- MARC 10 : 17-31 -
La figure présentée dans cette leçon est celle d'un jeune homme, un Juif d'une famille éminente, un dirigeant, qui, voyant Jésus se mettre en route avec Ses disciples, s'approcha de Lui en courant, tomba à genoux devant Lui et dit : « Bon Maître, que dois-je faire pour hériter de la vie éternelle ? » Jésus ne répondit pas immédiatement à sa question, mais chercha d'abord à préparer le terrain, afin que, lorsque la réponse serait donnée, elle ait le plus grand poids. Il lui demanda donc : « Pourquoi m'appelles-tu bon ? ». Est-ce une simple marque de courtoisie, ou reconnais-tu le fait qu'il n'y a qu'une seule norme de bonté, qui est représentée par Dieu le Père, et qu'en m'appelant bon, par conséquent, non seulement tu reconnais cette norme divine, mais tu Me reconnais comme un instructeur que Dieu approuve ? Ainsi paraphrasé, le langage de notre Seigneur voudrait dire au jeune dirigeant : Ce maître prétend être de Dieu : sa prétention est ou vraie ou fausse ; il est donc ou bien un vrai ou bien un faux prophète. Je L'ai appelé bon maître ou bon enseignant. Si j'ai été sincère, si tel est le résultat de mes recherches antérieures sur Ses enseignements, je devrais être prêt à accepter toute réponse qu'Il me donnera comme une instruction divine, et je devrais obéir promptement.
N'attendant pas de réponse à Sa question, mais Se contentant de laisser la suggestion devant son esprit, notre Seigneur a poursuivi en répondant à la question initiale, en disant : « Tu connais les commandements : ne tue pas, ne commets pas d'adultère, ne vole pas, ne porte pas de faux témoignage, ne fais tort à personne, honore ton père et ta mère ». Le récit de l'incident par Matthieu nous informe que notre Seigneur a ajouté les mots : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » - Matth. 19 : 19.
L'ALLIANCE DE LA LOI TOUJOURS EN VIGUEUR.
Certains se sont demandé pourquoi notre Seigneur n'a pas répondu au jeune homme comme nous le ferions aujourd'hui, en disant : « Crois au Seigneur Jésus-Christ, confesse ton incapacité à observer parfaitement la Loi divine, crois au Seigneur Jésus comme Celui qui t'a racheté et dont tu peux recevoir la robe de justice par la foi et devenir ainsi acceptable aux yeux du Père, et enfin consacre pleinement ta vie au Seigneur ». Nous répondons qu'un exposé aussi complet de la question ne devait pas encore être promulgué, parce que notre Seigneur Jésus n'avait pas encore achevé Son sacrifice, et qu'Il n'était pas encore possible à quiconque d'avoir accès au Père par le mérite de ce sacrifice. Avant que quiconque puisse ainsi s'approcher de Dieu, il était nécessaire que notre Seigneur accomplisse Son sacrifice, qu'Il ressuscite d'entre les morts et qu'Il monte dans les hauteurs, « afin d'apparaître pour nous devant Dieu » en tant que notre représentant, S'appropriant pour nous [les croyants] Ses mérites, nous justifiant devant le Père.
L'alliance de la Loi qui avait été donnée à Israël seize siècles auparavant était encore en vigueur, parce que notre Seigneur Jésus ne l'avait pas encore « clouée à la croix » (Col. 2 : 14). Il fallait donc que la réponse de notre Seigneur soit conforme à l'Alliance de la Loi encore en vigueur. C'est pourquoi Il a attiré l'attention du jeune homme sur la Loi, montrant que le chemin de la vie éternelle passait par l'observation de la Loi, comme Dieu l'avait promis. Mais nous voyons à travers l'enseignement du Nouveau Testament ce que les Juifs, en tant que peuple, n'avaient pas discerné, à savoir que par les œuvres de la Loi, aucune chair ne pouvait être justifiée aux yeux de Dieu, car c'est par la Loi qu'est la connaissance du péché (Rom. 3 : 20). En d'autres termes, la finalité de la Loi était tout d'abord de soumettre notre Seigneur Jésus à l'épreuve, et de démontrer Sa perfection dans le sens qu'Il serait capable de l'observer ; et ensuite, elle devait prouver aux Juifs, et donc à tous les hommes, l'impossibilité pour quiconque, à part un homme parfait, d'accomplir les termes de l'Alliance de la Loi. L'intérêt de leur prouver ainsi leur incapacité à répondre aux exigences divines était de leur montrer la nécessité d'obtenir la vie éternelle comme un don de Dieu par Jésus-Christ, et non comme une récompense pour leurs propres bonnes œuvres, qui étaient en deçà des exigences divines et ne pourraient jamais les justifier.
