Chaque texte devrait être considéré à la lumière de son contexte. Dans l'épître aux Romains, l'Apôtre soutient que nous sommes tous pécheurs par nature ; et que la proposition de Dieu est qu'Il nous acceptera comme fils sur un nouveau plan si nos vies sont offertes en consécration : « Je vous exhorte donc, frères, par les compassions de Dieu, à présenter vos corps en sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu, ce qui est votre service intelligent » - Romains 12 : 1.
Après que l'individu a fait cette présentation de son corps pour le sacrifice, et qu'il a été engendré de l'Esprit Saint, le corps mortel est compté comme mort, et son esprit, sa volonté, sont considérés comme la Nouvelle-Créature adoptée dans la famille de Dieu et cherchant à Le servir et à croître à Sa ressemblance, en se conformant à la ressemblance de Son cher Fils. C'est pourquoi, dans toutes les expressions que nous trouvons dans notre texte et dans son contexte, l'Apôtre se réfère exclusivement à la Nouvelle-Créature, et ignore entièrement, comme étant mort, le corps mortel. C'est à ce point de vue que nous pouvons dire de la Nouvelle-Créature qu'elle est sainte, que la justice de la Loi est accomplie en elle, et que le Méchant ne la touche pas - Rom. 8 : 4 ; 1 Jean 5 : 18.
Il ne doit plus faire les choses qu'il faisait avant. L'Apôtre dit, en outre, qu'il ne se contenterait pas d'être mort dans la chair - dans le sens d'une simple abstention du péché - mais qu'il devrait chercher à devenir plus énergique dans le service de la justice. Si nous demandons comment cela doit se faire, la réponse est : « par l'Esprit de Dieu ». Si l'Esprit de Dieu a été assez puissant pour ressusciter notre Seigneur Jésus d'entre les morts, il vivifiera, ou dynamisera, nos corps mortels. Lorsque nos corps ont été considérés comme vivants, vivifiés, ils sont dynamisés en opposition au péché et en harmonie avec la justice. Telle est donc la pensée de l'Apôtre dans notre texte.
Il est bon que nous ayons à l'esprit la pensée que la consécration de notre corps au Seigneur peut nous permettre de faire plus à Son service que ce que nous aurions pu faire si nous n'avions pas été engendrés par l’Esprit Saint. Nous ne devons pas nous attendre à ce que cette vivification fasse un miracle, comme le rétablissement d'une personne au dernier stade de sa maladie, etc. Le Seigneur ne procède pas de cette manière. Mais le peuple du Seigneur ferait bien de cultiver la pensée que, si c'est la volonté du Seigneur, il sera capable de faire quelque chose à Son service. Si nous avons cette assurance, chacun de nous peut faire beaucoup plus que si nous ne l'avons pas, car elle donne une nouvelle énergie à l'esprit et au corps.
Beaucoup de mal est fait dans le monde par des gens qui non seulement ont eux-mêmes une vue erronée, mais qui répandent leur pensée erronée aux autres. Nous voyons à quel point cela est pratiqué par les Scientistes Chrétiens, qui nient l'existence de la douleur ou de la mort.
Bien que nous ne préconisions pas cette façon de voir les choses, nous ne devrions pas, d'un autre côté, imaginer que nos corps sont en plus mauvais état qu'ils ne le sont en réalité, mais, d'une manière sage et judicieuse, chercher à les utiliser au service du Seigneur. Au lieu de décourager les autres, nous ferions bien de les encourager à réaliser que c'est en grande partie en fonction de leur foi qu'ils seront capables de faire quoi que ce soit. Si nous n'avons pas un fort désir d'accomplir quelque chose, nous deviendrons faibles, maladifs.
ILLUSTRATION DU POUVOIR DE L'ESPRIT SUR LE CORPS.
Dans une certaine mesure, le monde reconnaît le pouvoir de l'esprit sur le corps. Un article paru récemment dans les journaux relatait l'histoire de deux hommes grands et forts qui étaient malades au lit à cause de la manière dont leur mère les dorlotait, alors qu'elle aurait dû les encourager à se lever et à prendre un peu d'air et d'exercice. Un autre cas rapporté est celui d'une femme qui s'imaginait être du verre. Au début, elle se levait pendant que le personnel mettait de l'ordre dans la chambre, mais plus tard, elle ne voulait plus se relever. Après qu'elle ait été alitée pendant un an ou deux, le médecin lui a dit que le problème ne venait pas de son corps, mais de son esprit. Un jour, ses proches l'ont fait se dresser au milieu de la pièce et l'ont laissée là, en lui disant qu'il n'y avait rien d'anormal, sauf son attitude d'esprit. Au début, elle déclara qu'elle allait s'effondrer. Mais ce ne fut pas le cas. Avec des encouragements appropriés, elle perdit sa peur de se faire briser et commença à faire des progrès ; avec le temps, elle allait tout à fait bien.
