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UNE VISION SPIRITUELLE PROPORTIONNELLE À LA PURETÉ DU CŒUR
« Soyez purs, vous qui portez les vases de l'Éternel ! » - Esaïe 52 : 11.

Les vases de Jéhovah, dans le Tabernacle, et aussi dans le Temple, étaient ces vases relatifs aux services saints - dans le Parvis, dans le Saint et le Très-Saint. Ils se composaient de crochets, brasiers, vases, mouchettes, coupes et bassins - une diversité d’ustensiles et récipients précieux. Ceux qui étaient employés dans le Saint et le Très-Saint étaient en or, et ceux qui étaient employés dans le Parvis étaient en cuivre, métaux dont la classification est pleine de signification.

Les seuls qui étaient autorisés à manipuler ces ustensiles appartenaient uniquement à la classe consacrée. Les sacrificateurs les manipulaient dans le Saint et le Très-Saint dans certaines parties du service et, dans les services moins importants, ces objets étaient enveloppés et transportés par les Lévites. Il était exigé de ces serviteurs qu’ils subissent une purification, aussi ils étaient lavés. Il était nécessaire aussi que chaque porteur de ces ustensiles soit purifié, lavé et libéré du péché, non réellement, mais de manière symbolique.

Dans l’antitype, notre Seigneur est le grand Souverain Sacrificateur. Ses fidèles disciples cherchèrent à obtenir ce prix suprême du « haut appel », la nature céleste divine offerte pendant l’Âge de l’Évangile, depuis la Pentecôte jusqu’à la fin de la Moisson ; la fermeture de cet appel fut marquée par l’assaut du grand Temps de Détresse, pendant lequel le peuple de Dieu « sera délivré » (Dan. 12 : 1).

[Traduction littérale : Dans l'antitype, notre Seigneur est le grand Souverain Sacrificateur. Les plus fidèles de Ses disciples sont ceux qui sont considérés comme la Sacrificature aux yeux de Dieu, et qui sont maintenant à l'épreuve pour juger s'ils constitueront les Sacrificateurs dans la gloire. Mais tous ceux qui ont fait la consécration ont la Robe de la Justice du Christ. Quiconque n'est pas ainsi revêtu de la justice du Christ, quiconque n'est pas ainsi justifié aux yeux de Dieu, ne peut avoir ni part ni lot dans le maniement des choses saintes - les précieuses vérités.]

La signification-antitypique de l’exhortation du prophète dans notre texte est que, de même que dans le type Dieu exigeait que chaque chose et chaque personne soient nettoyées, de même aussi nous, en tant que peuple de Dieu, devons être nets, purs de cœur dans notre promulgation de la Parole de Vérité. Nous n’avons aucune perfection de notre nature humaine actuellement, mais nous avons la justification par la foi, au moyen de la croyance en Jésus comme notre Sauveur (Jean 3 : 16). Les membres de l’Église ont gagné leur perfection dans le ravissement pour la nature divine ; alors que les Restitutionnistes obtiendront la perfection humaine dans l’Âge millénaire à mesure qu’ils s’avanceront dans le grand réveil et progresseront sur le « grand chemin » vers la vie éternelle (Act. 3 : 19-21 ; És. 35 : 8).

[Traduction littérale : La signification antitypique de l'exhortation du Prophète dans notre texte est que, de même que dans le type Dieu exigeait que tout soit propre, de même nous devons être propres, purs de cœur. « Heureux ceux qui ont le cœur pur ». Nous n'avons pas la perfection de la chair à l'heure actuelle. Lorsque nous sommes venus en Christ, il est dit que cette imperfection de la chair est recouverte d'une robe blanche et propre, représentant la justice, le mérite, de Christ. Nous devons demeurer en Lui. Tant que nous sommes dans la chair, nous devons avoir la Robe de la Justice du Christ, afin d'être purs.]

D’ailleurs, de même qu’il était exigé des Sacrificateurs et des Lévites qu’ils gardent leurs robes nettes, de même aussi le chrétien est exhorté à se débarrasser de toute souillure de la chair, de toute mauvaise conduite et de toute dégradation spirituelle du caractère et, par ce moyen, à conserver nos consciences nettes. Il nous est dit que le peuple de Dieu sera sans tache, et pur (Éph. 5 : 26, 27). De plus, si nous demandons comment cela serait possible, les Écritures nous montrent comment ce l’est. Nous avons été purifiés des péchés du passé lorsque nous avons accepté Christ comme notre Sauveur, et que nous avons consacré notre tout au service de Dieu (Rom. 12 : 1). Cela signifie aussi, de la part de Dieu, une disposition pour la purification permanente de tous les péchés qui sont hérités depuis le père Adam, ceux qui proviennent de la faiblesse, ceux qui résultent d’un échec au cours de la tentation, et ceux qui découlent de fautes involontaires. Mais rien dans cette disposition n’indique une purification du péché volontaire.

