R 4802 (VP 1951 142 50)
« CONSIDÉREZ-LE AFIN QUE VOUS NE SOYEZ PAS LAS ».
« Considérez celui qui a enduré une telle contradiction de la part des pécheurs contre lui-même, afin que vous ne soyez pas las, étant découragés dans vos âmes » - Héb. 12 : 3.

« LE CONSIDÉRER" semble vouloir dire prendre note de, avoir présent à l'esprit, réfléchir sur, et ne pas oublier facilement la manière dont notre Seigneur endura diverses épreuves et oppositions des pécheurs contre Lui-même. Dans nos propres expériences, nous avons, comme disciples du Seigneur, enduré quelque opposition du péché et des pécheurs contre nous-mêmes ; mais nous n'avons pas encore résisté jusqu'au sang. Nous n'avons pas encore traversé les expériences cruciales par lesquelles Il passa. Lorsque nous nous souvenons que si nous, nous sommes de pauvres créatures imparfaites comme l'est notre prochain, Lui était « saint, innocent et sans souillure », alors il est bon de se rappeler qu'Il endura avec patience l'opposition des pécheurs. Lorsque des expériences cruciales s'abattirent sur Lui, Il ne les considéra pas comme venant simplement de l'individu qui les avait provoquées, mais comme étant d'un autre côté, sous le contrôle du Père. Si donc le Père permettait que de telles expériences Lui surviennent, Il était, Lui, tenu de prouver Sa loyauté par l'endurance patiente. Ainsi qu'Il le dit : « La coupe que le Père m'a donnée, ne la boirai-je pas » (Jean 18 : 11) ?

Ainsi en est-il pour nous, Israël selon l'esprit : « L'Éternel, votre Dieu, vous éprouve » (Deut. 13 : 3). Dans la mesure où nous sommes capables de prendre le point de vue de notre Seigneur dans nos expériences de la vie, nous pouvons rester calmes. Si le Père permet des expériences cruciales pour nous éprouver, ou pour en éprouver d'autres, selon ses voies que nous ne pouvons pas comprendre, c'est à nous de nous réjouir pour que Sa volonté soit faite. Le poète a exprimé cette pensée d'une manière admirable lorsqu'il déclare avec tant d'apropos :

« Mes temps sont en ta main,
Mon Dieu, grande est ma joie » ;
« Mes amis, ma vie et mon bien
A tes soins je renvoie ».

Si, jusqu'à la fin, nous tenons bon, la récompense nous reviendra. Si nous prouvons notre loyauté et maintenons notre foi que Dieu dirige nos affaires, et qu'aucune bonne chose ne sera enlevée a ceux qui marchent avec droiture, nous entendrons quelque jour Son « Cela va bien, bon et fidèle serviteur ».

Nous savons que notre Seigneur souffrit l'opposition physique. Mais notre mot anglais [en français également -Trad.] traduit l'original d'une manière convenable, impliquant la contradiction verbale de Ses paroles. Si nous considérons le cas de notre Seigneur, nous voyons que le peuple s'opposa à Lui, non dans Sa personne physique, mais dans Ses paroles, dans Ses enseignements. Cela fut réservé au souverain sacrificateur, au sanhédrin et aux soldats de Lui faire violence physique et de Le mettre à mort ; et Il aurait pu leur résister s'Il l'avait ainsi décidé.

« QUAND ON L’OUTRAGEAIT, IL NE RENDAIT PAS L’OUTRAGE ».

L'Apôtre semble donc faire allusion à la contradiction apportée à Ses paroles. Ceci, St. Pierre l'implique lorsqu'il déclare : « Lorsqu'on l'outrageait, il ne rendait pas l'outrage » (1 Pi. 2 : 23). Aussi, quand nous considérons les 3 ans 1/2 du ministère de Christ, nous trouvons que Ses doctrines furent critiquées et qu'Il fut calomnié. Les Juifs déclaraient qu'Il avait un démon, qu'Il accomplissait Ses miracles par le Prince des démons et qu'Il était un blasphémateur. Ces contradictions et ces oppositions de leur part auraient pu justifier de Sa part à Lui quelques déclarations très justes et très vraies les concernant. Il aurait pu leur donner quelque chose d'aussi bon et même de mieux que ce qu'Il reçut. Il aurait pu leur dire que le diable opérait par eux, etc. Sa parfaite puissance de langage Lui aurait donné la capacité de venir à bout d'eux. Quand ils cherchèrent à Le prendre à Ses propres paroles, Il les prit a leurs propres paroles. Mais Il ne se vengea pas. Il ne rendit pas le mal pour le mal, ni l'injure pour l'injure. L'Apôtre nous montre que telle est la conduite convenable a observer.

