R 3603 (EB 297 p.31)
LES ÉLÉMENTS DE LA SAGESSE.
« PLEINE DE MISÉRICORDE ET DE BONS FRUITS ».
« Acquiers la sagesse, et, au prix de toutes tes acquisitions, acquiers l'intelligence» - Proverbes 4 : 7.
« Mais la sagesse d'en haut est premièrement pure, ensuite paisible, modérée, traitable, pleine de miséricorde et de bons fruits » - Jacques 3 : 17.

Ces conseils célestes sont renfermés dans la Parole du Seigneur depuis des siècles. Ils sont entre nos mains et devant nos yeux depuis des années. Nous les connaissons, nous les approuvons, et cependant bien peu semblent savoir comment les appliquer dans les affaires ordinaires de la vie. Certainement, le Seigneur qui nous observe d'en haut doit Se dire : ces personnes demandent ligne de conduite sur ligne de conduite, précepte sur précepte, instruction et répétition continuellement.

Nous pourrions bien être tous complètement découragés si nous n'avions pas l'assurance que le Seigneur regarde plus profondément que la conduite extérieure, qu'Il discerne les pensées et les intentions du cœur, et qu'Il exerce Son jugement envers nous en fonction de ce qu'Il perçoit être nos désirs et nos efforts. Les pensées et les intentions de notre cœur se révèlent parfois en deçà du modèle que nous-mêmes approuvons, et combien une grande partie de notre conduite resterait au-dessous de tout modèle que nous pourrions approuver si nous étions capables de nous voir nous-mêmes comme les autres nous voient, et spécialement comme le Seigneur nous voit !

Nous ne cherchons à décourager aucun des chers frères ou sœurs qui, péniblement, laborieusement, s'efforcent d'atteindre un plan plus élevé dans leur marche avec le Seigneur. Au contraire, nous n'éprouvons que de la sympathie pour eux et sommes convaincu que le Seigneur considère tous, eux comme nous, avec compassion : « Car il sait de quoi nous sommes formés, il se souvient que nous sommes poussière » (Ps. 103 : 14). Le Seigneur comprend que nous sommes des créatures imparfaites et déchues, et Il n'attend pas de nous la perfection. Par le mérite du sacrifice de notre Seigneur, Il a pris des dispositions pour couvrir nos imperfections, qu'au fond, nous n'approuvons pas.

LES PAROLES, UNE INDICATION DE LA CONDITION DE CŒUR.

Il nous a également donné l'instruction relativement à Sa volonté, et nous scrute attentivement jour après jour afin de voir dans quelle mesure notre amour pour Lui et pour les principes de justice qu'Il a énoncés, et que nous reconnaissons, s'inscrivent dans notre vie et en dirigent les efforts et la conduite. Les paroles de nos lèvres ne sont que l'écho de notre cœur et, dans la mesure où notre cœur est pur, nos paroles seront pures, et dans la mesure où notre cœur est aimant, traitable et bon, nos paroles et notre conduite seront conformes à ces qualités divinement approuvées.

PREMIÈREMENT PURE, ENSUITE PAISIBLE.

Examinons-nous de nouveau nous-mêmes pour connaître la condition de notre cœur, nous souvenant de la parole du Seigneur que si nous nous jugions nous-mêmes il ne serait pas nécessaire qu'Il nous juge, mais si nous négligeons de nous corriger nous-mêmes Il nous châtiera, parce que nous remettons notre cause entre Ses mains, car nous sommes Siens. Le mot pur renferme la pensée d'innocence, sans fourberie ; la pensée de vertu et de chasteté ; la pensée de netteté et de vérité. Nous ne pouvons espérer que certains soient véritablement purs dans le sens absolu du terme, mais nous nous réjouissons de ce que notre cher Maître donna la clé pour une compréhension correcte de la question quand Il déclara : « Bienheureux ceux qui sont purs de cœur ». Aussi longtemps que nous sommes dans cette condition présente, imparfaite, la pureté absolue est impossible. Pour nous, être pur de cœur est possible - la pureté d'intention, la pureté de mobile.

