Le mot « circonspect » vient de circum, autour, et spectus, regarder. Le sentier du vrai chrétien est tellement étroit, tellement encombré d'épreuves, de trappes et de ruses du malin que même que si nous y marchions sans prendre garde, (ce qui ne veut pas dire avec méchanceté), nous risquerions beaucoup d'y rencontrer des désagréments. Il nous faut donc, non seulement regarder tout autour de nous, à chaque pas, mais qui plus est, être sages - plus sages que nos semblables sur la terre – sages de la sagesse qui vient d'en-haut, laquelle est pure, pacifique, affectueuse, tout en demeurant avant tout loyale envers le Seigneur et envers sa Parole.
Nous trouvant à un point central où affluent, par la poste, les récits des épreuves et difficultés par lesquelles la plupart du peuple du Seigneur sont appelés à passer, nous sommes bien placés pour savoir que leurs épreuves sont maintenant plus nombreuses et plus sévères qu'elles ne l'avaient été depuis longtemps. Des appels pour nos prières en leur faveur et pour nos conseils touchant les voies du Seigneur arrivent presque à chaque courrier de la part d'éprouvés anxieux de « marcher avec circonspection ». Nous y répondons avec joie, au mieux de nos capacités - indiquant les directives scripturales qui guideront sûrement tous ceux qui veulent marcher avec le Seigneur.
Nous voudrions maintenant attirer l'attention sur quelques principes généraux, applicables, à tout moment, pour tout membre du corps de Christ, mais dont il est spécialement nécessaire de se souvenir et qu'il faut particulièrement pratiquer au temps présent, à cause de l'activité spéciale de l'adversaire, « car les jours sont mauvais ». Il devait en effet apparaître qu'à la fin de l'Âge de l'Évangile, comme à la fin de l'Âge judaïque, l'opposition s'élèverait, non seulement dans les synagogues, de la part des scribes et des pharisiens, mais dans le cercle de la famille - entre parents et enfants, maris et femmes - et au sein du peuple de Dieu. Dans la proportion où l'adversaire cherche à fomenter le trouble, que chaque consacré soit davantage en garde afin de ne commettre aucune offense évitable, soit en paroles soit en actions. « Marchez avec circonspection ... , car les jours sont mauvais », ce sont des jours d'épreuves particulière, de critérium spécial.
Les secours que nous avons à suggérer sont les suivants :
I. Que chacun prenne la décision de s'occuper de ses propres affaires.
Les injonctions des Ecritures à ce sujet nous avertissent de ne pas nous ingérer dans les affaires des autres. Quiconque a l'expérience de la vie a appris que c'est là une bonne règle ; pourtant, peu marchent d'après elle, avec circonspection. Si nos propres affaires et le service du Seigneur ne suffisent pas pour remplir nos mains, nos moments et nos bouches, c'est qu'il y a chez nous quelque chose de mauvais qui nécessite un redressement par la prière attentive et l'étude sérieuse de la Parole divine.
Cela ne veut pas dire que nous devrions être indifférents du bien d'autres qui sont à notre charge ou desquels nous sommes à un certain point responsables ; mais même en agissant pour eux, nous devrions être soucieux de reconnaître leurs droits et ceux des autres, et spécialement soucieux de ne pas excéder nos propres droits. N'oublions jamais que la justice doit invariablement gouverner nos interventions dans les affaires d'autrui, bien que nous ne puissions exiger la justice totale en ce qui concerne nos intérêts personnels, exerçant, au contraire, la miséricorde.
II. Pratiquons une grande patience envers les autres et envers leurs fautes - plus même que lorsqu'il s'agit de nous et de nos propres manquements.
Si nous nous rappelons que le monde entier est mentalement, aussi bien que physiquement et moralement, affaibli par la chute, cela devrait nous rendre très indulgents pour les manquements de nos semblables. Le Seigneur étant tout disposé à couvrir gracieusement nos faiblesses avec le mérite de Son précieux sang, nous ne pouvons mieux faire que d'être « pleins de compassion » et tendrement sensibles à l'égard des autres - que leurs fautes soient plus grandes ou d'un autre genre que les nôtres. Cette règle générale est spécialement applicable à nos propres enfants. Leurs défauts viennent, à un certain degré, de nous et par nous ; de là, en agissant à l'égard de leurs manquements, devrions-nous le faire exactement comme s'il s'agissait de nous-mêmes, fermement, rigoureusement, en vue de leur correction dans la justice, mais avec sympathie, avec miséricorde, avec amour.
