Réconfort ! Consolation ! Quels repos, rafraîchissement, paix et joie ces mots impliquent ! Si le nom « fils de consolation », ou réconfort, était donné à quelqu’un d’âge mûr, il dirait en lui-même tout un volume quant au caractère général de cette personne. Nous connaissons peu de choses touchant Barnabas, mais si cette seule phrase de l’Écrit Saint comprenait la somme de notre connaissance, nous ne pourrions manquer de l’aimer et de l’apprécier.
Dans un sens de cette parole, il est parlé de l’Église comme d’une mère, Sion, et tout le vrai peuple de Dieu comme représentant ses enfants - fils et filles. Certains d’entre eux sont fils et filles de réconfort, tandis que d’autres sont fils et filles de douleur, causant continuellement plus ou moins d’afflictions, de malaises aux autres et à eux-mêmes. Nous désirons voir ce sujet dans sa vraie lumière afin que nous puissions agir chacun en conséquence - qu’un nombre plus grand et croissant d’enfants de Sion seront fils et filles de consolation pour tous ceux avec qui ils viennent en contact, étant ainsi, d’une façon générale, ceux des consolateurs de l’Église comme un tout.
Certains pourraient être enclins à demander : la vraie Église a-t-elle besoin de réconfort ? N’est-elle pas déjà trop à l’aise dans sa grande majorité ? N’a-t-elle pas plutôt besoin d’être réveillée en lui rappelant ses péchés, d’être réprimandée, la mettant ainsi dans une position aussi inconfortable que possible, ceci dans le dessein de l’aider à aller de l’avant en progressant ?
Nous ne devrions pas ignorer le fait qu’il y a des circonstances où les reproches et les corrections dans la droiture sont nécessaires, comme l’Apôtre nous le conseille. Mais nous n’avons pas de sympathie du tout avec la pensée si commune parmi de bonnes personnes, à savoir qu’elles devraient toujours se sentir eux-mêmes misérables, rendant les autres dans le même état par leurs censures, leurs critiques, leurs intimidations et leurs reproches continuels. Nous croyons que de tels efforts bien intentionnés, mais erronés, font beaucoup de mal en chassant du cercle de la famille de Sion tous ceux qui ne peuvent, sans hypocrisie, prétendre qu’ils sont les plus grands pécheurs ni, à la rigueur, apprécier les prières les représentant comme disant « Seigneur, use de grâce envers nous, misérables pécheurs ! » quand ils réalisent la faveur divine du pardon de leurs fautes - en justification de toutes choses.
Ceux qui ont besoin de tels reproches, de tels blâmes, etc. sont ceux qui marchent selon la chair et non selon l’esprit - en violation de leur alliance. Ceux-là prendront la fuite devant la colère à venir parce qu’ils n’ont jamais cherché refuge dans l’espérance placée devant eux dans l’Évangile - parce qu’ils sont sans Dieu, n’ont pas d’espérance dans le monde – sont sans relation avec Christ par le moyen de la foi et de l’obéissance. Mais les véritables consacrés, bien qu’imparfaits, cherchent continuellement à marcher selon l’esprit, bien qu’ils soient tout à fait conscients des imperfections de la chair, ils ne marchent ni ne peuvent marcher à la hauteur de l’esprit. Ceux-ci, au lieu d’avoir besoin de réprimandes, de reproches, de châtiments pour leurs insuffisances, qu’ils admettent et déplorent, malgré les efforts qu’ils font, ont besoin de sympathie, d’assistance et de consolation.
Probablement peu ont noté à quel point les Écritures répandent ce véritable « baume de Galaad » sur les vrais enfants de Sion ; mais les Écritures sont remplies de la consolation dont ont grand besoin tous ceux qui sont le véritable peuple de Dieu, afin qu’ils puissent voir de plus en plus qu’ils sont fils et filles de consolation dans l’Église, pourvoyant à l’un et à l’autre l’aide, l’encouragement et le rafraîchissement selon le dessein du Seigneur. Notre Seigneur parle du saint Esprit comme le Consolateur, et Il fait mention Lui-même comme étant un consolateur, disant, « Je prierai le Père, et il vous donnera un autre consolateur » (Jean 14 :16). Nous pouvons juger facilement jusqu’à quel point notre Seigneur Jésus fut un consolateur, en nous remémorant les trois ans et demi de Son ministère qu’Il termina en disant à Ses fidèles disciples « Je ne vous laisserai pas sans consolation » - orphelins, privés d’un gardien. Et en hommage à Ses soins envers les Apôtres tandis qu’Il était encore avec eux, nous suggérons Sa prière au Père, « J’ai gardé ceux que tu m’as donnés, et aucun d’entre eux n’est perdu, sinon le fils de perdition », comme les Écritures le prédirent (Jean 17 : 12).
