R 3861
NON LOIN DU ROYAUME
- MARC 12 : 28-34, 38-44 -
« Tu aimeras l'Éternel, ton Dieu, de tout ton cœur ».

Dans notre étude du 15 septembre, nous avons examiné la réponse de notre Seigneur aux Pharisiens, aux Hérodiens et aux Sadducéens, le mardi précédant Sa crucifixion. La présente leçon est étroitement liée à celle-ci. Un Scribe et Docteur de la Loi, notant avec une apparente sincérité la sagesse des réponses de notre Seigneur aux Pharisiens et aux Sadducéens, aborda la question de la Loi - assez commune parmi les Juifs - à savoir quel commandement est le premier ou le principal, le plus important. On se souviendra qu'en une autre occasion, un scribe avait posé au Seigneur une question similaire, et que notre Seigneur lui avait arraché la réponse en lui demandant : « Que dirais-tu ? ». Dans le cas présent, cependant, Jésus a répondu directement à la question, en citant le résumé des dix commandements (Deut. 6 : 4,5). « Écoute, Israël : L’Éternel, notre Dieu est un seul, Jéhovah, et tu aimeras l’Éternel, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta pensée et de toute ta force ».

Nous attirons l'attention sur un commentaire de cette Écriture qui figure dans un Guide de l'Enseignant de l'École du Dimanche, comme suit : « Ceci décrit, désigne, le Dieu que nous devons aimer suprêmement. Jéhovah, le Dieu d'Israël, est le seul Dieu absolu, existant par Lui-même, éternel, et Lui seul. Il est le Créateur, le Souverain, le Préservateur, le Guide, le Sauveur, le Père, la Source de tout ce qui est bon ». L'un des meilleurs services rendus par la science à la religion est la preuve complète qu'il n'y a qu'un seul Dieu, en prouvant l'unité de la matière, de la force, du mécanisme de gouvernement dans tout l'univers connu. L'unité de la loi morale est une autre preuve inattaquable.

« Aucun Unitarien ne peut souligner l'unité absolue de Dieu avec plus de sérieux et d'insistance que les Trinitaires. Nous croyons en un Dieu unique, et un seul. Ce serait une chose terrible s'il y avait des divinités en conflit, certaines ayant une domination et d'autres une autre. Il n'y aurait ni paix, ni sécurité, ni exaltation de l'âme, ni assurance de l'espérance, ni Paradis éternel ».

NI UNITARIEN NI TRINITAIRE.

Les Trinitaires et les Unitariens semblent avoir partagé la vérité entre eux, de sorte que ni les uns ni les autres ne la possèdent au regard des Écritures. Les Unitariens, pour autant que ce nom appartienne à une dénomination, et à en juger par leurs déclarations publiques, rejettent Jésus comme le fils unique de Dieu, qui était avec le Père avant que le monde ne soit, et qui a quitté Son état céleste pour devenir un homme, afin d'accomplir la rédemption d'Adam et de sa race, et qui, étant mort pour nos péchés, a été ressuscité des morts par la puissance du Père, bien au-dessus des anges, des principautés et des puissances, et de tout nom qui soit nommé, pour participer à la nature, à la gloire et à l'honneur divins.

Du point de vue Unitarien, notre Seigneur Jésus semble donc avoir été simplement un homme de bien et un noble exemple de bonne vie. Selon ce point de vue, notre Seigneur n'est pas divin, mais humain. Nous ne saurions admettre qu'il s'agisse là de l'enseignement de l'Écriture.

Nous devons soutenir au contraire que Celui qui était riche et qui, pour nous, S'est fait pauvre, n'a pas seulement connu l'humiliation, mais a connu depuis une exaltation encore plus grande, de sorte que, par conséquent, tous les hommes doivent honorer le Fils comme ils honorent aussi le Père. Bien que nous ne puissions admettre avec les Trinitaires que cette dernière expression signifie que le Père et le Fils ne seraient qu'une seule personne, nous affirmons qu'Ils sont, néanmoins, un dans Leur dessein, dans Leur plan, dans Leur coopération, dans l'harmonie de Leur cœur - un dans le même sens que le Maître désirait que tous Ses disciples soient un avec le Père et avec Lui-même, priant : « Que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi, qu'eux aussi soient un en nous ». Le point de vue trinitaire, bien que plus proche de la vérité que l'unitarien, est, à certains égards, loin de la vérité et très confus à la fois pour la tête et le cœur, et proportionnellement préjudiciable à la cause du Seigneur. Comme l'indique clairement la citation de la Loi par notre Seigneur, « Jéhovah Dieu est un seul Dieu » et non pas trois dieux.