Vous avez entendu parler de ce professeur à qui des étudiants ont joué un tour. Ils avaient prévu de rencontrer le professeur sur le chemin de l'école et de tester le pouvoir de l'esprit sur le corps. Le premier garçon le rencontra, comme ils l'avaient convenu, alors qu'il sortait de chez lui, et lui dit qu'il n'avait pas l'air bien. Il répondit : « Je me sens très bien ». Un autre le rencontra un peu plus loin, puis un autre encore un peu plus loin, lui disant qu'il avait l'air pâle et malade. Un autre encore l'a rencontré et lui a dit : « Vous êtes un homme malade ». Un autre encore l'a salué en disant : « Professeur A, vous devriez être au lit ». Le suivant s'est exclamé : « Je dois vous aider à rentrer chez vous, car vous n'êtes pas en état d'être à l'école ! ». Le professeur est rentré chez lui, malade. Tout cela s'est produit en l'espace de quinze minutes. Cette histoire est reconnue comme étant vraie.
Tout au long de la vie, soit nous contribuons à aider les autres, soit nous les gênons. Dites aux gens quelque chose de positif, cherchez à leur remonter le moral, et lorsque vous êtes vous-même malade, suivez les bonnes suggestions que vous faites aux autres. Si vous avez mal à la tête, les gémissements n'arrangeront pas les choses. N'y pensez pas trop et, en l'oubliant, aidez la nature à s'en débarrasser. Personne ne sait exactement comment s'exerce le pouvoir de l'esprit sur le corps. On pense que certaines attitudes de l'esprit favorisent certains microbes dans le corps. Des revues médicales rapportent que des enfants sont morts de spasmes après avoir été allaités par des mères qui s'étaient mises en colère peu de temps avant de les allaiter. Il est bon pour tous d'avoir l'esprit doux et calme, car la foi, l'amour, l'espérance et la bonté favorisent la santé.
Il est raisonnable et logique de penser que le Seigneur nous ait donné le plus merveilleux des pouvoirs dans notre esprit pour que les gens se sentent mieux, pour contrôler les muscles et les nerfs. Notre comportement dans la salle des malades a une influence sur le patient. Il faut parler avec gentillesse et bonne humeur. Si on est incapable de dire avec sincérité le moindre mot utile, il vaut mieux se taire ou rester à l'extérieur de la chambre du malade.
Une sœur supposée être mourante nous a fait appeler un jour. En entrant dans la chambre, nous lui avons dit : « Eh bien, ma sœur, vous avez l'air mieux que nous ne nous attendions à vous voir. Vous allez mieux ! ». « Je me sens mieux », a-t-elle répondu. « Quand avez-vous commencé à vous sentir mieux ? » avons-nous demandé. « Quand je vous ai entendu dans le hall », a-t-elle répondu. Elle vit aujourd'hui, est mariée et a un enfant. Et pourtant, nous aurions pu l'aider à mourir et avoir un service funèbre au lieu d'une cérémonie de mariage.
« NOUS AVONS L'ESPRIT DU CHRIST ».
Nous devrions réfléchir à cette question : Si l'esprit naturel a déjà un tel effet sur le corps, comment devrait-il en être pour ceux qui peuvent prétendre : « Nous avons l'Esprit du Christ » ? Quel effet devrait avoir sur le corps cet esprit, ou cette disposition, qui est aimant, généreux, bon, indulgent envers nos semblables, et révérencieux, loyal et obéissant envers Dieu ? L'Apôtre ne déclare-t-il pas que si l'esprit, ou la pensée, de Dieu habite en eux, leurs corps mortels seront vivifiés ?