Lorsque le jeune homme répondit : « J'ai gardé toutes ces choses depuis ma jeunesse », le Seigneur le regarda avec amour. C'était un jeune homme exemplaire, de ceux que tous les amoureux de la vérité et de la droiture apprécient. Notre Seigneur l'aimait, aimait ses efforts pour observer la Loi, et aimait sa manifestation d'humilité et de sincérité en venant, comme il l'avait fait publiquement, demander le chemin de la vie éternelle. De toute évidence, le jeune homme avait des doutes quant à sa conformité à la norme divine, même s'il observait extérieurement les exigences de la Loi. Il se sentait probablement assez satisfait, mais percevant la profonde spiritualité de l'enseignement de Jésus, il se disait qu'il aimerait avoir la confirmation de ce grand Maître, Son assurance que la Loi était tout à fait suffisante, et que son obéissance à celle-ci de la manière demandée lui garantissait la vie éternelle.
La conclusion de la citation de la Loi par notre Seigneur, « Tu aimeras ton prochain comme toi-même », faisait partie de la formulation habituelle chez les Juifs, et elle avait probablement perdu beaucoup de sa signification pleine et profonde à cause de sa nature si courante. Le jeune homme avait apparemment négligé d'attacher à ces mots leur véritable signification ; il avait pensé aux dispositions plus particulières de la loi, négligeant cette déclaration plus générale : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ». Notre Seigneur, toujours aimable envers ceux qui manifestaient une attitude de cœur droite, ceux qui étaient des chercheurs sincères sur le chemin de la vie éternelle, n'a pas attiré de façon brusque l'attention du jeune homme sur ses défauts en disant : « Tu es un menteur ; tu sais très bien que tu n'aimes pas ton prochain comme toi-même, et ta richesse l'indique, car il y a beaucoup de pauvres autour de toi, et si tu les aimais comme toi-même, tu t'efforcerais de faire quelque chose pour eux ».
Au contraire, Jésus se rendait compte que l'égoïsme était ancré dans la nature humaine déchue, que ce jeune homme était vraiment bien au-dessus de la moyenne des hommes par sa noblesse de caractère, par son désir d'être juste envers ses semblables. Le jeune homme était aveuglé par les coutumes de son temps, et Jésus entreprit d'ouvrir les yeux de son intelligence d'une manière très douce, en disant : « Il te manque une chose : Va, vends tout ce que tu as et donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel ; puis viens, suis-moi ». C'était là le test crucial : tout Juif prêt et disposé à sacrifier ses biens terrestres et à devenir un disciple de Jésus serait jugé digne de passer de la maison des serviteurs sous Moïse à la maison des fils sous le Christ. Le transfert effectif de tous ces individus a eu lieu à la Pentecôte, lorsque le Père les a reconnus comme n'appartenant plus à la maison des serviteurs sous l'Alliance de la Loi, mais comme membres du corps du Christ, engendrés par l'Esprit Saint en vue des choses célestes et de la vie éternelle.
Le jeune homme, si confiant quelques instants auparavant, se rendit compte que le grand Maître avait sondé son cœur en son principal point vulnérable : il n'avait pas assez d'amour pour Dieu et pour ses semblables. Au cours des dix-huit siècles passés, le même test a prouvé que de nombreuses personnes bonnes, honorables et sages étaient inaptes au Royaume. En d'autres termes, les conditions requises pour être cohéritier du Royaume sont si élevées que la majorité de l'humanité, même parmi les plus intègres, les plus éclairés, les plus respectueux, échouent à cette épreuve et ne parviennent pas à entrer dans le Royaume.