[Traduction littérale : De plus, comme il était demandé aux sacrificateurs de garder leurs robes propres, nous sommes exhortés à nous débarrasser de toute souillure de la chair et à garder nos robes propres. Il nous est dit que l'Église sera sans tache et pure (Éph. 5 : 26, 27). Et si nous nous demandons comment cela peut être possible, les Écritures nous montrent comment il en est ainsi. Nous avons été purifiés des péchés du passé lorsque la robe nous a été donnée, et cela représente aussi une disposition de la part de Dieu pour la purification continue de tous les péchés qui sont les nôtres par la faiblesse, par la tentation, par les échecs inévitables. Mais rien dans cette disposition n'indique une purification du péché volontaire.]

LA PURETÉ DE CŒUR EST ESSENTIELLE.

Ceux qui furent des Nouvelles-Créatures pendant l’Âge chrétien ne pouvaient pas se livrer au péché volontaire et continuer à demeurer des Nouvelles-Créatures, car la Nouvelle-Créature représentait l’Esprit de Christ qui est saint. Quelles qu’aient pu être leurs faiblesses et imperfections, elles faisaient partie de la chair ; et toutes celles-ci étaient couvertes par la Robe de Justice de Christ. Les Nouvelles-Créatures pouvaient s’approcher du Trône de Grâce céleste et trouver la grâce qui secourt à tout moment de besoin.

Le contexte semble rendre le verset applicable à la période où ils travaillaient à leur salut, alors qu’ils étaient sur terre. Par conséquent, il fut applicable à l’époque de notre Seigneur. Il était saint, sans malice, sans souillure, parce qu’Il était parfait et fidèle. Il fut applicable aussi aux jours des Apôtres. Tous ceux-ci durent être nets, être fidèles et, par ce moyen, acceptables. L’un, qui fut manifesté impur, était Judas, qui alla à sa propre destruction. Nous croyons qu’il alla à la Seconde-Mort parce qu’il négligea d’employer les occasions qui lui furent données de se purifier.

De même qu’il fut possible pour Judas d’échouer, il est possible aussi pour certains de ne pas se montrer à la hauteur, quel que soit l’appel sous lequel ils sont, passé ou présent, céleste ou terrestre ; il est possible d’échouer - dans une mesure plus ou moins grande. De même que Judas fut expulsé du service divin à cause d’une impureté de cœur, de l’amour de l’argent, etc., nous pouvons aussi être assurés que tous ceux qui ne sont pas purs de cœur seront rejetés du service de Dieu. De même que personne ne sera placé dans ce service s’il n’est pas pur de cœur, ainsi, si certains deviennent impurs, ils seront rejetés comme indignes.

Ceci est illustré par le cas d’Ananias et Saphira, qui furent rejetés de leur association avec l’Église à cause de leur amour de l’argent et de leur tentative de tromper (Act. 5 : 1-11). Nous nous souvenons aussi du cas de Simon le magicien et d’autres cités dans le Nouveau Testament (Act. 8 : 9-24). Comme l’indiquent les Écritures, il y avait ceux qui étaient hautement estimés dans la société, mais pas considérés comme des individus importants par Dieu. L’inverse est vrai aussi, puisque nous lisons : « Le monde ne nous connaît pas, parce qu’il ne l’a pas connu » (1 Jean 3 : 1).

ADVERSAIRES DE LA DROITURE DE L’ÉPOQUE ACTUELLE.

Il y a un nombre croissant de gens qui se considèrent comme ministres de Dieu - et qui sont estimés comme tels par d’autres - qui ne font pas honneur à Sa Parole. Dans la presse publique, nous lisons des articles à propos de certains qui prétendent être ministres de Dieu mais dont les Écritures disent qu’ils sont des ministres de l’Adversaire (2 Cor. 11 : 13-15 ; Apoc. 2 : 2 ; 3 : 9). Nombre d’entre eux disent que Jésus et les Apôtres ne furent pas des personnes véritables et qu’ils n’ont jamais vécu ; pourtant, en tant que chrétiens, ils prétendent avoir encore la foi. Nous demandons à ces prétendus ambassadeurs de Dieu : peut-on avoir foi en quelqu’un qui n’existe pas ? Certains parmi eux avouent qu’ils n’ont pas de foi, pas de Dieu du tout. Plusieurs d’entre eux disent que Dieu est simplement le dieu de la nature, alors que d’autres disent qu’ils croient en Dieu, mais pas aux saintes Écritures. Assurément, ils sont des exemples de ceux qui sont décrits par Jésus comme « des aveugles, conducteurs d’aveugles » (Matth. 15 : 14).

[Traduction littérale : Il ne fait aucun doute qu'il y a des personnes occupant des chaires qui peuvent se considérer comme de véritables ministres de Dieu, et être ainsi estimées par d'autres, qui n'honorent pas Sa Parole. Il nous est dit que certains des ministres de Satan sont considérés comme des ministres de Dieu (2 Cor. 11 : 13-15 ; Apoc. 2 : 2 ; 3 : 9). Certains d'entre eux confessent qu'ils n'ont pas de foi, pas de Dieu du tout. Certains d'entre eux disent que Dieu est simplement le dieu de la nature. Et d'autres, encore, disent qu'ils croient en Dieu, mais ne croient pas aux Écritures.]

