PREMIÈRE PARTIE
L’apôtre Jacques a déclaré que tout bien et tout don parfait viennent du Père des lumières, en qui il n’y a ni variation, ni ombre de changement. Ainsi donc, tout don de Dieu est une bénédiction. On peut dire que même ceux sur qui Dieu exercera la sentence de la Seconde-Mort recevront quelque chose qui n’est pas vraiment une offense à leurs intérêts les meilleurs.
En pensant à ces divers dons de Dieu, l’Apôtre Paul énumère quelques-uns de ceux qui furent donnés à l’Église au commencement de cet Âge de l’Évangile. Nous lisons dans les Psaumes : « Tu as reçu des dons pour l’homme, et même pour les rebelles, afin que l’Éternel, Dieu, ait une demeure » (Psaume 68 : 18). Quelques-uns de ces dons furent accordés aux hommes qui devinrent des disciples du Seigneur Jésus. Après l’ascension de Jésus, tous Ses disciples durent particulièrement attendre jusqu’à ce qu’Il leur envoie, de la part du Père, la puissance et la bénédiction de l’Esprit saint, qui devait venir sur chaque croyant sincère, et qui devait être accompagné de dons — de quelques dons et manifestation extérieurs, utiles, et dont ils devaient se servir.
Dans le contexte, l’Apôtre énumère quelques-uns de ces dons — apôtres, prophètes, évangélistes, instructeurs, pasteurs ; d’autres reçurent les dons des langues, de guérison, le pouvoir d’accomplir des miracles, le pouvoir de rejeter Satan, d’interpréter les langues, de discerner les esprits. Certains reçurent l’un de ceux-là, certains, un autre ; certains en reçurent plusieurs. St. Paul avait divers dons, et déclara qu’il parla plus de langues qu’eux tous (1 Corinthiens 14 : 18). Il semblerait que l’Église primitive attachait une grande importance au don des langues. Ils devinrent très impatients de recevoir ce don particulier de Dieu .
Mais l’Apôtre leur dit que Dieu avait encore des bénédictions plus précieuses que celle de parler en langues, qu’ils désiraient si ardemment. Ils devaient faire la distinction entre les différents dons, désirer et préférer le meilleur — user de discernement quant aux dons les plus importants. Il déclare qu'il préfère dire cinq mots dans une langue connue que dix mille dans une langue inconnue, et ne pas être capable de les interpréter. Il leur dit qu'ils devraient prier afin de pouvoir interpréter — qu'ils ne devraient pas seulement désirer parler dans des langues inconnues, mais aussi désirer les interpréter, ou donner la signification convenable afin d'être compris. Dans sa lettre à l'Église de Corinthe, aux chapitres 12 et 14, il émet la pensée, que ces différents dons et langues étaient tous destinés à servir l'Église dans son ensemble, pour son profit.
LE DESSEIN SERVI PAR LES DONS
Le don des langues fut concédé en ce moment-là pour suppléer à leurs manquements. L'Église primitive n'avait pas de Bible. Étant rejetés des synagogues, ses membres n'avaient pas d'accès à l'Ancien Testament, et le Nouveau Testament n'était pas encore écrit. Par conséquent, sans ces dons, le peuple de Dieu aurait été en peine pour les aider, pour les instruire. Personne n'était qualifié pour enseigner les frères. Seule la puissance de Dieu pouvait leur donner cette capacité à enseigner. Par conséquent, l'Apôtre Paul les exhorta à ne pas abandonner leurs rassemblements. À mesure qu'ils voyaient le grand Jour de Christ s'approcher, ils devaient avoir une grande soif de s'assembler et de discuter de ces choses du Plan de Dieu.
Quand ils étaient réunis, ça leur était très bénéfique d'entendre quelqu'un se lever pour parler. Ils pouvaient désirer, ou prier le cas échéant, que Dieu leur envoie quelque interprétation. De cette façon, l'Église se rassemblait et se maintenait. Ils ne savaient pas quel Message viendrait du Seigneur de cette manière.