Il est légitime que nous nous demandions si les critères requis pour devenir membre du Royaume ne sont pas trop sévères. Dieu a-t-il fixé une norme trop élevée - une norme impossible - ou une norme tout au moins irréalisable pour la majorité de l'humanité ? Nous répondons que pour la majorité des chrétiens, toute cette question est obscurcie par les fausses doctrines reçues des « âges des ténèbres », qui nous disent que ce jeune homme, parce qu'il n'est pas devenu un disciple du Christ, irait dans des tourments éternels, en dépit de ses nombreuses et admirables qualités de cœur et de vie - parce que, bien que désireux d'être juste, honorable et droit dans ses relations avec ses semblables et respectueux de son Dieu, il n'a pas voulu sacrifier ses biens terrestres et devenir un disciple de Jésus le Nazaréen, méprisé par tous les hommes. Selon cette norme, la quasi-totalité de la famille humaine ne serait-elle pas considérée à juste titre comme étant sûrement en route pour le tourment éternel ? Combien sont rares ceux qui abandonnent tout, consacrant leur vie, leur temps et tous leurs intérêts au Seigneur et à Son service en tant que disciples de Jésus !
Si ces quelques personnes qui doivent hériter du Royaume étaient les seules à obtenir la vie éternelle, alors il y aurait effectivement peu de gens qui seraient sauvés. Mais si nous adoptons le point de vue scriptural de cette question, à savoir que le Seigneur cherche actuellement parmi les hommes une classe élue, très spéciale, pour être cohéritière de Son Fils dans le Royaume millénaire en tant qu' « Épouse », et que l'œuvre particulière de ce Royaume sera d'apporter à toute la famille humaine l'ordre, la justice, les bénédictions de restitution et les opportunités de vie éternelle, alors et alors seulement nous pourrons comprendre cette question et voir non seulement la justice, mais aussi la sagesse et l'amour de l'arrangement divin dans toute cette procédure. Nous sommes alors prêts à apprécier le privilège que nous avons maintenant de devenir des disciples de Jésus, abandonnant tout pour être Ses associés et Ses cohéritiers dans le glorieux Royaume à venir.
« IL S'EN ALLA TOUT TRISTE »
Le jeune homme n'avait pas à se plaindre. Celui qu'il avait reconnu comme le bon Maître, le grand Instructeur, lui avait montré, en quelques mots tirés de la Loi (Les mots : « Prends la croix » ne se trouvent pas dans le Codex Sinaiticus et le Codex Vaticanus) juste où il se trouvait - le caractère tout à fait vain de ses efforts pour se justifier selon les termes de l'Alliance de la Loi. Ce qu'il avait besoin de savoir, mais qu'il ne s'est pas arrêté à demander, c'est la question de savoir comment il pourrait y parvenir. Quelle puissance ou aide pourrait lui être apportée pour qu'il puisse surmonter son égoïsme inné, son trop grand amour pour lui-même, et donc son désir de conserver les grands biens dont il jouissait déjà et de les accroître ? S’il avait été capable de dire au Seigneur : « Maître, je m'aperçois que je ne suis pas ce que je pensais être - tu as trouvé dans mon cœur un égoïsme contraire à la norme divine, dont j'ignorais l'existence. Peux-tu m'aider à surmonter ma faiblesse ? Il me semble que cela représente un trop grand sacrifice pour moi ».
En réponse à de telles paroles, le Maître aurait sans doute dit : « Ce que je propose n'est pas aussi exagéré que tu ne le penses. Si tu consacres ton cœur entièrement à l'accomplissement de la volonté du Seigneur dans la présente situation, Je peux t'indiquer pas à pas comment tu peux réaliser cela : mais la consécration, la résolution de ta part de faire cela dans la mesure de tes capacités est nécessaire avant toute chose. Alors Ma grâce, Mon assistance, te suffiront et te permettront d'accomplir ces bons désirs de ton cœur ». Si le jeune homme avait ensuite dit : « Seigneur, je consacre tout à être Ton disciple et à obtenir la vie éternelle, aussi difficile que cela puisse être. J'accepte l'aide que Tu m'as promise dans cette voie. Maintenant, comment puis-je commencer ? ». Notre Seigneur ne lui aurait probablement pas demandé de vendre immédiatement tout ce qu'il possédait, mais de commencer par faire tout le bien qu'il pouvait trouver à faire, en utilisant le temps, le discernement et son intelligence pour déterminer les meilleures façons d'utiliser tout ce qu'il possédait, non pas comme quelque chose qui lui appartient, mais comme une fortune qu'il a consacrée au Seigneur et à Son service - la fortune du Seigneur, la propriété du Seigneur, le temps du Seigneur, l'influence du Seigneur.
