Pendant l'Âge de l'Évangile, il n'y a eu qu'une seule façon de venir au Père. Le Seigneur ne propose pas plusieurs voies, mais une seule. « Étroit est la porte et étroit est le chemin qui mène à la vie » - maintenant. Mais quand le Royaume arrivera, il y aura une voie plus facile, un chemin plus favorable, comme le Seigneur l'affirme à travers le prophète Esaïe. Il n'y aura pas de pierres d'achoppement, ce chemin ne sera pas étroit et difficile, mais comparativement facile, et tout au long du règne Millénaire du Messie, il sera le moyen par lequel la race adamique pourra revenir à Dieu. Pendant ce règne, le monde entier sera aidé, secouru et éduqué, afin qu'il soit encouragé à aller jusqu'au bout du chemin.
À présent, la seule voie est sombre, étroite, difficile ; la lumière n'a pas encore commencé à briller pour le monde. Les Écritures représentent l'Église du Christ en cet Âge de l'Évangile en disant : « Ta parole est une lampe à mes pieds ». Autrefois, les hommes avaient de petites lanternes qu'ils attachaient aux orteils de leurs sandales, et en marchant, chaque pas était dans la lumière. Ainsi, le Seigneur a traité avec l'Église pendant l'Âge de l'Evangile. Le chemin étroit a été dans l'obscurité ; mais nous avons eu la « parole sûre de la prophétie » qui, comme une lampe, brille sur le sentier et brillera « de plus en plus jusqu'au jour parfait ». Quand ce jour viendra, les hommes n'auront plus besoin de la lampe, car à ce moment-là, il y aura la lumière du soleil. Alors la connaissance de Dieu remplira toute la terre.
LE SACRIFICE EST ESSENTIEL À LA VIE DE DISCIPLE.
L'une des caractéristiques de cette voie est qu'à l'heure actuelle, personne n'est accepté par Dieu à moins qu'il ne fasse une alliance définitive avec Lui. S'il choisit de ne pas faire cette alliance, il peut bien penser qu'il est Chrétien, mais en réalité il ne l'est pas. Dans le monde d'aujourd'hui, on compte quatre cents millions de personnes qui se disent être des Chrétiens. Beaucoup ont l'idée que s'ils rejoignent l'Église ou font du bien, ils deviennent ainsi des disciples du Christ. Mais la Bible le dit très clairement : « Si quelqu'un veut venir après Moi, qu'il se renie lui-même, qu'il prenne sa croix et qu'il me suive » (Matth. 16 : 24). Ce reniement de soi et ce port de croix sont le sacrifice nécessaire pour devenir disciple de Christ dans le temps présent.
Beaucoup ne sont pas Chrétiens parce qu'ils n'ont pas conclu d'alliance avec Dieu. Le Seigneur parle de la classe appelée maintenant à devenir des disciples, en disant : « Rassemblez-moi mes saints, ceux qui ont fait alliance avec moi par le sacrifice » - par une consécration complète d'eux-mêmes ; « Présentez vos corps comme des sacrifices vivants, saints et agréables à Dieu, ce qui est votre service raisonnable » (Ps. 50 : 5 ; Rom. 12 : 1). Si nous avons été acceptés en Christ, si nous avons été engendrés par le saint Esprit, c'est parce que nous sommes entrés par cette porte étroite et par ce chemin étroit, et que nous avons conclu cette alliance de sacrifice avec le Seigneur, en Lui donnant nos volontés et tous les droits terrestres, afin que Sa volonté soit faite en nous. Après avoir emprunté cette porte et ce chemin étroit, nous devrions y continuer - pas nécessairement sans trébucher, pas nécessairement sans commettre d'erreurs ; si nous pouvons avancer bien que de façon hésitante, au mieux de nos capacités et avec un cœur fidèle au Seigneur, il nous sera accordé de nous asseoir sur Son trône - membres de la classe de Son Épouse.
LES SOUCIS DE CE MONDE DOMINENT SOUVENT.
Comme nous le savons tous, la Bible montre que certains parmi ceux qui font cette consécration, par la suite s'impliquent dans le monde, les soucis de cette vie, et la tromperie des richesses. Ils ne parviennent pas à honorer leur engagement. Ainsi, ils retiennent le prix nécessaire pour devenir cohéritiers avec notre Seigneur. Celui qui refuse la croix n'obtiendra pas la couronne. Combien de personnes sont surchargées par les soucis de cette vie ! Combien de personnes sont trompées par la séduction des richesses !
