Dans le texte, « N’aimez pas le monde », nous ne devons pas comprendre que le terme « monde » signifie, soit la race humaine, soit la planète sur laquelle nous vivons. La pensée du texte semble désigner plus spécialement le présent ordre de choses, car le mot grec traduit ici, monde, est kosmos, signifiant arrangement. Nous devons apprécier les beautés de la nature. Nous devons aimer la famille humaine, que Dieu aime aussi, même si ce n’est pas dans le sens où Il aime l’Église de Christ. Nous lisons, « Car Dieu a tant aimé le monde, qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais qu’il ait la vie éternelle » (Jean 3 : 16).
On ne peut pas comprendre que st Jean fait allusion au monde des humains quand il dit : « N’aimez pas le monde ». Nous devrions avoir pour eux une sympathie semblable à celle que le Père céleste a pour la race déchue. Les Écritures nous informent que l’ordre présent, ou arrangement, des choses sur terre est complètement hors d’harmonie avec la volonté ou le dessein de Dieu ; car le monde est gouverné par l’égoïsme. L’arrangement divin est que l’amour sera la règle parmi les créatures de Dieu. « Dieu est amour … Celui qui demeure dans l’amour, demeure en Dieu » (1 Jean 4 : 8, 16).
Le monde fonctionne selon des lignes différentes de celles de l’amour. Chacun s’efforce égoïstement de rassembler un trésor pour lui-même, même si, pendant ce temps-là, son voisin se retrouve sans ressources. Beaucoup vivent dans le luxe tout en réalisant que d’autres manquent des nécessités de la vie. Quelques-uns cherchent le pouvoir pour contrôler les hommes, non avec la pensée de leur élévation, mais en vue de les utiliser à des fins et des mobiles égoïstes. Cet esprit d’égoïsme appartient au présent ordre de choses. Nous le voyons opérer partout.
L’esprit du monde étend son emprise sur toutes les forces de la nature et cherche à les contrôler pour les adapter à ses propres intérêts égoïstes. Il est vrai que beaucoup de bien a résulté indirectement de cet esprit égoïste. Par exemple, un homme doté d’une grande somme d’esprit de vaine gloire peut, pour ses propres desseins égoïstes, faire du bien aux autres. Un général pourrait avoir tellement d’orgueil dans son service que, afin de gagner des louanges pour lui-même, il prendrait soin de ses soldats et les ferait bien se vêtir. Quelques-uns de nos grands capitaines d’industrie ont rendu un bon service au monde, et, incidemment, en ont béni beaucoup, tandis qu’ils exécutent leurs propres projets.
L'ÉGOÏSME - L'ESPRIT DU MONDE.
Si toutes les grandes entreprises de ce monde s’étaient engagées avec l’idée d’améliorer l’humanité, l’esprit de celles-ci ne serait pas égoïste. Nous savons en effet que beaucoup est fait pour aider ceux qui sont nécessiteux, et que là où il y a un mobile de ce type, il est souvent mal interprété et mal jugé comme étant égoïste. Mais « l’Éternel regarde au cœur » (1 Sam. 16 : 7). Ceux qui ont un cœur égoïste, des intentions égoïstes, continueront à aimer les choses du monde. Dans la proportion où l’on peut leur montrer qu’un nouvel ordre d’affaires approche, dans cette proportion, ceux qui ont une disposition égoïste ne seront pas du côté du changement de dispensation.
Si un homme dirige une grande entreprise au profit de ceux qui auraient l’occasion d’avoir part à ces bénédictions, cet homme se réjouirait qu’un temps meilleur arrive. Un homme qui se réjouirait vraiment d’avoir une meilleure organisation des affaires, n’aurait pas l’esprit qui domine dans le présent ordre de choses. Il aurait l’Esprit de Dieu, l’Esprit d’Amour, l’esprit qui dominera l’ordre des choses qui aura autorité pendant les mille ans du Règne de Christ.
Beaucoup de gens sont dans l’état d’esprit qui dirait : « Mon employeur est riche. Quand j’ai l’occasion de me servir de son argent, je le fais et j’en prends autant que possible ». Ces personnes aiment le présent ordre de choses, qu’elles soient riches ou pauvres. Un très grand nombre de pauvres aiment les choses de ce monde, et espèrent y avoir leur part un jour.
