L’article suivant est une réimpression de la Tour de Garde de Sion du 15 juin 1910 R 4632-4634. Hormis de modestes changements dans le format pour l’adapter à notre présentation actuelle, le texte n’est pas annoté. Ses reférences aux engendrés de l’Esprit devraient être lues dans le contexte du moment où cet article a paru pour la première fois. [Nous mettons nous-mêmes entre crochets - écrit en 1910- Trad.].
Si un homme venait à acheter un bâtiment, à engager des négociations dans ce but, à signer un contrat et à prendre des dispositions pour se procurer l’argent destiné au paiement du bâtiment, il serait tout à fait à propos de dire, dès que le contrat est signé : voilà le propriétaire du bâtiment. Pourtant, au sens étroit du mot, il ne sera pas propriétaire avant d’avoir payé le prix et d’avoir fourni toutes les quittances et, à ce moment-là, au lieu du contrat il aura un acte notarié. Un contrat est un accord pour la réalisation d’un projet ; l’acte témoigne de la transaction réellement accomplie.
Dans la mesure où le contrat était en cause, notre Seigneur Jésus le passa avec le Père ; et en raison de Son don du prix de la Rançon au Père – « De même que le fils de l’homme est venu pour donner sa vie en rançon pour plusieurs » - Il a déjà un droit à être le Seigneur de tous, dans un sens futur, pas dans le sens effectif, puisqu’aujourd’hui, il y a des millions de gens sur terre dont Il n’est pas le Seigneur ; leurs genoux ne se sont pas pliés ; leurs langues n’ont pas confessé. Ainsi, Il n’est pas leur Seigneur au sens absolu, mais Son œuvre progresse et, en considération de l’autorité qui sera néanmoins exercée par Lui et de l’œuvre qu’Il fera alors, le Père parle de Lui prophétiquement comme du « Seigneur de tous ».
LE MONDE ENDORMI EN JESUS
Nous allons considérer ici certains passages des Écritures qui ont trait au sujet. Nous citons d’abord le passage qui dit que le monde est « endormi en Jésus » (1 Thess. 4 : 14). On peut poser la question : Comment les humains peuvent-ils être endormis en Jésus, si Jésus n’est pas en possession du monde ? Nous répondons qu’ils dorment en Jésus exactement dans le même sens où il est dit que Abraham et tout Israël dorment et que tous les rois et prophètes sont endormis. Non pas qu’au moment de leur mort Jésus eût payé un prix en rançon pour l’humanité, ni qu’Il fût venu dans le monde pour agir ainsi, mais parce que dans le Plan divin Dieu avait pris des dispositions pour la transaction complète et S’était porté garant qu’un Rédempteur serait trouvé, qu’un prix de rançon serait donné, et que toute l’humanité serait relevée de la tombe. De plus, Dieu Lui-même parlait en ce sens lorsqu’Il disait qu’Il était le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, S’exprimant comme s’ils n’étaient pas du tout vraiment morts, mais simplement endormis, en L’attendant.
Pareillement, ceux qui croyaient Dieu pouvaient parler et penser de tous ceux qui étaient morts comme s’ils étaient simplement endormis pour longtemps, attendant la résurrection, même si Jésus n’était pas encore venu. La même chose est vraie depuis que Jésus est venu et est mort. Maintenant il est encore plus raisonnable et opportun pour nous de dire que tous sont « endormis en Jésus », parce que, maintenant, Il est identifié comme Celui qui a Lui-même donné un prix en Rançon pour tous. Non pas que le prix ait été appliqué pour tous, mais simplement qu’Il a placé Sa vie sacrifiée dans les mains du Père, qu’Il Lui appartient d’affecter, et qui est suffisante pour les péchés du monde entier (Jean 3 : 16). Elle n’a pas encore été affectée au monde, mais simplement à 1’Eglise, car le prix est en premier lieu un acquittement pour nos péchés, les péchés de l’Église, et ensuite pour les péchés du monde entier - 1 Jean 2 : 2.
L’ÉGLISE SEULE EST RACHETÉE JUSQU’ICI
Ensuite, nous allons considérer le texte : Vous avez été rachetés par le sang précieux de Christ (1 Pi. 1 : 18, 19). II se réfère ici à nous, l’Église, et ne s’étend pas au-delà de 1’Église, au monde. Il n’implique pas que le monde est racheté jusqu’à présent. Naturellement, le mérite de Jésus est tout à fait suffisant pour le monde entier, mais Il ne l’a pas encore appliqué pour tous les hommes.