III. Ne soyons pas susceptibles et facilement froissés.
Considérons les paroles et les actions des autres aimablement, avec charité. Tout léger manque d'égard ou coup pourrait bien être considéré comme indigne d'être remarqué - être recouvert du manteau de la générosité et de l'amour. Une offense sérieuse devrait être présumée comme étant non intentionnelle et les explications demandées, en des termes qui n'excitent pas à la colère mais en « paroles assaisonnées de grâce » (voir Col. 4 : 6). Dans la majorité des cas, il sera prouvé qu'il n 'y avait nulle offense en vue. Cette règle, dans les Écritures, vient sous les instructions enjoignant de ne pas se livrer aux « mauvais soupçons » (1 Tim, 6 : 4 ; 1 Cor. 13 : 5) - imaginant de mauvaises intentions et de méchants motifs derrière les paroles et les actes des autres. Les « mauvais soupçons » sont classés par l'Apôtre comme contraires aux paroles de notre Seigneur Jésus, opposés à la piété et provenant du même esprit que l'envie et les querelles - d'un entendement corrompu, œuvres de la chair et du diable (1 Tim. 6 : 3-5 ; Gal. 5 : 19-21). L'autre côté de ce sujet ressort de l'injonction de l'Apôtre concernant les éléments de l'esprit d'amour, duquel sont engendrés les enfants de Dieu et qu'ils doivent journellement cultiver - son développement étant une des principales preuves de ce qu'ils sont des « vainqueurs ». Il dit : « La charité est patiente ; elle est douce et bienfaisante ; ... elle ne se pique et ne s'aigrit de rien, elle n'a point de mauvais soupçons ; elle supporte tout, elle croit tout [favorablement], elle espère tout, elle souffre tout ».
On pourrait désirer que cette disposition pût s'imposer souvent aux mal disposés. Mais nous répliquerons que ceux qui possèdent l'esprit d'amour ne sont pas nécessairement obtus ni mous ; leurs expériences, dans la culture de ce degré d'amour, a contribué à les développer et à les rendre possesseurs « de l'esprit de connaissance et de crainte de l'Eternel » - (version anglaise littérale : « d'intelligence prompte dans la crainte de l'Eternel » - Es. 11 : 3). Ils seront prudents là où il y a simplement l'apparence du mal, évitant même l'imputation de mauvaises intentions, jusqu'à ce qu'ils soient forcés de les admettre par une évidence indiscutable. D'ailleurs, il serait de beaucoup préférable de courir quelques risques insignifiants et de souffrir quelques légères pertes, à maintes reprises, plutôt que d'accuser une seule personne innocente. Le Seigneur qui a indiqué cette voie est hautement capable de nous donner la compensation de toute perte, quelle qu'elle soit, subie en suivant Son conseil. Il est, à la fois, apte et désireux de faire concourir toutes expériences dans ce sens, au bien de ceux qui L'aiment. Il place, au premier plan, l'obéissance à Ses arrangements (même avant le sacrifice), disant : « Vous êtes mes disciples, si vous faites ce que je vous commande ».
Quiconque néglige les commandements du Seigneur concernant les « mauvais soupçons » se prépare un piège dans lequel il tombera, quand bien même il marcherait avec « circonspection » dans les autres domaines, car un cœur imprégné de doute et de suspicion envers ses semblables est plus qu'à moitié préparé pour douter de Dieu. L'esprit d'aigreur et d'amertume combat contre l'esprit du Seigneur, l'esprit d'amour ; l'un ou l'autre sera vainqueur. Le mauvais esprit doit être chassé sous peine de souiller le chrétien et d'en faire un « réprouvé ». Au contraire, si la nouvelle nature est « victorieuse », ce sera de cette manière : les mauvais soupçons étant vaincus, la moitié de la bataille contre les difficultés et les ennuis présents est gagnée (Manne du 13 février). Les soupçons viennent du cœur, et nous conduisent à de bonnes ou à de mauvaises paroles et actions.
