A l’auteur des ÉTUDES DANS LES ÉCRITURES et l’éditeur de LA TOUR DE GARDE.
Cher Monsieur, puisque vous avez changé votre point de vue sur les Temps des Gentils, permettez-moi de suggérer la possibilité d'une autre erreur. Vous comptez les soixante-dix ans de captivité des Juifs à Babylone comme commençant avec le renversement de Sédécias, le dernier roi de Juda, mais je remarque que la « Chronologie de l'évêque Usher », donnée en marge de nos Bibles de Version Commune et basée sur le « Canon de Ptolémée », commence cette période de soixante-dix ans dix-neuf années plus tôt - à savoir, dans la première année de Nebucadnetsar, quand il a fait captif Daniel et d'autres Juifs importants et a soumis le pays des Juifs au tribut. Or, si ce calcul généralement admis est correct, les Temps des Gentils commenceraient dix-neuf ans plus tard que vous ne l'estimez, c'est-à-dire en 587 avant J.-C., au lieu de 606 avant J.-C., et ces temps se termineraient dix-neuf ans plus tard que vous ne l'estimez, en octobre 1933 après J.-C., au lieu d'octobre 1914. Que répondez-vous à cela ? Êtes-vous assez humble pour reconnaître que j'ai trouvé une nouvelle lumière, et que vous et tous les lecteurs des ÉTUDES étiez « dans l'erreur », marchant dans les ténèbres ?
* * *
Nous répondons qu'il y a trop de « si » dans cette proposition, et qu'ils sont tous abondamment contredits par les faits et les Écritures, et ne sont donc pas dignes de la moindre considération.
(1) Le frère se trompe en supposant que nous avons changé notre point de vue sur les « Temps des Gentils ». Ces « temps » ou années sont de 2520, avec un début défini en 606 avant J.-C., et une fin définie, 1914 après J.-C.. Nous ne connaissons aucune raison de changer un seul chiffre : cela gâcherait les harmonies et les parallèles si évidents entre l'Âge Juif et l'Âge Évangélique. Le seul « changement » est que l'anarchie qui suivra la fin de ces « temps » ne les raccourcira pas, et que la « moisson » de quarante ans de l'Église sera complète et ne sera pas perturbée par l'anarchie mondiale qui la suivra. Ceci, comme nous l'avons montré, rend le parallèle avec l'Âge Juif encore plus précis ; car la moisson juive de quarante ans s'est terminée en 69 après J.-C. - avant l'anarchie complète parmi les Juifs qui est survenue l'année suivante.
Le frère semble encore se méprendre sur notre enseignement selon lequel aucune grande perturbation ne viendra avant octobre 1914. C'est inexact : nous attendons la grande perturbation d'Apocalypse 13 : 15-17 avant cette date ; mais ce ne sera pas la perturbation du monde, l'anarchie qui fera fondre la « terre », la société, avec une chaleur ardente. Il s'agira d'un trouble propre aux consacrés du Seigneur. Dans le passé, ces deux troubles distincts étaient moins clairement discernés que maintenant. Et c'est exactement ce que nous devrions attendre - que la lumière qui brille toujours plus jusqu'au jour parfait ne soit pas contradictoire, mais qu'elle renforce et clarifie les vérités qui nous ont déjà été montrées, y compris les temps et les saisons – Dan. 12 : 4,10 ; 1 Thess. 5 : 1-4.
L'ERREUR EXPOSÉE DEPUIS LONGTEMPS.
(2) Dans les ÉTUDES, Vol. II, pp. 30,31, nous avons pris soin de noter le manque de fiabilité de toutes les annales anciennes, et, après avoir cité diverses autorités concédant ce fait, nous avons ajouté, au dernier paragraphe :
« La Bible, qui est l'histoire fournie par Dieu des trois premiers mille ans, est la seule œuvre dans le monde qui fournisse une histoire claire et continue jusqu'à la période où l'authenticité de l'histoire séculaire est bien prouvée. Elle commence par Adam, le premier homme mentionné dans l'histoire, les monuments ou les inscriptions. Son nom, l'époque de sa création et sa mort nous y sont rapportés ; nous pouvons y suivre sa descendance avec le nom et l'âge de chacun pendant une période de près de 4000 ans. Comme nous le verrons, les indications de la Bible vont jusqu'à la première année de Cyrus, 536 av. J.-C., date qui est bien établie et généralement acceptée. C'est là que cesse le fil de la chronologie biblique, à une date à partir de laquelle l'histoire profane est digne de confiance. Dieu a ainsi procuré à Ses enfants une claire indication chronologique qui s'étend jusqu'à nos jours. … La Bible est donc la charte de toute l'histoire. Comme on l'a très bien dit, sans elle, l'histoire serait « semblable à des rivières coulant de sources inconnues vers des mers inconnues ».