Mais dans les affaires quotidiennes de la vie, lorsque les gens disent toute sorte de mal contre nous, lorsqu'ils nous outragent, il est naturel à la chair déchue de penser à dire quelque chose de mal en réponse. Ainsi ces choses deviennent-elles pour nous des mises-à-l’épreuve (« tests »). Si nous nous abandonnons à un tel esprit, nous suivons la conduite de l'ennemi et non celle de notre Seigneur et Maître.

« Considérez celui qui a enduré une telle contradiction de la part des pécheurs contre Lui-même, afin que vous ne soyez pas las, étant découragés dans vos âmes », lorsque vous êtes attaqués par l'adversaire - quels que puissent être ses agents et quels que puissent être leurs projectiles. Il ne peut nous nuire mais il ne fera qu'augmenter notre réputation aux yeux de l'Éternel, si nous endurons avec fidélité ; et il ne peut faire aucun mal externe que Dieu ne puisse contrôler pour le bien de Sa cause - quoique ce bien puisse signifier des « criblages » de la « balle » et de « l’ivraie » hors du « froment ». La médisance, le dénigrement et la calomnie sont strictement défendus au peuple de Dieu comme étant entièrement contraires à Son esprit d'amour, même si la chose mauvaise est vraie. Pour prévenir tout ce qui ressemble à la médisance, les Écritures font ressortir avec un soin particulier la seule manière de redresser des torts (Matth. 18 : 15-17).

LES CHRETIENS PROFESSÉS SONT SOUVENT LES PIRES DES MÉDISANTS.

Nombreux, même parmi les Chrétiens avancés, sont ceux qui paraissent ignorer complètement cette règle divine, et par suite des Chrétiens de nom sont assez souvent les plus déclarés des médisants. Cependant c'est là l'un des quelques commandements spéciaux, spécifiques donnés par notre Seigneur ; et, vue sous l'angle de la déclaration, « Vous êtes mes amis, si vous faites tout ce que moi, je vous commande » (Jean 15 : 14), la violation constante de ceci, le commandement de notre Seigneur, prouve que beaucoup sont peu avances dans la qualité d'amis, de disciples.

Observons cette règle avec soin ; si nous la suivons, elle nous gardera des commérages, de la « médisance », du « dénigrement ». Voyez Matth. 18 : 15-17 cité plus haut. Sa première précaution, la conférence entre les intéresses seuls, implique la franchise de la part de l'accusateur qui pense avoir souffert. Elle implique également qu'il ne pense aucun mal de l'accusé. Ils se rencontrent comme des « frères », chacun pensant que sa propre conduite est la bonne, pour discuter l'affaire, afin de voir s'ils peuvent arriver à la même vue. S'ils sont d’accord, tout va bien ; l'affaire est réglée, la paix prévaut ; la menace de rupture est écartée, et personne n'est le plus sage. Dans la grande majorité des cas, une discussion franche, ouverte entre les intéressés amènera l'accord. Mais les deux doivent être également francs et dirigés par l'esprit du Seigneur.

Ainsi notre Seigneur mit-Il Ses vrais disciples en garde contre le péché insidieux de la médisance qui conduit à d'autres œuvres plus grossières de la chair et du diable, et arrête la croissance dans la Vérité et dans son esprit d'amour. Remarquons également que ceux qui entendent des médisances et encouragent ainsi des médisants dans leur conduite à mal faire, participent à leurs mauvaises actions ; ce sont des partenaires coupables de la violation des commandements du Maître. Le vrai peuple de Dieu devrait refuser d'écouter des médisants et renvoyer les coupables à la Parole de Dieu et à la seule méthode qui y est autorisée. Sommes-nous plus sages que Dieu ? L'expérience enseigne que nous ne pouvons nous fier à nos propres jugements et que nous ne sommes sur une bonne base qu'en suivant implicitement la voix du Berger.

REFUSEZ D'ÉCOUTER LE COMMÉRAGE ET LA MÉDISANCE.

Si un frère ou une sœur quelconques vous font un mauvais rapport sur d'autres, arrêtez-le ou la de suite, aimablement mais avec fermeté : « N'ayez rien de commun avec les œuvres infructueuses des ténèbres, mais plutôt reprenez-les » (Eph. 5 : 11). Refusez d'avoir une part quelconque dans cette violation des commandements du Maitre, qui produit tant de dommage dans l'Église. Si le frère ou la sœur ne sont que des « bébés » dans les affaires spirituelles, appelez leur attention sur la règle du Seigneur sur le sujet (Matth. 18 : 15 ; 1 Tim. 5 : 19). Si la conversation n'a pas lieu avec vous mais que vous l'entendez simplement, montrez promptement votre désapprobation en vous retirant.