Nous ne pouvons supposer que ceux-ci portent les Vérités - les vases de l’Éternel - en quelque sens du terme. Ils n’ont probablement jamais œuvré comme pour Jéhovah ou pour Son peuple. Ou, peut-être bien, ont-ils pu le faire temporairement, et ils sont ensuite partis dans l’erreur, ont quitté entièrement la condition de l’amour de Dieu et sont devenus ennemis de la croix de Christ (Phil. 3 : 18). L’Apôtre fait aussi mention de certains qui possèdent (en grec : katecho) la Vérité dans l’iniquité. Dans ce texte, le mot posséder est employé, non dans le sens de conserver la Vérité, mais dans celui de l’étouffer (Rom. 1 : 18).

Dans une autre épître, l’Apôtre parle de ceux qui prêchent Christ avec un esprit de dispute (Phil. 1 : 15, 16) ; mais ici, il ne fait en aucune manière allusion à ceux qui proclament les oracles de la Vérité pour le Seigneur et pour Son peuple. Il semble faire référence à ceux qui n’ont pas connu Christ, mais qui attiraient néanmoins l’attention sur le fait qu’il y a un Christ ; qu’ils avaient entendu dire qu’une telle prétention était émise - qu’il y a un Christ - de la même manière que certains, aujourd’hui, attirent plus ou moins l’attention sur des aspects indiscutables de Vérité séculière. Nous ne voulons pas penser que ceux-ci présentent les aspects religieux de la Parole, mais plutôt qu’ils sont ses adversaires.

Le passage duquel est tiré notre texte semble indiquer que ceux qui proclament l’Évangile seraient une force et une influence spéciales à l’époque actuelle. Ceci est montré dans la déclaration : « Combien sont beaux sur les montagnes les pieds de celui qui apporte de bonnes nouvelles, qui annonce la paix, qui apporte des nouvelles de bonheur, qui annonce le salut, qui dit à Sion : Ton Dieu règne ! » (És. 52 : 7). Cela semble être applicable maintenant dans un sens qu’il n’eut jamais auparavant ; car le temps du règne du Royaume est pratiquement là, le temps pour ce Message de Dieu est tout proche. Nous croyons que le Royaume de Dieu est en train de s’ériger, et que le rassemblement des saints est maintenant accompli. L’achèvement de cette classe proclame la réunion des « vierges qui la suivent » - la Grande Foule - suivie par le festin des noces (Ps. 45 : 14 ; Apoc. 7 : 9-17). Ensuite, au temps convenable, Dieu établira la phase terrestre du Royaume.

Le contexte montre aussi que le temps est proche où le Message sera prêché à chaque créature. Nous croyons que cela est en train de s’accomplir maintenant même. Beaucoup comprennent le message du Rétablissement et de l’issue glorieuse du divin Plan. Par conséquent, tous ceux qui veulent s’engager dans la proclamation du Message, sont exhortés à être purs.

LE PUR DE CŒUR, CIBLE DE L'ENNEMI.

L’avis des Saintes Écritures est qu’il y a des influences adverses à l’œuvre dans le monde, tendant à souiller le peuple de Dieu. Bien sûr, ils ont tous une quantité suffisante de tentations, pourrions-nous dire, à vaincre, à cause des faiblesses de leur propre chair. Mais la Parole dit que là n’est pas tout ce qu’ils ont à combattre. Il y a des anges déchus, des démons, qui agissent au moyen des influences occultes comme Harry Potter, le Spectre Chuchoteur, etc. et qui sont résolus à souiller les chrétiens spécialement. D’ailleurs, leur objectif est de corrompre chacun et tous.

Plus les personnes sont pures, plus sûrement le grand Adversaire cherchera à en faire sa cible. Ainsi donc, tous ceux qui exposent les bannières du Seigneur et de la Vérité sont les cibles particulières pour les dards enflammés du Méchant. Aussi, nous devons combattre le monde, la chair et l’Adversaire. Ceux qui sont dans la condition correcte de cœur, les purs de cœur, sincères et convaincus en tant qu’enfants de l’Éternel, veilleront à maintenir leur conduite en harmonie avec la droiture. À moins d’être vigilants, ils seront induits en erreur et deviendront souillés. Satan s’efforce spécialement de les atteindre ; et nous savons que partout où il touche, il y a souillure. Pour celui que le Méchant contacte, il y a une mesure de préjudice. Et il y a un degré de culpabilité dans l’individu avant d’être touché.

Et la suggestion est que quelle que soit la mesure dans laquelle on devient souillé, impur, dans cette même proportion on ne serait pas apte à être chargé par le Seigneur des Vérités qui sont dans la Bible. Tous les membres du peuple de Dieu peuvent peut-être dire, par expérience, qu’ils ont une idée de ce que cela signifie. Sans aucun doute, tous les membres du peuple du Seigneur font l’expérience que, dans la proportion où leur cœur est pur, leur vision spirituelle est claire. D’ailleurs, dans la mesure où ils s’écartent de cette pureté de pensée et d’acte, dans cette mesure ils auront de moins en moins d’occasions de service - pour porter les bonnes nouvelles de la Parole.

Bible Standard N° 844 — janvier-février 2008