A la page 45 du même volume, nous disons : « Usher fait commencer les 70 ans de désolation dix-huit ans plus tôt que nous ne l'indiquons ci-dessus, c'est-à-dire dix-huit ans avant le détrônement de Sédécias, le dernier roi de Juda, parce que le roi de Babylone emmena beaucoup d'Israélites captifs à ce moment-là (2 Chro. 36 : 9, 10, 17, 21 ; 2 Rois 24 : 8-16). Il commet évidemment l'erreur assez générale de regarder ces 70 ans comme la période de captivité, tandis que l'Éternel déclare expressément qu'ils sont 70 ans de désolation du pays - que le pays serait désolé et sans habitant. Tel ne fut pas le cas avant le détrônement de Sédécias (2 Rois 24 : 14). Mais la désolation qui suivit le renversement de Sédécias fut complète ; car, bien que quelques pauvres du pays aient été laissés comme cultivateurs et vignerons (2 Rois 25 : 12), bientôt ceux-ci même, « tout le peuple, depuis le plus petit jusqu'au plus grand » (v. 26) fuirent en Égypte par peur des Chaldéens. Il ne peut y avoir de doute sur cela ; par conséquent, en calculant le temps jusqu'à la désolation du pays, toutes les périodes jusqu'à la fin du règne de Sédécias devraient y être comprises, comme nous l'avons fait ».
D'après ce qui précède, il est évident qu'au moment où nous écrivions le volume II des ÉTUDES, nous étions pleinement conscients que le « Canon de Ptolémée » et la « Chronologie d'Usher » abrégeaient les « soixante-dix ans » de « désolation du pays » et ne les comptaient que pour cinquante et un ans, Usher s'efforçant de faire concorder le récit biblique avec le « Canon de Ptolémée ». Nous, cependant, nous avons suivi le récit biblique avec précision et persistance, et n'avons pris l'histoire profane que là où s'arrêtait l'histoire biblique. Nous ne pouvons pas transformer la désolation de soixante-dix ans du pays en cinquante et un ans de désolation par souci d'harmonie avec Ptolémée (Dan. 9 : 2 ; 2 Chro. 36 : 21). En fait, nous rejetons tout le canon de Ptolémée qui remonte à la première année de Cyrus, 536 après J.-C. - plus on remonte dans le temps, plus les erreurs sont grandes.
« OÙ EST LA PROMESSE DE SA VENUE » (2 PI. 3 : 4).
(3) Notez la confusion qui résulterait, sur toute la ligne, du seul changement suggéré ci-dessus. Il prolongerait l'antitype du Jubilé de dix-neuf ans, de sorte que la présence du Seigneur et les « temps de restitution » ne seraient pas dus, dans un sens ou dans l'autre, avant 1874 plus 19 -1893 après J.-C. Au contraire, il raccourcirait l'Âge Juif de dix-neuf ans, et donc, selon les parallèles (Études dans les Écritures, Vol. II, chap. 7), raccourcirait aussi l'Âge de l'Évangile et montrerait que la moisson est due (19 plus 19) 38 ans avant octobre 1874 après J.-C., c'est-à-dire qu'il impliquerait l'idée que la « moisson » évangélique commence en 1836 après J.-C. et se termine 40 ans plus tard, en 1876 après J.-C. Et cela impliquerait de penser à la présence du Seigneur en 1836 après J.-C., au lieu de 1874, au rassemblement des saints endormis en 1840, au lieu de 1878, et à la fin de la moisson du « blé » en 1876, au lieu de 1914 après J.-C., comme le moment prévu pour brûler l' « ivraie » dans la « période de détresse » du monde.
Toute cette confusion résulterait d'un abandon du récit biblique au profit du Canon de Ptolémée. Que ceux qui veulent les ténèbres les saisissent. Que ceux d'entre nous qui ont eu les yeux de l'intelligence ouverts se réjouissent de plus en plus de la vraie lumière. Comme nous l'avons déjà vu, la « moisson » est l'époque où l'on vanne le « froment » - c'est un temps de criblage, de séparation. Il appartient donc à chacun de nous de prouver nos caractères, de « tenir ferme après avoir tout surmonté ! ».