Il y a des gens qui disent, « Oh, je n’aime pas le monde et son esprit égoïste ! ». Ils y sont opposés et disent : « C’est un monde très égoïste ». Ils cherchent pourtant toutes les choses qui les gratifieront eux et leurs désirs égoïstes. Tout en condamnant les voies du monde, ils se délectent des bonnes choses de la vie qu’il leur fournit – les maisons, les automobiles, l’électronique, l’habillement, etc. Beaucoup ont le sentiment qu’ils ont besoin de ces choses pour les rendre heureux. Ceux-là aiment certainement les choses du monde, même lorsqu’ils en font bon usage.
Cela semble être une accusation grave de dire que quelqu’un qui est dans l’attitude d’esprit qui aime le monde et les choses lui appartenant, n’a pas l’amour du Père en lui. Nous ne voulons pas dire qu’une telle personne n’a pas d’amour pour le Père ou que le Père n’a pas d’amour pour lui. L’Apôtre semble adresser ce message aux disciples de Jésus. Ceux qui ont été adoptés dans la famille de Dieu doivent continuer à L’aimer, sinon ils ne feraient plus partie des membres de cette classe.
Quelle est donc la portée de cette expression : « L’amour du Père n’est pas en lui » ? Pour nous, cela signifierait que l’amour du Père n’a pas obtenu le contrôle total de son cœur, et ceci voudrait dire que, finalement, - à moins de remporter une victoire sur sa disposition égoïste - il ne serait pas accepté comme un fils.
Cet esprit d’égoïsme est tout autour de nous. Chaque enfant de Dieu devrait être en garde contre lui-même et contre l’empressement à participer aux choses de ce monde. Nous devrions nous efforcer d’être dans cette condition qui est agréable au Père. Nous devons essayer de nous débarrasser de l’esprit du monde, et de nous remplir de l’Esprit du Père. Ceci ne signifierait pas que nous ne devons pas apprécier les belles choses ou que nous ne devons pas aimer voir les autres s’efforcer de faire du bien au monde ; mais plutôt que nous ne devrions pas être satisfaits d’aucune de ces choses, pour autant que cela nous concerne.
DEUX SORTES DE MOBILES.
Quels que soient les talents que nous possédons, nous devrions les utiliser pour le bien de l’humanité dans n’importe quelle forme de service qui serait pour la gloire de Dieu. Même un bon travail pourrait être engagé selon l’esprit du monde plutôt que selon l’Esprit de Dieu ; c’est-à-dire qu’il pourrait être fait pour ce que nous pourrions obtenir des autres en matière d’argent, d’honneur ou d’influence ; ou, d’autre part, ce pourrait être pour le bien que nous désirions faire aux autres.
Le plus élevé de tous les services est celui du ministère de la Parole de Dieu. Même ce noble service pourrait être exercé selon l’un ou l’autre de ces deux mobiles - l’amour du Père ou l’amour de soi. Apparemment certains sont engagés dans le ministère, purement dans l’intérêt des pains et des poissons, c’est-à-dire pour la position honorable qu’il leur donne dans le monde ou parmi les frères et sœurs, parce qu’ils ne connaissent rien d’autre qui les servirait mieux.
De plus, il y a ceux qui, sans doute, ont entrepris le ministère non pour des raisons égoïstes, mais parce qu’ils désirent servir Dieu, servir la Vérité, servir Son peuple. Le Seigneur seul sait ce qui a persuadé quelqu’un d’entrer dans le ministère. Mais puisque que nous vivons dans le jour qui manifestera l’ouvrage de chaque homme, Dieu démontrera de quelle sorte il est - montrera quel mobile se trouve derrière nos actes (1 Cor. 3 : 13). Nourrissons-nous une disposition qui cherche à faire briller notre service pour Lui devant les frères et sœurs et, par-là, à flatter notre ego ?
Ceux qui servent seulement selon l’esprit mondain seront entravés par tout ce qui est favorable à la Vérité ; et dans la proportion où leurs intérêts terrestres en souffrent, ils seront fâchés. Pourtant, ceux qui ont l’esprit droit se réjouiront en tout ce qui sera salutaire à l’humanité, en tout ce qui est à la gloire de Dieu, en tout ce qui rendra la Bible plus facilement compréhensible.
En fait, nous pouvons supposer que l’épreuve réelle, en ce qui nous concerne, est de montrer clairement si nous aimons le monde - les choses de l’époque actuelle - ou si nous aimons Dieu suprêmement. Au fil du temps, il deviendra même plus impossible de concilier l’esprit d’amour et l’esprit d’égoïsme. Ceux qui aiment Dieu seront complètement en désaccord avec l’esprit du présent monde mauvais.
Bible Standard N° 869 - mars-avril 2012