JESUS LE GRAND CONSOLATEUR.
Les Prophètes ont prédit bien à l’avance que notre Seigneur serait un Consolateur comme nous le lisons : « L’Esprit du Seigneur, l’Éternel, est sur moi, parce que l’Éternel m’a oint pour apporter de bonnes nouvelles aux débonnaires ; Il m’a envoyé pour panser ceux qui ont le cœur brisé, ... pour consoler tous ceux qui mènent deuil, pour mettre et donner à ceux de Sion qui mènent deuil l’ornement au lieu de la cendre, l’huile de joie au lieu du deuil, un vêtement de louange au lieu d’un esprit abattu » (Es. 61 : 1-3).
Tout ceci signifie que notre Seigneur Jésus était un consolateur en Sion bien au-dessus et au-delà de tous les autres consolateurs. Il sympathisait avec les doux, les humbles et les bien intentionnés dans toutes leurs faiblesses, épreuves et difficultés, et ceci est bien l’emprise que le caractère et les paroles de Jésus ont aujourd’hui sur notre cœur ainsi que sur le cœur de ceux qui ne sont pas Son peuple dans le sens d’une entière consécration. Le Seigneur ne réprimandait ou ne condamnait pas constamment les Apôtres, mais plutôt sympathisait avec eux, les assistait et interprétait les intentions de leur cœur libéralement, généreusement, ce qui les rendait de plus en plus fidèles dans leur service, même jusqu’à la mort.
Citons le cas de la femme surprise dans le péché, et notre Seigneur s’abstenant de toute tirade désobligeante contre elle. Remarquez Son reproche à ceux qui l’entouraient : « Que celui de vous qui est sans péché, jette le premier la pierre contre elle ... ». Remarquez comment, lorsqu’ils furent tous convaincus de leurs imperfections particulières, notre Seigneur dit à la femme, « Nul ne t’a-t-il condamnée ? ... va, dorénavant ne pèche plus » (Jean 8 : 3-11).
Remarquons la manière d’agir de Jésus avec l’Apôtre Pierre, après qu’il L’a renié en blasphémant et jurant sous serment. Beaucoup de compagnons du Seigneur, s’ils avaient été à Sa place, auraient cru comme un devoir impérieux de blâmer Pierre publiquement devant tous les Apôtres, en exigeant une confession publique comme pénitence, de sorte qu’en une autre occasion, on puisse lui reprocher en face sa faiblesse et sa déloyauté. Ceux-là n’ont pas interprété et imité correctement l’Esprit du Seigneur, et ne sont pas des fils et des filles de consolation dans l’Église. Ils sont, bien au contraire, des contestataires empêchant d’une manière vexatoire le travail qu’ils désirent mettre en évidence. Ils devraient entendre la voix du Maître dire, « Prenez mon joug sur vous et apprenez de moi ». Dans la mesure où nous apprenons du Seigneur nous devenons, non seulement des porte-parole de la loi, mais des porte-parole distribuant spécialement la miséricorde, l’amour, l’aide secourable et le réconfort.
Aussi loin que l’histoire le montre, jamais le Seigneur ne fit mention de la conduite profane ni de la déloyauté de Pierre qui les connaissait sans qu’on les lui rappelle. Il avait déjà pleuré sur elles, et rien qu’une parole du Seigneur à ce propos l’aurait fortement découragé - peut-être même désespéré. La seule chose qu’on pourrait prendre pour un reproche détourné dans la conduite et le langage de notre Seigneur était Son interrogation : « M’aimes-tu ? ». Que tous ceux et celles qui veulent être de véritables fils et filles de consolation en Sion apprennent cette leçon du Grand Instructeur - que ce n’est pas en s’efforçant de rechercher la punition ou le blâme par des réprimandes ou des reproches, mais en évitant autant que possible de s’informer du passé comme du présent - Quelle est l’attitude présente de l’offenseur envers le Seigneur et envers Son Troupeau ?