Nous examinerons un autre texte : « Vous avez été achetés à prix » (1 Cor. 6 : 20). De façon semblable, ce texte ne parle pas du monde, mais de l’Église. C’est la classe du « Vous » qui a été achetée, et même, ils n’étaient pas achetés quand Jésus mourut au Calvaire. Là, à vrai dire, Il confia aux mains du Père un prix (Luc 23 : 46) suffisant pour tous ; mais il ne fut pas affecté à tout le monde à ce moment-là - pas même à nous, pas avant Sa résurrection et Son ascension, afin de « paraître pour nous devant la face de Dieu » (Héb. 9 : 24). A ce moment-là, nous fûmes achetés. « Vous avez été rachetés par le sang précieux de Christ ». Son sang servit de compensation dans la mesure où les croyants sont concernés.
Un autre texte : « Lui est la propitiation pour nos péchés, et non pas seulement pour les nôtres, mais aussi pour le monde entier » (1 Jean 2 : 2). Nous répondons qu’Il fut une propitiation, une satisfaction, pour nos péchés, en un sens du terme, lorsqu’Il mourut, mais la satisfaction n’avait pas été appliquée pour nos péchés à ce moment-là. Quand Il mourut, le mérite de Sa mort fut un prix d’acquittement pour les péchés du monde entier aussi, mais il ne fut pas appliqué pour les péchés du monde entier. Lorsqu’Il S’éleva dans les cieux, Il parut pour nous, la classe de l’Église, et fit satisfaction pour nos péchés. Par conséquent, puisque nous croyons et nous consacrons, nos péchés sont pardonnés. Son mérite est, en plus, la satisfaction pour les péchés du monde entier ; mais Il ne l’a pas encore appliqué au monde, et c’est pourquoi le monde n’est pas libéré de la sanction du péché ; il est encore sous la condamnation. Cependant, en ce qui nous concerne, l’Apôtre dit : « Nous avons échappé à la condamnation qui est sur le monde ». Et il dit encore : « Nous étions par nature des enfants de colère, comme aussi les autres ». Les autres, nous le voyons, sont encore des enfants de colère. Pourquoi ? Parce que la satisfaction pour leurs péchés n’a pas encore été faite. Le grand Rédempteur possède le prix de l’acquittement ; Il attend simplement le temps convenable pour l’appliquer.
Notez un autre passage : « Christ est mort et a revécu, afin qu’il puisse être seigneur et sur les morts et sur les vivants » (Rom. 14 : 9). Ce texte énonce, de façon très appropriée, la transaction précieuse accomplie par notre Seigneur. Sa mort était une caractéristique nécessaire de l’œuvre rédemptrice. Son réveil et Sa résurrection furent aussi des traits nécessaires. Et, de plus, Il n’aurait pas pu être Seigneur d’une autre manière que par le Père Le proclamant « Seigneur de tous », et « Que tous les anges de Dieu lui rendent hommage ». Mais alors qu’Il est proclamé Seigneur de tous, un certain temps sera nécessaire pour en arriver à la reconnaissance. En accord avec cela, l’Apôtre dit : « Dans la plénitude des temps, Dieu réunira sous un seul chef, le Christ, les choses qui sont dans les cieux et les choses qui sont sur la terre ». Mais il faudra la plénitude des temps, l’Âge millénaire tout entier, pour accomplir ce rassemblement sous Lui, et faire de Lui le Seigneur de tous. Ainsi, nous voyons que prophétiquement et par nomination divine, Il a déjà cette charge, mais maintenant Il attend que Ses ennemis Lui soient soumis ou faits Son marchepied, et que toutes choses Lui soient assujetties.
« UNE RANÇON POUR TOUS »
Nous allons maintenant examiner le texte : « Il s’est donné lui-même en rançon pour tous, témoignage [qui devait être rendu] en ses propres temps » (1 Tim. 2 : 6). Le don de Lui-même en tant que l’homme Christ Jésus s’effectua lorsqu’Il Se présenta Lui-même au Jourdain et abandonna tout à la volonté du Père. Cette œuvre d’abandon de Sa vie terrestre et de tous Ses droits terrestres fut pleinement accomplie au Calvaire, lorsqu’Il S’écria : « C’est accompli ». Il avait achevé l’œuvre que le Père Lui avait donné à faire. Il S’était donné Lui-même en « rançon pour tous », et le mérite de Sa mort est suffisant pour constituer une rançon pour tous, dès que cela sera opportun. Jusqu’ici, nous le voyons, il a été appliqué uniquement pour nous qui croyons, et le moment de son application pour le reste du monde sera le début de l’Âge millénaire, mais il ne touchera pas tous les membres de la famille humaine au commencement.
