Ce passage peut être paraphrasé ainsi : Celui qui ne pourvoit pas aux besoins de ceux qui dépendent de lui, surtout ceux de sa propre famille, a renié la foi et est pire qu'un incroyant.
Cela concerne surtout le mari chrétien et son devoir envers sa femme et ses enfants. Si le mari cessait de pourvoir aux besoins de sa femme, de la chérir et, au contraire, l'abandonnait, soit de cœur, soit d'affection, soit réellement, cela signifierait qu'il s'est sérieusement éloigné du Seigneur, de la direction de l'Esprit et de « la sagesse d'en haut, qui est premièrement pure, ensuite paisible, modérée, traitable, pleine de miséricorde et de bons fruits ».
Dans ces circonstances, nous ne pourrions considérer un tel individu approuvé par le Seigneur comme un « vainqueur » qu'après une réformation. De même, chaque parent doit à son enfant de lui donner un meilleur départ dans la vie que le petit corps imparfait et mourant qui vient au monde. Après avoir mis les enfants au monde, il est du devoir des parents de veiller à ce qu'ils y soient raisonnablement bien établis. Cela comprend non seulement la distribution de nourriture et de vêtements pendant l'enfance et la jeunesse, mais aussi la fourniture d'instructions intellectuelles et morales, dont nous avons parlé plus d'une fois ; et tout cela signifie qu'il faut le prévoir dans l'intérêt des enfants, en dehors de la consommation personnelle.
Vu les incertitudes de la vie, ce ne serait pas une application déraisonnable de cette injonction scripturaire que le parent ait quelque chose à mettre de côté pour les besoins de sa famille, au cas où il mourrait avant qu'elle ait atteint sa maturité. Nous ne pensons pas que l'Apôtre ait voulu dire que les parents devaient chercher à accumuler des fortunes pour que leurs enfants se les disputent et en subissent les effets négatifs. L'enfant plutôt bien né, qui reçoit une éducation raisonnable et qui est guidé jusqu'à la maturité, est bien loti et possède un riche héritage en lui-même ; et le parent qui a pris de telles dispositions pour ses enfants a toutes les raisons de penser qu'il a été dirigé en la matière par le sobre bon sens, l'Esprit Saint, la disposition approuvée par le Seigneur, même s'il ne laisse aucun bien à sa famille, ou pas plus qu'un abri ou un foyer. Un tel homme s'est acquitté de son devoir d'intendant ; et de tels enfants ne manqueront pas, à la fin, d'apprécier sa fidélité.
Nous devrions manifester de l'intérêt pour ceux qui nous sont liés par les liens du sang plus que pour l'humanité en général. Si l'Esprit du Seigneur nous conduit à être bons et gracieux envers l'humanité en général, cela impliquerait que nos sentiments envers nos proches devraient être spécialement considérés par nous et être serviables, dans la mesure de nos possibilités. Cependant, il ne serait pas sage, selon notre jugement, ni en harmonie avec les instructions des Écritures, ni en accord avec les exemples qu'elles nous donnent de la conduite de notre Seigneur et de celle des Apôtres, que nous accordions une fraternité toute spéciale à nos parents terrestres, ou que nous les recevions et les traitions mieux, ou même aussi bien, que nous traiterions ceux de la Maison de la Foi.
Nous faisons ici une exception pour les relations étroites qui nous obligeraient à respecter les paroles de l'Apôtre : « Celui qui ne pourvoit pas aux besoins des siens ... a renié la foi ». En général, en dehors des exceptions ci-dessus, nous devons appliquer les paroles de l'Apôtre : « Comme nous en avons l'occasion, faisons du bien à tous, mais surtout à ceux de la Maison de la Foi » (Gal. 6 : 10). Les membres de la Maison de la Foi devraient être suivis de nos parents plus éloignés.
Bien sûr, du point de vue de la Nouvelle-Création, et des nouvelles relations, les membres du Corps du Christ seraient des membres de notre propre maison, et leurs biens temporels seraient dans une certaine mesure à notre charge. Cependant, nous vivons à une époque qui n'est pas la même que celle où vivait notre Seigneur ; maintenant, il y a des œuvres de charité publiques ; pour cette raison, ce passage ne s'appliquerait pas avec la même rigueur que lorsque l'Apôtre a prononcé ces paroles. Certains prennent des dispositions appropriées, en payant leur part d'impôts pour le bien commun ; et il pourrait être nécessaire de se servir d'une partie de ces avantages, soit pour leur propre compte plus tard, soit pour celui de certains de leurs proches, membres de leurs familles.
S'ÉDIFIER MUTUELLEMENT DANS LA TRÈS-SAINTE FOI.
Le Christ est la Tête de Sa propre maison. Il ne souhaite pas que les Siens soient inutilement des fardeaux les uns pour les autres, mais chacun doit se sentir responsable des autres et prêter volontiers main forte pour les fortifier, les encourager et les bénir, « s'édifiant mutuellement dans la très-sainte foi ». Il est évident que l'intention de notre Seigneur était de rassembler Ses disciples en une nouvelle famille, une nouvelle maison, la « Maison de la Foi ». D'où l'injonction et l'encouragement répétés à la fraternité, à l'entraide et à la réunion régulière, avec la promesse que là où deux ou trois se réunissent au nom du Seigneur, Il sera spécialement présent avec eux pour accorder une bénédiction ; et que Son peuple ne doit pas oublier de s'assembler.
Revenant à notre texte, nous notons que l'Apôtre dit que celui qui négligerait ses obligations envers sa propre famille renierait la foi. La foi que nous professons n'est pas seulement une foi en certaines choses que nous obtenons, mais elle touche aussi les questions de bonne conduite, notre caractère, toutes les affaires de la vie en général. Nous professons d'aimer Dieu plus que les autres ne le font. Nous professons d'aimer notre prochain comme nous-mêmes. Nous faisons profession de prendre cela comme notre norme. Et s'il est vrai que la responsabilité d'un homme envers son prochain est de l'aimer comme lui-même, cela vaut doublement pour sa propre famille. Si quelqu'un y manque à ses devoirs, il dénature les doctrines du Christ qu'il professe. Vivre en contradiction avec les doctrines que l'on professe, c'est renier sa foi. Ainsi, celui qui vivrait en violation de ces normes de vie reconnues vivrait en dessous du monde au lieu de vivre au-dessus du monde.
Quant au reniement de la foi, la pensée est qu'il y aurait un manque d'amour, de sympathie, concernant les intérêts de ceux qui sont négligés et, par conséquent, un reniement de la foi dans cette mesure. Quel parfait exemple de désintéressement nous avons en notre Maître, qui, alors qu'il était dans la plus grande détresse et angoisse, pensait avec sympathie aux autres ! Nous remarquons les dispositions qu'Il a prises pour le bien-être de Sa mère, qu'Il a confiée aux soins du très aimant Jean, montrant ainsi que notre Seigneur approuvait les nobles caractéristiques dont Jean faisait preuve en se tenant près de Son Maître à cette heure difficile !