NECESSITÉ DE LA CONSOLATION ET DU RÉCONFORT.
Ce fut en pleine appréciation du fait que l’Église aurait besoin de réconfort plutôt que de reproches et de réprimandes que notre Seigneur dit, « Si je ne m’en vais le Consolateur [le saint Esprit] ne viendra pas ». Le mérite de la Rançon devait être présenté dans le « Très-Saint » au Père céleste avant que Sa bénédiction puisse être accordée. Cette bénédiction devait produire le réconfort accordé par l’Esprit ainsi que la consolation dans les excessivement grandes et précieuses promesses à tous ceux qui ont accepté Jésus - qui croiraient en Lui par leurs paroles. Il est vrai que notre Seigneur parle du saint Esprit dans son action réprobatrice, mais non comme réprimandant l’Église ; Il dit, « Il convaincra le monde de péché, de justice et de jugement à venir ». La suggestion la plus proche d’un blâme, en rapport avec le saint Esprit, sur la manière d’agir avec l’Église nous est donnée par l’Apôtre quand il dit, « N’attristez pas le saint Esprit de Dieu, par lequel vous avez été scellés pour le jour de la délivrance ». Et il dit encore, « N’éteignez pas l’Esprit » (Eph. 4 : 30 ; 1 Thess. 5 : 19).
La grande provision faite pour le réconfort du peuple du Seigneur indique clairement la nécessité d’un tel réconfort ; cette nécessité n’est pas non plus difficile à trouver. Le peuple du Seigneur est entouré de toutes parts de conditions adverses - le monde, la chair, l’adversaire - cherchant à intimider, à décourager ou à prendre au piège le chrétien, afin d’empêcher son développement en grâce, en connaissance et en amour et, finalement, l’empêcher d’atteindre à la perfection et à la gloire qui suivra, ce que Dieu a promis aux fidèles seulement. Ce dont nous avons besoin pour faire de nous des fils et des filles de consolation dans l’Église, c’est une plus grande mesure d’amour et de sympathie dans notre cœur. Dans la mesure où la sympathie et l’amour pénétreront, ils empêcheront l’esprit de lutte, de querelle, la disposition à juger et censurer autrui, de même qu’ils s’opposeront en premier lieu à l’esprit charnel - la colère, la malice, la haine, la vaine gloire.
En règle générale (et il y a probablement une exception à toutes les règles), ceux qui ont un esprit secourable, de réconfort, de consolation, et qui sont capables de répandre plus libéralement ce baume dans le cœur blessé des autres, sont ceux qui sont passés eux-mêmes par de sévères épreuves, difficultés, des contraintes, et qui ont été ainsi touchés par le sentiment des infirmités de notre race et, plus que cela, ont été touchés par le sentiment des faiblesses et des oppositions qui assaillent les « frères » dans leurs efforts pour marcher selon l’Esprit - non selon la chair. Ceux qui n’ont pas « d’entrailles de compassion », qui ont peu de sympathie, peu de désir d’apporter une aide à ceux qui sont faibles, ou qui s’écartent du chemin, ont encore beaucoup à apprendre à l’égard de la signification réelle du mot « amour » dans le sens le plus élevé - l’amour parfait, l’amour pour les frères, oui, l’amour qui englobe tous les humains, même les ennemis, selon qu’il en a l’occasion, mais « spécialement à la maison de la foi ».
LES FACONS SELON LESQUELLES L’ESPRIT RÉCONFORTE.
Le saint Esprit réconforte l’Église de différentes façons :
(1) Il nous réconforte en nous rendant capables d’être dans une telle unité avec la Vérité et avec le Seigneur que nous pouvons voir ces sujets élargir considérablement notre vision, non seulement du point de vue divin, mais aussi notre appréciation de ce même point de vue. Car, bien que l’Esprit de la Vérité soit dans la Parole de Vérité, il est néanmoins nécessaire que les yeux de notre compréhension soient ouverts, nous rendant capables de comprendre la Parole de Vérité, et ce double réconfort est le nôtre grâce à la possession du saint Esprit - dans la mesure où il abonde et qu’il est largement répandu dans notre cœur. Il est évident qu’il abonde et est répandu dans la Parole, mais ce n’est pas suffisant. Il doit aussi être une puissance vivante dans notre cœur. Ainsi nous lisons que l’église primitive « marchait dans la crainte [révérence] du Seigneur et par la consolation du saint Esprit » (Actes 9 : 31).