Il le fait ; mais ne vous méprenez pas sur l'enseignement de l'Apôtre. Dans le verset précédent (Rom. 8 : 10) il dit : « Si le Christ est en vous, le corps est mort » - non pas littéralement mort, mais considéré comme mort, en ce sens que la volonté humaine est morte et que la volonté de Dieu en Christ a été acceptée à sa place. La volonté aux choses pécheresses est morte ; elle ne les aime pas et ne les pratique pas comme elle le faisait auparavant. L'argument de l'Apôtre est qu'une telle mort au péché, bien que souhaitable, ne devrait pas s'arrêter là ; nous devrions, par la grâce de Dieu, chercher à devenir vivants pour la justice et à être aussi actifs à Son service qu'autrefois nous étions vivants pour le péché et actifs à son service. Il poursuit en montrant que cela, bien qu'il s'agisse d'un grand changement, est à notre portée ; et il nous dit comment l'accomplir.
Il dit que le puissant Esprit de Dieu, qui a été capable de ressusciter notre Seigneur de la mort littérale, et qui l'a fait, est capable de vivifier (rendre vivant) au service de la justice ces mêmes corps autrefois vivants pour le péché, mais maintenant, par la grâce de Dieu, mortifiés, tués, « morts au péché ». Il exhorte donc tous ceux qui ont l'esprit, ou la pensée du Christ, non seulement à être morts au péché, mais à permettre à l'Esprit du Christ en eux de les rendre vivants à la sainteté et au service de Dieu en général. De plus, il leur montre que le nouvel esprit du Christ qu'ils ont reçu est un esprit de fils adopté dans la famille de Dieu, et que s'ils sont fils, ils ne sont pas seulement « libres », mais doivent porter du fruit pour la sainteté, et que leur cohéritage avec le Christ en tant que fils dépend de cette vivification de leurs corps mortels – « si nous souffrons avec lui, nous serons aussi glorifiés avec lui » - Rom. 8 : 17.
Tous ceux qui saisissent le sens véritable de ce passage comprendront qu'il ne s'agit pas d'une vivification physique et d'une immunisation contre la douleur et la maladie, mais d'une vivification ou d'une dynamisation par l'Esprit du Seigneur, de sorte que l'on est non seulement disposé, mais heureux, de « souffrir avec Lui ». Par conséquent, ceux qui voient leur Haut-Appel ne devraient pas s'attendre à être épargnés par les souffrances, les épreuves et les difficultés ; et les maux habituels qui arrivent au peuple du Seigneur, ainsi qu'au monde, de manière naturelle, devraient être traités comme le monde les traite, mais supportés avec plus de patience et de gaieté.
Saint Paul marque clairement la distinction entre notre esprit nouveau, qui, consacré en Christ, est accepté comme Nouvelle-Créature, sainte et agréable à Dieu, et notre corps mortel, qu'il appelle « ce corps mort » - mort à l'origine, sous la sentence Divine, à cause du péché, mais racheté par le précieux sang de Christ, et justifié, et ensuite inclus dans notre sacrifice quand nous avons donné notre petit tout en consécration au Seigneur, comme un sacrifice vivant, pour être mort avec Christ, pour souffrir avec Lui jusqu'à la mort. Il déclare que ceux qui marchent selon l'esprit, cherchant à servir le Seigneur en esprit et en vérité, du fond du cœur, sont libérés de la condamnation, et qu'ils ne marchent plus selon la chair en voulant accomplir ses désirs – Rom. 8 : 1,4.
Ici nous devons faire une distinction nette entre marcher selon l'esprit et marcher à la hauteur de l'esprit. Nous devons, bien sûr, suivre d'aussi près que possible l'esprit de Vérité et de Justice, et pourtant nous ne pouvons pas espérer marcher à la hauteur de l'esprit des exigences divines tant que nous sommes dans la chair imparfaite, bien que nous puissions nous efforcer continuellement dans cette direction. Une chose est sûre, cependant : nous ne devons pas marcher selon la chair. Cela impliquerait que nous ayons perdu le nouvel esprit, la nouvelle disposition, la nouvelle volonté ; que nous soyons devenus morts aux espoirs qui ont conduit à notre consécration.