Nous ne devons pas supposer que Dieu leur révèlerait ainsi des sujets doctrinaux très profonds. Mais il ressort vraiment que, de cette façon, Il donna à Son peuple un peu de lait de la Parole, jusqu'à ce que le Nouveau Testament soit élaboré — écrit et assemblé sous une forme accessible. L'Apôtre débuta par ces dons envers l'Église. Le don des langues fut néanmoins surpassé par des dons plus élevés, des dispositions plus élevées pour eux. Saint Paul voulait plutôt que ses membres soient des orateurs, qu'ils parlent en public ou qu'ils puissent interpréter une langue inconnue. Cela impliquerait plus de contact personnel avec le Seigneur. Par conséquent, ils devaient désirer un tel don plutôt qu'un autre de moindre importance.
L'Apôtre poursuit ainsi : « Et je vous montre encore un chemin bien plus excellent ! » quelque chose de bien meilleur que ces dons spéciaux dont il avait parlé — meilleur que de parler en langues, d'accomplir des miracles, ou d'interpréter. Il poursuit, montrant que ces choses allaient disparaître, qu'elles ne seraient plus nécessaires à l'Église, mais qu'il allait leur parler de ce qui ne disparaîtrait jamais. Par conséquent, ils devaient discerner et rechercher particulièrement le don le meilleur. Ils ne devaient pas seulement faire le tri parmi ces dons et choisir le meilleur, mais ils devaient regarder au-delà de ceux-ci vers une condition développée du cœur qui serait particulièrement agréable au Seigneur, et qui les amèneraient dans une relation plus étroite avec Lui.
Il continue en expliquant qu'il s'agit de l'Amour. Ils peuvent avoir le don de prophétiser, de faire des miracles, de guérir les malades, de parler en langues, d'interpréter, et pourtant ne jamais réussir à atteindre la plus grande bénédiction du Seigneur, s'ils n'incorporent dans leurs vies cette meilleure chose qu'est L'AMOUR. Aussi capables qu'ils puissent être en parlant les langues, en interprétant, ou accomplissant des miracles, etc., cet Amour est de loin la chose la plus importante qu'il fallait posséder. Puis il énumère les diverses qualités de l'Amour — la douceur, la patience, la bienveillance fraternelle, etc. La somme de tout cela c'est l'Amour. L'amour pour les frères, l'amour pour les amis, l'amour pour le prochain, l'amour pour nos ennemis leur fera du bien et surtout pas le souhait de les voir souffrir l'injustice. Ceci alors, est la chose la plus excellente.
Si les éléments de l'Amour sont des qualités développées, qu'ils peuvent, par conséquent, être appelés à juste titre des fruits, ils peuvent aussi être appelés des dons. Le pommier nous donne des pommes, le pêcher nous donne des pêches, le poirier nous donne des poires, etc. Puisque notre but est de développer ces qualités de l'Esprit, elles sont appelées fruits de l'Esprit. Et ils sont de loin plus excellents et plus désirables que les dons simplement automatiques, qui sont venus à l'origine sur tous les membres du peuple de Dieu en raison d'un besoin particulier. Beaucoup de ceux-ci ont disparu très peu de temps après la mort des Apôtres.
L'AMOUR — VARIANT EN NATURE
La question qui se pose donc naturellement et à juste titre est la suivante : Qu'est-ce que l'Amour ? La Bible répond : « Dieu est Amour ». De même qu'il est impossible de décrire complètement Dieu dans toute Sa grandeur, il semble aussi impossible de décrire complètement tout ce qui serait inclus dans le mot Amour. L'Amour est la chose la plus puissante au monde ; c'est pourquoi l'Amour représente au plus près Dieu, parce qu'Il est l'Être Suprême, le Tout-Puissant. Nous pourrions dire que Dieu n'est ni ceci, ni cela, ni quelque chose d'autre. Il en est de même de l'Amour — nous pourrions le décrire en disant ce qu'il n'est pas. Rien ne peut être bien s'il n'est pas en harmonie avec l'Amour, de même que rien ne peut être bien s'il n'est pas en harmonie avec Dieu. L'Apôtre dit, en décrivant l'Amour, qu'il ne pense pas le mal, ne se vante pas, n'a pas la disposition à s'enfler d'orgueil, n'est pas facilement irritable, ne se réjouit pas de l'injustice, etc.
Bien sûr, nous pouvons nous rappeler que le mot amour sert à couvrir une diversité de sentiments ; par exemple, l'amour de la poule pour ses poussins, le soin qu'elle prend d'eux ; l'amour d'un père et d'une mère pour leurs enfants, et le soin dont ils les entourent. L'amour alors, comprend cet attention pour tous ceux qui sont aux soins de quelqu'un. Dieu a cette qualité de la compassion qui Le conduit à veiller sur l'univers entier — toutes les créatures sensibles, tous ceux qui ont la vie. Il est lié par l'Amour pour veiller sur chacun.