LE PÈRE ET LE FILS UNIS DANS LE MÊME ESPRIT.

Le Fils de Dieu n'est pas le Père mais le Fils, qui « procède du Père », qui a été le commencement de la création de Dieu (Jean 8 : 42 ; Apocalypse 3 : 14). Néanmoins, avant même qu'Il ne devienne le prix de la rançon de l'homme, Son association étroite avec le Père et Son unité de cœur et de but avec Lui sont clairement indiquées dans les Écritures. Nous sommes assurés qu'Il était la « Parole de Dieu » - le logos, l'expression, le canal de la communication du Père. Nous sommes assurés que, tandis que le Père était le Dieu au-dessus de tous les autres, le Fils, le Logos, était un Dieu au-dessus de tous les autres, à côté du Père mais soumis au Père. Nous sommes assurés qu'Il était l'agent actif du Père dans toute l'œuvre de la création, de sorte que « par lui ont été faites toutes les choses qui ont été faites, et sans lui rien n'a été fait » (Jean 1 : 1-3). Sa subordination au Père est attestée par lui-même : « Le Père est plus grand que moi », « Le Père m'a envoyé », « Comme j'entends, je parle » (Jean 14 : 28 ; 20 : 21). Cette soumission et cette dépendance à l'égard du Père n'étaient pas seulement vraies pour notre Seigneur lorsqu'Il était dans la chair et avant qu'Il ne soit fait chair, mais elles sont clairement confirmées depuis Sa résurrection dans la gloire, l'honneur et l'immortalité de la nature divine.

L'Apôtre nous dit que la gloire, l'honneur et la puissance du Royaume millénaire doivent être remis tout spécialement au Fils par le Père, et que lorsque le Fils aura achevé l'œuvre qui Lui a été assignée, Il remettra le Royaume à Dieu, le Père, et le Père sera reconnu comme le « tout en tous » de l'univers (1 Cor. 15 : 28). Chaque déclaration de la Parole de Dieu inspirée est en plein accord avec celles que nous avons citées. Par exemple, nous avons déjà fait référence à la déclaration que Lui et le Père sont un, et nous avons montré qu'Il ne pensait pas à l'unité en ce qui concerne l'autorité ou la personne, mais à l'unité en ce qui concerne Leurs plans, Leurs buts et Leur travail, Lui ayant abandonné Sa propre volonté pour faire la volonté du Père. De la même manière, Il désire que tous ceux qui veulent être reconnus comme Ses disciples, et de ce fait constituer Son Épouse, mettent de côté leur propre volonté et soient pleinement soumis à la volonté du Père, et soient ainsi en pleine harmonie avec le Père et le Fils, « afin que tous soient un en nous ». En accord avec ce point de vue, nous avons aussi la déclaration de notre Seigneur : « Celui qui m'a vu a vu le Père », c'est-à-dire que l'humanité de nature terrestre ne pouvait pas voir un être spirituel, comme il est écrit : « Aucun homme ne peut me voir et vivre » (Exode 33 : 20). Un être humain parfait serait la meilleure illustration du Père céleste que l'humanité pourrait voir avec l'œil naturel, et c'est ce qu'elle a vu dans notre Seigneur Jésus, l'image du Père dans la chair. Pour une analyse plus approfondie et complète de ce sujet, nous renvoyons le lecteur à MILLENNIAL DAWN, VOL. V [Volume V des Études dans les Écritures – Trad.].

COMMENT AIMER DIEU DE MANIÈRE PARFAITE.

