Victor Hugo a écrit, « Waterloo est le changement de la condition de l'univers ». Un autre a reformulé l'affirmation ainsi : « Le Calvaire est le changement de la condition de l'univers ». L'histoire de la crucifixion de notre Seigneur est rapportée avec un pathos qui émeut nos âmes avec sympathie, et engendre en nous un amour sensible à partir du moment où nous reconnaissons vraiment la portée de notre Texte d'Or. D'autres sont morts tout aussi cruellement, et quelques-uns sont allés à la mort volontairement et avec calme. La mort du Seigneur, cependant, est la première où la victime était entièrement innocente, entièrement indigne de la peine de mort, la seule, par conséquent, où la mort était entièrement volontaire, la seule victime qui n'avait pas besoin de mourir si elle ne l'avait pas voulu.
LE PORT DE LA CROIX COMME EXEMPLE.
Les évangélistes rapportent les incidents de la crucifixion avec de très légères variations, et l'ensemble de cette histoire se présente à nous lorsque nous regroupons les différentes déclarations, dont chacune est vraie. De la Salle du Jugement de Pilate, après que le gouverneur ait consenti à la mort de Jésus parce qu'il ne pouvait pas endiguer le flot des préjugés Juifs et des demandes véhémentes, le centurion, avec trois soldats romains, emmena Jésus au Calvaire pour Le crucifier. Comme le voulait la coutume, le coupable - dans ce cas la victime - portait sa propre croix, ce qui devait nécessairement être une tâche terrible. Notre Seigneur était apparemment accablé par le poids de la croix, lorsqu'un compatriote nommé Simon, qui se trouvait là, fut obligé de L'aider. La déclaration de Luc 23 : 26 suggère que Simon n'a pas porté la croix tout entière, mais qu'il a simplement aidé Jésus en portant la partie arrière de la croix, qui traînait habituellement.
Nous nous sommes souvent demandé : Où étaient Pierre, Jean et Jacques pour ne point voir le fardeau du Maître et courir Lui offrir leur aide ? Si nous sommes disposés à envier à Simon le privilège qu'il eut d'aider le Maître à porter la croix, réfléchissons que beaucoup de frères du Seigneur portent journellement des croix symboliques, que c'est notre privilège de les assister, et que le Seigneur considère tout service rendu à un de Ses fidèles disciples comme s'il était rendu à Lui-même. Cependant, et même si aucun frère ne voit le privilège d’apporter du soutien, que ceux qui sont accablés ne perdent pas courage. Le Seigneur connaît le besoin et enverra l'aide nécessaire, même si elle est imposée, et cela grâce à la sympathie des gens du monde - comme dans le cas de Jésus, lorsque les soldats ont fourni l'aide. Comme la croix de bois ne fut pas le plus lourd fardeau de notre Seigneur, de même Ses disciples ont des croix que le monde ne voit pas, mais que les « frères » devraient comprendre. « Portez les fardeaux les uns des autres et vous accomplirez ainsi la loi de Christ » (Manne du 24 octobre).
Des femmes Juives compatissantes s'approchaient en pleurant. Il est fort probable que parmi elles se trouvaient Marie, la mère de notre Seigneur, Marthe et Marie de Béthanie, et Marie-Madeleine. Les détails ne nous sont pas donnés, mais la compassion de ces femmes est clairement attestée. Notre Seigneur était parfaitement serein, bien que faible et souffrant, non seulement à cause de la dépense de Sa vitalité dans la guérison des malades, etc., mais aussi parce qu'Il avait été soumis à une tension nerveuse terrible pendant toute la nuit, sans sommeil ni nourriture. Il était maintenant neuf heures du jour de Sa crucifixion, et il avait porté péniblement une partie du poids de Sa croix sur environ trois quarts de mile, depuis la Salle du Jugement de Pilate jusqu'au Calvaire. Golgotha, le nom habituellement donné à ce lieu par les habitants des environs, signifiait « le lieu d'un crâne », parce que cette pente particulière de la colline ressemblait de très près à un crâne en forme et en couleur, les cavités sombres dans la surface de la roche correspondant aux alvéoles des yeux, à la cavité du nez, etc.