(2) Il nous réconforte par les Ecritures, les promesses de Dieu, la Vérité - car n’est-ce pas l’esprit de la Vérité ? La Parole de Dieu, comme canal de la Vérité, nous encourage dans la mesure où le saint Esprit nous guide dans sa compréhension, comme nous le lisons : « Car toutes les choses qui ont été écrites auparavant ont été écrites pour notre instruction, afin que, par la patience et la consolation des Ecritures, nous ayons espérance » (Rom. 15 : 4).
(3) L’Église, les frères, dans la proportion où ils deviennent imprégnés du saint Esprit et de la connaissance de la Vérité qui leur apporte appréciation et compréhension, deviennent de cette manière des représentants du saint Esprit dans l’Église, des consolateurs. C’est la pensée de l’Apôtre quand il dit, « Or, le Dieu de patience et de consolation [réconfort] vous donne d’avoir entre vous un même sentiment selon le Christ Jésus » (Rom. 15 : 5).
RÉCONFORTÉS ET ENSEIGNÉS À RÉCONFORTER.
En renversant l’ordre précédent et en considérant la façon dont les frères sont le réconfort de l’Église, nous noterons qu’ils sont comme les canaux du saint Esprit et comme les porte-parole de la Parole de Dieu. Personne n’est compétent pour être un consolateur à moins qu’il n’ait déjà reçu le réconfort de Dieu. Pour ainsi dire, les membres du peuple du Seigneur commencent par recevoir leur réconfort lorsqu’ils acceptent les assurances de la Parole de Dieu à l’égard de Son amour et de Sa grâce, tels qu’ils sont manifestés en Jésus-Christ, en ce qu’Il mourut pour nos péchés. Dans leur appropriation de cette faveur divine pour eux-mêmes par la foi, ils ont premièrement goûté le réconfort - la paix, la joie, la bénédiction. Ensuite, quand ils ont continué et appris plus parfaitement la voie du Seigneur, la porte de l’accès à une plus grande grâce encore leur est ouverte - la grâce d’être invité avec Christ dans le Royaume pour accomplir le glorieux travail de réconfort et de relèvement des humains en général (Rom. 5 : 2).
Et quand cette porte de faveur a été franchie, du réconfort, de la joie, de la paix et des bénédictions supplémentaires furent ajoutés, compris et appréciés. Puis, comme ces favorisés progressaient sous le ministère de la Vérité, soutenus par le saint Esprit, ils devinrent de plus en plus capables de découper droitement la Parole de Vérité, d’apprécier ses différents traits ; dans la même proportion leur foi se fortifiait, et leur réconfort et leurs joies se multipliaient grâce à leur connaissance de Dieu et de Son Plan qui allait en s’accroissant et en s’approfondissant.
En outre, quand ils voient dans le miroir de la Parole divine la gloire du Seigneur, la lumière réfléchie de Son glorieux caractère illuminant leur cœur en les rendant capables de comprendre avec tous les saints la longueur, la largeur, la hauteur et la profondeur de l’Amour divin, cela augmente encore leur confiance et leur réconfort. Et chacun de ces progrès reçus correctement, et chaque élément supplémentaire de caractère développé prépare le favorisé à exercer le privilège d’être un consolateur des autres. Vraiment, c’était son devoir et son privilège de commencer à réconforter les autres aussi vite qu’il eut reçu les premiers éléments de réconfort pour lui-même. En vérité, nous savons, à la fois par l’expérience et par la Parole que, à moins qu’il ait ainsi fait usage des faveurs et des bénédictions, et montré son appréciation de la grâce de Dieu en la faisant briller sur les autres, sa lumière étant ainsi obscurcie s’affaiblirait et finalement s’éteindrait. Mais le point que nous désirons faire comprendre est que cette capacité d’être un consolateur dépend de la croissance en grâce et en connaissance, car personne ne peut dispenser cette grâce aux autres s’il n’est pas lui-même consolé.