Alors que, pendant l’Âge de l’Évangile, le mérite de notre Seigneur est totalement affecté à tous ceux qui viennent à Lui, il sera complètement libéré lorsque le dernier des consacrés sera passé au-delà du Voile. Son mérite leur a été imputé dans le but même de leur permettre d’être des sacrificateurs et, quand il aura été libéré par la mort du dernier des consacrés, il sera à nouveau à Sa disposition pour l’appropriation. Alors, le grand Souverain Sacrificateur fera la seconde aspersion du sang - pas en notre faveur, puisque nous n’en aurons plus besoin, parce qu’à ce moment-là nous serons devenus parfaits comme Nouvelles-Créatures au-delà du Voile, comme membres de Son Corps. La seconde aspersion sera en faveur de « tout le peuple » - tous ceux qui se soumettront à l’arrangement de la Nouvelle Alliance – « aux Juifs premièrement, et aussi aux Gentils », tous ceux qui, lorsqu’ils parviendront à une connaissance suffisante sous la Nouvelle Alliance, désireront se soumettre au mérite du prix de la Rançon de notre Seigneur ; et ceux qui ne réussiront pas à en arriver à cela, rejetteront le prix de la Rançon, et donc les bénédictions du Rétablissement.
Toutes ces bénédictions viendront graduellement, pas instantanément, pas par la foi, mais réellement, par le processus du Rétablissement. Pendant tout l’Âge millénaire, le Christ donnera aux hommes le bénéfice de la Rançon de notre Seigneur ou « prix correspondant », et le bénéfice total de ce prix n’aura pas été donné avant que l’œuvre de l’Âge millénaire ne soit achevée, et n’ait amené à la perfection tous ceux qui désirent être du peuple de Dieu, selon les conditions de Dieu, car Dieu n’a jamais eu l’intention d’accorder Ses bénédictions à personne d’autre que ceux qui désirent être en harmonie avec Lui selon Ses conditions. Dieu n’a jamais eu l’intention de faire quelque chose pour ceux qui, volontairement et de propos délibéré, sont en opposition, comme Satan.
On peut demander comment ce qui précède se conformera au texte : « En sorte que, par la grâce de Dieu, il [Jésus] goûtât la mort pour chaque homme » (Héb. 2 : 9). Nous répondons que c’est la grande œuvre de Dieu qu’Il S’était proposé de faire en Lui-même, avant la fondation du monde - que le rachat d’Adam et de toute sa race devait être accompli grâce à la mort de Christ. Ainsi donc, Il goûta la mort pour chacun, que le bénéfice ait été reçu le Jour de la Pentecôte, ou plus tard, pendant l’Âge, ou qu’ils l’obtiennent au début de l’Âge millénaire. C’est pour chacun qu’Il « goûtât la mort », qu’Il put leur donner les bénédictions qui s’étendront à tous les humains jusqu’à l’achèvement de l’Âge millénaire et, s’ils sont obéissants, pour toute l’éternité.
« Etant monté en haut, il a emmené captive la captivité » (Eph. 4 : 8) ou, comme le donne une autre traduction, plus correctement nous le pensons : « Il est monté dans les hauteurs, il a emmené une multitude de captifs ». Ce passage montre qu’il était le conducteur de toute la race captive. Nous, l’Église, suivons en premier ; ensuite vient la « Grande Foule » ; les Anciens Dignes suivront peu de temps après et, à la fin de l’Âge millénaire, Il introduira le reste de la race. Ils seront tous emmenés, tous délivrés du pouvoir du péché et de la mort.
LE PRIX, UNE CHOSE - SON APPLICATION, UNE AUTRE CHOSE
« Car Christ, alors que nous étions encore sans force, au temps convenable, est mort pour des impies ». Ce passage ne déclare pas que Christ fit une application de Son mérite pour les impies ; il déclare simplement que Dieu a disposé Son Plan de telle sorte qu’il était nécessaire que Christ mourût pour les impies. Pourquoi Dieu prit-Il cette disposition ? Il l’organisa ainsi en faveur de, ou dans l’intérêt des impies - non seulement les Juifs et ceux qui étaient désireux d’harmonie avec Dieu, comme certains d’entre nous ont pu l’être, mais de tous les impies. Le mérite de Sa mort fut destiné par le Père à être applicable à chaque membre de la race, la race impie d’Adam, dont tous les membres sont pécheurs et plus ou moins dépravés, dégradés et dévoyés.
