être trouvées et ramenées à la bergerie de Dieu.
« Quatre-vingts et dix-neuf se trouvaient en repos
Dans le refuge sûr que présente l'enclos ;
Mais une était sortie au loin sur la colline,
Au profond de la nuit, dans le vent, la bruine,
Allant vers les sommets sauvages, ravagés,
Hors des soins attentifs du plus doux des bergers.
Mais nul des rachetés ne pourra compasser
La profondeur des eaux que devait traverser
Le Seigneur parcourant la nuit opaque et triste,
Avant qu'Il pût trouver de Sa brebis la piste.
Au fond de ce désert Il l'entendit gémir,
Malade et sans secours et bien près de mourir.
Dans les monts tourmentés, par l'orage battus,
Franchissant les hauteurs des pics les plus ardus,
Un cri joyeux monta vers la voûte élevée :
« Réjouissez-vous tous ! Ma brebis est sauvée ! »
D'un chœur d'anges des cieux alors revint l'écho :
« Joie à tous ! Le Seigneur ramène son joyau ! »
« Il y en avait quatre-vingt-dix-neuf qui étaient en sécurité.
Combien devrions-nous être reconnaissants envers un tel Berger ! Combien devrions-nous proclamer suffisamment Sa Louange ! Nous ne connaitrons vraiment jamais dans cette vie : « Combien était sombre la nuit que le Seigneur traversa », afin qu'Il pût nous racheter à Dieu. Et a partir du moment où nous devenons Ses brebis, Il prend soin tendrement de tous nos intérêts, nous protégeant de chaque ennemi et des pièges dangereux qui se trouvent sur notre chemin.
L'HUMANITÉ EST LA BREBIS ÉGARÉE.
Tous les membres de la race d'Adam sont ces « brebis perdues ». Bientôt le Grand Berger Céleste aura rassemblé Ses Brebis de l'Âge présent dans la bergerie, et alors, il y aura un autre troupeau - le monde en général. « J'ai d'autres brebis qui ne sont pas de cette bergerie ; il faut que je les amène elles aussi », dit le Maître (Jean 10 : 16). Finalement, tous ceux qui deviendront vraiment pieux seront heureux d'être comptés parmi les brebis du Seigneur. Ils comprendront le grand Plan de Dieu pour le salut des hommes, et apprécieront la merveilleuse bénédiction accordée au monde par le Grand Berger-Chef, en envoyant Son Fils pour mourir pour tous les humains, afin que par Lui, ils pussent vivre.
Tous ceux qui accepteront les gracieux arrangements et obéiront aux lois et règlements du Royaume du Seigneur, faisant de leur mieux, seront amenés dans la bergerie. Dans la mesure où ils seront obéissants, ils seront élevés de la dégradation jusqu'à la perfection. Ainsi tous ceux qui deviendront des brebis dans l'Âge prochain seront soignés - rien ne les offensera ou ne les blessera. Le Seigneur ne permettra pas à qui que ce soit de leur nuire (Es. 35 : 9 ; 11 : 9). Ils paîtront dans de verts pâturages et boiront les eaux pures, rafraîchissantes de la Vérité. Ils auront un bel héritage, car Dieu a promis que toute la terre serait remplie de Sa gloire. (Nomb. 14 : 21). Quelle grande chose ce sera quand « tous les bouts de la terre verront le salut de notre Dieu » (Es. 52 : 10) !
LES BREBIS DE L'ÂGE DE L'ÉVANGILE.
Mais les brebis de l'Âge présent, qui doivent être exaltées, et qui doivent faire un travail pastoral pour ces brebis de l'Âge à venir, reçoivent une éducation distincte et particulière pour les préparer à leur futur grand travail. Dès l'instant où elles sont acceptées à ce plan plus élevé, elles sont traitées en conséquence. Ceci signifie qu'elles doivent avoir certaines épreuves et afflictions, selon la chair. Et si ces brebis reconnaissent que ces expériences difficiles du chemin leur sont nécessaires, elles peuvent bien se réjouir. Si elles ont une entière confiance dans le Berger, elles savent qu'Il ne permettra pas qu'elles aient des expériences qui ne leur sont pas nécessaires, et aucune qui leur serait préjudiciable ; mais Il dirigera toutes leurs affaires et Il fera concourir toutes choses pour leur bien, parce qu'elles L'aiment, parce qu'elles sont appelées selon le dessein de Dieu.
Les brebis sont, en premier lieu, le Petit Troupeau, des brebis de l'ordre le plus élevé, et en second lieu, la Grande Foule et les Jeunes Dignes. Ceux-ci ont les qualités spéciales de sincérité, d'humilité et d'amour de la justice. Etant entrés dans cette bergerie de Dieu, nous avons toute raison de nous confier dans le grand Berger et devrions reconnaître le soin constant qu'Il prend de nous, Son suprême intérêt dans notre combat spirituel. Soyons de bonnes brebis ! Ne nous éloignons pas de la bergerie, ni à droite, ni à gauche, ne soyons pas attirés loin des verts pâturages et des eaux pures pour aller brouter les chardons et les herbes empoisonnées de quelque chemin détourné ou pour boire les eaux troubles, polluées, de la spéculation humaine et des théories illusoires des hommes. Jésus dit : « Mes brebis entendent ma voix, et Je les connais, et elles me suivent ».
LES CARACTÉRISTIQUES DES BREBIS.
Si nous sommes les vraies brebis du Seigneur, nous reconnaîtrons Sa voix. Nous ne ferons pas une erreur. Nous ne suivrons pas un étranger, mais nous le fuirons ; car nous ne connaissons pas la voix des étrangers (Jean 10 : 27, 5). En désignant Son peuple : « le troupeau de ma pâture » (Jér. 23 : 1), le Père Céleste choisit un emblème très significatif de la sorte de caractères qu'Il cherche maintenant. Les caractéristiques spéciales de ces brebis sont : la douceur, la docilité, l'absence de trop grande confiance en soi, et l'obéissance au Berger, en qui elles se confient entièrement. Elles écoutent attentivement le son le plus faible de la voix du Berger. Elles répondent rapidement à Son appel, et veillent pour qu'Il les guide. Manifestons tous ces traits de caractère des plus désirables, et restons toujours près de notre Guide et Berger Céleste, demeurant sous Son soin aimant et sous Son œil vigilant. C'est seulement ainsi que nous serons en sécurité.
« En Lui faisant confiance, ils ne peuvent s'égarer ;
Ils ne peuvent jamais, jamais se perdre ».