EXHORTATIONS APOSTOLIQUES CONSOLANTES.
Notons l’exhortation de l’Apôtre sur ce sujet, selon les lignes bien distinctes. Dans sa seconde lettre aux Corinthiens (1 : 3 – 7) il dit : « Béni soit le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus-Christ, le Père des miséricordes et le Dieu de toute consolation, [voir note Darby - Trad.], qui nous console [note D. Trad.] à l’égard de toute notre affliction, afin que nous soyons capables de consoler ceux qui sont dans quelque affliction que ce soit, par la consolation dont nous sommes nous-mêmes consolés de Dieu. Car comme les souffrances du Christ abondent à notre égard, ainsi, par le Christ, notre consolation [réconfort] aussi abonde. Et soit que nous soyons affligés, c’est pour votre consolation [réconfort] et votre salut, qui est opéré en ce que vous endurez les mêmes souffrances que nous aussi nous souffrons (et notre espérance à votre égard est ferme ; soit que nous soyons consolés, c’est pour votre consolation [réconfort] et votre salut ; sachant que, comme vous avez part aux souffrances, de même aussi vous avez part à la consolation [réconfort] ».
Dix fois dans ces versets, l’Apôtre emploie le mot « consolation ». Il est évident qu’il a une appréciation vive du grand besoin d’un tel réconfort et comment le Dieu de toute consolation souhaitait voir les fidèles réconfortés, car même les plus forts d’entre eux, les Apôtres, avaient besoin de réconfort. Quelle meilleure évidence pourrions-nous demander que celle de l’esprit de réconfort et de consolation qu’a manifesté le Père céleste, qu’a manifesté le Seigneur Jésus, qu’ont manifesté les Apôtres, et que tous les fidèles en Jésus-Christ sont appelés à exercer ; c’est en effet le véritable esprit de la Vérité, le saint Esprit ! En conséquence, ceux qui font les plus grands progrès dans cette direction, comme consolateurs en Sion, ont grandi plus en grâce ; nous sommes certains qu’ils seront les plus capables de grandir aussi en connaissance et d’être une aide à l’Église dans chaque sens de ce mot, d’être employés par le Seigneur comme porte-parole dans le ministère de Sa Vérité.
Un peu plus loin, dans la même épître, l’Apôtre emploie le mot « consolation » sept fois, disant (2 Cor. 7 : 4 – 13), «je suis rempli de consolation ; ma joie surabonde au milieu de toute notre affliction. Car aussi, lorsque nous arrivâmes en Macédoine, notre chair n’eut aucun repos, mais nous fûmes affligés en toute manière au dehors, des combats au dedans, des craintes. Mais celui qui console ceux qui sont abaissés, Dieu, nous a consolés par la présence de Tite, et non seulement par sa présence, mais aussi par la consolation [réconfort] dont il a été rempli à votre sujet, en nous racontant votre grand désir, vos larmes, votre affection ardente envers moi ; de sorte que je me suis d’autant plus réjoui ... C’est pourquoi nous avons été consolés. Et nous nous sommes réjouis d’autant plus abondamment, dans notre consolation, de la joie de Tite, parce que son esprit a été recréé par vous tous ».
Ici, nous voyons illustré, dans le langage de l’Apôtre, l’aide mutuelle de l’Église, en matière de réconfort. Tite a eu sa part, Paul a eu sa part, l’église de Corinthe a eu sa part - chaque membre en possession du saint Esprit et exercé par lui a eu sa portion ; l’Apôtre déclare que tout réconfort venait de Dieu. Et il explicite sa pensée en disant que ce sont les dispositions générales de Dieu dans toute circonstance semblable où se trouve Son peuple, quand il parle de Lui comme « le Dieu de toute consolation » et « le Dieu qui les réconforte lorsqu’ils sont abattus ». Nous pouvons sûrement comprendre qu’en quelque lieu où nous trouvons un disciple du Seigneur, malgré sa grande faiblesse et aussi abattu soit-il, nous avons dans ce cas qui se présente à nous une occasion de servir le Seigneur, d’être des canaux de Sa miséricorde, et d’apporter à celui qui est découragé un peu de réconfort, de consolation et d’aide.