IV. Ne rendons point médisance pour médisance.
Si vous avez été l'objet de médisance, vous pouvez vous expliquer, vous justifier, soit en public, soit en privé. Mais ne faites surtout rien de plus. Si vous médisez en retour, vous faites sortir deux maux d'un seul. Que personne ne rende à autrui mal pour mal ; non, pas même si le que vous auriez à dire serait la vérité, même si votre prochain a proféré des choses inexactes. En vous opposant aux fausses accusations et en les expliquant, souvenez-vous de ne pas aller au-delà en faisant des contre-accusations contre votre diffamateur, car vous deviendriez aussi, ce faisant, un calomniateur.
Voilà la règle des Ecritures. Nous devons faire aux autres ce que nous voudrions qu'ils nous fassent et non pas ce qu'ils nous font. Les méchancetés qui nous sont faites ne justifieront jamais celles que nous ferions. Les enfants de Dieu ne doivent avoir aucune sympathie avec l'erreur de Satan : « Faire le mal afin qu'il en sorte du bien ». Si les Ecritures ne nous empêchent, en aucun texte, de démontrer les erreurs et les faux rapports des médisants, l'expérience prouve que si nous suivions Satan et ses serviteurs égarés dans l'injustice qui nous entourent, en contredisant chaque critique adverse et chaque faux rapport, nous aurions bien trop de besogne. Et si Satan nous trouvait disposés à le faire, il nous conduirait à une course telle que nous ne trouverions plus aucun moment pour proclamer les bonnes nouvelles de grande joie ; il gagnerait la victoire que nous perdrions.
Confions plutôt notre réputation à Dieu, comme une partie du sacrifice que nous avons déposé à ses pieds, quand nous avons tout abandonné, en obéissant à « l'appel » à courir dans la lice pour le grand prix de notre Haut-Appel. Si nous souffrons ainsi quelque dommage fait à notre réputation, à cause de notre détermination de ne pas négliger les affaires du Roi pour combattre pour notre vaine gloriole personnelle, nous pouvons être sûrs que, pour Lui, cela sera compté comme enduré à cause de Christ ; et la récompense dans les cieux en sera d'autant plus grande quand la bataille terminée, les vainqueurs seront couronnés.
Dans l'intervalle, il convient, toutefois, que chacun des disciples du Seigneur soient aussi circonspects que possible à chaque pas sur le sentier. Rappelons-nous que, dans la mesure de notre fidélité et de notre zèle à laisser briller la lumière, nous aurons à faire face à l'opposition maligne de notre grand adversaire qui cherche à déchirer et à tordre, à déformer et à décolorer malicieusement chacune de nos paroles et de nos actions ; car l'accusateur des frères ne peut trouver aucune accusation réelle, et il est extrêmement furieux contre les humbles serviteurs de la Vérité, comme il le fut contre le Principal Serviteur, notre Seigneur. Souvenons-nous qu'Il fut crucifié comme violateur de la Loi à l'instigation des éminences de l'église et trahi à leur profit par un de Ses disciples.
« Considérez celui qui rencontra une telle contradiction de la part des pécheurs de peur que vous vous laissiez l'âme découragée », quand nous serons attaqués par l'adversaire - quels que soient ses agents et quels que soient leurs projectiles. Il ne peut détruire, mais seulement accroître notre réputation aux yeux du Seigneur, si nous supportons fidèlement ; il ne peut faire aucun tort extérieur que Dieu ne puisse gouverner en vue du bien de Sa cause, bien qui peut signifier la séparation de l'ivraie du froment.
V. Médire, dévorer et calomnier est strictement prohibé au peuple de Dieu, comme diamétralement contraire à Son esprit d'amour, même quand la mauvaise chose est vraie.