Dans ce cas, donc, le dessein dans lequel le prix fut donné est une chose, et son application en est une autre. Le but de la mort de Christ était de racheter le monde, d’être le prix de la Rançon pour le monde, afin qu’Il pût rétablir tous les humains. Mais, dans ce Plan, il y a un temps et un ordre ; l’œuvre progresse pas à pas. La première étape consista, pour Christ Lui-même, à S’assurer la gloire éternelle par Sa propre obéissance jusqu’à la mort, et à avoir comme possession quelque chose qu’Il pouvait donner - Sa vie terrestre, qu’Il n’avait pas perdue.
L’étape suivante, qui ne Lui avait pas été confisquée, était qu’Il devait monter aux cieux et appliquer Son prix. Il parut en tant qu’avocat pour une classe spéciale de l’humanité. Quelle classe spéciale ? Nous répondons : Il parut pour tous ceux d’entre les hommes qui désireraient entrer en harmonie avec Dieu, qui désireraient accepter la faveur de Dieu et devenir membres du Corps de Christ selon une invitation ou un programme que Dieu avait arrêté. Quand Il parut pour eux, Il imputa le mérite de Son sacrifice en leur faveur, et ainsi tout ce mérite est absorbé, pour ainsi dire, dans cette œuvre unique qui a d’abord été entreprise, cette œuvre de justification et d’assistance des membres de cette classe spéciale qui désirent marcher sur les traces de Jésus, qui désirent souffrir avec Lui afin de pouvoir aussi partager avec Lui la gloire céleste. Il fait cela, non en leur donnant d’abord le rétablissement terrestre, mais simplement en leur imputant Son mérite.
Cette imputation de Son mérite, s’étendant à ceux qui se sont détournés du péché, qui croient au Seigneur Jésus-Christ et se sont consacrés à Dieu, couvre leur péché adamique et compense toutes les déficiences de leur chair, de telle sorte qu’ils peuvent « présenter leurs corps en sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu, leur service intelligent » (Rom. 12 : 1). En d’autres termes, Il devient Celui qui endosse pour eux. Ils ne sont pas suffisants par eux-mêmes, mais Il Se porte garant pour eux, que s’ils accomplissent fidèlement ce sacrifice de leurs vies, Son mérite continuera à être appliqué [écrit en 1910] - pour toutes leurs imperfections. Ceux-ci sont les Sacrificateurs royaux, qu’Il symbolise dans une figure comme Son Épouse, et dans une autre comme membres de Son Corps. Ils sont « plus que vainqueurs ».
Vient ensuite la classe secondaire qui ne parvient pas à ce degré d’excellence - une classe dont les membres ne sacrifient pas leur vie volontairement, sincèrement et joyeusement dans le but d’être agréables au Père et de faire Sa volonté. Néanmoins, ceux-là sont loyaux de cœur et sont empêchés de pratiquer le sacrifice complet uniquement par « crainte de la mort », par crainte de ce qu’il leur en coûtera. Ils seront éprouvés jusqu’au point où, finalement, ils seront obligés de sacrifier leur vie, et de faire cela spontanément. Ils ne réussissent pas à en sortir Plus-que-Vainqueurs parce qu’ils permettent aux expériences destinées à les éprouver de retarder leur progression quant à l’obtention de la position élevée qui leur est offerte, et donc, ils deviennent la Seconde Classe. Il y a aussi une troisième classe, ceux qui meurent de la « Seconde-Mort », qui « se retirent jusqu’à la perdition ».
Au moment où ces trois classes auront terminé leur course, tout le mérite que Christ leur avait imputé sera à nouveau disponible comme au début ; le tout sera de nouveau à Sa disposition. Alors, il sera appliqué dans le scellement de la Nouvelle Alliance qui sera faite avec Israël, mais qui sera suffisamment large pour inclure tous les individus de toutes les nations de la terre qui voudront être soumis aux mêmes modalités et devenir les enfants d’Abraham par la foi et l’obéissance.
« LA DÉLIVRANCE DE LA POSSESSION ACQUISE »
À ce sujet, examinons le texte : « En qui vous aussi [vous avez espéré], ayant entendu la parole de la vérité, l’évangile de votre salut ; auquel aussi ayant cru, vous avez été scellés du Saint Esprit de la promesse, qui est les arrhes de notre héritage, pour la délivrance de la possession acquise » - Eph. 1 : 13, 14.