Lorsque nous entreprenons un examen de conscience afin de voir si nous employons ou non notre temps, nos talents et notre influence sagement, voici le premier point utile pour un examen rigoureux : Sommes-nous purs de cœur dans notre vie courante quotidienne ? Sommes-nous sincères dans les prières que nous exprimons au Seigneur, dans nos efforts pour Lui être agréables ? Sommes-nous sincères et honnêtes dans notre relation à l'égard du Père ? L'aimons-nous d'un amour pur, de tout cœur, avec ferveur, ou non ? Que chacun juge ce point pour lui-même avant de passer au suivant. Si, après examen, nous trouvons que notre cœur n'a pas été pur en ce qui concerne notre relation avec notre Seigneur et Sa Parole, et avec le Père, n'allons pas plus loin avant d'avoir sollicité le pardon divin, et prenons la résolution qu'avec la grâce secourable du Seigneur nous ne serons rien moins que purs de cœur, purs en intention.

Si nous pouvons être sûrs que nos mobiles et nos intentions n'ont rien qui s'apparente à de l'égoïsme, que nos desseins sont purs aux yeux du Seigneur, alors véritablement notre cœur peut se réjouir quelles qu'aient pu être nos faiblesses et imperfections de la chair, dans notre relation envers notre Seigneur, ou le Père, ou nos voisins, ou le monde.

Le point suivant est : sommes-nous pacifiques ? Avons-nous cherché à cultiver la paix ou, comme les Écritures le suggèrent, à poursuivre « la paix avec tous, et la sainteté, sans laquelle nul ne verra le Seigneur » ? (Héb. 12 : 14). Avons-nous vécu aussi paisiblement, d'un cœur aussi pur qu'il nous est possible, envers Dieu, Sa Parole et Son peuple ? S'il en est ainsi, nous avons un motif de nous réjouir de nouveau et d'être vaillant ; sinon, voilà une autre leçon et une autre occasion favorable d'aller à Dieu pour reconnaître notre faute, de prier afin d'obtenir davantage de cette sagesse d'en haut, laquelle est premièrement pure et ensuite, autant que possible, paisible à l'égard de tous - une paix aimante, une paix bien disposée.

TRAITABLE.

Qu'en a-t-il été pour nous ? Avons-nous été insensibles, froids et distants, ou nous sommes-nous montrés aimables, bienveillants, sympathiques envers ceux avec lesquels nous sommes en contact, faciles à implorer, désireux, oui, soucieux de faire tout ce qui, selon notre jugement, semblerait convenable, raisonnable et juste de faire, dans l'intérêt et pour le bien-être des autres ? Si c'est le cas, nous pouvons nous en réjouir, mais n'en tirons pas de conclusion trop hâtive, et ne nous félicitons pas trop rapidement à ce propos avant d'avoir procédé à un examen minutieux de notre conduite. Quelqu'un a-t-il réclamé notre pardon que nous avons refusé ? S'il en est ainsi, notre condition est vraiment dangereuse. Le Seigneur déclare de la manière la plus positive que si telle devait être notre attitude, nous ne pouvons espérer aucune miséricorde de Sa part jusqu'à ce que celle-ci soit corrigée. Il insiste sur ce point – « Voici donc comment vous devez prier ... pardonne-nous nos offenses, comme nous aussi nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés » (Seg.).

PARDONNANT DE TOUT CŒUR.

En insistant sur le sujet, le Maître expliqua : « Mais si vous ne pardonnez pas aux hommes leurs fautes, votre père ne pardonnera pas non plus vos fautes ». Quelle pensée ! Avons-nous besoin de miséricorde ? Avons-nous besoin que nos fautes et nos faiblesses de la chair soient couvertes ? Nous réjouissons-nous du privilège de nous approcher de Dieu pour obtenir miséricorde ? Alors, comme condition à ces privilèges et bénédictions, nous devons être dans l'attitude de cœur où non seulement nous pardonnons à ceux qui nous offensent, mais nous leur pardonnons joyeusement, librement, de tout cœur. Notre Seigneur nous met en garde contre le fait de pardonner des lèvres, ce qui ne renferme pas le pardon du cœur : « Si vous ne pardonnez pas de tout votre cœur » (Matth. 18 : 35).

Que personne ne se méprenne - la miséricorde est une qualité primordiale pour quiconque voudrait être compté parmi le peuple du Seigneur, et s'estimer comme ayant quelques-unes des preuves d'acceptation par le Seigneur pour obtenir le salut dans Son Royaume. Si, par le passé, nous avons été négligents à cet égard, soyons maintenant d'autant plus zélés pour rectifier les choses, et davantage sur nos gardes quant à l'avenir afin de ne pas nous engager plus avant dans l'erreur de cette voie.

