Ce texte nous présente toute la scène de la honte, de l'ignominie de notre Maître - Sa condamnation par le Gouverneur Romain à la sollicitation des Grands Prêtres, des Scribes et des Pharisiens - des hommes de Sa propre nation. Ceux qui L'ont emmené étaient le centurion et des soldats nommés par Pilate - non pas de son plein gré, mais en raison de la pression exercée sur lui par la nation Juive. Les Grands Prêtres avaient menacé de le dénoncer comme étant déloyal envers les intérêts de l'Empire romain, s'il ne condamnait pas Jésus. Et alors comment l'Empereur allait-il traiter celui qui aurait permis à cet humble Nazaréen de prétendre être roi sur un territoire sous juridiction Romaine ? Nous nous souvenons que le Sanhédrin Juif a jugé le Seigneur sous une accusation tout à fait différente. Leur accusation contre Lui était le blasphème, dont la peine, selon la loi, aurait été la lapidation. Il est possible qu'ils n'aient pas été autorisés à pratiquer la lapidation à l'époque, ou qu'ils aient eu peur du peuple.
Il n'était pas prévu que notre Seigneur soit lapidé, mais qu'Il soit traité comme un maudit - pendu à un bois (Deut. 21 : 22,23). « Comme Moïse éleva le serpent dans le désert, ainsi le Fils de l'homme doit être élevé » (Jean 3 : 14,15). Ainsi, par crainte de la multitude ou par défaut d'autorité de la part du gouverneur romain, les Juifs n'ont pas été en mesure de lapider Jésus. Comme ils ne pouvaient pas porter l'accusation de blasphème devant une Cour Romaine, ils ont été obligés de porter une accusation différente - que, alors qu'ils étaient loyaux à l'Empereur Romain, Jésus était déloyal envers les intérêts Romains. Pilate s'est lavé les mains dans cette affaire. Il souhaitait être libéré de toute culpabilité. Mais sous la pression des Juifs, et désireux de maintenir la paix, il a fait accuser notre Seigneur au motif selon lequel Il allait être crucifié, pour avoir prétendu être le Roi des Juifs. Le récit semble impliquer que Jésus a porté Sa propre croix sur le chemin du Calvaire, et qu'Il est tombé sous son poids. Il peut y avoir plusieurs raisons à cela. Il était affaibli par le fait d'avoir été soumis à des contraintes physiques et mentales très rigoureuses. Il avait souffert de la sueur sanglante dans le jardin de Gethsémané, et avait subi différentes épreuves - devant le Sanhédrin, devant Pilate et devant Hérode. Après cela, Il a été fouetté ! Nous pouvons imaginer qu'une personne qui a tant souffert serait à peine capable de marcher, et encore moins de porter un lourd fardeau.
LE POIDS PROBABLE DE LA CROIX.
Lorsque nous pensons à notre Seigneur comme à un homme parfait, nous ne le considérons cependant pas comme le plus fort des hommes. Les imperfections de notre race se sont manifestées de différentes manières. Nous n'avons aucune raison de supposer que le premier spécimen de notre race, Adam, était d'une force supérieure, ce qui pourrait être le signe d'une certaine brutalité. Nous voyons ce principe illustré dans les fruits et les légumes. Lorsque nous trouvons une pomme trop grande, nous découvrons qu'elle n'est pas aussi tendre qu'une pomme de taille moyenne. C'est ainsi dans le cas d'un homme d'une grande stature physique, un géant. Il pourrait être grossier. Nous devons penser à notre Seigneur, non pas comme à un homme particulièrement robuste ou faible, mais comme à un homme d'une grande douceur, d'une force et d'une structure physique raisonnables.
En pensant d'autre part à la croix, nous croyons qu'elle n'était pas de poids léger. Nous ne connaissons pas de bois léger dans les environs de Jérusalem. L'arbre le plus commun dans cette région est l'olivier, qui est un bois extrêmement lourd et d'une densité considérable. Si nous supposons que la croix était à trois pieds dans le sol et d'une hauteur raisonnable, elle devait avoir au moins douze à quatorze pieds de long, et la poutre de la croix devait mesurer au moins cinq pieds. En admettant une épaisseur raisonnable pour garantir la solidité et pour éviter qu'elle ne se déforme sous sa charge, on pourrait penser que la croix devait peser entre cent cinquante et deux cents livres. Cela nous fait penser qu'elle n'était dans aucun cas légère.
LES LEÇONS À RETIRER DE L'INCIDENT.
Nous avons toutes les raisons de partager la croyance traditionnelle selon laquelle le Seigneur est tombé sous le poids de la croix. C'est à ce moment que Simon, un compatriote manifestement fort et robuste qui passait par là, a été arrêté par le centurion et sa troupe, et contraint d'aider Jésus à porter la croix. Apparemment, même alors, son poids reposait sur Jésus. Nous pouvons tirer des leçons de cet incident. La première est que les disciples de Jésus, les onze fidèles, ont manqué une occasion de porter la croix. Dans un premier temps, nous pourrions être enclins à les blâmer sévèrement. Nous devons cependant tenir compte du fait qu'ils craignaient pour leur vie. Nous pouvons sympathiser avec eux, mais en même temps, nous pouvons apprendre une leçon de plus grand courage dans tout ce qui concerne le Maître.
Il est vrai que la multitude aurait pu être aussi désireuse de crier pour la mort des disciples que pour celle du Seigneur. Mais l'un d'entre eux avait dit qu'il était prêt à mourir pour le Seigneur, et c'est ainsi que tous l'ont dit. Comme il est étrange qu'au moment de l'épreuve, ils n'aient pas fait preuve de courage ! Il est beaucoup plus facile d'attester une grande loyauté, une grande fidélité, que de manifester ces traits au moment de l'épreuve. Avec le moment venu, viennent les difficultés, et les bruits et les images effrayants, portant la frayeur avec eux. Bien sûr, nous n'avons pas la possibilité de faire quelque chose de ce genre pour le Maître Lui-même. Mais nous réalisons qu'Il est toujours avec nous à travers les frères. Quel précieux privilège cela nous donne de pouvoir encore aider à porter la croix du Maître ! Quel privilège de savoir qu'Il reconnaît encore que tout ce qui est fait au plus petit de Ses frères Lui est fait !
LE COURONNEMENT EST PRÉCÉDÉ D'UNE CROIX.
Une autre idée que nous avons à ce sujet est que Simon, sous la nécessité de porter la croix, recevrait le fardeau, que ce soit volontairement ou non. Nous n'avons aucune information sur ce qu'il a vécu. Il existe une tradition qui déclare qu'il est ensuite devenu l'un des disciples du Maître. Ainsi, dans la providence du Seigneur, il y a parfois une charge qui nous est imposée. Et si le Seigneur pose une croix sur nous, la supportera-t-on avec joie ou avec des murmures ? Dans le premier cas, nous aurons une bénédiction, même si nous n'avons pas cherché la croix, même si elle nous a été imposée.
Lorsque des épreuves et des difficultés surviennent, et que des croix nous sont imposées, nous sommes heureux si nous savons apprécier cette opportunité de porter des croix, en reconnaissant que cela est étroitement lié au couronnement. Simon a représenté dans ce cas tous les fidèles du Seigneur qui aident à porter la croix, en suivant Son exemple, en marchant sur Ses pas. La croix ne sera pas trop lourde pour nous. Le Seigneur en portera la partie lourde ; et nos expériences seront uniquement celles qui seront pour notre bien et qui agiront pour notre bénédiction.