Dans la version révisée, le mot « apparence » est rendu par « forme » : « abstenez-vous de toute forme de mal ». Les maux ont des formes différentes. Parfois, ce sont des formes grossières et repoussantes ; parfois, ce sont des formes attrayantes. Quelle que soit la forme, si nous savons que la chose est mauvaise, pécheresse, préjudiciable, soit à nous-mêmes, soit aux autres, nous devons nous en abstenir. L'Apôtre a énuméré quelques-unes de ces formes de mal, à savoir : « la fornication, l'impureté, l'impudicité, l'idolâtrie, la magie, les inimitiés, les querelles, les jalousies, les colères, les intrigues, les divisions, les sectes, les envies, les meurtres, les ivrogneries, les orgies, et les choses semblables à celles-là, au sujet desquelles je vous déclare d'avance, comme aussi je l'ai déjà dit, que ceux qui commettent de telles choses n'hériteront pas du royaume de Dieu » (Gal. 5 : 19-21). Il dit que ce sont les œuvres de la chair et qu'elles sont manifestes.
Pour les Chrétiens, ces formes de mal doivent être très répugnantes, car pour être Chrétien, il faut avoir l'esprit nouveau. Et l'esprit nouveau, dans la mesure où il est développé, s'attache à ce qui est bon. Nous devons cependant nous rappeler l'avertissement des Écritures selon lequel tous ces maux les plus grossiers ont, pour le Chrétien, une forme plus subtile, comme, par exemple, lorsque notre Seigneur a déclaré que « Celui qui hait son frère est un meurtrier ». C'est une ligne de distinction assez fine qui s'applique au Chrétien. Nous pouvons voir que l'esprit d'un Chrétien qui se limiterait à haïr, au lieu de tuer, un frère serait un état très mauvais pour le cœur et signifierait la mort pour la Nouvelle-Créature.
Notre Seigneur définit l'adultère comme étant non seulement l'acte concret, mais aussi le fait d'avoir un sentiment adultère dans le cœur - le fait d'avoir un but ou une volonté dans le cœur. C'est pourquoi la Nouvelle-Créature, adoptant ce point de vue, devrait être sincère et zélée pour garder son cœur. Il en va de même pour la convoitise. C'est convoiter que d'être mécontent de ce que l'on a et désireux d'obtenir ce que les autres ont. C'est une forme d'égoïsme, et l'esprit des désirs égoïstes est mauvais. En fait, nous pourrions dire que toute forme de mal, pour autant que nous puissions la discerner, est une forme d'égoïsme. Aucune chose mauvaise à laquelle nous pouvons penser dans l'humanité ne serait sans l'égoïsme - le désir d'avoir quelque chose, d'être quelque chose. Ces choses, allant jusqu'à leur point culminant, signifieraient un désir d'être un usurpateur de pouvoir - de s'emparer de choses qui ne sont pas les nôtres - une condition impropre de convoitise du pouvoir, de convoitise de la richesse, etc.
ACTIONS, PAROLES ET PENSÉES.
Les maux peuvent être résumés en trois formes : les actions, les paroles et les pensées. Les actions mauvaises sont celles qui sont facilement perceptibles par les autres. Les mauvaises paroles ne sont pas toujours aussi évidentes. Les mauvaises pensées, selon l'une ou l'autre des lignes mentionnées par l'Apôtre, ou selon toute autre ligne, sont nuisibles, pécheresses, et il faut s'en abstenir. Si, en raison des faiblesses dont nous avons hérité et qui appartiennent à notre corps mortel, nous ne sommes pas entièrement capables de maîtriser ces mauvaises tendances, nous devons montrer à Dieu que nous nous efforçons de les combattre de notre mieux. Et quant à ce qui est la capacité de chacun, c'est à lui-même et à Dieu de la déterminer.
