R 5321
L'ESPRIT DE SERVICE ET L'ESPRIT DU DISCIPLE
« Et quiconque voudra être le premier parmi vous, qu'il soit votre esclave » - Matt. 20 : 27.

Les aspirations appropriées sont très bénéfiques, tant pour la personne elle-même que pour ceux avec qui elle entre en contact. Notre Seigneur avait une aspiration. Nous lisons à son sujet qu'il a « pour la joie qui était devant lui, enduré la croix, méprisé la honte » (Héb. 12 : 2). Il y a des stimulants dignes, car sinon le Père n'en aurait pas mis un devant Son Fils. La pensée qui doit nous inspirer est que si nous sommes fidèles dans les choses du temps présent, le Seigneur nous rendra maîtres de beaucoup de choses. Ainsi, l'ardent désir d'obtenir ces choses que Dieu a réservées à ceux qui L'aiment, est louable ; car ces bénédictions sont de Dieu.

Toute Nouvelle-Créature a de grandes aspirations. En fait, chacun devrait avoir un idéal vers lequel il tend ; et avoir ce désir de l'atteindre indique qu'il y a un motif derrière le désir. Il est tout à fait correct d'avoir des stimulants devant l'esprit, et il est approprié de savoir quels sont ceux qui sont dignes de nos efforts, sinon les mauvais pourraient nous égarer. Dans notre texte, une aspiration des plus louables est placée devant nous.

L'Église, qui est le représentant du Christ, est le Corps de notre Seigneur dans la chair. Et l'Apôtre Paul, parlant des ambitions, conseillait à l'Église d'avoir les aspirations les plus profitables, afin d'être des maîtres, des instructeurs du troupeau ; car c'est la fonction la plus utile dans l'Église. On sait qu'un des dons de l'époque de saint Paul était de parler dans une langue inconnue. C'était un don très remarquable. Mais l'Apôtre a fait remarquer que le fait de parler une langue inconnue était moins à désirer qu'un don qui serait utile dans l'Église.

Nous n'avons pas ces dons miraculeux à l'heure actuelle, mais nous avons la Parole de Dieu, et le désir de pouvoir faire connaître la Vérité du Seigneur. C'est pourquoi le don oratoire est encore souhaitable. L'Apôtre poursuit en soulignant que nous devrions désirer avoir les fruits de l'Esprit - afin qu'ils aient une influence dominante sur nous.

LA RESPONSABILITÉ DE CHAQUE ECCLÉSIA.

En ce qui concerne les positions dans l'Église, le Seigneur a indiqué que ce serait Lui qui ferait le réglage. « Or, Dieu a placé les différents membres dans le Corps comme il l’a voulu ». Dieu a ordonné qu'il y ait dans le Corps cette organisation ; par exemple, le service de l'œil. De même que le membre de l'œil assiste le corps humain, de même le membre de l'œil dans l'Église peut être très utile au Corps de Christ. Il y a aussi les membres de l'oreille, les membres de pieds, les membres de mains et les membres de la langue. Ces différents membres ont des services différents à rendre pour le bien-être de l'ensemble du corps. La main ne doit pas dire au pied : « Je n'ai pas besoin de toi », ou vice versa - 1 Cor. 12 : 14-31.

Si le corps essaie de marcher sur les mains, ce n'est pas selon l'ordre Divin. Le corps doit marcher sur les pieds. Il en est ainsi dans une assemblée. Mais si l'assemblée s'appuie trop sur les membres des pieds, elle prive les membres des mains de leur utilité. Les différents membres doivent se trouver dans les positions où ils peuvent rendre le service le plus efficace. En d'autres termes, l'assemblée doit chercher à connaître le service que Dieu a manifestement préparé pour chaque individu. Elle doit chercher à utiliser son meilleur jugement, afin de placer la bonne personne à la bonne place.

Nous voyons parfois des assemblées qui essaient de faire marcher tout le monde sur les mains et non sur les pieds. Cette assemblée perd en ne mettant pas chaque membre à la place pour laquelle la Divine Providence l'a spécialement qualifié. C'est la responsabilité de l'assemblée de le faire. Cependant, si elle essaie de faire marcher le Corps sur les mains au lieu des pieds, elle apprendra avec le temps, probablement, à faire en sorte que les mains s'exercent dans leur propre position, et de même les pieds dans la leur ; et chaque membre fera finalement le service pour lequel il est fait.

L'HUMILITÉ EST INDISPENSABLE AU SERVICE DE DIEU.