PLEINE DE MISÉRICORDE ET DE BONS FRUITS.

L'essence même de toute la question se situe ici : le Seigneur est très miséricordieux - Amour est Son nom - et, en proportion où nous avons reçu Son esprit, nous sommes remplis d'amour et de miséricorde. Celui qui manque de miséricorde manque de l'esprit du Seigneur ; ainsi lorsque nous lisons : « Mais si quelqu'un n'a pas l'Esprit de Christ, celui-là n'est pas de lui », nous devrions substituer le mot miséricorde et dire : Si quelqu'un n'a pas de miséricorde, celui-là n'est pas de Christ. Prions : Seigneur miséricordieux, aide-nous, afin que nous puissions posséder de plus en plus de Ton esprit de compassion, de sympathie et d'amour, afin que nous puissions devenir de plus en plus des copies de Ton cher Fils, et ainsi des copies de notre Père dont la miséricorde subsiste à toujours, et des disciples obéissants de Celui qui déclara que : nous devrions être prêts à pardonner jusqu'à soixante-dix fois sept fois, pleinement et gratuitement, de tout cœur, ceux qui pèchent contre nous et se repentent (Matth. 18 : 22) !

Pleine de bons fruits ! Oui, plus nous abondons en miséricorde, plus nous pouvons posséder des autres grâces de l'esprit du Seigneur. C'est en réalité une qualité négative : elle signifie tout simplement que nous ne nous offensons pas des méchancetés des autres, que nous sommes disposés à pardonner, à avoir de la compassion. Il faut davantage encore car nous devons aussi posséder les traits de caractère actifs qui s'étendront envers les autres - ne pas les blesser, ne pas les décourager, ne pas les calomnier, ne pas médire d'eux, mais leur faire du bien. Les fruits de l'esprit du mal sont la colère, la malice, la haine, l'envie, l'esprit de querelle. Celui qui découvre l'un de ces fruits enfoui quelque part dans son cœur devrait à la fois œuvrer et prier pour se purifier du levain de corruption, afin qu'il puisse être complètement rempli des fruits de l'esprit, de bons fruits - la douceur, la bienveillance, la patience, la longanimité, l'affection fraternelle, l'amour, pourque ces choses puissent être en lui et y abonder.

L'AFFECTION FRATERNELLE.

Si nous faisons preuve de miséricorde à l'égard d'un condisciple chrétien qui a peut-être péché contre nous, nous ne devons pas nous en glorifier mais prendre conscience que nous aussi avons beaucoup été pardonnés et sommes l'objet de la miséricorde divine, et que nous devons persévérer pour cultiver notre cœur et être remplis des autres bons fruits. Nous devrions apprendre à exercer la patience envers un frère, afin de l'aider à surmonter ses difficultés et faiblesses naturelles d'une manière qui soit la plus aimable, la plus bienveillante, la plus compatissante, n'oubliant pas que nous-mêmes pourrions être tentés. Nous devrions être prompts à exercer l'affection fraternelle, pas uniquement à l'égard de ceux dont nous admirons les dispositions naturelles parce qu'elles sont semblables ou supérieures aux nôtres, mais plutôt, notre amour pour le Seigneur et pour les frères devrait nous conduire à sacrifier nos goûts et penchants naturels au point d'être en mesure de procurer encouragement et assistance d'une manière convenable aux condisciples chrétiens qui sont naturellement moins aimables, ou qui ont fait moins de progrès, ou dont les faiblesses ou les manquements sont plus apparents.

Ce sera de l'affection fraternelle, et également la ressemblance à Dieu, car le Tout-Puissant et notre Seigneur Jésus, bien qu'ayant la communion attendue avec les êtres saints dans les cieux, S'abaissèrent ainsi vers nous et S'inclinèrent continuellement pour nous écouter, compatir et nous aider. Soyons donc davantage semblables à Dieu dans notre relation et nos rapports les uns avec les autres et, ensuite, ces divers éléments de l'amour se formeront graduellement en nous jusqu'à ce que, par la grâce de Dieu, nous soyons remplis de Son esprit, l'esprit d'amour - jusqu'à ce que nous possédions cette loi parfaite contrôlant totalement toutes nos paroles, pensées et actions. Tenons fermes, attendant le glorieux Royaume que le Seigneur a promis à tous ceux qui triomphent du monde et de son esprit de péché, d'amertume et de méchanceté.