L'offrande de vin mélangé à de la myrrhe amère, également appelée fiel, n'était pas une offense comme on le croit généralement, mais un acte de bonté. Une association de femmes pour le soulagement des souffrances fournissait du vin aigre avec des narcotiques amers afin d'atténuer la sensibilité à la douleur, et il était d'usage de fournir ce breuvage à tous les pauvres malheureux pour réduire au minimum leurs terribles souffrances. Notre Seigneur goûta le vin, nous dit Matthieu, probablement pour S'assurer de sa nature, ou en signe de reconnaissance pour la bonté qu'il exprimait. Mais Il refusa de le boire, préférant manifestement faire l'expérience de la pleine mesure de la douleur et de la souffrance que la sagesse, l'amour et la justice du Père avaient préparées pour Lui, et qu'Il avait laissé tomber sur Lui pour mettre à l'épreuve la pleine mesure de Sa loyauté et de Son obéissance.
La crucifixion a dû être une terrible épreuve. La croix était posée sur le sol et la victime étendue dessus, tandis que les clous étaient plantés dans les pieds et les mains ; et, si cela était possible, un moment encore plus éprouvant arrivait lorsque la croix, soulevée par des hommes robustes, était laissée tomber dans la cavité préparée pour elle dans le rocher. C'est à juste titre que l'évangéliste ne s'est pas arrêté pour détailler ou commenter les souffrances extrêmes endurées par le Seigneur, et c'est à juste titre que nous pouvons également laisser cette question de côté. Néanmoins, notre cœur ne peut que souffrir quand nous pensons à ce que cette partie du prix de la rédemption payé pour nos péchés a coûté à Celui qui nous a achetés de Son précieux sang. Celui qui comprend bien la situation sera d'autant plus disposé à souffrir quelque chose pour l'amour du Seigneur et pour Sa cause, afin de témoigner en retour son amour et sa reconnaissance pour les choses immenses que le Fils de Dieu a faites pour lui. En effet, nous devrions considérer comme une privation le fait de ne pas être autorisés à « souffrir avec lui », car sinon nous ne pourrions pas espérer « régner avec lui ».
DEUX PROPHÉTIES ACCOMPLIES.
La coutume voulait que l'on fasse le compte des biens personnels d'une personne exécutée, ce qui était le lot des soldats chargés de l'exécution. Dans le cas de Jésus, nous lisons qu'après avoir partagé entre eux Ses vêtements, Sa robe de dessus, Son couvre-chef, Ses sandales et Sa ceinture - suffisamment pour donner une pièce à chacun -, ils tirèrent au sort « pour savoir ce que chacun en prendrait ». Il restait une pièce, à savoir Sa tunique ou Son vêtement de dessous, qui allait du cou jusqu'aux pieds, « tissée tout d’une pièce depuis le haut jusqu’en bas ». Ils ne pouvaient pas le diviser avantageusement, et c'est pourquoi « pour son vêtement, ils tirèrent au sort » - Ps. 22 : 18 ; Jean 19 : 23,24.