Comme préventif de tout ce qui est de la nature de la médisance, les Écritures montrent très soigneusement la seule et unique voie de redressement des torts, en Matth. 18 : 15-17. Même des chrétiens avancés paraissent ignorer complètement cette règle divine, et c'est pourquoi il arrive souvent que des chrétiens de nom sont les plus déclarés des fomenteurs de scandales. Et pourtant, ce commandement n'est-il pas l'un des rares commandements spéciaux, spécifiques que formula notre Seigneur ? Considéré en liaison avec l'affirmation, « Vous êtes mes disciples, si vous faites ce que je vous commande », sa constante violation prouve que beaucoup ne sont pas des disciples avancés : Regardons soigneusement à cette règle qui, si elle était suivie, empêcherait le bavardage, « la médisance », « la calomnie ».
Sa première disposition : un entretien entre les principaux intéressés seuls, implique la bonne foi de la part de l'accusateur qui pense avoir été victime d'un préjudice et que nous nommerons A. Elle implique qu'il ne pense aucun mal de l'accusé que nous appellerons B. Ils se rencontrent comme frères, chacun croyant sa cause juste, afin d'en discuter, de manière à unifier les manières de voir. S'ils se mettent d'accord, tout va bien, la question est réglée ; la paix prédomine ; la rupture menaçante a été évitée et nul n'est plus sage que son compagnon. S'ils ne tombent pas d'accord, A n'a pas à ouvrir un scandale en racontant sa version de l'affaire - pas même sous une forme confidentielle à des amis auxquels il dirait : « N'en parlez pas et surtout ne dites pas que je vous en ai causé ! ». Non ; la chose est toujours « entre toi et lui [A et B] seul ». Si A estime que la chose en vaut la peine et qu'il poussera l'affaire plus avant, une seule voie lui est ouverte, à savoir, demander à deux ou trois témoins de l'accompagner chez B, pour entendre les deux parties et émettre leur jugement sur les droits et les torts. Ces témoins devraient être choisis 1o comme des gens dont le caractère chrétien, le bon sens et l'esprit de sobre bon sens auraient la confiance de A lui-même, dans le cas où, par impossible, la thèse de B rencontrerait leur approbation, 2° Ils devraient être choisis en présumant que l'appréciation de leur avis serait approuvée par B, si leur jugement dans l'affaire se portait en faveur de A.
Il serait, cependant, tout à fait contraire à l'esprit de justice aussi bien qu'à l'esprit des instructions que le Maître donne ici, que A en parle à d'autres amis, parmi lesquels il aimerait choisir ces « deux ou trois témoins », pour s'assurer qu'ils favoriseraient son histoire (sans entendre l'autre partie) et se rendraient à l'entrevue, l'esprit prévenu, étant déjà prêts à donner tort à B. Non ; l'affaire est entre A et B seul jusqu'à ce que les deux ou trois amis soient amenés à entendre les deux versions de la discussion, en présence des deux parties. Si le jugement des frères est contre B, il devrait les écouter, accepter leur opinion sur l'affaire comme étant juste, raisonnable ; à moins qu’elle comporte quelque principe qu'il ne pourrait, en conscience, approuver. Si les frères voient la chose comme B, A devrait en conclure que, selon toute probabilité, il s'est trompé et, à moins d'un empêchement de conscience, accepter la décision et faire des excuses à B et aux frères pour l'ennui causé par son jugement défectueux. A aucune des parties n'a le droit de se muer en fomenteurs de scandales et de raconter l'affaire, « confidentiellement » aux autres.
Si la décision est intervenue contre A et qu'il estimerait avoir été victime d'un tort ou dommage dont il n'a pas obtenu justice, par suite du mauvais choix de ses conseillers, il pourrait (sans faire violence aux principes posés par notre Seigneur) convoquer d'autres conseillers et procéder comme devant. Si leur décision était contre lui ou qu'il estime ne pouvoir se fier au jugement de l'un et de l'autre, craignant que tous opinent en faveur de B, cette partie au moins de son trouble est une trop haute et impropre opinion de soi, et il ferait bien de la rejeter, de prier et d'étudier plus attentivement les directions et les principes de la justice. Mais A n'a nullement acquis le droit de dire quoi que ce soit à l'Église ni à personne, soit en privé, soit en public. S'il le fait, cela le marque immédiatement comme un désobéissant au Seigneur, mu par un mauvais esprit, un esprit charnel, contraire à l’esprit de vérité, l’esprit d’amour.
