Rien n'est plus dangereux pour le chrétien que la satisfaction de soi ; elle fait obstacle à la réforme du cœur aussi bien qu'à la véritable utilité aux autres, et particulièrement à l'utilité au service de Dieu, car la Parole déclare « Dieu résiste aux orgueilleux, mais il donne [la] grâce aux humbles » (Jacq. 4 : 6). Les Écritures soulignent à plusieurs reprises le fait que ceux qui veulent être en harmonie avec Dieu doivent être humbles. Il accorde les bénédictions aux humbles, aux débonnaires et à ceux qui se laissent enseigner. Jésus disait : « bienheureux les débonnaires » (Matth. 5 : 5). L'Apôtre exhorte : « Humiliez-vous donc sous la puissante main de Dieu, afin qu'il vous élève quand le temps sera venu » (1 Pi. 5 : 6). La Parole de Dieu fait ressortir que Jésus était débonnaire et sans prétention (Matth. 11 : 29-30). Cette humilité d'esprit et de cœur fut, à de nombreux égards, le secret de Son succès. S'Il n'avait pas été humble, Il n'aurait pas acquis la position glorieuse à laquelle Il a été élevé.
Il y a un contraste marqué entre Jésus et Satan. L'un pensait à s'élever lui-même, et l'autre à S'humilier Lui-même (És. 14 : 13, 14 ; Phil. 2 : 8). Satan déclara : Je m'élèverai au-dessus des anges ; je serai semblable au Très-Haut. Je pourrais montrer aux anges une très grande sagesse si je contrôlais les choses. Inspiré par ce mauvais esprit, Satan devint ambitieux pour faire la démonstration de ce qu'il était capable de faire. Les Écritures indiquent que le désir immodéré de Satan de se distinguer fut le secret de sa chute.
L'ambition est bonne, mais seulement quand elle a comme base l'humilité. Tout esprit qui ne respecte pas la sagesse de Dieu est vraiment fou. L'esprit de Satan était un esprit d'ambition et d'orgueil. Déjà hautement favorisé par Dieu comme l'un des anges du rang le plus élevé, il ne fut pas satisfait de ses grands honneurs et bénédictions, mais il voulut acquérir une influence et une puissance plus grandes encore que celles qu'il avait plu à Dieu de lui accorder. Cette aspiration illicite à obtenir le contrôle le conduisit, non seulement à se rebeller contre le gouvernement divin, mais aussi à devenir le « meurtrier » (Jean 8 : 44) de nos premiers parents, afin de pouvoir obtenir le contrôle sur eux - le but de son ambition.
Comme l'Adversaire était imprévoyant en pensant qu'il pouvait égaler Jéhovah, s'élever lui-même et ériger un royaume rival. Bientôt la folie de Satan sera rendue manifeste. L’unique qui S'humilia Lui-même dans l'obéissance à la volonté du Père a été hautement élevé à l'autorité royale, à la position à la droite du Père dans le Royaume de l'univers ; mais celui qui essaya l'usurpation sera finalement totalement lié et complètement détruit.
SUPRÊME RÉVÉRENCE POUR JÉHOVAH.
Jésus adopta une conduite différente de celle de Satan. Au lieu de chercher à s'emparer du pouvoir, Il eut une révérence suprême pour Jéhovah. Il déclara : « C'est mes délices, ô mon Dieu, de faire ce qui est ton bon plaisir » (Ps. 40 : 8). En suivant cette conduite d'humilité Jésus fut conduit par le Père, comme Il ne l'aurait pas été s'Il avait possédé un esprit plein de suffisance. Sous la direction du Père, Il S'humilia Lui-même. Il a « appris l'obéissance par les choses qu'il a souffertes » (Héb. 5 : 8) ; et, après Sa mort et Sa résurrection, Il reçut la récompense de la nature divine, et devint héritier de toutes les gracieuses promesses de Dieu, « héritier de toutes choses » (Héb. 1 : 2).