Dans l'amour humain — l'amour naturel, nous trouvons en la compassion une très grande qualité. Ensuite, nous avons un amour plus élevé que la simple compassion — nous avons l'estime, l'appréciation de quelque qualité admirable. Nous disons que nous aimons certains traits dans le caractère de quelqu'un. De nouveau, nous avons quelque chose de plus que de la simple estime et la simple compassion ; nous avons l'amour affectueux. C'est un intérêt tout à fait authentique et très profond dans tout ce qui touche la personne que nous aimons — un amour profond, compatissant que rien n'arrêtera — même s'il s'agit d'un amour terrestre. La seule chose qui puisse lui être supérieure serait notre amour pour le Tout-Puissant, qui devrait nous animer comme étant supérieur à cet amour affectueux.
Puis vient l'amour spirituel pour le peuple du Seigneur qui cherche à éviter toutes les préférences charnelles, en cherchant simplement à vivre en tant que Nouvelle-Créature, et à veiller au bien-être de la Nouvelle-Créature. Ce faisant, nous devenons plus intimement unis aux choses de Dieu et à tous ceux qui sont associés avec nous dans l'œuvre de l'Âge de l'Évangile. C'est le type d'amour le plus élevé sur n'importe quel plan d'existence — celui dans lequel nous sommes entrés. Dieu est Amour. Plus nous grandirons dans cet Amour spirituel convenable, plus nous grandirons dans la ressemblance de caractère de notre Père, duquel nous lisons : «Vous, soyez donc parfaits, comme votre Père céleste est parfait» (Matthieu 5 : 48).
Cet amour ne s'arrête pas à ceux qui l'apprécient, mais va aussi vers ceux qui y sont insensibles, sachant que quelque chose les empêche d'accorder quelque valeur à cet amour. L'Amour alors est tellement à la ressemblance à Dieu, ce qui doit être le plus apprécié, ce sans quoi tout le reste dans la vie perd son sens. Être dépourvu d'amour, c'est être dépourvu de la ressemblance à Dieu. Et c'est ainsi que l'Apôtre continue en énumérant les caractéristiques de cet amour — l'humilité, la douceur, l'endurance patiente, la bienveillance fraternelle, la piété [la ressemblance à Dieu] — l'Amour. Elles ne sont simplement que des éléments ou diffusion d'Amour découlant de l'inépuisable Fontaine. Ces caractéristiques proviennent toutes de l'Amour, et sont fortes dans la mesure où notre amour est fort.
LA JUSTICE — BASE DE L'AMOUR
Nous nous interrogeons ensuite sur la manière dont l'Amour accomplit la Loi divine. La Loi divine n'est pas nécessaire en ce qui concerne la restriction de bonnes actions. Aucune loi n'est nécessaire pour dire « N'en fais pas trop pour ton frère, ou ne lui donne pas trop d'argent ». Aucune loi n'est nécessaire à cet égard. Mais la Loi divine intervient et dit « Vous ne devez pas venir contrecarrer la norme ». Ainsi la Loi exige simplement la justice.
L'Apôtre Paul signale que puisque la Loi exige la justice, nous n'assassinerons notre prochain ni par l'action ni par nos paroles. Nous devons être parfaitement justes en tout ce qui touche à notre prochain. Chaque pensée de notre esprit doit être juste, absolument juste. C'est le niveau de la Loi divine. Nous violons la Loi si nous donnons moins que la justice à quelqu'un. Ainsi, la Loi, telle qu'elle a été énoncée aux Juifs, leur disait ce qu'ils ne devaient pas faire. « Tu ne porteras pas de faux témoignage ». « Tu ne déroberas point », etc. — leur disant simplement ce qu'ils ne devaient pas faire. Celui qui aime son frère ne souhaiterait pas lui voler ses biens ou sa bonne réputation. Et pour cela, l'Amour accomplit tout ce que la Loi pouvait réclamer.