Il y avait un monsieur avec qui nous étions comme des frères et avec qui nous étions très proches. Un jour, il me dit : « Frère Russell, j'aimerais vraiment beaucoup participer à l'œuvre du Seigneur et rendre quelque service à la Vérité, mais j'ai une femme, et je comprends que le Seigneur me charge de prendre soin de ma femme. Je ne saurais envisager de partir et de la rendre dépendante. Mais si jamais le Seigneur, dans Sa providence, m'envoyait de l'argent pour que je puisse partir sans que ma femme souffre de graves inconvénients, je serais très heureux d'aller prêcher l'Évangile ». Le Seigneur l'a pris sur sa parole. Il était à cette époque un comptable ; mais le Seigneur lui a ouvert la voie, par la mort d'un membre de l'entreprise, pour qu'il devienne l'un des principaux associés de cette entreprise. Sans le moindre effort, il a prospéré financièrement jusqu'à ce qu'il ait atteint une fortune d'au moins un demi-million de dollars. Un jour, nous lui avons dit : « Frère, nous avons une chose très sérieuse qui nous pèse beaucoup ». Il a dit : « Dis-moi ce que c'est et je t'aiderai, quoi qu'il en coûte ». Vous voyez combien il était aimable ! Il pensait que nous cherchions son argent ! Chers amis, nous remercions Dieu de ce que nous n'ayons jamais encore trouvé nécessaire de demander de l'argent ; et nous ne pensons pas que nous y arriverons un jour. Nous avons dit : « Frère, nous sommes dans une grande affliction, et personne d'autre que toi ne peut nous aider ». « Dites-moi ce que c'est », a-t-il répondu. Nous avons dit : « Cher Frère, nous souhaitons attirer votre attention sur une chose que vous avez dite il y a plusieurs années lorsque vous étiez pauvre ». Nous avons ensuite récité notre conversation précédente du mieux que nous pouvions, et nous avons dit : « Le Seigneur t'a donné l'argent ; il a fait Sa part ; es-tu prêt à faire la tienne ? ». Avec des larmes aux yeux, il a répondu : « Frère Russell, je suis tellement lié à mes affaires - mains et pieds - que ce serait impossible maintenant ». Les soucis de cette vie, la tromperie des richesses, selon ses propres mots, l'avaient lié aux mains et aux pieds ; mais son cœur était toujours fidèle à Dieu.
Nous ne voulons nullement être son juge, mais nous sommes enclins à penser que ce cher frère n'est pas entré dans le Royaume. Nous ne le savons pas, mais nous craignons que le fait qu'il ait été lié « pieds et mains » lui ait fait obstacle, bien que nous pensions qu'il était vraiment un enfant de Dieu. Devons-nous supposer que parce qu'il n'a pas fait le sacrifice qu'il s'était engagé à faire, il serait tombé dans la Seconde-Mort ? Nous ne le pensons guère. Nous pensons que le Seigneur l'aimait et qu'il avait un caractère très loyal. Le Seigneur aime les bons caractères. Nous pensons que le cher frère se retrouvera très probablement dans la Grande Foule ; et nous sommes très heureux de savoir qu'il y aura cette classe de la Grande Foule.
NOTRE HUMANITÉ DOIT MOURIR.
Personne n'entrera dans la classe du Petit Troupeau en dehors de ceux qui donnent fidèlement leur vie en sacrifice jusqu'à la fin de leur course. Dieu savait d'avance et a prédestiné que tous ceux qui sont de cette classe doivent être des imitateurs de Son cher Fils. Si quelqu'un n'est pas un parfait imitateur de notre Seigneur Jésus, si quelqu'un n'a pas tout abandonné pour Le suivre, alors cette personne ne sera pas de la classe de l'Épouse.
Les Écritures parlent de deux classes, l'une étant celle du Petit Troupeau et l'autre celle de la Grande Foule, toutes deux faisant partie de l' « Église des premiers-nés ». Dans le type, les sacrificateurs étaient membres de la tribu de Lévi ; mais il y avait d'autres membres de cette tribu qui n'étaient pas des sacrificateurs. Les Lévites dans leur ensemble représentent, selon notre compréhension, l'Église des Premiers-Nés qui atteindront le plan spirituel de l'être, mais qui formeront deux classes, une classe de « Petit Troupeau » ou de sacrificateurs, et une classe de « Grande Foule » ou de Lévites.
Le sacrifice volontaire de la chair consiste à se donner de son plein gré au Seigneur et à se soumettre au Seigneur Jésus en tant que grand Souverain Sacrificateur pour accomplir pour Lui l'œuvre du sacrifice. Qu'en est-il de ceux qui prennent un tel engagement et qui ensuite ne font pas le sacrifice ? Leur vie terrestre est consacrée ; Dieu leur a donné le saint Esprit d'adoption et a accepté l'arrangement par lequel ils renoncent à tous leurs droits terrestres. Ils ne pourront jamais obtenir le salut du monde. Ils ont volontairement renoncé à tout leur droit à la vie sur le plan humain. Lorsque Dieu leur a donné le saint Esprit, Il a accepté le contrat, qui lie les deux parties. Ils obtiendront la nature céleste ou rien.
« LIVRÉ À SATAN ».
Ceux qui refusent de se donner pleinement en sacrifice sont livrés à l'Adversaire pour leur faire subir un traitement sévère jusqu'à ce que leur chair soit détruite, jusqu'à ce que ces aspirations terrestres qui les empêchaient d'être pleinement loyaux envers Dieu soient brisées et que leur esprit devienne pleinement soumis et en harmonie avec Dieu. Ce qu'ils ont refusé de donner volontairement leur sera arraché.