Si le Comité donne tous les torts à B et partiellement raison à A, les frères (A et B) devraient s'efforcer de voir la chose de cette manière et de s'arranger amiablement. Dans ce cas, il n 'y a rien à dire de la chose, rien qui regarde les autres.
Si le Comité donne tous les torts à B et tout à fait raison à A, et que B n'accepte pas la décision et refuse de réparer le préjudice qu'il a commis et de cesser de nuire à A, celui-ci n'a toujours pas la liberté de déchaîner un scandale ; pas plus que les frères du comité. Si A considère que la chose est suffisamment importante pour justifier sa poursuite, juste une seule manière de faire s’offre à lui : Lui-même, avec le comité, peuvent présenter l’affaire devant l'Église. Alors, l'Église l'entendra, suivant les deux versions, et soit l'un, soit l'autre (A et B), qui refusera de se soumettre à l'avis de l’Église sera, dès lors, considéré comme « du dehors » et non de l’Église ; la communion lui sera ôtée, comme « mort », jusqu’à ce qu'il se repente et se réforme, chose improbable après avoir repoussé un traitement aussi digne de confiance.
[Les 2 paragraphes suivants du reprint R 3594 ne sont pas repris dans l’article de la TdG : Les devoirs d'un membre ne peuvent être assumés par un autre, chacun doit agir pour lui-même selon la règle du Seigneur. Mais si, en violation du commandement du Seigneur, une affaire devient un scandale, trouble l'Église et la déshonore dans son ensemble, les représentants dûment choisis de la communauté doivent se saisir de l'affaire. Ils ne devraient pas seulement enquêter sur les principaux responsables de la difficulté, mais avec la même diligence, ils devraient enquêter sur les véritables perturbateurs qui ont fait circuler le scandale et les réprimander.
Mais toutes les réprimandes doivent être faites avec amour, en se rappelant que tous sont imparfaits sur certains aspects. Dans tous les cas, l'objectif doit être de corriger et non de punir. Seul le Seigneur a l'autorité de punir. Tout au plus l'Église peut-elle, pour un temps, retirer la fraternité à l'impénitent, et doit-elle la rétablir publiquement lorsque le repentir est manifeste. Notre amour, notre joie, notre paix sont les fins recherchées par le Seigneur, et nous devons les rechercher en tant que Ses disciples. Toute autre voie ne peut que causer des dommages.]
VI. Le, Seigneur prémunit ainsi ses vais disciples contre l’insidieux péché de la médisance qui conduit aux autres et plus grossières œuvres de la chair et du diable et arrête la croissance dans la vérité et son esprit d’amour. Remarquons aussi que ceux qui écoutent les médisants et ainsi les encouragent dans leur mauvaise voie, participent à leurs mauvaises œuvres ; ils sont leurs complices dans la violation des commandements du Maître. Le véritable enfant de Dieu refusera d'écouter les médisants et renverra l'offenseur à la Parole de Dieu et à la seule méthode qu’elle autorise. « Sommes-nous plus sages que Dieu ? ». L'expérience nous enseigne que nous ne pouvons nous fier à nos propres jugements et que nous ne sommes sur le bon terrain que lorsque nous suivons explicitement la voix du Bon Berger.
Si l'un ou l'autre, frère ou sœur, nous fait un mauvais rapport sur d'autres, arrêtons-le, gentiment, mais fermement. « N'ayez aucune part [communion] « aux œuvres infructueuses des ténèbres, mais plutôt condamnez [réprouvez]-les ». Refusez de participer en quoi que ce soit à cette violation des commandements de notre Maître, laquelle fait le plus grand tort à l'Église. Supposant que le frère ou la sœur ne soit qu'un enfant dans les choses spirituelles, attirez son attention sur la règle du Seigneur en la matière - Matt.18 : 15 et 1 Tim. 5 : 19. Si la conversation n'a pas lieu directement avec vous, mais que vous y soyez simplement présent, manifestez, séance tenante, votre désapprobation, en vous retirant.