Les épreuves de cette « moisson » doivent être semblables à celles de la « moisson-type », la moisson judaïque. L'une est la croix, une autre la présence de Christ, une autre l'humilité, une autre l'amour. Les Juifs furent réprouvés parce qu'ils ne « connurent pas le temps de leur visitation ». Cette question est doublement pénible pour ceux qui, ayant vu la lumière de la Vérité présente, s'en sont allés ensuite dans les « ténèbres du dehors ». Elle implique l'infidélité (Manne du 9 août). « Si donc la lumière qui est en toi est ténèbres, combien seront grandes les ténèbres ! » - Matth. 6 : 23.
Souvenez-vous, cher frère, des paroles de notre Seigneur dans le contexte : « Si ton œil est méchant, ton corps tout entier sera ténébreux ». Un « mauvais œil » représente un esprit perverti par la colère, la malice, la haine, l'envie, les querelles, l'ambition, etc. Un tel œil d'esprit est sûr d'égarer le jugement qui cherche à se laisser guider par lui. Ceux qui ont un tel « œil » ne seront jamais attirés par la Vérité. Mais certains, attirés par la Vérité avec un œil vrai - un cœur vrai, honnête, sans rancune - peuvent se pervertir en cultivant un esprit mauvais, par égoïsme, ambition ou autre, et perdre l'œil vrai et bientôt la belle vision qui les enchantait auparavant. Le Seigneur explique la philosophie de la chose dans ces mots : « La lumière est semée pour le juste, et la joie pour ceux qui sont droits de cœur ».
COMMENT TESTER CES CHOSES.
Tout d'abord, allez vers le Seigneur en prière, désireux de connaître la Vérité. Demandez le cœur pur, l'humilité, la sagesse qui vient d'en haut, qui est d'abord pure, puis paisible, modérée, traitable, pleine de miséricorde et de bons fruits, sans partialité et sans hypocrisie (Jacq. 3 : 17). Ensuite, reprenez vos Études dans les Écritures, - le moyen par lequel Dieu a déjà béni votre étude de Sa Parole - avec les Écritures, et vérifiez à nouveau tous ses enseignements. Dans une telle attitude d'étude, nous sommes sûrs que vous serez plus fermement convaincu que jamais que la providence du Seigneur a spécialement guidé la préparation de ces livres pour le temps présent - pour les vrais Israélites, en qui il n'y a pas de fraude.
Si vous en arrivez au chapitre 7 du Vol. II sur les « Dispensations parallèles », vous trouverez qu'il s'agit de l'une des preuves les plus convaincantes de toute la présentation. C'est l'une des cordes de preuves décuplées que le changement que vous suggérez, ou tout autre changement, rendrait inutile, insensé.
Allez à la page 232 du Volume II. Vous y verrez le calcul montrant que la période de l'histoire d'Israël, depuis la mort de Jacob jusqu'à la mort du Christ, est de 1845 ans. Vous remarquerez que les soixante-dix ans de désolation sont compris dans le calcul. Mais si nous acceptions « votre théorie », ou plutôt la théorie commune fondée sur la chronologie de Ptolémée et d'Usher, elle réduirait cette période de 19 ans, et au lieu de 70, elle la réduirait à 51 ans de désolation. Cela réduirait le nombre total d'années de l'histoire d'Israël, qui est de 1845 ans, à 19 ans de moins, à savoir 1826 ans de la mort de Jacob à la mort du Christ en l'an 32, où leur « maison » a été laissée déserte, et quarante jours plus tard à la Pentecôte, lorsque la « maison des fils » a été instituée.
Maintenant, remarquez que si l'Âge Juif était un type ou un modèle de l'Âge de l'Évangile, ce dernier serait long de 1826 ans (1845 moins 19) jusqu'au point correspondant à la mort du Christ, le point où le « Mishneh » d'Israël a commencé à compter, comme l'a souligné le prophète, « Aujourd'hui même, je le déclare : Je te rendrai le double » - ce « jour » étant clairement marqué par la prophétie de la montée sur l'âne et des « cris ». Comptez maintenant 1826 ans depuis l'an 32 de notre ère pour trouver le parallèle avec l'Âge de l'Évangile. Il s'agit de 1858 après J.-C. Qu'est-ce qui s'est produit à ce moment-là pour correspondre au rejet de l'Israël nominal ? Rien !