En parlant de sa propre ligne de conduite, l’Apôtre, dans sa première lettre aux Thessaloniciens (2 : 11), nous donne un petit aperçu de sa méthode et nous montre qu’il ne doit ni dominer, ni tyranniser les membres de l’Église, ni les harceler continuellement, ni les menacer, ni les couvrir de reproches. Bien au contraire, il dit, « Vous savez comment nous avons exhorté chacun de vous, comme un père [convenable] ses propres enfants ». Cet esprit familier chez les Apôtres, qui les rendait capables d’être comme des pères et des frères dans l’Église pour réconforter et assister, devrait être un guide aujourd’hui pour tous ceux qui voudraient être des serviteurs du Seigneur, secourables comme des enfants de réconfort - des fils de consolation.
Seuls ceux qui possèdent ce véritable Esprit de Dieu, l’Esprit réel de Sa Vérité, sont proportionnellement préparés pour comprendre la signification des prophéties et des révélations du Seigneur, lesquelles sont cachées à la sagesse mondaine - cachées pour tous ceux qui n’ont pas l’Esprit de Christ, l’esprit de consolation, d’aide, de sympathie, d’amour. Il est possible que ce soit une raison pour laquelle si peu de soi-disant interprètes de la Parole de Dieu rencontrent le succès en l’expliquant ; il est probable que c’est une raison pour laquelle il y en a tant dans les ténèbres. N’ayant pas reçu l’esprit de réconfort et d’amour, ils sont incapables d’apprécier l’aimant et gracieux Plan dont la Parole de Dieu est le soutien. Ce n’est probablement pas par accident que l’Apôtre, lorsqu’il écrit que nous devons « grandir en grâce et en connaissance », place la grâce en premier lieu.
« LE RÉCONFORT DES ÉCRITURES »
Nous avons vu ce qu’est avoir le réconfort des frères grâce au saint Esprit. Demandons-nous maintenant ce que signifie avoir le « réconfort des Ecritures » qui nous rend capables de comprendre par la possession du saint Esprit de réconfort. Nous notons encore le passage prophétique d’Esaïe (61 : 1) qui, s’il s’appliquait premièrement à notre Seigneur, la Tête, doit cependant s’appliquer aussi nécessairement à chacun des disciples de Christ. L’Esprit du Seigneur Dieu est sur chacun d’eux, descendant de la Tête, sur laquelle l’huile sainte d’engendrement fut répandue, et cela doit être aussi vrai de chaque disciple que de la Tête. « L’Esprit du Seigneur, l’Éternel, est sur moi, parce que l’Éternel m’a oint pour apporter de bonnes nouvelles aux débonnaires : il m’a envoyé pour panser ceux qui ont le cœur brisé, [non pour briser les cœurs, mais pour guérir les cœurs brisés] ..., pour consoler tous ceux qui mènent deuil, pour mettre et donner à ceux de Sion qui mènent deuil l’ornement au lieu de la cendre, l’huile de joie au lieu du deuil, un vêtement de louange au lieu d’un esprit abattu ».
Et comme nous ne sommes pas mandatés pour briser le cœur des hommes, même des mondains, ceux qui sont insensibles, mais de les laisser sous les jugements et les disciplines variées du Seigneur, nous ne sommes pas invités à réconforter ceux qui ne se lamentent pas, qui ne pleurent pas ; ce n’est pas non plus notre mission de provoquer spécialement l’affliction afin que nous puissions la consoler. Nous avons pour mission de rechercher les humbles, les affligés qui sont conscients de leurs propres fautes et faiblesses, qui cherchent un refuge et la délivrance. C'est une partie de notre mission de leur montrer l'Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde, la magnificence de la résurrection au lieu des cendres de la mort, les gloires que le Seigneur a promis de donner bientôt pour remplacer l'esprit d'accablement, de désappointement, de tristesse et d'affliction de ce temps présent. Nous sommes chargés de dire à ceux-là que « la joie viendra le matin », de les aider à se relever, à revêtir immédiatement le vêtement de louange et à commencer à marcher en nouveauté de vie, avec un « cantique nouveau dans leur bouche - la bonté de notre Dieu » (Manne du 28 octobre).
LE PEUPLE DE DIEU NE DOIT PAS ÊTRE TRISTE.