Une partie de son argent aurait pu être dépensée immédiatement pour le Seigneur et Ses Apôtres, et il aurait ainsi pu commencer à participer à l'œuvre de la moisson alors en cours. Mais, dites-vous, le Seigneur et les Apôtres étaient-ils dans le besoin ? Nous répondons : Non. Le Père a veillé à ce que les moyens soient suffisants pour l'œuvre, et Il a toujours veillé aux intérêts de Sa cause. Il ne dépend pas de la générosité de l'humanité. Il est heureux d'utiliser la générosité humaine et d'accorder ainsi une bénédiction à ceux qui cherchent à rendre service à Sa cause ; mais Sa cause ne serait pas laissée sans ressources si personne n'appréciait ce privilège, car l'or et l'argent et le bétail sur mille collines appartiennent à celui qui a la supervision de Son propre travail (Ps. 50 : 10 ; Ag. 2 : 8).
Il en est de même aujourd'hui. Ce jeune homme aurait eu un privilège en rapport avec le service de la Vérité. Et c'est toujours un privilège pour chacun d'entre nous qui possède les biens de ce monde de voir ses moyens utilisés au service du Seigneur. Nous ne devons pas penser que nous assurons l'œuvre du Seigneur, et qu'Il ne pourrait pas Se passer de nous ; mais, à l'inverse, nous devons considérer qu'Il n'a besoin ni de nous ni de nos moyens ; que c'est un grand privilège que nous avons de pouvoir verser notre influence, notre temps, notre argent, tout ce que nous possédons, dans le trésor du Seigneur, pour l'utiliser à Son service. Tout ce qui ne pouvait pas être fait directement pour la cause du Seigneur pouvait être fait pour les pauvres de la nation Juive, qui représentaient indirectement le peuple du Seigneur, de sorte que tout ce qui était fait pour eux parce qu'ils appartenaient au Seigneur était autant de choses que le Seigneur accepterait comme étant faites pour Lui-même, et qu'Il apprécierait et finalement reconnaîtrait et récompenserait.
LES DIFFICULTÉS DES RICHES
Lorsque le jeune homme était parti, triste, refusant la vie éternelle que Jésus lui offrait aux seules conditions qui s'y rattachaient, Jésus regardait Ses disciples et Ses adeptes et constatait à nouveau qu'ils étaient pour la plupart des hommes sans savoir, peu instruits et des pauvres de ce monde, et Il leur disait : « Combien il est difficile à ceux qui se confient aux richesses d'entrer dans le royaume de Dieu ! ». Nous lisons que les disciples ont été stupéfaits par cette déclaration. En regardant autour d'eux, ils savaient bien que les plus éminents dans les cercles religieux étaient les riches, que ce soit en termes de richesse mentale, sociale ou matérielle. Si les grands, les savants, les docteurs de la loi, les pharisiens éminents, les chefs des synagogues, les membres du sanhédrin, etc., qui constituaient la partie la plus riche de la nation - si ceux-ci n'entraient pas dans le Royaume de Dieu, que le peuple tout entier attendait depuis des siècles - si ceux-là, qu'ils supposaient être les plus aptes à ce Royaume, et qui prétendaient être les seuls à être aptes, et si tous les autres étaient inaptes parce que dépourvus de toute sainteté, que devaient-ils penser du Royaume - qui pourrait y entrer en fait ?
Constatant leur étonnement, Jésus insiste encore davantage en disant : « Enfants [simples, non savants], combien il est difficile pour ceux qui se confient dans les richesses d'entrer dans le Royaume de Dieu ! ». Sur ce point, notre Seigneur définit la difficulté : ce n'est pas simplement le fait qu'un homme soit né riche ou que, par un moyen particulier, il ait acquis de grandes richesses - ces conditions ne l'empêcheraient pas d'entrer dans le Royaume ; mais c'est le fait qu'il aime ces richesses et qu'il se confie en elles qui empêcherait sa foi en Dieu, son amour pour Dieu, sa soumission à Dieu et son apprentissage des leçons de la foi que le plus pauvre aurait beaucoup plus d'occasions d'apprendre.
PAR LE TROU D'UNE AIGUILLE.