Nous devrions nous abstenir non seulement des mauvaises choses, mais nous devrions aussi chercher à nous abstenir de toute apparence de mal. Nous devrions nous abstenir, dans la mesure du possible, de faire des choses que nous savons être bonnes, si nos amis ou voisins peuvent se méprendre et considérer ces choses comme étant mauvaises. Afin que notre influence pour la Vérité soit la plus grande possible, nous devons éviter non seulement le mal sous toutes ses formes, mais aussi tout ce qui a une mauvaise apparence.
A notre avis, les mauvaises pensées sont l'un des plus grands maux contre lesquels le peuple de Dieu doit lutter. Elles peuvent restreindre les actions et les paroles dans une mesure considérable et nous devons, comme le dit l'Apôtre, chercher à amener aussi toute pensée à l'obéissance de la volonté du Christ. Cela ne signifie pas qu'une mauvaise pensée ne puisse pas traverser le chemin de l'esprit. Mais il faut discerner le caractère de la pensée, déterminer si elle est mauvaise ou nuisible, et si c'est le cas, il faut la considérer comme un ennemi mortel et lui faire immédiatement la guerre, de peur qu'elle ne se fixe à un certain degré.
L'Apôtre a-t-il suggéré une impossibilité lorsqu'il dit : « Abstenez-vous de toute forme de mal » ? Il nous est possible de nous abstenir en tant que Nouvelle-Créature, de ne pas sympathiser avec toutes les formes du mal, d'être en opposition avec elles. Mais, en raison des imperfections de la chair, il se peut que nous ne soyons pas toujours en mesure de le faire réellement. La chair est tout simplement considérée comme morte. Le devoir de la Nouvelle-Créature est de veiller à ce que la mauvaise pensée soit combattue, si tant est qu'elle atteigne un jour son plein développement. C'est pour mener cette guerre contre le péché que nous nous sommes engagés auprès du grand Capitaine de notre salut. Il a montré Sa propre fidélité à la justice, et Il est l'Agent du Père pour l'abolition du péché.
Et c'est à ceux qui veulent marcher sur les traces du Maître de se joindre à cette croisade contre le péché. Le premier endroit où commencer la croisade est dans notre propre esprit, dans nos propres affaires. Les Écritures nous disent de mener un bon combat dans notre propre chair - et non contre le péché de quelqu'un d'autre. Et c'est à cela que se réfère notre Seigneur lorsqu'il nous avertit de vaincre en nous l'ambition, l'orgueil, la corruption, etc. - et de ne pas les laisser nous conquérir en tant que Nouvelles-Créatures. Nous devons vaincre ces choses dans la chair déchue, à laquelle nous participons tous - certains plus et d'autres moins. Selon notre zèle, nous aurons l'approbation du Seigneur. Et selon notre infidélité dans ce domaine, nous n'aurons pas cette approbation.
Tous ceux qui servent la cause du Seigneur à quelque titre que ce soit - en tant que Pèlerins, Colporteurs, etc. - devraient chercher à soumettre leur corps et à vivre selon les enseignements des Écritures - et ils seront bénis en proportion de ce qu'ils feront. Et dans la mesure où ils sont moins vigilants, ils seront moins bénis - moins habiles dans la prédication de la Parole et dans le service de la vérité.
LES RAPPORTS DE DIEU SOUS LES DIFFÉRENTES ALLIANCES.
Le Décalogue de l'Alliance de la Loi était composé d'interdictions - « Tu ne le feras pas ». Les rapports de Dieu avec ceux qui deviendront membres de la « Maison des Fils » semblent être différents de cela. Au lieu de nous dire ce que nous ne devons pas faire, il nous dit ce que nous devons faire.
Comment en sera-t-il avec ceux avec qui Dieu traitera pendant la période du Royaume Messianique, sous l'arrangement de la Nouvelle Alliance ? Nous répondons que pendant le règne du Christ, ils seront soumis à un arrangement très similaire à celui des Juifs sous Moïse. Le grand Médiateur fera respecter le « tu feras » et le « tu ne feras pas ». Et cette application sera nécessaire, à cause des péchés, des imperfections et de la dégradation dans lesquels se trouvera le peuple. En harmonie avec cela, nous lisons que « Toute âme qui n'obéira pas à ce Prophète sera exterminée d’entre le peuple » (Actes 3 : 23). Le mot obéir implique un commandement et que ce commandement est soutenu par l'autorité d'exécution.