Ces deux grands exemples nous offrent une leçon impressionnante. Ils nous montrent que, si nous copions l'attitude ambitieuse et suffisante de Satan, cela nous indisposera contre Dieu. Nous devrions prendre conscience de la sagesse de Dieu et nous soumettre entièrement à Sa volonté. Si nous marchons avec obéissance dans les sentiers droits tracés par le Maître, nous atteindrons notre part désignée dans le Royaume.
La sagesse de Dieu est folie pour le monde. Les gens de ce monde s'appuient sur leur propre compréhension. Quelquefois ils se glorifient en ce sens, en disant : « je suis libre de mes idées ». Nous sommes tous d'accord que ce que nous savons n'est pas grand-chose et, de plus, souvent incorrect. L'expérience est un excellent professeur.
Les leçons que nous apprenons à l'École de Christ sont, dans une grande mesure, celles de l'humilité dont une grande quantité est exigée des élèves de cette École. Le sentier de la vie est si étroit que ceux qui aiment la route large, dégagée, ne penseraient pas à marcher sur le chemin étroit. Le Seigneur laisse se détourner ceux qui sont pleins de suffisance. Même s'ils ont commencé à marcher sur Son chemin, il leur est permis de marcher selon leurs méprises insensées. S'ils continuent dans cette voie, ils perdront leur place parmi les élus. Pendant le Millénium, ceux des non-élus qui choisiront de ne pas obéir aux arrangements alors en place, perdront la vie entièrement.
CONNAISSANCE DE LA VÉRITÉ.
Quant aux gens du monde, qu'ils vivent dans des pays chrétiens ou païens, tous parviendront à la connaissance de la Vérité (1 Tim. 2 : 3, 4). Cette connaissance ne sera pas seulement théorique, mais ils apprendront aussi par l'expérience pratique, le plus grand des instructeurs. En réalité, le monde entier est en train d'apprendre une grande leçon, maintenant, dans l'extrême culpabilité du péché, leçon qui lui sera profitable quand il sera mis à l'épreuve pour la vie. Quand le Nouvel Âge sera complètement introduit et la Vérité bien comprise, beaucoup d'humains comprendront combien ils ont été insensés. Ils reconnaîtront le manque de sagesse dans la plus grande partie de leur course. « La sagesse de ses sages périra » (Es. 29 : 14).
Ce sera une expérience pénible pour l'humanité de prendre conscience des efforts maladroits qu'elle avait faits dans différents domaines. Si les scientifiques et les philosophes, lorsqu'ils étaient interrogés à propos de Dieu, avaient dit « Nous ne savons pas », ils auraient pu être respectés pour leur honnêteté. Mais, au lieu de cela, ils se sont vantés sur la géologie, l'évolution, la Haute-Critique, et ont prétendu connaître tous les secrets de l'Univers. Quelle honte sera la leur lorsqu'ils seront confrontés aux faits ! Ce sera un châtiment sévère pour eux que de réaliser combien ils ont été insensés, et de savoir que les autres sont informés de leur folie.
L'âme véritablement noble s'humilie aux confins de l'inconnu si vaste, et accepte avec reconnaissance la Révélation divine quant à sa nature, son origine et sa destinée, puis attend patiemment le moment voulu par Dieu pour une compréhension plus complète de tous les mystères de Sa merveilleuse Grâce.
Sans doute, certains des grands théologiens qui ont enseigné avec une telle certitude ce qu'ils ne connaissent pas et qui est contraire à la Bible, se sentiront très bizarres quand ils connaîtront la Vérité. Cela est déjà vrai dans une certaine mesure. Certains ont honte des enseignements de leur credo du tourment éternel, la conscience des morts, l'immortalité de l'âme humaine et autres différentes théories erronées du passé. Pourtant ils maintiennent encore les erreurs de leurs dénominations mais cherchent à les cacher quand ils s'expriment du haut de leur chaire ; néanmoins, avec une telle attitude de cœur, ils font de très petits progrès dans la compréhension de Dieu.
B.S. No 834 – mai-juin 2006