Notre Seigneur a insisté sur ce point en disant : « Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d'une aiguille qu'à un riche d'entrer dans le Royaume de Dieu ». La pensée n'est pas que tout le peuple du Seigneur doive être sans le sou, dépendant de la charité des autres, mais qu'ils doivent être si pleinement consacrés au Seigneur et à Son service qu'ils ne s'appartiennent plus à eux-mêmes - que leurs possessions, quelles qu'elles soient, richesses du savoir ou richesses d'argent, de maisons et de terres, ou richesses de réputation et d'honneur devant les hommes - toutes doivent être consacrées au Seigneur, pour être utilisées à Son service, pour être sacrifiées comme nos biens si nous voulons avoir une part avec Lui dans le Royaume. Nous ne devons pas fermer les yeux sur ces termes bien précis ; si nous le faisons, nous nous rendrons compte un jour que les opportunités qui nous étaient réservées nous ont échappé et sont perdues pour nous, et nous constaterons que d'autres sont entrés dans le Royaume et que nous avons échoué.
Les paroles de Notre Seigneur indiquent de la manière la plus explicite ce qui est exposé ailleurs dans les Écritures, à savoir la nécessité du sacrifice. Seul la Sacrificature Royale constituera la classe du Royaume et, comme le déclare l'Apôtre, tout membre de la Sacrificature est un sacrificateur et doit avoir quelque chose à sacrifier (Héb. 8 : 3). Nous n'avons rien de nous-mêmes qui puisse être offert à Dieu ou qu'Il soit disposé à accepter : tout sacrifice sur Son autel doit être sans tache, et nous sommes par nature souillés, enfants de la colère comme les autres (Eph. 2 : 3). C'est pourquoi nous devons tout d'abord recevoir du Seigneur Jésus, de notre Rédempteur, par la foi, la robe de Sa Justice pour couvrir nos défauts, pour nous rendre propres et acceptables pour l'autel du Seigneur, et ensuite nous devons suivre les instructions de l'Apôtre : « Je vous exhorte donc, frères, par la miséricorde de Dieu, présentez vos corps comme des sacrifices vivants, saints, agréables à Dieu, ce qui est votre service raisonnable » - Rom. 12 : 1.
Lorsque nous nous sacrifions entièrement et sans réserve, cela inclut non seulement nos cœurs, nos volontés, nos intentions, mais tout ce qu'ils peuvent contrôler - nos corps mortels, avec tout ce qui leur appartient, santé ou force, temps ou talent, influence ou argent. Celui qui fait cette consécration a la promesse d'une assistance divine pour la mener à bien - celui qui ne fait pas cette consécration ne peut avoir ni part ni lot dans le Royaume. Les paroles de notre Seigneur concernant le chameau et le trou d'aiguille sont illustrées par le croquis ci-joint d'une entrée de ville dans laquelle se trouve un petit portillon. Ces petites portes étaient appelées chas de l'aiguille. Lorsque la porte de la ville était fermée au coucher du soleil par crainte des voleurs, etc., la sentinelle ne gardait que le chas de l'aiguille, et l'entrée par celui-ci était exprès rendue pénible pour empêcher l'intrusion d'ennemis.
Nous n'avons jamais vu l'une de ces portes, mais nous avons entendu dire qu'il est possible pour un chameau de s'y faufiler à genoux, à condition que la charge soit d'abord retirée de son dos, mais nous ne pouvons en garantir la véracité. Quoi qu'il en soit, la pensée du Seigneur est évidente : aucun riche ne peut entrer dans le Royaume. La seule façon d'y entrer est de devenir pauvre, sans rien ; en sacrifiant tout, y compris les richesses sociales, politiques et financières ; ainsi, quelle que soit sa condition antérieure, on doit cesser d'être riche en son propre nom, titre et possession avant de pouvoir être accepté par le Seigneur comme digne du Royaume. L'esprit de la Sacrificature Royale doit être un esprit d'abnégation et non d'égoïsme. La grande œuvre de l'avenir sera de bénir, d'élever et d'aider le monde, et le Seigneur recherche maintenant les « élus », ceux qui manifesteront une sympathie pour les désirs du cœur en accord avec les termes et les conditions du Royaume qu'Il est sur le point d'établir. Tous les autres seront exclus.
LE ROYAUME : L'ESPOIR DU MONDE.