La crucifixion a eu lieu à la troisième heure, selon le calcul Juif, ou à neuf heures, selon notre calcul. Au-dessus de Sa tête se trouvait l'accusation écrite en trois langues : en latin, la langue officielle ou gouvernementale de Rome ; en grec, la langue classique de l'époque ; en hébreu, la langue des Juifs. L'accusation était celle sur laquelle les principaux sacrificateurs avaient particulièrement insisté dans leur mise en accusation de Jésus, à savoir qu'Il prétendait être le roi des Juifs. Ailleurs, nous apprenons que les principaux Juifs s'opposèrent à l'inscription de Pilate et s'efforcèrent de la faire modifier, mais celui-ci refusa, disant : « Ce que j'ai écrit, je l'ai écrit ». Les Juifs auraient écrit : « Voici un imposteur qui prétend être le roi des Juifs », mais dans la providence du Seigneur, le vrai titre a été mis au-dessus de sa tête : « Jésus, le roi des Juifs ». Ceux d'entre nous qui ne sont pas Juifs ont des raisons de se réjouir du fait qu'il est plus que cela - que, par la providence de Dieu, il est l'héritier du monde et sera sûrement le Roi du monde, et qu'il est déjà le Roi des saints.
Le récit ne dit pas comment il se faisait que deux brigands étaient en attente d'exécution au même moment. Nous pouvons toutefois supposer qu'ils étaient détenus depuis un certain temps sous le coup d'une condamnation, et que les principaux sacrificateurs ont pu suggérer leur exécution en même temps. Ils ont peut-être eu l'intention de détourner l'attention de l'injustice de leur propre conduite et de donner une certaine mesure de justice à l'ensemble de la procédure, ou bien ils ont peut-être voulu rabaisser Jésus en le plaçant parmi les hors-la-loi. Mais quelles que soient les circonstances, l'affaire a été prévue par le Seigneur et annoncée par le prophète : « Il a été compté parmi les transgresseurs » - Es. 53 : 12.
« NOUS L’AVONS ESTIMÉ BATTU, FRAPPÉ DE DIEU ».
Près de la croix se tenaient l'Apôtre Jean, la mère de Jésus et d'autres personnes qui L'aimaient, et dont le cœur se brisait de compassion en voyant Son ignominie et Ses souffrances, sans pouvoir en saisir pleinement la nécessité, comme nous le verrons bientôt. Quelques oisifs se tenaient probablement là, tandis que des voyageurs allaient et venaient, car Golgotha était situé sur une route très fréquentée. Apparemment, beaucoup d'entre eux, qui avaient beaucoup entendu parler de Jésus et de Ses miracles, étaient maintenant convaincus que Ses affirmations étaient fausses et que Ses miracles étaient probablement des supercheries opérées, comme les Pharisiens le prétendaient, par la puissance de Béelzébul, le prince des démons. Ils raisonnaient par analogie que si le Seigneur avait accompli les œuvres qui Lui étaient attribuées par la puissance de Dieu, comme Il le prétendait, Il ne devrait pas être à la merci de Ses ennemis, car il ne leur était jamais venu à l'esprit que quelqu'un donnerait volontairement sa vie pour son ami, et ils n'avaient pas la moindre idée de la nécessité ou de l'objet de la mort du Seigneur.
Une erreur similaire est commise par le monde à l'égard des disciples du Seigneur. Ceux qui ont des peines, des épreuves, des persécutions et la pauvreté, sont considérés comme étant sous la défaveur divine. C'est ainsi que cela a été prophétisé à propos de notre Seigneur, mais c'est vrai pour Son Église, Son corps dans son ensemble : « Nous l'avons estimé battu, frappé de Dieu, et affligé », et nous avons eu honte de Lui. Le monde ne peut discerner, comme nous le faisons, que la faveur de Dieu envers les élus se manifeste en leur permettant de vivre les expériences nécessaires à leur préparation aux honneurs du Royaume.
« AUCUN DES MÉCHANTS NE COMPRENDRA ».