L'Amour n'a pas de limite dans sa capacité ; comme quand, par exemple, l'amour compatissant de Dieu s'exerça envers l'humanité après qu'Il eut prononcé la sentence de mort. Que la sentence de mort doit rester, pourtant
La vraie voie fut inventée par l'Amour
Pour racheter l'humanité rebelle ;
Et tous les pas révèlent cet Amour
Qui traça le Plan aux lignes si belles.
L'Amour fit ceci en pourvoyant à la satisfaction de la Loi à l'égard d'Adam, afin qu'Adam puisse être libéré de la sentence de la Loi. La Justice ne pouvait imposer cette obligation au Logos ; par conséquent Dieu ne pouvait l'ordonner. La seule chose qu'Il pouvait faire, était de placer devant Jésus des incitations. Dieu Lui fit voir la joie d'être le Sauveur des hommes, et la joie supplémentaire d'une haute exaltation dans l'Amour et la faveur de Dieu et dans les privilèges du Royaume glorieux. Ainsi l'Amour a pu utiliser divers mobiles.
L’Amour en nous doit être juste. Nous ne pouvons jamais prendre ce qui appartient à l'un et le donner à un autre. La compassion peut être présente, mais l'Amour ne peut agir en violation de la Justice. De là, l'avantage qu'ont les chrétiens qui étudient la Parole de Dieu. La Bible nous donne la véritable conception de ce qu'est la Justice. Elle nous donne l'équilibre d'un esprit sain. Le Père céleste a de la compassion et de l'amour, mais Il exerce ces qualités selon les principes de justice. Nous ne sommes pas limités à la Justice. Ce ne fut pas notre loi qui condamna notre frère, mais la Loi de Justice de Dieu. Ainsi, nous sommes libres d'exercer notre amour au-delà de la simple justice.
Jésus donna l'exemple de quelqu'un qui devait une grande somme d'argent à son maître ; et comme il ne pouvait payer, son maître lui en fit grâce. Puis cet homme se rendit chez un autre qui lui devait quelques sous, et parce que celui-ci ne pouvait payer sa dette tout de suite, il commença à lui infliger une punition. Nous ne pouvons de nous-mêmes rendre une justice parfaite, et nous ne pouvons l'exiger légitimement des autres. Dieu, qui est parfait et juste, a le droit d'exiger la justice.
L'AMOUR NE SOUPÇONNE PAS LE MAL
L'Amour, comme nous l'avons vu, est cette grande et magnifique qualité qui, plus qu'aucune autre, désigne le plus complètement notre Père céleste. L'Amour comprend un très grand nombre de choses — pas simplement la générosité et l'affection. Il semble inclure chaque bonne qualité — des choses qui peuvent être estimées en dehors de la Justice.
Il ne faut pas comprendre que la déclaration de l'Apôtre « l'amour ne pense pas le mal » signifie que l'Amour ne voit pas le mal, ou que ceux qui possèdent l'esprit d'amour ne voient pas le mal. Au contraire, l'Amour est blessé chaque jour au contact d'influences mauvaises, et l'Amour ne peut s'empêcher de savoir que c'est quelque chose de mauvais qui blesse. Par conséquent, l'Amour ne doit pas être aveugle, et dire qu'il n'y a rien de mauvais — que le péché, l'égoïsme, la bassesse n'existent pas ; toutes ces différentes choses existent. L'Amour est en discorde avec toutes ces choses désagréables.
L'Amour pense que le mal existe, et notre citation de l'Apôtre ne contredit pas cela. On peut, peut-être, reprocher à l'imperfection de la traduction la difficulté apparente. « L'amour ne soupçonne pas le mal » semble être la pensée adéquate. Qu'est-ce que soupçonner le mal ? Nous répondons que nous avons divers moyens de parvenir à des conclusions. Nous voyons certaines choses. Nous acquérons la connaissance de différentes manières, directes ou indirectes. Et pour l'Amour, avoir la connaissance du mal n'est pas mauvais. Mais soupçonner le mal — imaginer le mal alors que nous n'en avons pas la connaissance — est mauvais. L'Amour ne soupçonne pas le mal.