L'Apôtre exhorte chacun à se rappeler que celui qui est « dans la chair », qui vit en harmonie avec les penchants pécheurs de sa nature déchue et charnelle, n'est pas agréable à Dieu ; et qu'une telle soumission à la chair, bien sûr, si elle persiste, aboutira à la mort. Il poursuit en disant que si l'esprit, ou la pensée, ou la disposition de Dieu (l'esprit de sainteté) habite quelqu'un, il ne peut pas être en accord sympathique avec la nature humaine déchue, ses appétits et ses ambitions. Si quelqu'un n'a pas l'Esprit du Christ, il ne fait pas partie du Corps du Christ. L'Esprit du Christ n'est pas un esprit en harmonie avec le péché, mais en opposition au péché ; Il a donné sa vie pour vaincre le péché et pour délivrer l'humanité de sa puissance et de sa domination. Par conséquent, quiconque prétend avoir l'Esprit de Christ, mais qui aime et pratique volontairement le péché, et qui, par son esprit, sert le péché, se trompe lui-même ; car il n'a ni part ni lot en Christ.
L'ESPRIT DE DIEU EST PUISSANT.
Saint Paul poursuit dans la même ligne, en soutenant que notre adoption dans la famille de Dieu, notre engendrement à la nouveauté du cœur et de l'esprit, et notre acceptation en tant que membres du Corps du Christ, bien que cela signifie, tout d'abord, que le corps est ignoré et considéré comme mort à cause du péché et que seuls nos esprits, ou entendements, sont considérés comme justes et vivants - le début de notre existence éternelle - néanmoins, cette condition favorable ne doit pas être considérée comme la limite de notre ambition et de notre accomplissement dans la ressemblance au Christ.
Au contraire, nous devons nous rappeler que l'Esprit de Dieu est puissant ; que dans le cas de notre Seigneur Jésus, il était assez puissant pour Le ressusciter des morts. Et au fur et à mesure que nous serons imprégnés et contrôlés par l’Esprit Saint de Dieu dans nos cœurs, dans nos esprits, la puissance divine nous viendra graduellement par ce canal de l’Esprit Saint, ce qui permettra un relèvement au sens figuré de nos corps mortels de leur état de mort à des activités de vie spirituelle au service du Seigneur, car l'assurance qui nous est donnée par l'Apôtre est que si l’Esprit Saint demeure en nous suffisamment - abondamment - il stimulera nos corps mortels - et non nos corps immortels de résurrection.
Nous espérons qu'en temps voulu, le Seigneur, par Son Esprit, nous donnera de nouveaux corps dans la résurrection ; et que ces corps seront immortels, parfaits à tous égards ; et qu'alors, non seulement nos esprits, mais aussi nos corps seront en pleine harmonie avec Dieu et avec toutes Ses lois et œuvres de justice. Cette condition sera glorieuse ; et c'est déjà maintenant une perspective glorieuse. Mais l'Apôtre nous montre que même nos corps actuels, mortels, condamnés, puis justifiés, considérés comme morts à cause du péché et consacrés, peuvent être tellement vivifiés ou stimulés que, au lieu d'être encore des serviteurs du péché, ou même simplement morts à celui-ci, ils peuvent, sous la surveillance attentive du nouvel esprit, être utilisés comme serviteurs de la justice, de la Vérité.
Cela signifie, bien sûr, un développement chrétien élevé, un grand progrès vers « la mesure de la stature de la plénitude du Christ ». La mesure de la plénitude du Christ, la maturité et la croissance nécessaires pour l'atteindre, implique de « revêtir le Seigneur Jésus-Christ », et ceci n'est pas l'œuvre d'un moment, ni d'une heure, ni d'un mois, ni d'une année. C'est l'œuvre de toute une vie. Mais si elle n'est pas commencée, elle ne sera jamais achevée. Et, en effet, nous pouvons être sûrs que nous ne pourrons jamais revêtir entièrement les caractéristiques du Christ. Cependant, c'est la norme à laquelle chaque membre du peuple du Seigneur doit continuellement aspirer.
Le Seigneur verra nos efforts, notre lutte acharnée pour nous débarrasser de la vieille nature, pour nous débarrasser des « œuvres de la chair » et pour nous revêtir des vêtements de justice qui conviennent à notre relation avec Lui, et notre succès sera proportionnel à notre acquisition de l'esprit ou de la disposition du Christ - une conformité sainte à la volonté du Père en toutes choses. Combien réconfortante à cet égard est la promesse de notre Seigneur, que notre « Père céleste est plus disposé à donner Son Esprit Saint (Esprit de sainteté, Esprit de sagesse) à ceux qui le Lui demandent que ne le sont les parents terrestres à donner de bons cadeaux à leurs enfants ! » - Luc 11 : 13.