Où serait donc l'espérance du jeune homme riche et de tous ceux qui, de nos jours, sont riches au niveau mental, social et matériel, mais qui n'exercent pas la foi et ne font pas la consécration au Seigneur, sans laquelle ils ne peuvent avoir part au Royaume ? Quelles dispositions Dieu a-t-il prises pour eux ? Nous répondons que « Jésus-Christ, par la grâce de Dieu, a goûté la mort pour tout homme », qu' « il est la propitiation pour nos péchés [les péchés de l'Église, qui maintenant l'accepte, abandonne tout et devient Son disciple], et non seulement pour les nôtres, mais aussi pour ceux du monde entier » (Héb. 2 : 9 ; 1 Jean 2 : 2).
L'humanité entière doit bénéficier de ce grand sacrifice pour les péchés, que Dieu Lui-même a organisé. Le jeune homme riche et toutes les familles de la terre doivent être bénis, et le moment de leur bénédiction est spécifiquement indiqué par le Seigneur comme étant sous Son Royaume établi. Seule une classe de fidèles sacrificateurs spécialement élus et sélectionnés constituera ce Royaume. Ceux-ci, avec le cher Rédempteur, sur le plan spirituel, constitueront la semence d'Abraham, par laquelle toutes les familles de la terre doivent être bénies. Sous le règne de ce Royaume, Satan, le péché et l'égoïsme seront détrônés. De diverses manières, les conditions entre les hommes seront modifiées de telle sorte que les richesses n'exerceront plus sur l'humanité un lien aussi fort que celui qu'elles ont maintenant ; les connaissances auront augmenté de telle sorte que tous pourront les acquérir librement, pleinement ; les bonnes choses de la vie seront rendues si répandues, si générales, que tous pourront en jouir ; le nom et la renommée n'iront qu'à ceux qui les méritent. Sous ces nouvelles conditions, nous pourrons voir le jeune homme se réjouissant d'avoir la vie éternelle par l'acceptation de l'arrangement divin. Le sacrifice ne sera plus possible et ne sera plus exigé, de même que les anges du ciel ne sont pas tenus de sacrifier. Seuls le Christ Jésus, notre Seigneur, et l'Église, Son Épouse, sont soumis à cette rude épreuve, invités à sacrifier leurs intérêts ; et c'est à eux que sont accordées les très grandes et précieuses promesses de Dieu, et c'est à eux que sera donnée la grande exaltation à la gloire, à l'honneur et à l'immortalité par laquelle ils seront non seulement supérieurs aux hommes, mais aussi bien au-dessus des anges, des principautés et des puissances et de tout nom qui se nomme - près du Père - Éph. 1 : 21.
C'est ce que notre Seigneur a voulu dire par Sa déclaration : « Pour les hommes, c'est impossible, mais non pas pour Dieu ». Il a dit cela en réponse à la question des disciples : « Qui donc peut être sauvé ? ». Il n'était pas le temps alors d'expliquer que dans le Plan de Dieu, divers moyens de salut sont prévus - que d'abord vient le salut spécial, et que plus tard viendra le salut général, qui permettra à des gens comme ce jeune homme riche et à d'autres qui aiment la justice et détestent l'iniquité d'obtenir la vie éternelle par Jésus-Christ notre Seigneur. En vertu de la Loi, une telle chose n'était pas possible, mais Dieu a rendu possible ce plan de salut par Jésus, qui non seulement a rempli les exigences de la Loi pour Lui-même, mais S'est sacrifié pour ceux qui étaient condamnés en vertu de la Loi, afin que Dieu puisse être juste et justifier celui qui croit en Jésus - non seulement ceux qui sont maintenant appelés dans l'élection au Haut-Appel, la vocation céleste, mais aussi ceux qui auront une part dans la grande œuvre de restitution et d'élévation qui suivra l'établissement du Royaume.
« QU'AURONS-NOUS ? »
Une nouvelle idée concernant le caractère exceptionnel de l'offre du Royaume touchait les Apôtres, et Pierre, leur porte-parole, attirait l'attention sur le fait que, bien qu'ils ne soient pas riches, ils avaient abandonné tout ce qu'ils possédaient pour devenir les disciples du Seigneur, et qu'il désirait donc avoir l'assurance que lui et ses compagnons seraient dans le Royaume. La réponse de Notre Seigneur fut certainement amplement satisfaisante pour Ses chers disciples : il leur assura que tout homme qui a quitté sa maison, ses frères, ses sœurs, sa mère, son père, ses enfants ou ses terres à cause de Lui et de l'Évangile, recevrait en retour le centuple maintenant, dans ce temps-ci, avec des persécutions, et finalement, dans le monde à venir, il recevrait aussi la vie éternelle. Cela constituait un encouragement pour les Apôtres, et il en est de même pour tous ceux qui sont le peuple du Seigneur aujourd'hui. La suggestion est que plus nous abandonnons, plus nous sacrifions, plus notre perte actuelle est grande pour l'amour du Royaume, plus grande sera notre récompense, maintenant et dans l'au-delà.
