Il y a une grande différence entre l'amour humain ou animal, tel que les membres d'une famille ont l'un pour l'autre, et cet amour auquel ce texte fait référence. L'amour exigé des membres du Corps du Christ est un amour résultant d'une relation mutuelle avec le Seigneur, et vient de l'Esprit de Dieu qui habite en eux - un amour semblable à celui de Dieu, qui les marque comme provenant de Son Esprit, ayant été engendrés comme Siens. Il devrait y avoir quelque chose dans le caractère du peuple du Seigneur qui démontrerait en toute occasion qu'ils possèdent un véritable amour les uns pour les autres. Si ce n'est pas le cas, le manque d'amour se refléterait sur eux tous.
À mesure que nous apprenons à nous aimer les uns les autres, l'amour de Dieu se perfectionne en nous, le véritable amour bienveillant que le Seigneur commande. Le Seigneur a dit que nous devrions nous aimer les uns les autres comme Il nous a aimés - jusqu'à être prêts à donner notre vie pour les autres. Nous ne devons pas aimer certains de nos frères constamment, et d’autres moins ; mais nous devons aimer tous nos frères tout le temps, et ne pas tenir compte de leurs faiblesses et de leurs imperfections. Adoptons le point de vue élevé de Dieu, à savoir comment Il les considère, en se pardonnant les uns aux autres, tout comme Dieu, pour l'amour du Christ, ne tient pas compte de nos défauts. Nous devons pardonner à ceux qui nous ont offensés, car de même, nous espérons et avons confiance que Dieu pardonnera nos offenses. Personne ne peut faire partie de la classe des « élus » si cet amour n'est pas parfait en lui. Il peut ne pas acquérir une maîtrise de la chair si complète qu'il ne parlera jamais de façon tranchante, hâtive, etc., mais il doit atteindre le stade où il sera parfait dans ses intentions avant de pouvoir être accepté comme membre du Royaume.
L'Apôtre Paul dit que « l'amour ne fait pas de mal au prochain ; c'est pourquoi l'amour est l'accomplissement de la Loi » (Rom. 13 : 10). La loi divine que l'Apôtre avait spécialement en tête, était la loi donnée à Israël : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force » ; et « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Deut. 6 : 5 ; Lév. 19 : 18). Cette loi de Dieu accomplie - complète, entièrement satisfaite - exige que le cœur soit rempli d'amour. Tout l'esprit, l'âme et la force sont nécessaires pour observer cette loi. « L'amour ne fait pas de mal au prochain ». Cependant, on peut faire du mal par ignorance, superstition et incompréhension, à cause de l’imperfection de notre chair, alors que les intentions du cœur peuvent être bonnes. Saul de Tarse a fait beaucoup de mal à son prochain. En étant persuadés de bien agir, certains de nos amis catholiques et certains de nos amis protestants ont fait du mal à leurs voisins. Nous ne pouvons pas dire que, parce qu'ils ont mal agi envers leurs voisins ils n'ont pas eu d'amour, mais qu'ils ne l'ont pas eu au degré requis par la loi ; car l'amour parfait ne ferait pas de mal à son voisin. Quiconque qui, en toute connaissance de cause, fait du mal à son prochain, n'a pas d'amour.
VA AU-DELÀ DE LA LOI JUIVE.
Il y a une force dans la formulation, donc dans le texte, « L'amour ne fait pas de mal au prochain, donc l'amour est l'accomplissement de la Loi ». La Loi a été donnée pour réfréner les mauvaises actions, les mauvaises paroles, les mauvais sentiments envers le prochain. Cette loi n'avait évidemment pas pour vocation de recenser tout ce qui était interdit, puisque la loi ne peut nuire à personne. On peut donc respecter la Loi du décalogue si on ne fait rien de mal à son prochain, mais qu'on l'aime comme soi-même. Par ces mots nous comprenons la pensée que l'Apôtre avait à l'esprit à savoir, la Loi Juive et non la Loi de la Nouvelle-Création. Le simple fait de s'abstenir de faire le mal et d'aimer son prochain comme soi-même ne satisferait pas la Loi que le Seigneur a donnée à la Nouvelle-Créature ; mais cela satisfaisait la Loi de Justice donnée aux Juifs.
Mais notre Seigneur a magnifié cette loi et nous a aussi donné un commandement nouveau. L'Amour dont seraient animés Ses disciples, a été montré dans ces paroles, « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés » (Jean 15 : 12). Agir ainsi serait bien plus que de ne pas faire de mal à autrui. Cela reviendrait à donner notre vie les uns pour les autres. Cela va bien au-delà de toute exigence de la loi. La justice ne pourrait pas dire : « Vous devez aller nettoyer la neige du trottoir de votre voisin » ; mais la justice dirait : « Vous ne devez pas jeter de neige sur le trottoir de votre voisin ». Mais l'Amour va au-delà de cela. La nouvelle loi qui nous est donnée est la Loi du Sacrifice. Nous qui faisons partie du Corps du Christ, nous devons nous aimer les uns les autres comme Jésus nous a aimés, au point de sacrifier nos intérêts, nos conforts, nos privilèges, dans l'intérêt des autres.