C’est la pensée erronée qu’acceptent certaines bonnes personnes, à savoir que les enfants du Seigneur, dans le temps présent, devraient être mélancoliques, moroses, tristes, se lamentant à cause du péché. Quiconque a entendu le message de l’Évangile a bien des raisons de se réjouir. Quand le Seigneur dit, « Bénis ceux qui pleurent, car ils seront consolés », Il le disait dans l’Age judaïque, sous la Loi, qui condamnait toute imperfection à cause de laquelle, par conséquent, tous ceux qui avaient faim et soif de justice et cherchaient à marcher loyalement déploraient nécessairement leurs fautes, dues à leur incapacité d’atteindre le grand modèle de la Loi parfaite de Dieu, démontrant ainsi leur incapacité de gagner la vie éternelle sous les conditions de cette Loi.
L’Apôtre se représentait non seulement lui-même, mais aussi tous les autres Israélites sincères gémissant sous la Loi quand il s’écrie « Misérable homme que je suis ! Qui me délivrera du corps de cette mort ? » (Rom. 7 : 24). Il se lamentait et le Seigneur décida que tous ceux qui se lamentaient en Sion, seraient réconfortés - réconfortés avec l’assurance que, tandis qu’ils étaient pécheurs et imparfaits, ne pouvant donc jamais se justifier eux-mêmes devant Dieu sous la Loi, Dieu Lui-même avait trouvé une Rançon, avait racheté Son peuple. C’est réconforté par l’assurance de l’Évangile que l’Apôtre, après s’être présenté lui-même comme un Juif sous la Loi, fatigué mais progressant toujours et criant pour sa délivrance, se présente comme le chrétien qui a trouvé la délivrance lorsqu’il s’exclame, « Mais grâces à Dieu, qui nous donne la victoire par notre Seigneur Jésus-Christ » ! (v. 25 ; 1 Cor. 15 : 57). Les vainqueurs se lamenteront-ils, même si la victoire n’est pas entièrement la leur parce qu’avant tout, elle fut acquise par le précieux sang de Christ ? Non, en vérité. Nous ne pleurons, ni ne nous lamentons comme le font les autres, à cause de la bonne espérance qui est comme une ancre à notre âme, ferme et constante - l’espérance de la miséricorde de Dieu par notre Seigneur Jésus-Christ.
Les membres du peuple du Seigneur, ayant embrassé la Vérité, se trouvent eux-mêmes assaillis de tous côtés par l’opposition du Malin et de ses serviteurs ; et s’ils n’avaient pas le réconfort et la consolation des Ecritures, ni la joie et la paix que le monde ne peut donner ni enlever, leur sort serait réellement déplorable. Mais sous les conditions que le Seigneur a arrangées pour eux, c’est leur privilège, même pendant qu’ils souffrent la perte de choses terrestres pour la cause de la justice, de se réjouir dans la tribulation et de rendre grâce en toute chose.
Quel est donc le secret de cette réjouissance dans la tribulation ? D’où vient un aussi grand réconfort ? Nous répondons qu’il provient du réconfort des Écritures, rendu lumineux par le saint Esprit. Par exemple, prenons la prophétie inspirée concernant Rachel pleurant ses enfants, refusant d’être consolée parce qu’ils ne sont plus, parce qu’ils sont morts (Jér. 31 : 15-17). Le message du Seigneur réconforte Rachel, mais aussi tous ceux qui souffrent une telle perte à cause du salaire du péché qui est la mort. « Retiens ta voix de pleurer et tes yeux [de verser] des larmes car il y a un salaire pour ton travail, dit l’Eternel ; et ils reviendront du pays de l’ennemi ». Ceci parle-t-il de paix et de réconfort au cœur blessé des parents pensant à leurs enfants morts ? Oui, vraiment, ceci apporte la consolation, le réconfort avec lesquels aucune erreur ne peut être comparée. Il existe en effet des images trompeuses et fantaisistes venant à l’esprit des affligés, dans lesquelles ils se confieraient et espéreraient volontiers ; mais elles sont faibles, elles sont intangibles, elles n’ont pas de fondement dans la Parole de Dieu. Ainsi, elles ne peuvent pas donner le repos réel ou la paix dans le temps de l’épreuve.