La déclaration de notre Seigneur, quelques jours auparavant, fut rappelée par certains, mais soit elle fut mal comprise, soit elle fut délibérément falsifiée dans leur raillerie. Il n'avait pas parlé de détruire leur Temple, mais avait dit que s'ils détruisaient le Temple, il serait reconstruit en trois jours (antitypiques). La construction du Temple avait demandé environ quarante ans, et la déclaration de notre Seigneur, qu'ils considéraient comme grandiloquente, leur fit dire qu'il Lui serait beaucoup plus facile de montrer La puissance en descendant de la croix. Le fait qu'Il ne l'ait pas fait était considéré comme une preuve de la fausseté de tout ce qu'Il avait dit et fait auparavant. Pour un esprit sensible, comme celui de notre Seigneur, nous pouvons facilement supposer qu'une telle accusation de falsification et de fausse déclaration serait un lourd fardeau pour Son cœur ; pourtant, Il l'a supporté patiemment. O, nous sommes si heureux que Jésus ne soit pas descendu de la croix, et qu'Il ne nous ait pas laissés dans nos péchés - le monde entier non racheté !
Les principaux sacrificateurs et les scribes ont poursuivi leur victime jusqu'à la croix, négligeant sans doute des choses importantes dans leur empressement à faire en sorte qu'elle ne leur échappe pas. Ils étaient plus coupables que le peuple commun, mais ils cherchaient à justifier leur conduite de la même manière. Curieusement, ils ont admis qu' « il a sauvé les autres » ; et le fait qu'Il ne Se soit pas sauvé Lui-même de leur emprise semble avoir été pour eux une preuve concluante de la fausseté de toutes Ses prétentions en matière de relation avec Jéhovah Dieu. Ils étaient satisfaits que Son sang retombe sur eux et sur leurs enfants. Pauvres hommes, ils se croyaient sages, et pourtant, comme l'Apôtre Pierre l'a souligné quelques jours plus tard, toute cette démarche a été faite dans l'ignorance.
Les mots de Pierre sont : « Je sais, frères, que vous l’avez fait par ignorance, de même que vos chefs ». Il est heureux pour eux, pour la grande majorité de l'humanité, que le Seigneur notre Dieu ne soit pas le rancunier qu'on Le présente comme tel ; qu'au contraire, il soit « lent à la colère, et grand en bonté ». En plein accord avec cela, il y a la glorieuse prophétie selon laquelle, un jour, ceux qui ont crucifié le Seigneur regarderont Celui qu'ils ont percé et pleureront à cause de Lui, et que « le Seigneur répandra sur eux un esprit de grâce et de supplications, et ils se lamenteront sur lui ».
LORSQU’ON L’OUTRAGEAIT, IL NE RENDAIT PAS L’OUTRAGE.
L'Apôtre souligne la patience de notre Seigneur sous cet outrage comme un exemple pour nous. Quand on L’outrageait, il ne rendait pas l’outrage. Combien de choses blessantes notre Seigneur aurait pu, en toute vérité, renvoyer à Ses persécuteurs. Le secret de Sa patience est exprimé dans Ses paroles à Pilate : « Tu n’aurais aucun pouvoir contre moi, s’il ne t’était donné d’en haut ». La même pensée est exprimée dans les mots : « La coupe que le Père m’a donnée, ne la boirai-je pas ? ». De même, notre capacité à supporter patiemment et sans répit les injures et les persécutions sera proportionnelle à notre consécration pleine et entière au Seigneur, et à notre conscience que « tous les pas des justes sont ordonnés par le Seigneur ».
L'un des crucifiés avec Jésus L'injuriait aussi, peut-être les deux, mais probablement un seul, l'autre gardant un moment le silence, mais prenant ensuite la défense de Jésus, comme le raconte un autre Évangile. La matinée, qui avait été très claire au début, devint très nuageuse, et l'obscurité, depuis la sixième heure (midi) jusqu'à la neuvième heure (3 heures), quand Jésus mourut, fut très sensible.