Quand, après avoir eu son attention appelée sur le commandement du Seigneur à ce sujet, le médisant persiste à dire du mal, reprenez-le plus sévèrement, disant en partant : Il est impossible, il ne faut pas que je vous écoute ; car si je le faisais, je serais aussi coupable que vous-même, en violant le commandement de Dieu. Même si je l'écoutais, votre histoire, je ne pourrais la croire, car le chrétien qui ne respecte pas la Parole de Dieu et ne s'en tient pas à Son plan de redressement des torts, montre si peu de l'esprit du Seigneur que sa parole n'est pas digne de confiance.
Celui qui modifie les paroles de Dieu et s'en détourne n'hésitera pas à tordre et à dénaturer les paroles et les actes de ses co-disciples. En conséquence, rompez la communion avec lui jusqu'à ce qu'il ait confessé son erreur avec promesse de réforme. Si, à quelque degré que ce soit, vous prêtez l'oreille à une conversation de ce genre, ou que vous exprimiez votre sympathie à son sujet ou à l'égard du bavard ou du médisant, vous participez au péché et à toutes ses conséquences ; si une « racine d'amertume » se développe, vous êtes plus que probablement un de ceux qui en sont « souillés » (Héb. 12 : 15).
Un médisant est un voleur, selon l'acception que le monde attache à cette expression, ainsi que Shakespeare l'écrivit : « Celui qui vole ma bourse vole une chose sans valeur ; mais celui qui me vole ma réputation, me dérobe une chose qui ne peut l'enrichir, mais dont il m'appauvrit, en vérité ». Selon l'acception chrétienne, beaucoup plus élevée, formulée par le Grand instructeur, les médisants sont des meurtriers (Voyez Matth. 5 : 22 ; 1 Jean 3 : 15). Vue sous cet angle, la suggestion même de médire doit être évitée, comme étant de l'esprit de Satan, le plus grand des médisants - Jean 8 : 44.
GARE À L'ORGUEIL !
VII. Les enfants de Dieu devraient prendre garde à l 'orgueil comme s'ils voulaient éviter la plus mortelle des plaies. Cette règle, toujours bonne et bien appuyée par les Écritures, paraît doublement nécessaire à ceux qui sont bénis par la lumière de la « vérité présente » (2 Pi. 1 : 12). Ceci peut paraître étrange ; on pourrait déduire que l'acquisition de tant de vues supérieures du caractère et du plan de Dieu ferait des Siens les gens les plus insignifiants et les plus humbles, les plus dépendants de la bonté divine, les plus confiants en Dieu et les moins confiants en eux-mêmes. Tel devrait en être l'effet, en tout temps, toujours ; mais, hélas ! pour beaucoup, il n'en est point ainsi.
Un grand nombre en viennent à s'imaginer que leur connaissance du Plan des Ages prouve qu'ils sont particulièrement sages, ou grands, ou bons ; ils semblent oublier que Dieu cache la Vérité aux sages et aux grands et que nulle chair ne devrait se glorifier devant Lui. Ils aiment la Vérité comme des commerçants aiment leur marchandise par le profit qu'ils peuvent en tirer. S'ils ne peuvent espérer la richesse en échange de la Vérité, ils peuvent espérer une petite notoriété – paraître plus savants que les autres, de sorte qu'ils peuvent la distribuer par fragments et ainsi perpétuer leur notoriété au point de vue sagesse et gratifier leur orgueil ou leur vanité. Ces gens-là font peu pour aider à la diffusion de la Vérité Présente. S'ils ne peuvent l'éviter, ils pourront faire allusion aux publications de la vérité, mais alors ils le feront généralement par certaines remarques de dénigrement, par exemple, « qu'ils n’en approuvent pas bon nombre de points » ou qu’ils « n’épinglent pas leur foi au pan de l’habit d’aucun homme, mais qu’ils vont directement à la Parole de Dieu », ou que « l’auteur n’est pas si considérable ; qu’il ne fait que reproduire ce que des gens plus sages ont écrit, s’efforçant d’atteindre à la renommée à leur dépens ».