Oh, si nous pouvions avoir cette pensée bien présente à l'esprit en permanence, comme nous rivaliserions les uns avec les autres dans nos efforts pour nous consacrer et nous consommer au service d'un si gracieux Maître, dans une mission si glorieuse et avec des perspectives et des récompenses si grandes. Les paroles de notre Seigneur étant vraies, il est évident que ceux qui reçoivent peu du Seigneur dans la vie présente et qui n'ont que de faibles perspectives de participation au Royaume dans l'avenir sont à blâmer. Ils devraient se demander : « Qu'ai-je sacrifié ? Qu'ai-je abandonné, à cause du Seigneur, à cause des frères, à cause du Père ? ». Les conditions sont précises, donc ceux qui n'ont rien à sacrifier ne peuvent avoir de récompense. Mais qui n'a rien à sacrifier ? Nous ne connaissons personne de si pauvre qu'il ne puisse sacrifier quelque chose, et plus nous sommes pauvres, plus nous devons nous efforcer de trouver quelque chose à rendre au Seigneur notre Dieu.
A cet égard, nous devons nous rappeler que la chose que le Seigneur apprécie le plus et que nous avons le plus de mal à sacrifier est le moi. C'est pourquoi nous lisons : « O Dieu ! tu ne mépriseras pas un cœur brisé et humilié » (Ps. 51 : 17). Si nous avons donné notre cœur au Seigneur, nous Lui avons donné tout ce que nous possédons, et Il veillera à ce que cela nous coûte suffisamment pour éprouver la loyauté et la sincérité de notre sacrifice ; et comme nous voyons l'épreuve venir jour après jour, nous ne devons pas nous laisser intimider, mais nous rappeler que le Seigneur a promis que Celui qui est de notre côté est plus grand que tous ceux qui sont contre nous, et encore que Sa grâce est suffisante pour chaque temps de besoin. Ainsi, lorsque des épreuves et des difficultés, des douleurs et des peines, des persécutions ou des calomnies nous atteignent, nous devons nous réjouir et être dans l'allégresse. Ces indications que nous sommes dans la main du Seigneur comme des élèves à l'école du Christ sont des preuves que nous faisons partie des élus qui sont façonnés et polis, adaptés et préparés pour des places dans le Royaume. Nous devons nous rappeler que toutes ces épreuves et ces difficultés rencontrées de manière appropriée, auxquelles nous répondons loyalement, produisent pour nous un bien plus grand et éternel trésor de gloire. Nous devons donc supporter la perte de nos biens avec patience, avec joie, sachant que dans le ciel nous avons des richesses durables, des amitiés durables, une connaissance durable et des bénédictions de toutes sortes.
Mais même dans cette vie présente, combien le Seigneur nous accorde de joies : nos joies seront proportionnelles à notre loyauté en esprit dans les sacrifices. Si nous aimons beaucoup, si nous sommes prompts et généreux dans nos sacrifices, nous serons à notre tour beaucoup aimés du Seigneur, bénis et consolés, comme Il l'a déclaré, et cela cent fois plus que toutes nos détresses. Qui sont ceux qui ont cent fois plus que ce qu'ils donnent au Seigneur ? Qui sont ceux dont les joies sont plus de cent fois supérieures à leurs peines, épreuves et difficultés, douleurs et déceptions ? Ce sont les élus de Dieu, que Jésus n'a pas honte d'appeler Ses frères.
BEAUCOUP DE PREMIERS SERONT DERNIERS.