La seule connaissance que nous ayons sur ce sujet provient des paroles de l'Apôtre. Saint Paul, s'adressant à l'Église de Corinthe, a dit qu'ils avaient parmi eux un frère qui ne vivait pas conformément à son alliance, mais qui vivait dans une certaine mesure dans le péché. L'Apôtre a réprimandé l'Église pour ne pas avoir rempli son devoir envers le frère. Il dit alors : « En vérité, moi, absent de corps, mais présent d'esprit, j'ai déjà jugé, comme si j'étais présent, au sujet de celui qui a fait cet acte ... de livrer un tel à Satan pour la destruction de la chair, afin que l'esprit soit sauvé au jour du Seigneur Jésus » (1 Cor. 5 : 3,5). Si la chair n'est pas détruite, l'esprit ne sera pas sauvé, tel est l'argument de l'Apôtre.
Cette déclaration nous donne une idée de la volonté du Seigneur. Dans tous les cas, il est nécessaire que la chair soit détruite. Si la volonté est vaincue par la chair, le résultat sera la mort de la volonté aussi ; autrement dit, la Seconde-Mort. Mais si la volonté cherche à être en harmonie avec le Seigneur, alors, bien que la destruction forcée de la chair ne soit plus un sacrifice, et que ceux-là ne soient pas comptés avec les sacrificateurs, ils sont sauvés « comme par le feu » sur le plan de l'esprit, au jour du Seigneur Jésus.
En ce qui concerne le cas que nous avons mentionné plus haut dans cet article, vous pourriez vous demander : ce Frère a-t-il perdu la connaissance de la vérité ? Nous allons vous répondre, car c'est une question très intéressante. Dans le cas de ce Frère, nous ne savons pas quels étaient les sentiments de son cœur, bien sûr, car nous ne sommes pas en mesure de les juger. Mais il nous a quitté et a rejoint l'église presbytérienne. Puis il a rejoint le peuple de l'alliance chrétienne et a essayé de croire en la guérison par la foi et de la pratiquer, bien qu'il eût possédé une grande connaissance de la Vérité dans ce domaine. Après avoir préconisé la guérison par la foi, etc., il a eu plusieurs crises de maladie et a dû faire appel à un médecin, et ce en dépit des guérisons par la foi. Finalement, après une très grave maladie qui a duré plusieurs semaines, il est décédé. Nous n'en savons pas assez sur lui pour dire à quel point son esprit était tourné vers le Seigneur. Nous n'avons pas eu l'occasion de le savoir, car son attitude nous avait plus ou moins coupé de notre précédente fraternité intime.
Un autre cas a été porté à notre attention par un frère qui nous a posé la question suivante : « Pensez-vous qu'il s'agisse de ce que nous pourrions appeler ‘la destruction de la chair’ » ? Il nous a semblé que c'était un cas de ce genre. Nous le citons : Un frère vivant dans une certaine ville a reçu la Vérité et s'en est grandement réjoui. Il a trouvé un autre frère, avec qui il aimait se réunir et parler de ce joyeux message. Il semblait montrer le bon esprit, tout à fait prêt à recevoir la Vérité, et cela lui a apporté une grande satisfaction dans son cœur. Mais sa femme était très mécontente. Elle s'est opposée à lui en disant : « Choisis entre ta religion et moi ; tu ne peux pas avoir les deux ». Elle lui a présenté la situation très clairement, et il a choisi sa femme. Ce n'est que quelque temps après, lorsque l'histoire nous est parvenue, qu'apparemment le Seigneur a mis le pauvre frère dans une situation où il regrettait beaucoup son choix. Il a contracté une sorte de maladie répugnante et, au milieu de sa terrible souffrance, sa femme l'a abandonné.
Nous espérons que le Seigneur ne l'a pas abandonné et que finalement il a été pardonné par le Seigneur, car il semblait que le Seigneur avait choisi ce frère selon Son bon vouloir, qu'il était vraiment un enfant de Dieu, mais pas de la classe des vainqueurs. Il aimait sa femme plus que le Seigneur et n'était pas digne d'appartenir à la classe de l'Épouse. Apparemment, il a donc subi une destruction de la chair si radicale qu'il ne s'attendait probablement pas à la connaître. Il a dû aimer beaucoup sa femme pour pouvoir abandonner le Seigneur pour elle. Pourtant, elle l'a abandonné à un moment où il était dans une situation de grande détresse ! Même du point de vue du monde, il semblerait que ce soit un tort pour une femme de quitter son mari dans ces conditions. On peut penser que le frère est revenu vers le Seigneur à la fin de sa vie, qu'il a bien appris la leçon et qu'il a peut-être fait certaines promesses au Seigneur. Si tel est le cas, nous ne doutons pas que son esprit sera sauvé au jour du Seigneur Jésus.