Attention à tous ceux-là ; tôt ou tard, ils fuiront le sentier et nuiront plus qu'ils n'ont jamais servi. Dieu ne veut pas que ces gens-là servent Sa cause, et Il permettra certainement que leur vanité les fasse tomber, quelle que puisse être leur habileté naturelle ; généralement, ce sont les gens habiles ou supposés tels qui sont affligés de l'esprit d'orgueil et de vanité. Dieu résiste aux orgueilleux, mais il fait grâce [montre Sa faveur] aux humbles. Nous prenons chaque lecteur de nos publications à témoin que l'auteur ne s’est jamais glorifié de sa sagesse ou de son don d'invention, ni en public, ni en privé. Nous nous sommes glorifié de la Vérité et continuerons de le faire, dans ce sens qu'aucune philosophie humaine ne peut opposer une chandelle à son brillant rayon électrique, mais nous ne nous sommes jamais vanté d'en être l'inventeur. Au contraire, c'est parce que nous ne l'avons pas fabriquée, mais parce que Dieu l'a révélée « au propre temps », comme « nourriture en sa saison » et parce qu'elle est tellement plus merveilleuse que ni nous ni aucun être humain ne pourrait l'inventer ou la concevoir, que nous avons la certitude que personne d'autre que Dieu n'en est l'Auteur et le Révélateur.
C'est par la grâce de Dieu que nous avons été, à un certain point, employé par Lui pour servir les vérités présentes de l'Epiphanie aux autres ; nous nous réjouissons du service et continuerons de faire des efforts pour être fidèle à notre profession d'économe, mais nous ne voyons ni lieu ni raison à vanité pour cela. Nous savons très bien que notre Maître aurait pu en trouver rapidement beaucoup d'autres aussi propres et dignes du service et beaucoup plus capables, naturellement ; nous ne pouvons donc que supposer qu'ici comme antérieurement : « Dieu a choisi les choses folles du monde pour confondre les sages, ... les choses faibles de ce monde pour confondre les fortes ; ... les choses méprisées ; ... et celles qui ne sont point pour réduire au néant celles qui sont, afin que nulle chair ne se glorifie devant Dieu » (1 Cor. 1 : 27-29).
Nous exhortons donc tous ceux qui, par la grâce de Dieu, ont été tirés des ténèbres dans la merveilleuse lumière de Dieu, à marcher en proportion, le plus humblement devant le Seigneur ; car si la lumière reçue devenait ténèbres, combien seraient grandes ces ténèbres et combien désespérée leur condition. Il serait mieux, comme le déclare l'Apôtre, qu'ils n'eussent point connu la voie de la vie. Si le sel perd sa saveur, il n'est bon à rien de plus que le sable.
VIII. Soyez purs ; gardez une conscience libre d'offense envers Dieu et envers les hommes. Commencez par le cœur, les pensées. N'y abritez aucune pensée qui, en aucun sens du mot, soit mauvaise. Pour en être sûrs, ayez pour modèle Christ Jésus ; ayez-le bien et beaucoup devant votre esprit. Lorsque le mal veut s'imposer à vous, soit du dedans, soit du dehors, élevez vos cœurs vers Lui, en prière, afin d'obtenir la grâce secourable promise à tout moment de besoin. Gardez constamment près de vous la pensée et la prière : « Que les paroles de ma bouche et les méditations de mon cœur te soient agréables, ô Eternel, ma forteresse et mon Rédempteur ! ».
IX. Tandis que nous amassons et cherchons à suivre les divers commandements spécifiques du Seigneur, efforçons-nous de plus en plus de comprendre les principes qui forment la base de la Loi divine et de nous y conformer, cela nous rendra capables de juger du bien et du mal de telles de nos paroles, de nos pensées, de nos actions, non spécifiées particulièrement dans la Parole de Dieu. En vérité, c'est en comprenant les principes de la Loi divine et en nous y conformant que nous obtenons l'esprit de la Parole (Ps. 119 : 97- 105).
X. Evitons la disposition à la querelle et à la censure, car elle est contraire à l'esprit ou disposition de Christ, contraire à l'amour.
