Notre esprit limité a des difficultés à saisir certaines des choses profondes des Écritures à cause du manque de connaissance et d'expérience. Tout ce que nous connaissons sur l'existence pré-humaine de notre Seigneur est révélé dans la Parole de Dieu. Les Écritures déclarent que de riche qu'Il était, notre Seigneur devint pauvre ; non pas qu'Il demeura riche tout en paraissant pauvre, mais qu'Il devint réellement pauvre afin que nous puissions devenir riches. L'Apôtre dit qu'Il Se dépouilla Lui-même des conditions qui étaient Siennes avant de devenir humain, et qu'Il prit la forme d'un serviteur. Il devint chair. L'explication est donnée « tu m'as formé un corps », un corps humain, et donc Il fut fait « un peu moindre que les anges à cause de la passion de la mort » (Hébreux 10 : 5 ; 2 : 9).
Mettant ensemble les déclarations scripturales à ce sujet nous trouvons ceci : lors de Son existence pré-humaine notre Seigneur était le Logos, « le commencement de la création de Dieu », l'Alpha de toute la création de Dieu, et l'Omega dans ce sens que Jéhovah ne créa que Lui seulement. Il est écrit au sujet du Logos « toutes choses furent faites par elle, et sans elle pas une seule chose ne fut faite de ce qui a été fait » (Jean 1 : 3). Il était sur le plan spirituel, auprès du Père.
Dans le Divin Plan des Âges, formulé bien avant, une proposition fut faite à notre Seigneur en vue de la rédemption de l'humanité ; il était prévu que s'Il obéissait à la volonté du Père, le Logos serait encore plus exalté, à la nature divine même. Cette joie Lui étant présentée, notre Seigneur prit les diverses dispositions nécessaires afin d'accomplir la grande œuvre de rédemption. Le contrat qu'Il fit avec le Père impliquait beaucoup d'humiliation. Alors qu'il y eut sacrifice de pouvoir, d'honneur, de gloire, néanmoins, à ce premier stade il n'y eut pas sacrifice de vie ; à savoir, Son acceptation de l'arrangement du Père qu'Il devienne chair, qu'Il devienne un être humain, qu'Il abandonne Son existence sur le plan céleste.
À l'origine, en tant que Logos, notre Seigneur était une âme sur le plan spirituel, dans le sens que tout être intelligent est une âme ; car le mot « âme » veut dire être ; et le transfert du principe de vie à un corps humain L'amena sur le plan terrestre. Le principe de vie était le même que celui qu'Il avait auparavant, donc la personnalité était la même. Il était important d'avoir une identité d'esprit ; et Il l'avait grâce à l'arrangement divin.
UN CORPS DONNÉ DANS LE BUT DE LA MORT
Les Écritures n'expliquent pas comment l'étincelle de vie, appartenant à l'esprit connu sous le nom de Logos, vint à être transférée sur le plan humain. Ainsi changé, notre Seigneur S'engagea tout simplement à Se préparer à devenir le sacrifice pour les pécheurs. Dans la condition de Sa préexistence Il n'aurait pas pu payer le prix correspondant pour Adam, car Il n'avait pas de vie humaine à offrir. Mais quand Il devint un être humain et eut atteint l'âge de maturité, Il fut dans une condition pour être l'Offrande pour le péché.
Nous pourrions dire que, en tant qu'être humain, notre Seigneur était la même âme que dans Sa condition de préexistence, car Il avait le même principe de vie qu'avant ; et que, étant devenu un homme, Il ne mourut pas comme être-esprit. Les Écritures déclarent que notre Seigneur « devint chair », un être humain, et que la différence entre Lui et l'humanité en général était qu'Il était parfait, « saint, innocent, sans souillure, séparé des pécheurs » — séparé du reste de la race humaine (Hébreux 7 : 26). Les Écritures expliquent aussi que la différence tient du fait qu'Il était spécialement engendré. Le principe de vie par lequel Il fut conçu vint directement du Père céleste.