Le fait est qu'il y aura un règne de Loi dans le Royaume du Messie. « Et beaucoup de peuples iront et diront : Venez, et montons à la montagne de l'Éternel, à la maison du Dieu de Jacob, et il nous instruira de ses voies, et nous marcherons dans ses sentiers ; car de Sion sortira la Loi, et de Jérusalem la Parole de l'Éternel » (Es. 2 : 3). Et ceux qui ne se conformeront pas à cette loi auront des tribulations pour apprendre la justice. « Les jugements de l'Éternel se répandront sur la terre » (És. 26 : 9) et le peuple devra y prêter attention. Ils ne seront pas traités comme sous l'Alliance de la Grâce. La volonté ne sera pas prise en compte à la place de l'acte. Et ils n'auront pas l'Avocat.
Au contraire, le grand Médiateur, pendant les mille ans du Royaume Médiatorial, instruira et récompensera et bénira et élèvera tous les volontaires et les obéissants, afin que tous ceux qui, pendant ce règne, voudront être aidés, le soient et soient prêts à être remis au Tout-Puissant à la fin de l'Âge. « Mais quand toutes choses lui auront été assujetties, alors le Fils aussi lui-même sera assujetti à celui qui lui a assujetti toutes choses, afin que Dieu soit tout en tous » (1 Cor. 15 : 28). Ce n'est donc pas avant la fin de cet Âge qu'une partie du monde, sous l'arrangement de la Nouvelle Alliance, atteindra la filiation. Mais si, à ce moment-là, ils ont été perfectionnés en tant que fils, et s'ils supportent les épreuves données alors, le Père les acceptera et leur donnera les bénédictions de la vie éternelle, etc.
Certains passages de l'Écriture nous donnent une idée de la manière dont cela va se passer. Ces passages nous montrent les ordonnances et les préceptes que Dieu mettra sur le monde. « Car c'est ici l'alliance que j'établirai avec la maison d'Israël, après ces jours-là, dit l'Éternel : Je mettrai ma loi au dedans d'eux, et je l'écrirai sur leur cœur, et je serai leur Dieu, et ils seront mon peuple » (Jer. 31 : 33). Il dit aussi : « Et je leur donnerai un seul cœur, et je mettrai au-dedans de vous un esprit nouveau ; et j'ôterai de leur chair le cœur de pierre, et je leur donnerai un cœur de chair » (Ezéch. 11 : 19). Cette brève déclaration implique une restitution complète de tout ce qui a été perdu en Adam.
Adam a été créé parfait, mais la dépravation de l'humanité et l'intensification de celle-ci dans de nombreux cas ont amené le monde d'aujourd'hui à une condition de durcissement du cœur, jusqu'à ce que l'inhumanité de l'homme envers l'homme devienne effroyable. Les préceptes de Dieu seront progressivement portés à la connaissance de l'esprit humain, gravés et incorporés dans toutes les fibres de son être, de sorte que l'homme, à la fin de l'Âge millénaire, sera comme Adam au commencement, pleinement en accord avec tous les principes de la justice, sympathique à tout ce qui est bon et antipathique à tout ce qui est mauvais. Cette condition redeviendra la fibre même de la nature humaine, et ce n'est qu'à ceux qui l'atteindront que reviendra la bénédiction de la vie éternelle.
Nous lisons que Dieu mettra à l'épreuve tous ceux qu'Il recevra. Nous lisons que Satan, à la fin du règne Médiatorial, sera lâché pour tester tous ceux que Dieu aura relevés de l'imperfection humaine. Il ne s'agira pas de voir s'ils sont parfaits ou non, car ils le seront, mais de voir si, dans leur perfection, ils seront fidèles à Dieu. Tous ceux qui ne résisteront pas à cette épreuve seront détruits comme n'étant pas dignes de recevoir les grandes bénédictions de la vie éternelle et de la faveur Divine !