La définition donnée ici de l'amour dû à notre Créateur est très exhaustive : nos cœurs, nos affections, doivent tous Le révérer et L'aimer ; nos âmes, nos êtres, nos corps, doivent tous être contrôlés par l'amour de Dieu ; nos esprits doivent pareillement reconnaître, révérer, apprécier et aimer le Seigneur, et notre force mentale ou corporelle doit Le reconnaître comme digne de tous les services d'amour que nous pouvons rendre. Non seulement cela, mais nos cœurs, nos esprits, etc. ne doivent pas être divisés dans leur amour - le Seigneur doit occuper la première place en nous, dans tous les sens du terme. Cela signifie la pleine consécration du temps, du talent, de l'influence, de tout ce que nous possédons - cela signifie un état de cœur qui est inconnu de la grande majorité, même de ceux qui sont justifiés par la foi dans le précieux sang, et qui ont une certaine mesure de paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus. Cette plénitude d'amour pour le Père ne représente pas le début de la condition du Chrétien consacré, mais sa plénitude, sa totalité. Elle ne représente pas son attitude au moment où il entre dans l'école du Christ pour apprendre de Lui, mais la condition à laquelle il doit parvenir avant de pouvoir atteindre la perfection ou être prêt à passer à la condition céleste.

D'ABORD LA RÉVÉRENCE, ENSUITE L'AMOUR.

La révérence envers l’Éternel est le début de la sagesse, mais elle n'en est pas la fin. Nous ne pouvons pas aimer Dieu avant de Le connaître et de savoir quelles sont les qualités aimables représentées en Lui. D'où l'importance de la connaissance qui est partout indiquée dans la Parole de Dieu. « Et c’est ici la vie éternelle, qu'ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ » (Jean 17 : 3). La crainte ou la révérence de Dieu est notre première connaissance, et si nous sommes correctement exercés par elle, le Seigneur Se révélera à nous de plus en plus comme Celui qui a été désigné pour être le Chemin, la Vérité, la Vie - aucun homme ne vient au Père si ce n'est par Lui. De nombreuses leçons doivent être apprises concernant la puissance, la grandeur, la sagesse et la justice de notre Dieu avant que nous soyons capables de comprendre et d'apprécier « l'amour de Dieu qui dépasse toute compréhension ».

Si nous étions tous parfaits comme Adam l'était, nous n'aurions guère de difficultés à apprécier le caractère divin, car l'homme parfait a été créé à l'image divine et apprécierait donc facilement toutes les qualités et tous les attributs divins ; mais, nés dans le péché, formés dans l'iniquité, nous sommes tous plus ou moins déchus de cette perfection et devons apprendre à connaître notre Dieu. Comme nous l'avons déjà mentionné, notre condition déchue nous permet de comprendre plus facilement Sa sagesse, Sa justice et Sa puissance que Son amour. En effet, l'amour de Dieu n'a pas encore été manifesté au monde en général. Ce n'est qu'à un nombre relativement restreint d'entre eux que l'amour de Dieu a été manifesté, et ils ne l'ont vu qu'avec l'œil de la foi. L'Apôtre déclare : « En ceci a été manifesté l'amour de Dieu pour nous, c’est que Dieu a envoyé son Fils unique dans le monde, afin que nous vivions par lui » (1 Jean 4 : 9).

Combien peu réalisent la nécessité de ce sacrifice ! Seuls ceux-là peuvent apprécier l'amour qui était à l'origine de ce sacrifice et qui s'est manifesté par lui. La grande majorité est aveugle à ces choses et doit attendre, pour apprécier l'amour de Dieu, l'époque glorieuse annoncée dans les prophéties, lorsque le Soleil de Justice se lèvera et chassera toutes les ténèbres et le péché, lorsqu'il n'y aura plus de malédiction sur le monde de l'humanité, lorsque Satan sera lié et que la connaissance du Seigneur remplira toute la terre - alors, comme l'un des principaux éléments de la gloire de Dieu, toute l'humanité verra clairement l'amour de Dieu qui dépasse toute compréhension. Grâce à Dieu, nous sommes hautement privilégiés et les yeux de notre entendement s'ouvrent à ce grand amour de Dieu avant la bénédiction et l'illumination du monde ! Néanmoins, pour les plus éclairés, cette appréciation du caractère divin en tant que Dieu d'amour s'est faite progressivement, petit à petit, à mesure que nous comprenions les longueurs, les largeurs, les hauteurs et les profondeurs du Plan divin, et que nous appréciions l'amour qui a inspiré ce plan, qui l'exécute et qui garantit son achèvement glorieux.

LA CONNAISSANCE EST NÉCESSAIRE POUR L'AMOUR.