L'explication est totalement différente de la théorie connue sous le nom d'incarnation. L'idée de la théorie de l'incarnation est qu'un être-esprit prit possession d'un corps terrestre — devint incarné, habita dans la chair, c'est-à-dire un esprit à l'intérieur d'un corps humain. Ceci, croyons-nous, est une idée fausse à propos de notre Seigneur, remontant aux Âges des Ténèbres. Les Écritures ne disent pas que le corps de notre Seigneur mourut, tandis que l'être-esprit à l'intérieur demeura vivant. Mais la Bible dit que notre Seigneur quitta la gloire qu'Il avait avec le Père et fut trouvé en figure (nature) comme un homme, S'abaissa Lui-même, devint obéissant jusqu'à la mort, et à la mort de la croix, qu'Il fut « mis à mort chair » (Jean 17 : 4, 5 ; 1 Pierre 3 : 18 ; Philippiens 2 : 8).
« DEVINT CHAIR, ET HABITA AU MILIEU DE NOUS »
À partir de ce que nous savons de l'enfance, nous la reconnaissons comme étant la période de développement. Ainsi donc nous lisons à propos de notre Seigneur : « Et l'enfant croissait et se fortifiait [Trad.– voir note Darby : en esprit], étant rempli de sagesse ; et la faveur de Dieu était sur lui ... et Jésus avançait en sagesse et en stature, et en faveur auprès de Dieu et des hommes » (Luc 2 : 40, 52). Il n'avait pas un intellect possédant toutes les expériences et l'intelligence de la condition de Sa préexistence. Nous lisons qu'Il croissait en sagesse. Son esprit se fortifiait. Bien sûr, étant parfait, Il apprit beaucoup plus rapidement et fidèlement que d'autres ; et cela explique que, étant enfant, Il fut capable de confondre les Docteurs de la Loi. Grâce à Ses qualités naturelles d'esprit Il était capable de comprendre la situation, d'assimiler les choses rapidement.
St. Luc nous dit qu'à l'âge de douze ans notre Seigneur accompagna Sa mère et Joseph à Jérusalem. Les enfants juifs avaient l'habitude d'assister à des services religieux, et il était de coutume que les garçons juifs fassent une consécration à l'âge où le fit Jésus. Jésus savait qu'Il était différent des autres garçons. Il est vraisemblable qu'Il leur fit le récit des faits concernant Sa naissance miraculeuse. Certains présument même qu'Il fut accusé d'avoir eu une naissance illégitime. Mais puisque nous n'avons aucune certitude à ce sujet, nous devons nous en tenir aux Écritures.
Notre Seigneur vint au monde de façon miraculeuse afin d'accomplir les prophéties qui devaient toutes trouver leur réalisation en Lui. Naturellement, Il aurait saisi la première opportunité de vérifier les conditions requises. Quand, à l'âge de douze ans, Il apprit des Docteurs de la Loi qu'Il ne pouvait pas assumer la fonction de sacrificateur en tant que jeune garçon, Il n'insista pas, mais resta soumis à Ses parents, Marie et son époux, qui très justement furent Ses gardiens jusqu'à ce qu'Il eût atteint trente ans, quand Son premier pas fut de faire entière consécration de Lui-même.
« JE VIENS POUR FAIRE TA VOLONTÉ »
À trente ans notre Seigneur avait certainement plus de connaissance qu'Adam au moment de son épreuve. Notre Seigneur avait une certaine connaissance de ce qui constitue le péché et sa pénalité. Il avait aussi connaissance du fait que Dieu avait prévu la rédemption de l'humanité à travers le grand Médiateur de la Nouvelle Alliance — un Sauveur, un Rédempteur, un Libérateur. Il savait que l'incapacité des autres à observer la Loi divine écrite dans le Décalogue, et Sa capacité à garder cette Loi, constituaient la différence entre Lui et les autres.
La mère de notre Seigneur Lui avait sans doute parlé de Sa naissance miraculeuse, du message reçu par l'intermédiaire de Gabriel et de la prophétie d'Anne et de Siméon. Et Il avait en tête la prophétie Le concernant et le futur du grand Messie qui devait venir libérer le monde. Toute cette connaissance était de grande valeur.