Ce fut à la fin de Ses expériences, à 15 heures, que Jésus cria tout haut d'une voix forte, indiquant une vitalité encore considérable. Son cri était : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ? ». Pendant toute l'expérience de la nuit et du matin, depuis le moment où Il eut l'assurance, dans le jardin de Gethsémané, qu'Il était agréable au Père, notre Seigneur était très calme et tranquille d'esprit. Comment se fait-il, alors, qu'à la fin de Ses expériences, il y ait un nuage si sombre, une ombre, entre Son cœur et le Père ? Pourquoi le Père aurait-il permis qu'un nuage s'interpose au moment où Son cher Fils, bien-aimé, avait tant besoin, plus qu'à tout autre moment, du réconfort, de la force et de la consolation d'une claire reconnaissance de Son amour et de Sa faveur ? Nous devrons répondre à cette question plus tard, lorsque nous examinerons pourquoi notre Seigneur a été crucifié.
C'est à ce moment-là que notre Seigneur dit : « J'ai soif », et qu'une éponge attachée à une branche d'hysope et saturée de vin aigre (Jean 19 : 29) fut portée à Ses lèvres. Il y aspira un peu d'humidité rafraîchissante, car à ce moment-là, dans de telles conditions, Ses blessures devaient avoir développé une fièvre intense dans Son sang. Puis Jésus cria à nouveau à haute voix. Ce qu'Il dit n'est pas rapporté dans le récit de Marc, mais Luc le rapporte ainsi : « Père, entre tes mains je remets mon esprit », ma vie. Cela indique que Sa foi dans l’Éternel était absolue, et que la chose à laquelle Il pensait le plus était la vie. Il donnait Sa vie de la manière la plus loyale, la plus noble, conformément à la volonté du Père. Le Père Lui avait promis, en récompense, de Le ressusciter d'entre les morts : Il avait confiance en cette promesse, et maintenant, dans Son dernier souffle, Il exprimait Sa foi.
« C'EST ACCOMPLI ».
Diverses choses sont rapportées comme ayant eu lieu au moment de la mort de notre Seigneur - un tremblement de terre a secoué le sol dans le voisinage de la croix, et dans le Temple de Jérusalem, le grand voile qui séparait le Saint et le Très Saint fut déchiré, non pas de bas en haut, comme on pourrait s'y attendre si c'était le résultat de l'usure, mais de haut en bas, comme indiquant qu'il s'agissait d'une manifestation de la puissance divine. Le voile ou rideau est décrit comme ayant une longueur de soixante pieds et une largeur de trente pieds, et une épaisseur d'environ quatre pouces. Josephus le décrit comme « de texture Babylonienne, une merveilleuse étoffe de blanc, d'écarlate et de pourpre ». Le déchirement de ce rideau représentait symboliquement l'ouverture du chemin entre le ciel lui-même et la condition céleste de ceux qui sont dans le monde. Le Christ nous a ouvert un chemin nouveau et vivant à travers le voile, c'est-à-dire par le sacrifice de Sa chair. Les vrais croyants sont représentés comme étant maintenant associés à Jésus en tant que sacrificateurs dans le Saint, ou dans le compartiment extérieur des deux. C'est là que nous sommes en communauté avec Dieu par la lumière du chandelier d'or, par les pains de la table d'or, par l'encens qu'il nous est permis d'offrir sur l'autel d'or, et c'est de ce point de vue que nous pouvons maintenant, par la foi, voir au-delà du voile, entrevoir du moins le domaine céleste que Dieu réserve à ceux qui L'aiment, aux appelés selon Son dessein, au Christ, Tête et Corps.
POURQUOI JÉSUS A-T-IL ÉTÉ CRUCIFIÉ ?
L'une des questions les plus déroutantes liées au christianisme dans tous les esprits, y compris ceux des hypercritiques parmi les disciples professés du Seigneur, est de savoir pourquoi les souffrances et la mort de notre Seigneur au Calvaire étaient nécessaires. Nous répondons qu'elles étaient nécessaires parce que Dieu les a rendues nécessaires - parce qu'Il a arrangé Son plan de telle sorte qu'elles soient indispensables. Qu'Il ait pu concevoir un autre plan de salut est incontestable, car toute la question était entre Ses mains, mais qu'Il ait choisi le meilleur plan est tout aussi indiscutable. Quiconque tente de résoudre cette question dans son propre esprit ou avec les philosophies humaines de l'esprit naturel est sûr de se tromper. La seule voie sûre et appropriée est de tenir compte de la sagesse qui vient d'en haut sur cette question.