Dans la mesure où nous discernons la perfection du caractère divin, dans la même mesure nous sommes capables d'aimer le Seigneur de tout notre cœur, de tout notre esprit, de toute notre âme, de toute notre force. Le Chrétien qui y parvient dans son cœur a certainement atteint le but exprimé par ce commandement - le premier commandement, le commandement principal. Le Seigneur peut permettre qu'il soit tenté, testé et éprouvé sur la ligne de cet amour et qu'il démontre un amour ferme, mais pendant tout le temps où il a été ainsi testé, il répond à cette norme de la loi divine. Il faut cependant faire une distinction entre le critère du cœur selon lequel le Seigneur juge l'Église et le critère charnel selon lequel ces mêmes personnes pourraient être jugées par d'autres. En raison de la faiblesse de la chair, l'amour du cœur pour le Seigneur ne peut pas toujours s'exprimer pleinement et clairement de manière à être perceptible par tout le monde. Le monde, qui ne juge que par la chair, ne nous reconnaît pas. C'est une consolation pour nos cœurs que le Père réalise notre amour et notre dévouement, et qu'Il nous juge non pas selon la chair, mais selon l'esprit, le cœur, l'intention, le nouvel esprit. Et dans la mesure où nous nous rendons compte des imperfections de notre chair et de notre incapacité à exprimer la dévotion amoureuse de notre cœur et de notre esprit, de notre être et de notre force, nous devrions avoir de la compassion et de la sympathie pour nos confrères qui, de la même manière, manifestent plus ou moins imparfaitement dans leur chair la dévotion du cœur qu'ils ont professée. De même que le Seigneur attend patiemment que nous développions les fruits de l'Esprit, les grâces de l'Esprit, dans nos vies, de même il nous appartient d'attendre patiemment que les autres membres du corps cherchent eux aussi à être renouvelés en pensées, en paroles et en actes, sanctifiés entièrement au Maître et à Son service.

« TON PROCHAIN COMME TOI-MÊME ».

Pour éviter que ce docteur de la loi ne comprenne mal, le Seigneur a cité le passage suivant de Lévitique 19 : 18 : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même », et Il l'a qualifié également de primordial et comme venant juste après le commandement précédent de l'amour envers Dieu. Comme il a été dit ailleurs, ces deux commandements sont le fondement de toute la Loi et des prophètes. En d'autres termes, l'observation de ces deux commandements toucherait, couvrirait et inclurait chaque élément de la Loi divine. En tant qu'Israélites spirituels, il est donc approprié que nous observions ce commandement tout comme l'autre. En effet, nous entendons l'Apôtre Jean, porte-parole du Seigneur, déclarer : « Si quelqu'un dit : J'aime Dieu, et qu'il haïsse son frère, il est menteur ; car celui qui n'aime pas son frère qu'il voit, comment peut-il aimer Dieu qu'il ne voit pas ? » (1 Jean 4 : 20).

Il est bon que nous gardions ce critère clairement devant nos cœurs de peur de nous tromper nous-mêmes. L'amour, le plus grand attribut dans le monde, est lié à toutes les autres choses dans l'univers. Si Dieu doit être le premier dans nos cœurs et nos affections, notre amour pour Dieu est cependant plus difficile à évaluer que notre amour pour l'homme. L'amour s'oppose à l'égoïsme et même il ne « cherche pas son propre intérêt », bien qu'il soit parfois nécessaire que l'amour soit limité et contrôlé par la justice et la sagesse. Quelle grande leçon sur tout ce qu'implique le mot amour nous est donnée par le Seigneur, par l'intermédiaire de l'Apôtre, dans 1 Corinthiens, 13e chapitre. On nous y montre non seulement quels éléments de la conduite sont aimants, mais aussi quels éléments sont contraires à l'amour - quels éléments de notre caractère doivent être cultivés et lesquels doivent être restreints, soumis, mortifiés.

Celui qui interrogeait le Seigneur était manifestement sincère. Non seulement il percevait la sagesse de la réponse du Seigneur à ceux qui cherchaient à Le piéger, mais il avait maintenant une belle illustration de cette sagesse lorsqu'elle est appliquée consciencieusement à la plus importante de toutes les doctrines - les caractéristiques les plus importantes de la Loi divine. Sa réponse fut : « Bien, Maître, tu as dit selon la vérité, car il y en a un, et il n'y en a point d'autre que lui ; et que de l'aimer de tout son cœur, et de toute son intelligence, et de toute son âme, et de toute sa force, et d’aimer son prochain comme soi-même, c'est plus que tous les holocaustes et les sacrifices ». Jésus, voyant sa sincérité, lui donna une parole encourageante, qui devait lui être d'un grand secours, en disant : « Tu n'es pas loin du royaume de Dieu ».