Mais ce qui manquait évidemment à notre Seigneur, c'était la connaissance des choses les plus profondes des Écritures. Il trouva bien sûr des perplexités dans la Bible, car Il n'avait pas reçu le saint Esprit. Bien qu'Il ait pu être mieux qualifié pour comprendre ces choses que ne l'était la race déchue, cependant, comme le dit l'Apôtre, « L'homme animal ne reçoit pas les choses qui sont de l'Esprit de Dieu ... et il ne peut les connaître, parce qu'elles se discernent spirituellement » (1 Corinthiens 2 : 14). Jésus n'avait pas été engendré du saint Esprit ; Il n'avait donc pas la compréhension des prophéties et des symboles.
« LE CIEL S’OUVRIT »
Toute cette connaissance commença à Lui venir lorsqu'Il fut engendré de l'Esprit saint. Il commença à saisir les choses plus élevées, les choses profondes de Dieu. Dans une certaine mesure, Il avait compris certaines choses concernant l'Agneau qui était mis à mort comme Offrande pour le péché et le renoncement au péché, mais rien au sujet de l'identité de Celui qui serait le Grand Libérateur, ni l'explication des merveilleuses images des Écritures . Dès Son engendrement du saint Esprit, Il commença à comprendre que, pour régner, il Lui faudrait prouver Sa loyauté envers Dieu et la justice. Dès l'instant où Il fut illuminé Il vit les choses ayant trait à la souffrance.
Pendant Son ministère terrestre notre Seigneur apprit l'obéissance à travers les choses qu'Il a souffertes (Hébreux 5 : 8). Et ainsi Il reçut la grande inspiration qui fut un avantage si puissant pour Lui — comme c'est pour nous une grande inspiration de voir les termes et conditions du présent appel — qu'il nous faut marcher dans les pas de notre Seigneur si nous voulons être dans le Royaume.
Nous ne savons pas exactement comment les choses les plus élevées furent révélées à notre Seigneur. Notre Seigneur eut sans doute des révélations, mais exactement ce qui Lui fut révélé de cette façon, afin qu'Il puisse comprendre Ses conditions pré-humaines, etc., nous ne pouvons le savoir. Nous ne savons pas non plus comment les agissements et expériences de la période de Son existence avant de devenir chair ont pu être soudainement imprimés dans Son esprit. Dieu en fut capable.
Le souvenir des expériences passées ne lui revint pas durant Sa jeunesse ; car à ce moment-là Il croissait en sagesse, en stature, et en faveur auprès de Dieu et des hommes. Nous croyons que l'empreinte perceptive vint lors de Sa consécration au Jourdain, et que c'est à ce moment-là que Lui furent donnés non seulement le souvenir de Ses expériences passées avec le Père et du passé lointain, mais aussi l'éclaircissement des Écritures afin qu'Il puisse saisir pleinement la teneur de ce qu'Il avait fait en Se donnant en consécration.
Au fur et à mesure que le « ciel » continuerait de s'ouvrir à notre Seigneur, Il allait comprendre que les expériences du Messie, qui n'auraient pas pu être exigées sous l'Alliance de la Loi, seraient néanmoins Son privilège puisqu'Il les considérerait comme étant la Volonté divine, car Il verrait qu'elles sont la Loi divine dans les prophéties. Tel un mouton muet devant ses tondeurs, ainsi Il ne Se rebella pas lorsque Ses droits Lui furent retranchés. Il avait compris qu'Il devait être mis à mort, et qu'Il serait une victime innocente. Il devait être Le crucifié, l'antitype du serpent d’airain.
JÉSUS ABANDONNA SES DROITS HUMAINS
S'étant consacré à accomplir tout ce qui était écrit dans le Livre, Jésus était bien préparé pour chacune de Ses expériences. Cela, nous le voyons aussi, est la portée de cette belle image en Apocalypse du livre scellé de sept sceaux. La proclamation fut faite, « qui est digne d'ouvrir le livre et d'en rompre les sceaux ? » (Apocalypse 5 : 2). Jusqu'à ce jour nul n'avait été trouvé capable d'ouvrir le Livre de la compréhension divine. Mais à ce moment-là notre Seigneur fut trouvé digne d'ouvrir le Livre, et la connaissance du divin Plan Lui fut donnée afin qu'Il puisse accomplir ces choses dans le sacrifice de la chair.