En écoutant la voix du Seigneur, nous comprenons qu'Il connaissait la fin dès le commencement, et que Son plan est conçu pour servir de leçon sur Ses attributs de justice, de sagesse, d'amour et de puissance, non seulement aux hommes mais aussi aux anges, non seulement aux impies mais aussi aux saints. Lorsque le plan divin aura été pleinement accompli, tous verront les longueurs et les largeurs, les hauteurs et les profondeurs de la sagesse, de l'amour, de la justice et de la puissance illustrées dans l'arrangement divin. À l'heure actuelle, cependant, seuls quelques-uns peuvent voir : « Le secret de l'Éternel est pour ceux qui le craignent, pour leur faire connaître son alliance » - Ps. 25 : 14.
Sachant parfaitement qu'Il ne pouvait pas effacer Sa propre sentence, Dieu a prononcé la mort comme peine pour le péché - sachant à ce moment-là qu'Adam pécherait et que lui et toute sa famille tomberaient sous le coup de la sentence de mort. Pour Adam et pour tous ceux qui comprenaient la question, l'affaire devait sembler désespérée, puisque, premièrement, Dieu ne pouvait pas révoquer Sa sentence ; et, deuxièmement, la sentence privait l'homme de tout en le privant de sa vie. Il ne viendrait pas à l'esprit de l'homme que Dieu puisse avoir dans Son dessein un substitut ; et même si cela lui était venu à l'esprit, en regardant autour de lui parmi ses semblables, il n'aurait trouvé personne capable de servir de substitut à Adam, parce que tous étaient pécheurs par leur part héréditaire des résultats de la chute. Il n'aurait certainement jamais pu venir à l'esprit de l'homme que Dieu, regardant la race déchue d'Adam, aurait eu une telle pitié pour les transgresseurs de la loi qu'Il leur aurait fourni un moyen d'échapper à la punition à un tel prix. Pour Dieu, fournir un substitut à Adam signifiait la création d'un autre homme, son égal en tout point, ou le transfert de quelque être saint dans une condition de nature similaire à celle d'Adam avant sa chute. Il n'aurait pas été supposable pour l'homme que le Dieu tout-puissant soit aussi soucieux des intérêts de Ses créatures humaines. De plus, ils auraient pu raisonner que si Dieu avait créé un homme semblable à Adam, Il n'aurait fait que reproduire la transgression, tandis que s'Il avait transféré un être spirituel glorieux dans des conditions humaines, cela n'aurait été qu'une violation de la justice, une punition infligée à une créature sainte et obéissante dans l'intérêt de créatures impies et pécheresses.
Mais voyez la sagesse de Dieu, ainsi que Son amour et Sa justice, qui se manifestent dans la voie choisie. Il a prévu une rançon pour Adam et donc pour sa race ; il a prévu un homme parfait pour être le Rédempteur de celui qui est tombé et de ceux qui ont perdu la vie en lui, mais Il n'a voulu faire d'injustice à personne. Au contraire, Il arrangerait le plan de telle sorte que Celui qui devait devenir le rédempteur de l'homme serait Lui-même grandement avantagé par les souffrances et les privations inhérentes à cette œuvre. Il ne fait aucun doute que si Dieu avait fait cette proposition d'une manière générale à toutes les armées célestes, il y en aurait eu beaucoup qui auraient été prêts et disposés à obéir avec joie et à se fier à la récompense et à la bénédiction que le Père aurait jugé bon de leur donner ; mais Il n'a pas fait cette offre d'une manière générale - elle n'a été faite qu'à un seul.