Celui qui reconnaît avec sincérité les vérités qui viennent d'être énoncées doit certainement être d'un cœur honnête, et par conséquent de ceux que le Seigneur serait heureux de voir entrer dans la classe du Royaume par une pleine acceptation de Lui comme leur Rédempteur et par une pleine consécration de tous leurs pouvoirs et talents à Son service. Telle serait l'application pratique de ce grand commandement, la plénitude de l'amour pour Dieu, qui conduirait à des efforts pour Le servir et Lui plaire de toutes les manières possibles, et leur amour pour leurs semblables qui prendrait plaisir à annoncer la Bonne Nouvelle de la grande joie qui sera pour tous les peuples. Nous lisons qu'après cela, personne ne voulut plus poser de questions à Jésus. Cela peut être dû au fait que Ses ministères et Ses enseignements, tels qu'ils avaient été divinement conçus, avaient été pleinement accomplis. Cela peut aussi signifier que toutes les classes de Ses opposants religieux considéraient le Maître avec une telle crainte et un tel respect qu'ils redoutaient d'essayer de poser d'autres questions, qui ne pourraient avoir qu'un résultat désastreux pour eux-mêmes, en montrant leurs propres déficiences et en le mettant encore plus en évidence comme le grand Maître.

« GARDEZ-VOUS DES IDOLES ».

Un grand nombre de disciples dévoués du Seigneur se rendent compte du danger qui nous guette tous de rendre trop d'amour et d'hommage à une créature terrestre, et de priver ainsi Dieu, dans une certaine mesure, de ce qui Lui est dû. Telle semble être la pensée de l'Apôtre dans l'expression ci-dessus. Il ne pensait aucunement à ce que les Chrétiens deviennent des adorateurs de bois et de pierres, mais il était conscient du fait que le cœur humain peut se consacrer au service de la richesse ou de la gloire ; et certains membres du peuple du Seigneur, tout en se gardant de telles idoles, risquent de consacrer une trop grande part de leur amour à la femme ou au mari, au parent ou à l'enfant, au frère ou à la sœur, et ainsi de les idolâtrer et de mettre un nuage terrestre entre leur cœur et le Père Céleste. Il est bon d'être sur ses gardes et de se rappeler que, quel que soit l'amour que nous portons aux autres, le Seigneur doit avoir tous nos cœurs dans le sens où Il serait le premier et le suprême, et que, si cela était nécessaire, tout lien terrestre pourrait être brisé, aussi tendre qu'il soit, plutôt que le lien qui lie nos cœurs au Seigneur.

Lorsque nous sommes dans une telle crainte, lorsque nous nous rendons compte d'un tel danger, rappelons-nous qu'il y a deux façons de corriger la difficulté : l'une serait de renoncer à une partie de notre amour pour les objets et les conditions terrestres, l'autre d'accroître notre amour pour le céleste. Il est sûrement conforme à l'arrangement divin que nous fassions preuve de discernement en ce qui concerne nos amours pour les choses terrestres, pour reconnaître celles qui sont justes, celles qui sont vraies, celles qui sont pures, celles qui sont belles, celles qui sont de bonne réputation, et que nous rejetions toutes les autres comme indignes de nous en tant que Nouvelles-Créatures en Christ. Cela ne signifie pas, bien sûr, que nous devrions haïr qui que ce soit, bien que cela puisse signifier que nous devrions nous séparer de ceux dont l'influence serait contraire à ces principes et à ces sentiments divinement désignés. Si notre amour terrestre est centré sur des personnes bonnes et nobles, et si nous les apprécions particulièrement en raison de leur relation avec ce qui est parfait, avec le Seigneur et Ses principes, nous devrions alors comparer l'amour pour ces personnes avec l'amour pour le Père, et juger que l'amour pour Dieu doit être cultivé de plus en plus, jusqu'à ce qu'il dépasse et surpasse de loin tout amour terrestre, aussi précieux soit-il. De ce point de vue, nous n'aimerions pas moins nos proches sur terre, mais le Père céleste proportionnellement bien plus encore. Nous pouvons être certains qu'il s'agit là de la bonne attitude que le Seigneur approuverait le plus.