Le saint Esprit accordé maintenant à l’Église est les arrhes ou l’avant-goût de notre héritage. Que devons-nous hériter ? Nous devons « hériter de toutes les choses ». En premier lieu, nous devons hériter de la nature divine et, en second lieu, nous devons hériter de la grande promesse abrahamique que, par nous, en union avec notre Seigneur Jésus, en tant que membres de Son Corps, toutes les familles de la terre seront bénies. Nous parlons de nous-mêmes comme étant la possession acquise du Seigneur, et lorsque nous serons changés pour recevoir Sa gloire, cette partie de Sa possession sera achevée et nous serons rendus parfaits avec Lui et soumis à Son contrôle direct.
Ensuite, cet autre aspect de la même possession, rattachée comme partie de la même promesse, entrera en vigueur. Le précieux sang sera alors appliqué pour sceller la Nouvelle Alliance en faveur des péchés de tout le peuple, et l’œuvre de récupérer une possession encore plus grande progressera jusqu’à la clôture de l’Âge millénaire, lorsque la possession entière aura été remise en accord et que toutes choses auront été soumises à Son autorité et transférées au Père.
Nous allons aussi considérer le passage : « Car si, par la faute d’un seul, plusieurs sont morts, beaucoup plutôt la grâce de Dieu et le don ont abondé envers plusieurs, par la grâce qui est d’un seul homme, Jésus-Christ » - Rom. 5 : 15.
Dans ce texte, l’Apôtre ne veut évidemment pas que l’on comprenne qu’il dit que la pleine abondance de grâce était alors étendue à beaucoup, parce que cela serait une contre-vérité. 1800 années se sont écoulées depuis l’époque de l’Apôtre, et l’abondance de grâce ne s’est pas encore étendue à la majorité des hommes. Nous devons donc comprendre qu’il veut dire que cette abondance de grâce qui est en Christ, selon le Plan, la disposition et le dessein du Père, doit encore s’étendre à plusieurs. Le monde est encore dans ses péchés, Israël est encore dans ses péchés et ne sera rétabli que lorsque l’Église aura été glorifiée, comme le déclare l’Apôtre (Rom. 11 : 27) : « Et c’est là l’alliance de ma part pour eux, lorsque j’ôterai leurs péchés ».
Puisque cette grâce n’a pas encore touché les Juifs, ni les Gentils en général, la seule manière par laquelle elle a abondé est la promesse de Dieu que la mort de Christ sera pourtant rendue efficace pour tous. Par conséquent, en parlant de ce point de vue prophétique, il est évident de voir comment Jésus est le Sauveur du monde, même s’Il n’a pas encore achevé [écrit en 1910] l’œuvre de salut de l'Eglise et qu’Il ne le fera pas avant la fin de cet Âge. De même, Il ne sera pas le Sauveur du monde, au plein sens du terme, avant la fin de l’Âge millénaire. Certains ne seront jamais sauvés parce qu’ils refuseront la grâce de Dieu ; et pourtant, d’après les Ecritures, Il est le Sauveur de tous les hommes - le Sauveur du monde.
D’après les Ecritures, Il fut le Sauveur du monde lorsqu’Il naquit. Le message des anges était : « Aujourd’hui, dans la cité de David, vous est né un Sauveur, qui est le Christ, le Seigneur ». Il était un sauveur au sens futur - pas à cause de ce qu’Il était à ce moment-là, en tant que bébé, et pas simplement à cause de ce qu’Il avait réalisé jusque-là, mais en raison de ce que, selon la promesse de Dieu, Il accomplira jusqu’au moment où II remettra le Royaume à Dieu, au Père même. « Il est un sauveur et un défenseur », « il peut sauver jusqu’à l’achèvement ceux qui s’approchent de Dieu par lui » (Es. 19 : 20 ; Héb. 7 : 25). Il nous sauve maintenant dans un sens partiel, par l’espérance, parce que nous nous sommes approchés du Père par Lui, selon l’arrangement de cet Âge de l’Évangile. Cependant, Il nous sauvera au sens le plus complet dans la « première résurrection ». Le salut du monde commencera alors, lorsqu’Il réveillera les humains de la mort ; mais ils ne seront totalement sauvés, n’atteindront le rétablissement complet et n’obtiendront la vie éternelle que lorsqu’ils exerceront la foi et l’obéissance. Il ouvre la porte. Il montre le chemin. Il fournira toutes les dispositions par lesquelles ils peuvent connaître et obéir.
La terre entière est une partie de la possession acquise et sera remplie de la gloire de Dieu. Et si, alors, un genou refuse de fléchir, si une langue refuse de confesser, et si quelqu’un ne réussit pas à accepter la faveur de Dieu, il n’y aura rien de plus pour lui. Il fera « outrage à l’Esprit de grâce » et mourra de la Seconde-Mort - Héb. 10 : 29 ; Jude 12.