À Sa consécration au Jourdain notre Seigneur renonça à la vie humaine — Il renonça à tous les droits et privilèges en tant qu'être humain. Le but ultime de cet abandon total de Sa vie était de pouvoir apporter la vie éternelle à l'humanité. Cependant, l'arrangement du Père avec Lui était fait de manière qu'Il puisse conserver Sa personnalité, Son identité. Mais après avoir été engendré du saint Esprit Il devint une Nouvelle-Créature ; et, en tant que Nouvelle-Créature, Il avait la nature humaine dans laquelle Il pouvait développer un caractère et avoir des expériences. Cette Nouvelle-Créature fut développée à la perfection pendant ces trois ans et demi de Son ministère, et était prête pour la nature spirituelle qui Lui avait été promise.
Si notre Seigneur n'avait pas été trouvé parfait, fidèle, loyal, dans Sa condition pré-humaine, Il n'aurait jamais eu ce privilège de devenir un homme et le Rédempteur des hommes. Grâce à Son obéissance en tant qu'homme Il reçut la plus grande gloire, l'immortalité. Il était parfait dans toutes les conditions favorables avant de devenir un homme. Il fut fidèle en tant qu'homme et, étant glorifié, Il est toujours fidèle. Donc, Il conserve le même rapport avec Dieu et la justice qu'Il a toujours eu. En conséquence, Il n'avait pas spécialement besoin d'aucune de ces choses qui contribuent à former un caractère, car Il ne fit jamais preuve d'aucun défaut devant être corrigé. Mais nous pouvons supposer que les expériences qui furent Siennes dans Sa condition de préexistence, et quand Il était un homme, et depuis Sa glorification, ont toutes contribué à rendre Son caractère intelligent et loyal au plus haut degré.
« IL MANIFESTA SA GLOIRE ».
Examinons quelques passages des Écritures paraissant impliquer que notre Seigneur avait un souvenir clair de Ses expériences pré-humaines avec le Père.
1) « Jésus donc répondit et leur dit : En vérité, en vérité, je vous dis : Le Fils ne peut rien faire de lui-même, à moins qu'il ne voie faire une chose au Père, car quelque chose que celui-ci fasse, cela, le Fils aussi de même le fait » (Jean 5 : 19). Ces paroles furent prononcées en rapport avec la guérison des malades. Cela ne veut pas dire, bien sûr, que le Seigneur avait vu le Père guérir les malades, mais qu'Il avait vu la volonté du Père, le Plan du Père. Notre Seigneur ne faisait qu'accomplir la volonté du Père Le concernant : « Alors les yeux des aveugles s'ouvriront, et les oreilles des sourds seront ouvertes. Alors le boiteux sautera comme le cerf », etc. (Ésaïe 35 : 5, 6). Ces miracles de guérison faisaient partie de quelques-unes de ces choses qu'Il devait faire, comme cela est indiqué dans les Écritures. Il savait qu'Il devait faire ces miracles et qu'ils préfiguraient des choses devant être faites plus tard. Ainsi, nous lisons, « Jésus fit ce commencement de [ses] miracles ... et il manifesta sa gloire » (Jean 2 : 11).
2) « Dès l'Éternité je fus établie, dès le commencement, dès avant les origines de la terre. Quand il n'y avait pas d'abîmes, j'ai été enfantée, quand il n'y avait pas de sources pleines d'eaux. Avant que les montagnes fussent établies sur leurs bases, avant les collines, j'ai été enfantée » (Proverbe 8 : 23-25). Ce passage peut être vu soit comme une prophétie de ce que notre Seigneur comprenait de Sa condition préalable, soit au sens figuré situant la Sagesse de Dieu à travers tous les Âges. Mais puisque la Sagesse de Dieu est tout particulièrement révélée en notre Seigneur Jésus, c'était donc une préfiguration de ce que Jésus pourrait connaître concernant Sa condition pré-humaine.
