Une parole déshonnête, qu'elle soit verbale ou écrite, est la propagation d'un rapport ou message mauvais au lieu d'un bon. La signification que l'on pourrait donner à notre texte est celle d'une parole déshonnête donnée au cours d'une conversation courante ou dans la conduite ordinaire. Nos pensées peuvent nous entraîner dans toutes sortes de difficultés, avec nous-mêmes et avec les autres, si nous ne les contrôlons pas et ne leur fixons pas certaines limites ; cependant, nos langues peuvent causer encore plus de dégâts que nos pensées. Si ce que nous pensons est mauvais, cela ne cause du tort qu'à nous-mêmes ; mais si notre langue ou d'autres modes d'interaction entrent en jeu, non seulement notre propre esprit est souillé, mais il y a aussi de la contagion, de la vengeance, car la langue propage l'affaire partout. Que l'affaire soit vraie ou fausse, l'influence est dépravante, dégradante, et conduit à l'immoralité et à un avilissement accru.
Il semblerait que, non seulement dans le monde mais aussi parmi le peuple du Seigneur, il y a une tendance à rapporter des petits incidents, ou à faire des petites remarques qui, tout en n'étant pas nécessairement scandaleuses, sont susceptibles de provoquer le développement des germes du mal. C'est en ce sens que l'Apôtre déclare que nous ne devrions laisser aucune parole déshonnête sortir de notre bouche. [Passage qui ne figure pas dans le texte original du R 4770 : Si, par malheur, une information dépravante est portée à notre attention par une source extérieure, nous devrions faire en sorte qu'elle n'aille pas plus loin. Il devient de plus en plus évident que l'esprit naturel des hommes et des femmes déchus, de ce jour mauvais, est influencé vers un langage dépravé et la violence criminelle exécrable, le meurtre et le péché, sous la domination des êtres spirituels méchants (Éph. 6 : 12).]
Suivons le conseil de l'Apôtre de ne pas prononcer de paroles méchantes, évitons-les et ne retenons que ce qui est édifiant - le mot « édifiant » ayant en lui-même la pensée d'un édifice, d'un bâtiment, faisant allusion à la construction, par le chrétien, d'un caractère juste, et à l'édification mutuelle dans la très sainte foi.
Cependant, certains, même parmi ceux d'entre nous qui déclarent aimer le Seigneur et ceux qui essayent de marcher dans Ses pas diront : « Je ne dis jamais autre chose que la vérité ; je n'ai pas l'intention de nuire à quelqu'un ; mais lorsque mes voisins viennent, il faut que j'aie un sujet de conversation, et la plupart me trouveraient ennuyeux si je tentais de les intéresser aux questions religieuses ». Cette conduite est de la médisance, et la calomnie est la même chose ; et quel que soit le raffinement de leurs méthodes ou de leurs paroles, les mauvaises langues savent pertinemment que les cancans, bien loin de communiquer une grâce à l'auditeur, produisent exactement le contraire, le mal ; que l'auditeur, poussé par les forces de sa nature humaine déchue, va raconter les cancans à d'autres. La nature déchue se régale et se réjouit de ces choses, faisant croire à beaucoup qu'en agissant ainsi, ils font de la morale, ils prêchent contre le péché, et qu'en discutant et en dénonçant implicitement les fautes d'un autre, ils parlent de sujets qui leur font personnellement horreur. Hélas ! Leur raisonnement est gravement imparfait, puisque les conseils du Seigneur concernant la droiture sont laissés de côté.
Les chrétiens disposent assurément d'un grand choix de sujets de conversation sur les richesses de la grâce de Dieu en Christ Jésus, notre Seigneur, exprimées dans les extrêmement grandes et précieuses promesses de la Parole divine. Dans ces sujets, nous avons vraiment, non seulement ce qui communique une grâce à l'auditeur, mais aussi ce qui ajoute à la grâce de l'orateur. Ils déversent des bénédictions de toutes parts, dans la mesure où les nouveaux esprit, cœur et volonté sont impliqués, et participent à la mise à mort de la vieille nature avec ses désirs, goûts et appétits malsains.
De toute évidence, c'était la pensée de l'Apôtre lorsqu'il disait que le peuple du Seigneur devait « proclamer les louanges de celui qui nous appela des ténèbres à sa merveilleuse lumière ». Un cœur rempli de l'esprit d'amour, de l'esprit de Dieu, de l'esprit de la Vérité qui, à son tour, déborde de pensées et de déclarations sur le Royaume céleste et terrestre de Christ, s'avérera une bénédiction pour tous. Le fait de méditer sur les bénédictions en réserve pour tous les fidèles dans les « âges à venir », engendrera une plus grande appréciation de Dieu, notre amour augmentera et se répandra à son tour sur les autres, car, « c'est de l'abondance du cœur que la bouche parle » ; et « bienheureux ceux qui ont le cœur pur » (Éph. 2 : 7 ; Matth. 12 : 34 ; 5 : 8).
Bible Standard W 835 - juillet - août 2006