Si nous avons vu quelqu'un faire une mauvaise action ou avons été informés par un moyen quelconque qu'une mauvaise action a été commise, et si c'est de notre compétence, l'Amour ne devrait pas nous empêcher de punir la personne coupable. Supposez que l'affaire soit simplement une rumeur et que le récit ne soit pas bien fondé ; alors l'Amour doit être prompt à dire « Je ne sais pas s'il en est ainsi. J'ai besoin de preuve ». L'Amour désire bien réfléchir dans chaque cas, chaque circonstance. Si un meurtre était commis, nous n'aurions pas le droit de soupçonner quelqu'un. Nous pourrions nous interroger sur ceux qui pourraient l'avoir commis, afin de pouvoir enquêter. Nous penserions aux personnes qui ont moins d'amour, mais nous ne devrions pas décider hâtivement qui est le meurtrier, simplement parce qu'il ou elle a mauvais caractère, ou qu'il manifeste peu d'amour. Nous devons lui accorder le total bénéfice du doute. Nous devons enquêter.
Il semblerait que certains des torts les plus graves ont été commis parce qu'on soupçonnait le mal. On a soupçonné des gens de mal sans l'ombre d'une preuve. Ce n'est pas à nous de dire que certains sont dépravés. Rares sont ceux qui sont totalement dépravés. Quiconque soupçonne le mal, même un peu, manifeste qu'il manque de cette qualité qu'est l'Amour. Quiconque soupçonne beaucoup de mal montre qu'il a un très faible degré d'Amour. Soupçonner le mal occasionne d'innombrables pleurs. Soupçonner le mal chez les autres a causé plus de souffrances dans le monde que toutes les batailles jamais livrées !
Les membres du peuple du Seigneur sont enseignés par Dieu. Ils apprennent ainsi à contrôler leurs pensées, leurs paroles et leurs actes de mieux en mieux. Nos pensées doivent être aimables ! Nos pensées doivent être généreuses, justes ! Nous ne devons permettre qu'un mauvais soupçon contre quelqu'un loge dans notre esprit. La loi humaine dit que tout homme est innocent jusqu'à preuve du contraire. Ceux qui ont fait le plus de mal et provoqué le plus de problèmes sont ceux qui ont soupçonné le mal contre leur prochain. Mais il est préférable que nous apprenions ceci de la Parole de Dieu, et heureux sommes nous si nous discernons la puissance dégradante de la médisance et des mauvaises pensées, et si, par suite, nous nous interdisons cela.
« AIMEZ VOS ENNEMIS »
La base de cet enseignement — que nous devons aimer nos ennemis — est manifestement que notre caractère doit être développé. La vengeance est un élément naturel de l'esprit, et particulièrement de l'esprit déchu — l'esprit charnel. Plus nous sommes égoïstes, plus nous sommes enclins à rendre mal pour mal, calomnie pour calomnie, coup pour coup.
Notre Seigneur enseignait l'esprit tout à fait inverse. Nous devons même aimer nos ennemis, leur faire du bien en réponse à leur haine, compatir même à leur condition, et désirer que le Seigneur les bénisse, alors qu'ils ressentent tout à fait le contraire envers nous, comme cela s'exprime dans les persécutions qu'ils pratiquent à notre égard. Le Seigneur dit que nous devons accomplir cela afin de pouvoir être les enfants de notre Père qui est dans les cieux. Nous avons été engendrés du saint Esprit et, en nous développant dans ce sens, nous Lui devenons de plus en plus semblables en caractère.
Il se peut qu'au début de notre expérience nous ne voyions pas pourquoi nous devrions agir ainsi. Nous devons nous exercer dans cette voie afin de développer un caractère comme le sien. Quelqu'un pourrait demander : Dieu ne punira-t-Il pas Ses ennemis ? Naturellement ! « Dieu détruira tous les méchants ». Dieu va-t-Il punir ceux qui pèchent ? Bien sûr, tous ceux qui pèchent souffriront. Alors, pourquoi ne devons-nous pas agir selon la voie de Dieu ? Parce que nous ne sommes pas encore qualifiés pour le faire. Au temps voulu, nous serons les juges de l'humanité, mais nous ne serons pas préparés à cela avant d'avoir appris en premier la leçon de l'amour. Nous serions trop sévères, et ne serions pas enclins à leur faire tout le bien que Dieu voudrait que nous leur fassions.
Est-ce que Dieu exige de nous que nous aimions là où Il n'aime pas ? Oh, non ! « Dieu a tant aimé le monde » — alors qu'ils étaient encore pécheurs ! Dieu n’a-t-Il donc pas d'amour pour l'humanité ? Oui, Il a un certain amour pour toute l'humanité. Il veillera à ce que chaque action juste ait une juste récompense. Et Il tiendra raisonnablement compte de tous ceux dont Il s'occupe. Il a un immense amour compatissant, et désire avoir égard envers ceux-là de la manière qu'Il considère être la plus bénéfique.