3) Lorsque notre Seigneur âgé de douze ans demandait, « Ne saviez-vous pas qu'il me faut être aux affaires de mon Père ? » (Luc 2 : 49), Il devait avoir à l'esprit le Père céleste, comme tout enfant de Dieu consacré pourrait penser à Lui. D'après l'information reçue de Sa mère, Marie, Il était conscient de Sa naissance miraculeuse et de Sa mission spéciale dans le monde. Sa mère savait qu'Il ne pouvait être fidèle à Lui-même et Sa mission si elle ne Lui disait pas ces choses. Ayant appris qu'Il était né particulièrement saint et de façon miraculeuse dans ce but même, Il Se tourna alors vers Marie demandant, est-il possible que vous ne sachiez pas que Je doive M'occuper des affaires de Mon Père ? Ne M'avez-vous pas parlé de ces choses ? Il S'étonnait que Marie et Joseph ne comprenaient pas que c'était justement cette chose-là qu'Il avait à faire.
LA MÉMOIRE, MOYEN D'IDENTIFICATION
4) La déclaration de notre Seigneur, « Avant qu'Abraham fût, je suis » (Jean 8 : 58), sert à identifier l'homme Jésus avec Sa condition préalable de Logos avant qu'Il soit fait chair et vienne habiter au milieu de nous. Il est le même aujourd'hui, tout en ayant été accepté sur un plan spirituel. Il dit, « je suis ... le vivant ; et j'ai été mort ; et voici, je suis vivant aux siècles des siècles » (Apocalypse 1 : 18). À l'origine Il était sur un plan spirituel. Plus tard, en tant qu'homme, Il vécut, Il mourut. À Sa résurrection, Il fut réveillé sur le plan spirituel, bien plus élevé que les anges, principautés et pouvoirs. Mais l'identité, la personnalité, est la même.
Nous croyons volontiers que la mémoire des choses passées est toujours en notre Seigneur. Il Se souvient aussi des expériences qu'Il eut dans la chair et qu'Il eut avant de devenir chair. Autrement, Il ne pourrait pas S'identifier Lui-même. La mémoire semble être le moyen d'identification de notre personnalité. Rien dans ce passage des Ecritures ne semble indiquer que notre Seigneur soit venu au monde avec la connaissance de toutes Ses expériences passées. Après Sa consécration Il reçut la connaissance par quelque moyen que nous ne sommes pas assez fort pour comprendre — par quelque pouvoir employé par le Père ; car le Père a tout pouvoir.
5) « Jésus-Christ est le même, hier, et aujourd'hui, et éternellement » (Hébreux 13 : 8). Cette déclaration n'aurait pas pu identifier notre Seigneur avec Sa condition préalable ; car, dans Sa préexistence, Il n'était pas Jésus. Il fut nommé Jésus à Sa naissance. Il devint Jésus-Christ (l'oint) à Son baptême. « Par sa connaissance mon serviteur juste enseignera la justice à plusieurs, et lui, il portera leurs iniquités » (Ésaïe 53 : 11). Notre Seigneur commença à porter les iniquités du monde à Sa consécration, et cessa de le faire à Sa crucifixion. Quand le saint Esprit descendit sur Lui et que le ciel s'ouvrit à Lui, Il reçut probablement la connaissance qui Lui permettrait de vaincre.
Avant Sa consécration, quand notre Seigneur était un homme parfait tout comme Adam l'était, nous ne savons pas quelle force les tentations de Satan ont pu avoir ; mais lorsque Son esprit fut ouvert, alors Satan vint Le tenter au sujet même de Son œuvre, au sujet de la consécration qu'Il avait déjà faite. Satan essaya de le faire fléchir dans Sa consécration et d'en contrecarrer son accomplissement. Nous ne savons pas quelle somme de connaissance notre Seigneur avait, mais le Père céleste Lui en accorda suffisamment pour Lui permettre d'en sortir vainqueur.
L’HOMME ANIMAL NE PEUT PERCEVOIR LES CHOSES SPIRITUELLES
6) « En vérité, en vérité, je te dis : Nous disons ce que nous connaissons, et nous rendons témoignage de ce que nous avons vu, et vous ne recevez pas notre témoignage » (Jean 3 : 11). Ceci suggère que notre Seigneur pouvait parler des choses célestes mais qu'Il n'était pas disposé à le faire, car Nicodème et les autres avaient des difficultés à comprendre même les choses terrestres. Comment Jésus pouvait-Il parler des choses célestes ? À ce moment-là Il avait peut-être déjà eu le rappel de mémoire concernant Sa condition de préexistence.