« Beaucoup de premiers seront les derniers, et les derniers seront les premiers », telles sont les dernières paroles de notre Seigneur dans cette leçon. Que voulait-il dire ? Ses paroles sont en rapport avec le discours prononcé juste avant. Le jeune homme riche, les sacrificateurs, les scribes, les pharisiens et les riches en général, semblaient aux disciples avoir de bien meilleures chances d'accéder au Royaume que les pêcheurs et les collecteurs d'impôts, moins instruits, moins nobles, moins influents et moins riches, etc. Pourtant, ces derniers, bien qu'apparemment moins favorisés de Dieu, apparemment défavorisés par le manque d'influence, etc. étaient en réalité avantagés. Il leur était plus facile de s'humilier, de sacrifier les intérêts et les ambitions terrestres, de se consacrer entièrement au Seigneur, que pour ceux qui avaient de plus grands avantages à tous points de vue. Au contraire, comme nous l'avons vu, la position, l'honneur des hommes, la richesse et l'éducation étaient autant d'obstacles pour devenir des disciples de Jésus. Ainsi, ceux qui étaient les premiers ou les plus importants en apparence en termes d'opportunités étaient en réalité moins favorisés, tandis que ceux qui avaient moins d'opportunités étaient en réalité les premiers ou les plus favorisés du point de vue divin.
« RENONCER À TOUT ».
Gardons-nous d'une interprétation erronée des paroles de notre Seigneur concernant le père, la mère, les maisons, les terres, etc. Notre Seigneur n'a certainement pas voulu dire que nous devions sacrifier les autres pour être Ses disciples. Notre Texte d'Or exprime la pensée que nous voudrions appliquer : c'est nous-mêmes que nous devons renier, nous-mêmes que nous devons sacrifier. Ainsi, en faisant notre consécration et en nous efforçant de l'accomplir, nous devons nous en souvenir, et traiter avec justice et amour ceux qui dépendent de nous et dont nous sommes responsables par des liens naturels. Par exemple, la vente de maisons et de terres, l'abandon de celles-ci, ne signifierait pas que le Seigneur voudrait que nous privions nos familles du confort nécessaire et des provisions temporelles. D'autres Écritures le montrent clairement : celui qui ne pourvoit pas aux besoins des siens, de ceux dont il a la charge, est pire qu'un incroyant. Il serait pire pour n'importe quel membre du peuple du Seigneur de négliger les obligations du devoir que pour un incroyant de le faire, parce qu'avec sa lumière supérieure et son esprit plus sage, il devrait évaluer la situation plus correctement que les autres, et donc être plus juste dans ses relations avec ceux qui dépendent de lui.
Cela ne signifie pas, pour autant, que nous devions céder aux caprices et aux fantaisies des amis, des voisins, des parents ou des enfants en ce qui concerne notre conduite en tant que disciples du Seigneur. Nous ne sommes pas là pour plaire aux hommes - et le seul qui a le droit de nous gouverner et le seul auquel nous devons obéir est le Seigneur Jésus. Si, par conséquent, un homme estime qu'il a pris des dispositions appropriées pour ses enfants ou ses parents, de sorte qu'ils ne manquent de rien quant à une part raisonnable des nécessités et du confort de la vie, c'est à lui, et non à eux, de décider de la manière dont il doit dépenser son temps, son énergie et ses autres moyens. Il ne doit pas chercher à accumuler des richesses pour eux, il ne doit pas considérer que les richesses qui lui ont été confiées leur appartiennent. Il doit comprendre qu'il a une responsabilité envers eux en tant que père ou fils, et une autre responsabilité envers le Seigneur, et que le Seigneur non seulement veut mais ordonne que les responsabilités de la vie soient remplies par lui. Tout ce qu'il possède de plus, il le détient simplement en tant qu'intendant, pour l'utiliser au service du Maître.
Alors, chers amis, quelle que soit notre position, souvenons-nous qu'il n'y a qu'un seul chemin étroit vers le Royaume, et qu'il n'est ouvert que pendant cet Âge de l'Évangile, et que la route de la sainteté appartient à l'Âge suivant. Tout en nous réjouissant que le monde, actuellement peu disposé à emprunter le chemin étroit, aura les glorieuses opportunités du grand chemin d'ici peu, réjouissons-nous que la grande faveur de Dieu concernant ce chemin étroit ait été portée à notre attention, et que nous ayons le privilège de marcher sur les traces de Jésus, avec l'assurance de Son assistance tout au long du voyage jusqu'au bout, et avec la gracieuse promesse de la vie éternelle et de la participation au Royaume. « Si quelqu'un veut venir après moi, qu'il renonce à lui-même [qu'il se sacrifie lui-même, ses intérêts personnels, ses ambitions, etc.], qu'il prenne sa croix et qu'il me suive ».