Non seulement il est désavantageux pour l'assemblée que les membres occupent des positions inappropriées, mais il est également mauvais que les membres essaient de rendre d'autres services que ceux qu'ils devraient rendre. Il n'est pas en notre pouvoir de nous changer de ce que nous sommes par nature. Seule la puissance Divine peut nous préparer à servir dans une autre partie du Corps. Notre attitude devrait être de servir réellement le Corps de Christ, de servir le Seigneur. Nous devrions noter que chaque fois qu'il y a un service à rendre, nous pouvons le faire. « Fais de ta force ce que tes mains trouvent à faire ».

Le problème de beaucoup dans l'Église est qu'ils désirent faire ce que quelqu'un d'autre fait déjà - quelque chose qu'ils apprécient. Ils ne regardent pas autour d'eux pour voir ce que eux-mêmes peuvent apporter : « faire du bien à tous, selon l'occasion, mais surtout à ceux de la Maison de la Foi ». Ils n'ont pas le bon esprit du disciple. C'est pourquoi l'injonction de notre texte devrait les amener à se dire : Ma plus grande ambition devrait être de servir le Seigneur de manière appropriée, et de Lui laisser prendre soin de l'endroit où je peux servir. Ici, il y a une petite place ; là, il y a un petit coin. Je vais essayer de faire ce qui est nécessaire dans ma position. Si le Seigneur ouvre la voie et me montre quelque chose d'autre qui semble plus important, je le prendrai. Mais je ferai de toutes mes forces ce qu'il est de mon devoir de faire - qu'il s'agisse de balayer ou de préparer une salle pour une réunion. Tout ce qui se présentera à moi comme une opportunité, je le ferai.

Cela ne signifie pas que nous n'avons pas d'aspirations. La motivation principale est de servir l'Église. Nous avons là un motif louable, un désir approprié. Mais il semble que certains soient ambitieux - ils cherchent à être le chef. Notre propre désir (et nous croyons que c'est aussi celui de l'Esprit du Seigneur) n'est pas d'aider celui qui aspire à la place de chef, à la position qu'il recherche. L'aider dans cette voie serait un préjudice à la fois pour lui et pour la cause. Mais si nous trouvons quelqu'un qui cherche à faire avec toute sa force ce que ses mains trouvent à faire, nous pouvons être sûrs que cela sera approuvé par le Seigneur ; et peut-être le Seigneur lui donnera-t-il plus tard un travail plus important en reconnaissance de son service fidèle envers Lui.

LA RECHERCHE DE SOI-MÊME EST À RÉPROUVER.

Chacun doit se contenter de ce que la Providence du Seigneur lui ouvre. Il ne doit pas chercher à se faire valoir. « Quiconque s'élève sera abaissé, et celui qui s'abaisse sera élevé » (Luc 18 : 14). Celui qui s'exalte ne doit pas être exalté par l'Église, car il ne sera pas exalté par le Seigneur. Celui qui s'humilie sera exalté, soit par le vote de l'assemblée, soit par la volonté du Seigneur.

Selon les termes de notre texte, nous pensons que le Seigneur a voulu dire ceci : Il y en aura parmi vous qui seront certainement reconnus comme des chefs. Il y a plusieurs formes de service, et il est nécessaire d'avoir un chef en relation avec les services de chaque assemblée. Dieu l'a reconnu Lui-même. Il a fait de Jésus un Chef. Il a écarté Satan, qui était à la recherche de lui-même. Il a choisi Jésus, et a rendu la route très étroite pour Lui ! Mais après que Jésus ait prouvé Son humilité, alors le Père Lui a donné la haute exaltation, Lui a donné la grande récompense promise.

Le Père cherche maintenant ceux qui auront le même esprit d'humilité, le même esprit de service, que le Seigneur Jésus a manifesté. Nous Le regardons, et nous voyons que, si le Père a établi la position de chef, il a aussi établi la position de serviteur. Jésus, nous le voyons, était le Serviteur de tous. C'est pourquoi Dieu L'a exalté et Lui a donné un nom au-dessus de tout nom.

Il devrait en être de même pour chaque petite assemblée de l'Église. C'est la volonté du Seigneur que pas tous ceux qui veulent être Ses principaux serviteurs ne soient reconnus comme tels. Mais le Seigneur reconnaîtra celui qui se montrera humble d'esprit, comme Il S'est montré Lui-même, en faisant tout pour les frères. Que tel soit votre serviteur. Chacun doit considérer que le principal honneur parmi vous, parmi les frères du Seigneur, est d'être serviteur. Et celui qui est le plus fidèle devrait avoir l'occasion de servir. En ce sens, il serait votre chef.