Lorsque nous pratiquons cet amour pour nos ennemis, nous développons un aspect de notre caractère qui est en fort déséquilibre. Si nous parvenons à obtenir l'équilibre de cette partie, l'autre côté deviendra aussi équilibré. Naturellement, nous souhaitons voir chaque méfait puni, et toute action juste récompensée. En d'autres termes, la justice est plus proche de nous dans notre condition imparfaite que ne l'est l'amour. Ainsi, pour être employés par Dieu nous devons cultiver cette qualité qu’est l'amour. Nous voyons pourquoi Dieu est compatissant avec l'humanité. Pour tous les méchants, Il est un feu ardent ; c’est à-dire qu'Il est tellement opposé à tout ce qui est impur qu’il le détruira, tôt ou tard.
C'est parce que Dieu voit dans notre famille humaine, la race humaine, certains éléments à Sa ressemblance, qu'Il s'occupe d'eux tant soit peu, nous pouvons en être certains. Si, du point de vue de Dieu, Il avait vu que les hommes n’étaient que mauvais, continuellement mauvais, nous pouvons être sûrs qu'Il n'aurait pris aucune disposition pour le Rétablissement dans l'Âge prochain. C'est parce que Dieu voit que certains dans la famille humaine préfèreraient être bons que mauvais, qu'Il Se donne toute cette peine de la rédemption, qu'Il prend tout Son temps, etc., pour accorder à ceux-ci la vie éternelle. En attendant, Il octroie les expériences du temps présent qui leur seront utiles dans toute l’éternité.
NOTRE ATTITUDE CONVENABLE ENVERS LES ENNEMIS
Nous ne supposons pas que Dieu puisse éprouver de l'amour pour Satan, même si au début Il en eut pour lui. Mais puisque Satan a maintenant un caractère mauvais et vicieux, ce serait une erreur pour Dieu de l'aimer, comme ce serait mauvais pour nous de l'aimer. Nous ne devons même pas aimer la condition mondaine. Nous ne pouvons servir Dieu et Mammon. Nous ne pouvons aimer Dieu et Mammon, parce qu'ils sont opposés. Mais en ce qui concerne Satan, il n'est pas de notre ressort de le calomnier, ni d'exprimer des sentiments injurieux à son égard. Il est l'ennemi de Dieu. Et Dieu est capable de s'occuper de son cas bien mieux que nous. Ainsi, nous ne devons ni juger Satan ni l'injurier. Nous lisons que même Micaël n'osa pas proférer une accusation injurieuse contre lui, mais dit : « Que le Seigneur te censure » (Jude 1 : 9).
Nous devons pratiquer tout le bien que nous pouvons, et être aussi serviables que possible. Nous ne sommes pas compétents pour juger, pour décréter. Par conséquent, il est de notre devoir d'être complètement soumis et, au temps convenable, le Seigneur manifestera les principes de justice en contraste avec les principes de l'erreur. Il rendra Son juste verdict au temps voulu, par Son Canal désigné.
Nous devons avoir un amour compatissant envers ceux qui, par ignorance, semblent être des adversaires de l'Église au temps actuel, — et non pas un amour de frère. Dieu refuse d’accepter l’un d’eux comme Ses enfants. Il exerce envers eux simplement de l'amour compatissant. Il ne souhaite leur faire aucun mal. Il Se prépare en revanche à les aider. Bientôt, Il leur donnera tout ce qui sera utile pour les sortir de leur condition de péché. Nous devrions plutôt admettre que tous les membres de la famille humaine sont ce qu'ils sont, à cause de la chute et non à cause de leur amour délibéré du péché. Prendre un autre point de vue serait juger, et nous ne sommes pas autorisés à être des juges maintenant.
En adoptant ce point de vue, nous reconnaissons que certains de notre race chutèrent plus dans une direction, et certains dans une autre direction, et que « tous ont péché et viendront à la gloire de Dieu » — la norme glorieuse que Dieu a établie. Nous mêmes avons besoin de la compassion divine, et nous devrions être heureux d'accorder la compassion aux autres.