« VOICI, JE VIENS - POUR FAIRE TA VOLONTÉ, Ô MON DIEU ».
Parmi les armées célestes se trouvait l'unique engendré du Père, celui qui au commencement était appelé la Parole et qui était avec le Père, et qui Lui-même était un Dieu ou un Puissant, et qui avait été utilisé par le Père comme Son instrument dans la création de tous les êtres angéliques et humains. À Celui-là, le plus élevé de tous, le Père ferait en premier la proposition du grand sacrifice, de la grande épreuve de la foi en l'amour du Père et en la puissance du Père - qu'Il le restaurerait une fois l'œuvre achevée, et cela dans une gloire supplémentaire. Il est vrai que l'unique engendré aurait pu refuser, et, pour autant que nous le sachions, sans préjudice, auquel cas l'offre ou l'opportunité aurait été donnée probablement à celui qui est le plus proche en honneur, en gloire et en puissance parmi les anges. Mais l’unique engendré n'a pas refusé, Il a accepté avec joie l'offre d'être un collaborateur du Père en faveur de l'humanité. Il réalisa le projet ; Il quitta les parvis célestes, mit de côté les conditions célestes, le corps spirituel, etc., fut transféré dans le sein de Marie et, en temps voulu, naquit comme un homme parmi les hommes, « l'homme Jésus-Christ ».
À trente ans, la période appropriée sous la Loi, Il a fait Sa pleine consécration dans la mort et l'a symbolisée par le baptême. Pendant trois ans et demi, la mort a été consommée par Lui, jusqu'à ce qu'Il s'écrie au Calvaire : « Tout est accompli ». Ainsi, Sa première grande humiliation de Soi-même en devenant un homme était une étape préparatoire, tandis que Son don de Soi-même comme sacrifice, comme substitut d'Adam, couvrait une période de trois ans et demi, se terminant par Sa mort sur la croix. Il y a achevé l'œuvre que le Père Lui avait confiée pour la rédemption du monde. Sa vie était le prix de la rançon d'Adam ; et puisque le monde avait perdu la vie par Adam, parce qu'il avait hérité de ses faiblesses, de ses imperfections, c'est donc à juste titre, légalement, effectivement, que la mort du Christ a non seulement racheté Adam, mais racheté le monde de l'humanité. C'est parce qu'Adam, en tant que pécheur, a été coupé de la communauté avec Dieu que notre cher Rédempteur, en tant que son substitut, devait faire une expérience semblable pendant un court moment avant de mourir. Ce fut Son moment le plus dur, et Il a poussé le cri : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ? ».
En temps voulu, la promesse du Père à Son égard s'est accomplie par Sa résurrection d'entre les morts, en tant qu'être spirituel ; en temps voulu, Il est monté au ciel pour apparaître en présence de Dieu en notre faveur - pour appliquer à chaque croyant une part du mérite de Son sacrifice. Cette œuvre a progressé tout au long de cet Âge Évangélique, et chaque croyant consacré a été accepté dans le Christ ; et, étant acceptés en Lui comme membres de Son corps, ces croyants ont eu à leur tour le privilège de présenter leurs corps comme des sacrifices vivants et de compléter ainsi la mesure des souffrances du Christ. Bientôt, l'ensemble des sacrifices du Jour de l'Expiation sera terminé, bientôt ce jour sera achevé, bientôt la promesse sera accomplie : « Si nous souffrons avec lui, nous régnerons aussi avec lui ; si nous sommes morts avec lui, nous vivrons aussi avec lui ». À partir de ce moment, l'œuvre rédemptrice prend une ampleur plus grande. Dès que les derniers membres du corps du Christ auront souffert avec Lui, Il appliquera le paiement intégral à la justice au nom de tout le reste de l'humanité non croyante, et la peine, la malédiction contre le monde, sera ainsi annulée - non pas par la foi, non pas simplement pour ceux qui auront exercé la foi, mais indépendamment de la foi.