Celui qui n’a pas son cœur en harmonie avec cette Loi de la Nouvelle-Création - amour, miséricorde, gentillesse, douceur, bonté - n'a pas la preuve, ou l'évidence, qu'il est en quelque sorte accepté de Dieu comme cohéritier avec le Christ. Si nous n'avons pas dans notre cœur l'amour pour les frères, et l'amour empreint de douceur et de bienveillance envers tous les hommes, et même envers la création animale, nous n'avons pas l'esprit qui nous portera à faire les sacrifices nécessaires dans les circonstances présentes. Ce ne sera qu'une question de temps, d’être brisés par la puissance de l'orgueil ou de la vanité qui feront quitter la voie de l'abnégation et que l'égoïsme prendra le dessus. Nous devons garder la loi dans notre esprit. Mais si notre esprit est parfait, les imperfections de la chair nous empêchent de faire tout ce que nous aimerions faire. Nous avons donc besoin de la plénitude qui est dans le Christ. Nous sommes assurés que Dieu acceptera les bonnes intentions du cœur, de l'esprit, au lieu de nous reprocher les imperfections de notre chair.
UNE GUERRE AUSSI BIEN OFFENSIVE QUE DÉFENSIVE EST NÉCESSAIRE.
Dieu veut que nous recherchions des preuves de Sa volonté et que nous tirions profit de toutes les expériences qu'Il nous permet de vivre dans notre quotidien, en acceptant humblement toute discipline ; et ayant cet esprit, nous serons conduits de grâce en grâce et de victoire en victoire. Le simple fait de rester sur la défensive et de se battre est très fatigant et ne permet pas de remporter la victoire. Pour remporter la victoire, nous devons non seulement revêtir toute l'armure de Dieu, mais nous devons être des héros dans le combat et mener une guerre agressive contre les convoitises de l'œil et de la chair, l'orgueil de la vie et tous les ennemis de la justice et de la pureté.
L'amour - l'amour pour le Seigneur, pour la Vérité et pour la justice - doit nous inspirer, sinon nous ne serons jamais vainqueurs. L'amour nous gardera fidèles même jusqu'à la mort et nous fera partager l'héritage des saints dans la lumière. Lorsque l'amour fervent règne dans le cœur, cela implique que le cœur est pleinement soumis au Seigneur, et cela signifie que les neuf dixièmes de la bataille sont déjà gagnés. Mais même alors, comme le dit l'apôtre Jude (Jude 1 : 21), nous devons nous garder dans l'amour de Dieu, dans la vigilance, la prière et le zèle ; et la grâce abondera là où l'amour abonde.
Nous nous maintenons dans l'amour de Dieu en nous efforçant de toujours faire les choses qui Lui plaisent. Il ne peut aimer que la perfection ; et il nous est impossible d'être parfaits. Il perçoit cependant que nos faiblesses ne sont pas dues à la volonté mais à la chair, et il nous a fourni un Avocat auquel nous pouvons nous adresser si nous commettons des fautes. Ainsi, nous nous maintenons dans l'amour de Dieu et nous marchons sur les traces de Jésus. Là où nos pas peuvent dévier de la voie, nous avons le précieux sang de Jésus pour nous purifier. Lorsque nous aurons nos nouveaux corps, nous serons continuellement dans Son amour et toujours à Sa disposition, car nous n'aurons aucune imperfection corporelle qui puisse nuire à la perfection de notre volonté.
GARDONS-NOUS DE L'ÉGOÏSME.
L'égoïsme est la cause la plus évidente pour se séparer de l'amour de Dieu. Lorsque nous avons fait notre consécration au Seigneur et qu'Il nous a acceptés en tant que Nouvelles-Créatures en Christ et nous a engendrés de l'Esprit Saint, c'est parce que nous nous sommes reniés nous-mêmes. Si, à un moment donné, nous nous retournons pour suivre la chair, nous nous détournons de notre consécration. Cela peut se manifester de nombreuses manières : par le laxisme au lieu du zèle, par l'insouciance au lieu de la prudence, par un sentiment égoïste de jalousie de l'esprit, ou par la colère, la haine, les querelles. Tout cela est caractéristique de l'ancienne créature - les mauvaises conditions auxquelles nous pensions avoir échappé. Au fur et à mesure que l'ancienne créature triomphera, la Nouvelle-Créature déclinera ; et ainsi nous cesserons progressivement d'être dans l'amour de Dieu. Ces mauvaises conditions nous empêcheront de nous maintenir dans l'amour de Dieu, ce qui implique de garder une attitude positive envers Dieu et Jésus. Nous devons continuer et rendre notre sacrifice, si possible, plus grand sur toutes les voies menant au Seigneur et aux frères.
Nous pouvons continuellement nous maintenir dans l'amour du Seigneur en obéissant aux principes de la justice et de la fidélité à notre alliance et par un amour croissant pour ceux-ci. Nous devons nous réjouir de chaque expérience de la vie - ses épreuves, ses difficultés, ses tristesses, ses déceptions - pas moins que de ses plaisirs, si par l'un ou l'autre de ces moyens le Seigneur nous instruit et nous donne un aperçu plus clair de nos propres déficiences et un aperçu encore plus clair de cette loi parfaite de liberté et d'amour qu'Il a établie et à laquelle Il exige notre pleine et loyale soumission du cœur.
Dans une telle obéissance fidèle à la vérité et un tel effort sincère pour se conformer à ses principes, le chemin et la vérité deviennent de plus en plus précieux, et nos pieds consentants sont conduits avec joie dans les sentiers de la justice et de la paix ... vers la vie éternelle.