Si, après avoir attiré son attention sur le commandement du Seigneur sur ce sujet, le médisant persiste encore à « médire », à « dénigrer » et à vous faire part de « mauvais soupçons », reprenez-le plus sévèrement, disant en vous séparant de lui : « Je ne peux pas, je ne dois pas vous entendre ; car si je le faisais, je serais dans l'affaire aussi criminel que vous l'êtes, en violant le commandement du Seigneur. Et même si je devais entendre votre histoire, je ne pourrais y croire ; car le chrétien qui ne respecte pas la Parole de l'Eternel et ne suit pas le plan qu'Il donne pour redresser ses torts, montre si peu de l'Esprit du Seigneur qu'on ne peut avoir confiance dans sa parole. Celui qui tord et évite les paroles du Seigneur n’hésiterait pas à tordre et à déformer les paroles et les actes de ses condisciples ». Ensuite retirez-lui votre communion fraternelle jusqu'à ce qu'il ait confessé son erreur et promis de se réformer. Si, dans une mesure quelconque, vous écoutez une telle conversation, ou si vous exprimez de la « sympathie » pour elle ou pour le bavard ou le médisant, vous participez au péché et à toutes ses conséquences ; et si une « racine d'amertume » est ainsi développée, il est plus que probable que vous serez l'un de ceux qui seront « souillés » par elle (Héb. 12 : 15).

Soyez purs : conservez une conscience sans reproche à l'égard de Dieu et des hommes. Commencez par le cœur ; ne travaillez aucune pensée qui, en aucun sens du mot, serait mauvaise. Pour être sûrs de cela, ayez bien et fortement Christ Jésus pour modèle devant votre esprit. Lorsque le mal s'impose à vous, soit du dehors ou en vous, élevez à Lui votre cœur en prière pour obtenir la grâce promise au temps du besoin. Conservez constamment devant vous la prière : « Que les paroles de ma bouche et la méditation de mon cœur soient agréables devant toi, ô Eternel, mon rocher et mon rédempteur ! » (Ps. 19 : 14).

CULTIVONS L'APPRÉCIATION DES PRINCIPES DE LA LOI DIVINE.

Tout en cherchant à suivre les divers commandements spécifiques des Écritures, cherchons de plus en plus à comprendre et à venir en sympathie avec les principes qui soutiennent la loi divine. Ceux-ci nous rendront capables de juger ce qui est juste et ce qui est faux dans telles de nos paroles, de nos pensées et de nos actions qui peuvent n'être pas spécifiées d'une façon particulière dans la Parole de l'Éternel. En vérité, dans la mesure où nous en venons à comprendre les principes de la Loi divine et à sympathiser avec eux, dans la même mesure nous obtenons l'esprit de la Parole divine. Notez le témoignage du Psalmiste sur ce point : « Combien j'aime ta loi ! Tout le jour je la médite. Tes commandements m'ont rendu plus sage que mes ennemis, car ils sont toujours avec moi. J'ai plus d'intelligence que tous ceux qui m'enseignent, parce que je médite tes préceptes. J'ai plus de sens que les anciens parce que j'observe tes préceptes. J'ai gardé mes pieds de toute mauvaise voie ; afin que je garde ta parole. Je ne me suis pas détourné de tes ordonnances, car c'est toi qui m'as instruit. Que tes paroles ont été douces à mon palais, plus que le miel à ma bouche ! Par tes préceptes je suis devenu intelligent ; c'est pourquoi je hais toute voie du mensonge. Ta parole est une lampe à mon pied, et une lumière à mon sentier » (Ps. 119 : 97-105).

Fuyez une disposition à la querelle et au dénigrement comme étant contraire à l'esprit ou disposition de Christ - contraire à l'amour. Une certaine somme de courage combatif est nécessaire pour vaincre le monde, la chair et le diable et leurs divers pièges. Cette disposition à la lutte peut devenir une aide précieuse pour nous-mêmes et pour la cause du Maître si elle est dirigée droitement et sagement contre le péché, d'abord en nous-mêmes et ensuite chez d'autres, si elle est utilisée pour le Seigneur et Son peuple, contre Satan et toutes ses puissances de ténèbres et de superstition. Ceci, dans les Écritures, est appelé combattre le bon combat, et dans cette bataille pour le Droit et la Vérité, nous devrions tous être de bons soldats, défendant avec amour, l'honneur de notre Capitaine et les libertés de Son peuple.