Mais nous entendons la voix du Seigneur nous assurant de la résurrection ; nous assurant que la tombe est vraiment le pays de l’ennemi, nous assurant - que nos chers petits ne sont pas plus vivants que jamais - mais que, étant allés au pays de l’ennemi, ils sont en sécurité grâce à Jésus qui a prévalu, qui a racheté le monde avec Son propre sang précieux. Jésus a « les clés de l’enfer [Hadès, ou condition du tombeau] et de la mort », comme Il le déclare en Apoc. 1 : 18, et dans peu de temps, Il ouvrira les tombes et délivrera tous les captifs prisonniers de la mort. Il y a un réconfort, une consolation dans ce message qui peut être appliqué avec profit à chaque cœur saignant sous de telles blessures.
Tout « le réconfort des Écritures » est dans cet ordre d’idées. Elles nous montrent que le présent règne du péché et de la mort n’est pas éternel ; qu’une nouvelle dispensation doit être inaugurée comme étant le résultat du sacrifice de notre grand Rédempteur, et que dans cette nouvelle dispensation toutes les familles de la terre seront bénies avec une bénédiction particulière à l’Église. Favorisés maintenant par la connaissance du Seigneur, les fidèles de ce temps-là seront faits participants avec Jésus au grand travail du Royaume de bénédiction du monde. Incontestablement, ceci est une assurance réconfortante, non seulement pour ceux qui luttent pour atteindre le grand appel électif, mais aussi à l’égard de ceux - amis et voisins - qui vivront et seront bénis sous ce Royaume Millénaire.
C’est de cette délivrance que l’Apôtre parle, disant de ne pas être affligés comme les autres qui n’ont pas d’espérance, parce que si nous croyons que Jésus mourut et qu’Il est ressuscité, croyons aussi que, selon les Écritures, Sa mort fut un sacrifice, non seulement pour nous, mais aussi pour les péchés du monde entier - que Dieu ramènera à la vie par Jésus et grâce à Lui, ceux qui sont endormis en Jésus (1 Thess. 4 : 13, 14). Quelle pensée bénie, réconfortante de savoir que le monde entier, mort en Adam, a été racheté, que la peine de mort sera abolie, que leur mort ne fut qu’un sommeil duquel tous seront réveillés au Matin Millénaire pour avoir l’occasion favorable de connaître la bonté de Dieu et, s’ils le veulent, accepter Sa faveur jusque dans la vie éternelle, par l’obéissance.
Finalement, nous noterons que dans certaines de ses déclarations l’Apôtre laisse entendre que le réconfort et la paix de l’Église sont largement dépendants de l’unité de l’Esprit du Seigneur dans ses différents membres et, à partir de l’expérience, nous devrions remarquer que c’est le cas. Il dit, « Au reste, frères, réjouissez-vous ; perfectionnez-vous ; soyez consolés ; ayez un même sentiment ; vivez en paix : et le Dieu d’amour et de paix sera avec vous » (2 Cor. 13 : 11), et encore en Phil. 2 : 1,2, « Si donc il y a quelque consolation [réconfort] en Christ, si quelque soulagement d’amour, si quelque communion de l’Esprit, si quelque tendresse et quelques compassions, rendez ma joie accomplie [en ceci] que vous ayez une même pensée, ayant un même amour, étant d’un même sentiment, pensant à une seule et même chose ».
Quelles exhortations à l'unité, à la paix, à l'affection fraternelle ! Combien elles nous suggèrent la patience, l'indulgence, la douceur, l'esprit de secours, de réconfort, l'un à l'égard de l'autre dans l'église, afin que l'Esprit du Seigneur abondant en tous, chacun puisse faire les plus grands progrès possibles dans le droit chemin. Chers frères et sœurs, soyons de plus en plus dignes du nom de Barnabas - ou Consolateur des frères. Que le saint Esprit abonde de plus en plus richement en nous, selon le bon plaisir du Seigneur ; ainsi, nous serons tous des fils et des filles de consolation en Sion, des représentants de notre Père, des canaux du saint Esprit aussi bien que de la Vérité (Manne du 10 août).
Heureux les fils de paix,
Un de cœur, d’espérance
Qui marquent leurs desseins et faits
D’aimable bienfaisance.
D’autrui soucis, fardeaux
Portant une partie,
Souvent nous versons à ses maux
Un pleur de sympathie.