RÉSERVÉ À L'USAGE DU MAÎTRE

Cette pensée est présentée dans un poème cité par Mlle Havergill dans son ouvrage intitulé « Réservé à l'usage du maître » :

« Je tremble quand je pense
Combien je L'aime ; mais je me refuse
d'y penser, pour L'aimer encore plus ;
En effet, je crains que cela soit trop ».

« Chère Eleanor,
L'aime-tu autant que le Christ nous aime ?
Que tes lèvres me répondent ».

« Pourquoi me demander, mon cher ?
Nos cœurs sont limités, Christ est infini ».


« Alors jusqu'à ce que vous atteigniez la norme de cet amour,
Ne laissez ni les craintes ni les avertissements bien intentionnés
Te faire peur en te disant 'trop'. Car Il a dit
Combien - et qui osera changer Sa mesure -
Que vous aimiez comme Je vous ai aimés.
O doux commandement, qui va si loin au-delà
De l'élan le plus puissant du cœur le plus tendre !
Une simple permission était déjà beaucoup ; mais Lui
Qui connaît nos désirs et nos craintes,
A choisi gracieusement de nous demander de faire la chose
Qui fait notre bonheur terrestre,

Une limite que nous ne devons pas craindre de dépasser,
Parce que nous ne pouvons pas. Oh, la largeur et la longueur,
Et la profondeur et la hauteur de l'amour qui dépasse la compréhension !
Pourtant, Jésus a dit : ‘Comme je vous ai aimés’ ».

« O, Béatrice, j'ai envie de sentir le soleil
Que cela devrait apporter ; mais il y a d'autres mots
Qui tombent dans une éclipse glaciale. Il est écrit
'Gardez-vous des idoles'. Comment vais-je obéir ? »

« Oh, non pas en aimant moins, mais en aimant plus.
Ce n'est pas que nous aimons nos êtres chers
Trop, mais Dieu trop peu. Comme la lampe
Qu’un mineur porte sur son front ombragé
N'est brillante que dans l'obscurité noire,
Et ne brille pas dans le ciel d'été,

Alors, mettez la petite torche de notre meilleur amour
Au grand soleil de l'amour de Dieu,
Et, bien que nourri et alimenté, elle ne fait pas d'ombre. Et n'éblouit pas, débordant d'une lumière plus puissante ».

« PRENEZ GARDE AUX SCRIBES »

Ses occasions pour enseigner Ses apôtres passaient rapidement, et notre Seigneur, assis dans le Temple ou à proximité, leur dit : « Méfiez-vous des scribes, qui se plaisent à se promener en longues robes et qui aiment les salutations dans les places publiques, et les premiers sièges dans les synagogues, et les premières places dans les repas ; qui dévorent les maisons des veuves et qui, pour un faux prétexte, font de longues prières : ceux-ci recevront une sentence plus sévère ».

Notre Seigneur n'a pas dit que tous les scribes, tous les docteurs de la loi avaient les qualités peu honorables qu'Il réprouve. Nous pourrions plutôt comprendre qu'Il veut dire : On vous a appris à honorer et à respecter les Scribes ou les docteurs savants de votre nation, mais prenez garde à ceux d'entre eux qui ont les caractéristiques que Je viens de dénoncer. Ils sont loin de la condition du Royaume ; leur égoïsme se manifeste sous les formes que J'ai énumérées, et proportionnellement ils manquent des traits de caractère qui auraient l'approbation du Père, que ce soit selon la lettre ou l'esprit de la Loi.

Nous pourrions appliquer cette leçon à notre époque de deux manières : la première serait que nous ne devons pas nécessairement révérer et suivre les docteurs en théologie, mais que nous devons faire preuve de discernement quant au respect que nous avons pour eux et leurs enseignements. Ceux qui affichent un esprit égoïste, qui occupent la première place dans la Conférence, qui se vantent de leur savoir, dont la parure particulière n'est pas l'esprit doux et calme, mais les longues robes de la profession, qui aiment être reconnus dans les lieux publics et être appelés Rabbi, Révérend, etc. et être mis en évidence devant le peuple - nous ne devons pas penser que ceux-ci devraient être considérés comme des exemples ou des modèles appropriés. Nous devrions plutôt nous éloigner d'eux, en réalisant que le Seigneur méprise non seulement les orgueilleux mais aussi les égoïstes, et qu'Il montre Ses faveurs aux humbles et aux petits. Une autre leçon pour nous devrait être encore plus proche de chaque lecteur de ce journal.