LES PUISSANCES DU MAL VOUDRAIENT FAIRE DE LA COMBATIVITÉ UNE QUALITE DOMINANTE.

Mais un tel bon emploi de la combativité ne plaît pas au prince de ce monde qui cherchera à pervertir ce qu'il ne peut pas utiliser directement. En conséquence, il essaie avec certains de faire de la combativité une vertu essentielle. Il les encourage à combattre chaque chose et chacun ; les frères plus que les puissances des ténèbres, les gens d'église nominale plus que les erreurs et l'ignorance qui les aveuglent et les rendent tels qu'ils sont. En vérité, ce qu'il désire est d'obtenir que nous « luttions contre Dieu ».

Soyons sur nos gardes sur ce point. Tout d'abord, jugeons-nous de peur que nous jetions une pierre d'achoppement devant les autres ; abattons dans nos propres cœurs le mauvais esprit qui cherche à faire des bagatelles des montagnes et à nous disposer à être pointilleux et querelleurs sur des choses secondaires. Plus grand est « celui qui gouverne son [propre] esprit que celui qui prend une ville » (Prov. 16 : 32). Prenons garde à nous-mêmes que notre défense de la Vérité soit faite non par un motif de glorification personnelle, mais par amour pour la Vérité, pour l'Eternel, pour Son peuple, pour les frères. Si l'amour est l'esprit ou mobile moteur, il se manifestera en conséquence sous une conduite aimante, douce, patiente, humble à l'égard de tous les compagnons de service. Soyons « doux envers tous », que « l'épée de l'Esprit, la Parole de Dieu », qui est prompte et puissante, fasse la coupure (« cutting »).

Prenez garde à toutes les pensées, à tous les sentiments et à toutes les conditions du cœur, en rapport direct ou éloigné avec la malice, l'envie, la haine, la querelle. Ne leur donnez aucune place dans votre cœur, même pour un instant, car ils vous feront sûrement grand dommage, en plus du dommage qu'ils vous conduiront à faire aux autres. Gardez votre cœur, votre volonté, vos intentions et vos désirs pleins d'amour envers Dieu et envers toutes Ses créatures - les plus fervents envers Dieu, et en proportion envers tous ceux qui ont Son esprit et qui marchent dans le chemin de Sa direction.

NE VOUS FIEZ PAS UNIQUEMENT À VOTRE CONSCIENCE.

Si la conscience était un guide suffisant, vous n'auriez pas besoin des Écritures. La majorité des gens n'ont pour ainsi dire pas de conscience, car ils sont aveugles quant aux principes et aux lois de Dieu donnés pour guider la conscience, et bien plus mauvais encore sont ceux mentionnés en 1 Tim. 4 : 2. De là vient la nécessité impérieuse de s'occuper de la Parole de l'Éternel, et de marcher avec circonspection selon la lumière. Nous ne devons pas faiblir dans nos esprits, ni devenir découragés, trouvant que tant de choses ont été dites contre nous que nous devons abandonner la course. Au contraire, nous devons éprouver l'assurance, tel notre Seigneur, que rien ne peut nous arriver sans la permission du Père qui peut faire travailler toutes choses ensemble à notre bien. Ce fut ainsi que notre Seigneur fut préparé à Son élévation. Ainsi, si nous sommes droitement exercés par nos diverses expériences et suivons aussi près que possible les commandements déposés pour nous guider, nous trouverons que même les outrages, les calomnies, les oppositions à la justice, opéreront des bénédictions pour nous, comme ils le firent pour Lui.

Mais combien deviennent découragés et sont en danger de perdre leur prix parce qu'ils manquent de considérer ce que le Seigneur endura d'opposition avec fidélité ! Si ceux-là voulaient considérer que le Seigneur, qui était parfait, souffrit dans tous les sens du mot injustement pour la cause de la justice, et que leur propre conduite est imparfaite, ils ne seraient pas découragés de bien faire, mais ils apprendraient à lutter et à endurer les difficultés comme de bons soldats de Jésus-Christ, ils continueraient à « combattre le bon combat de la foi ». « Nous n'avons pas un souverain sacrificateur qui ne puisse pas sympathiser à nos infirmités, mais nous en avons un qui a été tenté en toutes choses comme nous, à part le péché » (Heb. 4 : 15).

(P' 1er avril 1951).