Il faut une certaine somme de courage combatif pour vaincre le monde, la chair et le diable et leurs différents pièges, et cette disposition peut devenir une aide appréciable pour nous-mêmes et pour la cause du Maître si elle est convenablement et sagement dirigée ; contre le péché, d'abord en nous et, en second lieu, chez les autres ; si elle est employée pour le Seigneur et pour Son peuple, et contre Satan et toutes ses puissances de ténèbres et de superstition. C'est ce que les Ecritures appellent combattre le bon combat. Nous devrions tous être de braves soldats dans ce combat pour le droit et la Vérité, défendant avec amour l'honneur de notre Capitaine et les libertés de Son peuple.
Toutefois, ce bon usage de la combativité déplaît au prince de ce monde, et il cherchera à empêcher que nous en usions directement. Pour ce faire, il essaiera chez quelques-uns à faire que la combativité apparaisse comme une vertu principale ; il les encouragera à combattre tout et chacun ; les frères plus que les puissances des ténèbres ; les membres du clergé nominal plus que les erreurs et l'ignorance qui les aveugle et les rend ce qu'ils sont. En fait, son but est de nous faire « lutter contre Dieu ». Soyons sur nos gardes sur ce point.
Et d'abord, jugeons-nous nous-mêmes, de crainte que nous jetions une pierre d'achoppement devant les autres ; écrasons dans nos propres cœurs le mauvais esprit qui cherche à faire des montagnes des moindres choses et nous dispose à trouver des fautes et à soulever des objections, à discuter sur des choses secondaires et sans importance. « Celui qui gouverne son esprit est plus fort que celui qui prend une ville » (Prov. 16 : 32). Prenons garde que notre défense de la Vérité ne soit pas issue de motifs de glorification personnelle, mais d'amour pour la Vérité, d'amour pour le Seigneur et d'amour pour Son peuple, les frères et sœurs. Si l'amour constitue l'esprit ou le motif qui fait agir, il se manifestera de lui-même, par voie de conséquence en efforts affectueux, aimables, patients et humbles à l'égard des compagnons de service ; « Soyons aimables envers tous ». Laissez à « l'épée de l'Esprit, la Parole de Dieu », qui est vivante et puissante, le soin de faire tout l'émondage.
[Le paragraphe suivant du reprint R 3594 n’est pas repris dans l’article de la TdG :
X. Méfiez-vous de toutes les pensées, de tous les sentiments et de toutes les conditions liés directement ou indirectement à la malice, à l'envie, à la querelle, à la haine. Ne leur donnez pas de place dans votre cœur, ne serait-ce qu'un instant, car ils vous feront certainement beaucoup de mal, sans compter qu'ils causeront du tort aux autres. Garde ton cœur, ta volonté, tes intentions et tes désirs pleins d'amour envers Dieu et toutes Ses créatures, le plus ardemment envers Dieu, et proportionnellement envers tous ceux qui ont Son esprit et marchent dans Son chemin tracé.]
XI. Ne vous reposez pas sur votre conscience. Si elle était pour vous un guide suffisant, vous n'auriez pas besoin des Écritures. La majorité des gens n'ont autant dire pas de conscience, aveuglés qu'ils sont quant aux principes qui gouvernent la conscience. Et pires encore que ceux-ci, sont les individus mentionnés en 1 Tim. 4 : 2. De là, l'impérieuse nécessité de prêter une soigneuse attention à la Parole de Dieu et de marcher avec circonspection.
XII. Ne soyez pas téméraires, sauf pour le droit, la Vérité. En ce qui vous regarde personnellement, conservez une crainte respectueuse de pécher, de déplaire au Maître et de perdre la grande récompense, « le prix de notre haut-appel ». Presque tous les « tombés » (Héb. 6 : 6) perdent d'abord toute crainte et deviennent pleins de confiance en eux, pleins de leur propre suffisance. Ils oublient que c'est seulement : « Si vous faites ces choses, [que] vous ne broncherez jamais » (2 Pi. 1 : 5-10). « Craignons donc qu'une promesse ayant été laissée d'entrer dans son repos, quelqu'un d'entre nous paraisse ne pas l'atteindre » (Héb, 4 : 1). C'est en partie, à cause de la perte de cette juste crainte qu'il est impossible qu'ils « soient renouvelés encore à la repentance ».
(P' 1er Mai 1928).