Nous devons parler des choses célestes, mais pas à l'homme animal. «Ne donnez pas ce qui est saint aux chiens, ni ne jetez vos perles devant les pourceaux, de peur qu'ils ne les foulent à leurs pieds, et que, se retournant, ils ne vous déchirent» (Matthieu 7 : 6). Notre Seigneur déclarait qu'Il avait beaucoup à dire à Ses disciples mais qu'ils ne pouvaient les supporter jusqu'à ce que le saint Esprit vienne (Jean 16 : 12, 13). Et, «l'Esprit (Trad. — Voir note Darby ; saint) n'était pas encore, parce que Jésus n'avait pas encore été glorifié» (Jean 7 : 39). « Or l'homme animal ne reçoit pas les choses qui sont de l'Esprit de Dieu, car elles lui sont folie ; et il ne peut les connaître, parce qu'elles se discernent spirituellement » ; «Dieu nous l'a révélé par son Esprit ; car l'Esprit sonde toutes choses, même les choses profondes de Dieu» (1 Corinthiens 2 : 14, 10). Si certaines choses profondes nous sont révélées maintenant par le saint Esprit, combien plus l'intellect parfait de notre Seigneur pouvait-il percevoir les choses saintes ?
« LA GLOIRE QUE J'AVAIS AUPRÈS DE TOI »
Les paroles de notre Seigneur, « Glorifie-moi, toi, Père, auprès de toi-même, de la gloire que j'avais auprès de toi avant que le monde fût » (Jean 17 : 5), ne voulait pas dire qu'Il n'avait pas connaissance de Sa participation future à la nature divine. Il avait l'assurance des Écritures, dont l'une était qu'Il serait haut élevé ; une autre que l'Éternel Lui donnerait le Royaume ; une autre dit que Jéhovah Dieu « lui assignera une part avec le grand, et il partagera le butin avec les forts, parce qu'il aura livré son âme à la mort » (Ésaïe 53 : 12) ; une autre encore dit, « L'Éternel a juré, et il ne se repentira point : Tu es sacrificateur pour toujours, selon l'ordre de Melchisédec » (Psaume 110 : 4). Il devait être à la fois Sacrificateur et Roi d'un ordre et honneur très élevés.
Notre Seigneur comprit probablement ces choses pleinement après Son engendrement de l'Esprit saint, tout comme St. Paul fut transporté au troisième ciel et reçut la connaissance de choses merveilleuses « qu'il n'est pas permis à l'homme d'exprimer » (2 Corinthiens 12 : 4). Il est très probable que notre Seigneur Jésus eut quelque révélation spéciale ; car nous lisons qu'Il dit que « comme le Père a la vie en lui-même, ainsi il a donné au Fils aussi d'avoir la vie en Lui-même » (Jean 5 : 26) ; indiquant ainsi Sa connaissance du fait que Lui et l'Église auraient part à la nature divine et à l'inhérence de la vie.
Les paroles de notre Seigneur montrent qu'Il n'ambitionnait pas ces choses glorieuses. Très humblement Il dit, en paraphrase, « Père, Je suis venu pour faire Ta volonté. Père, J'accomplirai la tâche que tu m'as donnée à accomplir et Je serai heureux de retrouver la gloire que J'avais avec Toi — ne demandant aucune faveur. Je Me réjouis d'avoir eu ce privilège, et Je pense que Je ne souffrirai pas pour avoir obéi à Ta volonté. Je serai heureux, donc, d'être avec Toi dans la gloire que je partageais avec Toi avant que le monde fût ». Il ne dit pas au Père, « N'oublie pas de Me payer ; n'oublie pas ce que Tu as promis ». Non. Il fit la volonté du Père sans aucune arrière pensée de compensation.
Il en est ainsi pour nous. Quiconque cherche une récompense et pense qu'elle lui revient, adopte une vue erronée. Nous devrions avoir le sentiment qu'être du côté de la justice et qu'être identifié à notre Seigneur Jésus est un grand privilège, même s'il ne devait absolument pas y avoir de récompense dans le futur ; mais l'idée de récompense est un grand encouragement à courir patiemment vers quelque chose de surabondant, bien au-delà de ce que nous aurions pu demander ou imaginer.