Dans l'Israël spirituel, ceux qui sont instruits dans la vraie connaissance de la Parole du Seigneur doivent être vainqueurs de l'esprit du monde, de l'esprit d'égoïsme. Si quelqu'un trouve en lui l'une de ces caractéristiques énumérées que le Seigneur condamne, il doit fuir le péché comme il le ferait d'une maladie contagieuse. Par exemple, s'il se trouve grandement influencé par l'opinion des autres concernant ses vêtements, s'il trouve en lui un esprit de satisfaction personnelle, une disposition égoïste à obtenir ce qu'il y a de mieux pour lui en toute occasion, et l'amour des louanges publiques et de la reconnaissance, des titres, etc. Qu'il ait un degré plus ou moins élevé de savoir terrestre, ou un degré plus ou moins élevé de savoir céleste, il est dans une condition dangereuse s'il a les tendances égoïstes que le Seigneur énumère ici. Il a surtout besoin de la grâce divine pour être dégagé de l'horrible piège de l'égoïsme, s'il se trouve dépourvu d'amour au point de vouloir s'emparer sans contrepartie des biens d'autrui, qu'il s'agisse de maisons de veuves ou autres. Plus on a de connaissances, plus on est un Scribe, plus grande sera sa condamnation si les caractéristiques énoncées ici par notre Seigneur sont les siennes.

GRANDS ET PETITS DONS ENVERS DIEU.

Nous avons vu le type d'amour pour Dieu et pour l'homme que la Loi divine requiert ; nous avons vu comment certains des plus éminents de ceux qui professent être des enseignants de la Loi divine sont loin d'atteindre la norme divine, comme dans le cas du Scribe dans l'illustration que nous venons de donner. Notre Seigneur a ensuite présenté Ses enseignements encore d'un autre point de vue : Il voulait montrer à Ses disciples qu'ils ne devaient pas mesurer l'approbation divine selon des critères terrestres, mais qu'ils devaient se rappeler que le Seigneur regarde le cœur ; que beaucoup de ceux qui sont estimés parmi les hommes sont une abomination à Ses yeux, et que certains qui ne sont pas estimés parmi les hommes sont Ses joyaux. Il attira l'attention sur la pauvre veuve qui venait de jeter deux pièces dans le trésor du Temple, et Il déclara que son don, bien qu'insignifiant du point de vue humain, était plus grand aux yeux de Dieu que beaucoup de dons plus importants, parce qu'elle avait donné de sa pénurie. D'autres avaient donné de leur abondance ce qui ne leur manquait guère : elle, de son rien, avait donné ce qui lui demandait une grande abnégation. Voici donc l'appréciation et la reconnaissance par le Seigneur de nos sacrifices en réponse à notre amour pour Lui. Quiconque en aime un autre cherchera à le servir et sera disposé à lui rendre service à un degré qui sera proportionnel à son amour.

Les riches peuvent donner généreusement et être bénis dans leur générosité, mais les pauvres doivent se rappeler que le Seigneur apprécie hautement l'esprit de leur cœur lorsqu'ils désirent Le servir et servir Sa cause. Leurs humbles efforts sont appréciés par le Seigneur, même si l'homme les méprise et les considère comme insignifiants. Le jugement de notre Seigneur était que la pauvre veuve avait donné plus que tous les autres du point de vue de l'appréciation divine. Quelle pensée pour chacun d'entre nous : si petits que soient nos talents, si rares que soient nos occasions de servir, nos offrandes ne sont pas méprisées, mais au contraire créditées proportionnellement au véritable esprit de sacrifice qui les anime. Quel encouragement pour tous ceux qui ont le bon esprit d'amour pour le Seigneur et qui désirent être Ses disciples qui se sacrifient. Le Scribe, avec beaucoup d'agitation et une démonstration extérieure de révérence et d'amour pour Dieu, a obtenu la récompense qu'il cherchait - l'approbation de ses voisins ou de ceux d'entre eux qui ont été trompés par ses diverses manières pieuses. Cette pauvre veuve, cependant, inaperçue et méprisée de la multitude, était sûre d'avoir la bénédiction, la faveur et l'amour du Père ; et sa conduite évoquée en termes élogieux constitue un encouragement pour nous-mêmes et pour tous ceux qui désirent suivre l'Agneau partout où Il va.