Trois ans et demi auparavant (1854) correspondraient ou seraient le parallèle au début du ministère de notre Seigneur, et devraient ici représenter la présence du Seigneur et le temps de la moisson pour rassembler le « blé » élu dans la « grange ». Qu'est-ce qui s'est passé en 1854 pour répondre à ces exigences des parallèles ? Rien !
Quarante ans à partir du début du ministère de notre Seigneur ont vu la fin complète de la moisson juive en l'an 69 - suivie de l'anarchie et de la destruction en l'an 70. Les parallèles exigent donc que quarante ans après le début de la moisson et de la parousie, l'Âge de l'Évangile soit accompli et que la « colère » soit déversée sur les nations. Qu'est-ce qui s'est produit à cette date, avant ou depuis, qui puisse être comparé aux terribles calamités qui ont frappé l'Israël naturel, et quelle preuve y a-t-il que « la moisson est passée, l'été est fini, et nous ne sommes pas sauvés » ? Aucune !
Au contraire, combien grandiose est l'harmonie de toutes les périodes prophétiques avec ces parallèles, et combien est irrésistible leur « voix » pour ceux qui ont « des oreilles pour entendre ». Il nous sera profitable à tous de réétudier fréquemment ces témoignages de la Parole du Seigneur, et aucun n'est plus grandiose, plus inspirant pour la foi, plus convaincant que ce chapitre 7 du Vol. II sur les Dispensations Parallèles. Au mieux, comme le déclarent les Écritures, nous sommes des vases fuyants, et les multitudes de soucis de cette vie tendent à évincer les « merveilleuses paroles de vie », à tel point que beaucoup, à la relecture, déclarent avoir reçu une bénédiction aussi grande, sinon plus grande, que la première fois. Les ÉTUDES ne sont que les Écritures réarrangées, avec des commentaires de liaison ; il n'est donc pas étonnant que certains nous écrivent qu'ils les ont lues jusqu'à une douzaine de fois et qu'ils en apprécient chaque fois davantage les leçons. La Parole de Dieu est nouvelle chaque matin et fraîche chaque soir pour ceux dont le cœur est en harmonie avec elle, au chant de Moïse et de l'Agneau.
« OH, LES BIENHEUREUX ... LES 1335 JOURS ».
Un déplacement de dix-neuf ans, comme le suggère le frère plus haut - ou d'ailleurs un changement d'une seule année - affecterait toutes les prophéties temporelles du Vol. III des ÉTUDES. Les 1260 jours, les 1290 jours, les 1335 jours, les 2300 jours de Daniel, seraient tous déplacés, sortant de la belle relation montrée dans les Dispensations Parallèles.
Nous nous souvenons tous de la joie que nous avons éprouvée lorsque nous avons découvert, lors de notre première étude, que les parallèles de la dispensation montraient que notre Seigneur devait être présent en octobre 1874, comme parallèle exact du début de Son ministère et de la « moisson » de l'Âge Juif ; et comment ce frisson s'est intensifié lorsque nous avons trouvé la même date exactement marquée par le type du Jubilé ; et comment nous avons presque crié de joie lorsque nous avons découvert que les « 1335 jours » de Daniel se terminaient précisément à la même date ; et, finalement, comment nous avons répété encore et encore les mots du Prophète, « Bienheureux celui qui attend et qui parvient à 1335 jours ».
Quelle bénédiction en effet ! Comme l'Apôtre l'avait laissé entendre, nous l'avons trouvé : « Des temps de rafraîchissement » ! Enlevez ces parallèles, séparez ce témoignage en changeant n'importe quelle partie de la chronologie, et vous avez un travail encore plus considérable devant vous ; le travail de rendre compte de la riche nourriture spirituelle que le Seigneur nous a fournie depuis octobre 1874 - depuis le temps de Sa présence, et en plein accord avec Sa promesse qu'Il Se ceindrait et deviendrait le serviteur de Ses fidèles lors de Sa Seconde Présence et qu'Il leur servirait « la nourriture au temps convenable », l'envoyant aux mains de Ses fidèles serviteurs. Nous avons traité ce sujet plus longuement qu'il ne semble le mériter, pensant qu'il peut inciter certains à suivre l'exhortation de l'Apôtre : « Portons une plus grande attention aux choses que nous avons entendues, de peur que nous ne nous écartions » (Héb. 2 : 1).