LES RÉSULTATS - LES EFFETS GRACIEUX.
Alors commencera l'œuvre du relèvement du monde - ceux qui ne sont pas encore entrés dans la tombe, et progressivement ceux qui sont déjà descendus dans la prison de la mort. Les portes de la prison seront ouvertes, tous les prisonniers se montreront ; comme le prophète l'a déclaré, ils sortiront tous pour être jugés (És. 61 : 1). Non pas pour un nouveau procès en raison de la première offense d'Adam, ni pour un procès en raison de choses faites alors qu'ils étaient plus ou moins affectés par la peine infligée à Adam, mais pour un nouveau procès pour la vie, sous leur propre responsabilité. La responsabilité de chacun sera en fonction de la mesure du caractère et de la force qu'il possède. Ce sera un jugement juste qui tiendra compte de toutes les imperfections et faiblesses héritées, et qui n'attendra du monde que ce que l'humanité sera capable de rendre.
Le résultat sera une élévation du monde de l'humanité, une opportunité pour chacun de revenir progressivement à tout ce qui a été perdu en Eden par la désobéissance du Père Adam, y compris le Paradis restauré. Les cœurs obéissants seront alors jugés dignes de la bénédiction du Seigneur, qui les accompagnera éternellement. Ils auront la vie éternelle, tous les esprits opposants étant exterminés dans la Seconde-Mort.
Ainsi, la mort de notre Seigneur Jésus était nécessaire pour que l'homme soit libéré de la peine de mort. Le Christ est mort pour nos péchés, comme l'exprime notre Texte d'Or. Il est mort afin que, en payant notre peine de mort, Dieu puisse être juste et justifier celui qui croit en Jésus, et le libérer de la peine de mort. La mort de Notre Seigneur était nécessaire pour une autre raison encore, comme l'explique l'Apôtre : il est opportun que Celui qui jugera le monde pendant l'Âge Millénaire ait la pleine capacité de sympathiser avec le monde des hommes qui seront alors en jugement - quelqu'un capable et désireux de secourir ceux qui sont assaillis par le péché et la faiblesse et d'avoir de la compassion pour eux, ayant été tenté en tous points comme nous le sommes, mais sans péché. Ainsi, non seulement le Seigneur Jésus, le grand Roi et Juge de ce temps-là, mais aussi l'Église - Ses cohéritiers dans la fonction de Juge et dans la Sacrificature Royale - seront capables de sympathiser avec ceux qu'ils jugeront et éprouveront, soutiendront, assisteront et élèveront.
Nous percevons donc que le plan que Dieu a adopté est, dans le sens le plus large du terme, le plus sage et le meilleur que l'on puisse imaginer, et que, selon ce plan, rien d'autre que la mort n'était possible pour la rédemption de l'homme de la sentence de mort, et que rien d'autre que de sévères épreuves ne convenaient à Celui qui serait investi d'une si haute dignité, d'un si grand honneur, d'une si grande responsabilité, que celle que le Père avait attribuée au Christ. Nous voyons aussi qu'il appartenait au Père, en amenant l'Église à la gloire et en mettant ensuite le monde à l'épreuve, de prouver par la souffrance que le Capitaine du salut était parfait ; que celui qui était le maître de l'univers à côté du Père, et qu'Il se proposait de rendre encore plus grand au point de Lui donner une participation à la nature, à la gloire et à l'honneur divins, devait raisonnablement démontrer devant toute créature Sa loyauté absolue envers le Père ; et c'est ce qu'Il fit dans les jours de Sa chair, lorsqu'Il souffrit le juste pour l'injuste afin de nous amener à Dieu. En conséquence, « Dieu l'a haut élevé et lui a donné un nom au-dessus de tout nom, afin qu'au nom de Jésus se ploie tout genou, et que toute langue confesse la gloire du Père » - au cours de l'Âge millénaire.