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« CELUI QUI VOUS ÉCOUTE, M'ÉCOUTE » - LUC 10 : 1-16.
« Suppliez donc le Seigneur de la moisson, en sorte qu'il pousse des ouvriers dans sa moisson ».

Le travail de la Moisson pendant les trois ans et demi du ministère de notre Seigneur semble avoir été concentré principalement dans les neuf derniers mois de cette période. Nous avons suivi le cours du déploiement graduel de la Vérité, alors due, et maintenant, environ cinq mois avant la crucifixion de notre Seigneur, nous prenons note de Sa déclaration que les champs étaient prêts pour la moisson, et les ouvriers peu nombreux. Le premier verset de notre leçon relate l'envoi des soixante-dix hommes, deux par deux, comme missionnaires précurseurs chargés de proclamer la proximité du Royaume de Dieu et de préparer ainsi le peuple à l'arrivée ultérieure de Jésus dans les différentes villes d'Israël à l'est du Jourdain.

Ces soixante-dix n'étaient pas des Apôtres au sens propre du terme. Ils étaient complémentaires aux douze Apôtres - ils étaient évangélistes ; ils n'avaient pas une aussi grande expérience avec le Maître et Ses enseignements, ni une tâche aussi importante à accomplir que celle assignée aux douze. Néanmoins, tout service au Seigneur est un service important, et dans la mesure où ils faisaient la volonté du Seigneur, ils Le représentaient. Ils faisaient sans doute partie des « cinq cents frères » mentionnés par l'Apôtre comme ayant vu notre Seigneur après Sa résurrection (1 Cor. 15 : 6). De même que les douze Apôtres correspondaient aux douze tribus d'Israël, de même les soixante-dix évangélistes correspondaient aux soixante-dix anciens d'Israël désignés par Moïse dans le désert et représentés ensuite dans le Sanhédrin Juif, qui en comptait soixante-dix.

De même que les soixante-dix anciens nommés par Moïse, et leurs successeurs, le Sanhédrin, étaient les anciens d'Israël, de même, d'une manière générale, ces soixante-dix que le Seigneur envoya à la fin de l'Âge Juif représentaient tous les conducteurs ou Anciens de Son peuple aujourd'hui. Nous avons montré ailleurs quels sont les devoirs et les responsabilités actuels des Anciens en ce qui concerne le troupeau du Seigneur [Voir Etudes dans les Ecritures, Vol. VI., chap. 6] ; et nous avons également montré comment, à l'heure actuelle, ils sont choisis ou mis à part sous la direction du Seigneur, là où l'on recherche Sa direction et où l'on suit les instructions de Sa Parole. Nous avons également montré que, d'une manière générale, tous les membres du peuple du Seigneur sont pleinement mandatés, dans le même sens ou degré, pour parler officiellement ou en tant que porte-parole de Son corps. Dans la mesure de leurs capacités et des occasions qui leur sont données, tous ont le privilège d'annoncer les bonnes nouvelles de la grande joie à tous ceux qui ont l'oreille pour entendre. Mais une bénédiction spéciale et des privilèges particuliers en rapport avec le service de la Vérité s'attachent à ceux qui, d'une manière ou d'une autre, sont sélectionnés par l'intermédiaire du Seigneur pour le service de la Vérité - soit en tant qu'anciens choisis des assemblées locales du peuple du Seigneur, soit en tant que pèlerins choisis ou colporteurs reconnus. Chacun peut servir selon les opportunités et la bénédiction divine.

LA MOISSON JUIVE ET LA NÔTRE.

Nous voyons que le Seigneur a désigné la fin de l'Âge Juif comme le temps de la « moisson », pour la récolte du blé de ce peuple et son rassemblement dans le grenier de la dispensation de l'Évangile, et pour le rejet et le brûlage symbolique de l'ivraie de ce peuple dans la grande période de détresse qui s'est abattue sur lui progressivement après le rejet du Messie, et qui s'est pleinement accomplie dans la destruction de Sa nation en l'an 70. Nous sommes particulièrement intéressés par tout ce qui se rapporte à ce temps de la moisson après avoir appris qu'il s'agissait d'une figure, d'un type ou d'une préfiguration du temps de la moisson à la fin de cet Âge de l'Évangile - la Moisson au milieu de laquelle nous nous trouvons maintenant. Notre Seigneur a attiré l'attention sur les conditions de la moisson au moment même où Il envoyait les ouvriers, peut-être même avant de les mandater. Par compassion, Il a attiré l'attention des croyants de l'époque sur la maturité des conditions qui les entouraient, et les a exhortés à prier le Seigneur pour que des ouvriers les aident à récolter le vrai blé.

Apparemment, ce sont ceux qui priaient le Seigneur et ressentaient un désir sincère pour la prospérité de l'œuvre du Seigneur et la recherche des Israélites qui se consacraient à ce service, à ce ministère d'évangélisation. Mais peu importe qu'ils aient été enseignés d'abord, qu'ils aient prié d'abord et qu'ils se soient donnés à l'œuvre ensuite, ou qu'ils se soient donnés d'abord à l'œuvre et qu'ils aient prié ensuite - la prière et l'engagement dans le service étaient associés dans l'Esprit du Seigneur et évidemment dans l'esprit de ceux qui participaient à cette œuvre de Moisson. Et il en est ainsi aujourd'hui. En regardant autour de nous, nous voyons la chrétienté nominale comme un grand champ de blé, mûr et prêt pour la moisson. Les vrais enfants de Dieu ont grandement besoin du message qui les rassemblerait vers le Seigneur, les libérant de toute servitude sectaire, et tous ceux qui ont l'Esprit du Seigneur se sentent poussés à apporter l'aide nécessaire, quel que soit le coût des inconvénients personnels, etc.

En pensant à nos chers amis qui avancent à tâtons dans les ténèbres et trébuchent sur la Haute-Critique, l'Infidélité, les théories de l'Evolution, la Théosophie, la Nouvelle Pensée, la Science Chrétienne, etc., nous demandons au Seigneur plus d'ouvriers pour la vigne, sachant qu'Il Se réjouit de nous voir ainsi intéressés par l'œuvre qu'Il poursuit. En réponse, Il est heureux d'envoyer une troupe complète d'ouvriers, représentée par les soixante-dix de notre leçon. Nous pouvons être sûrs que ceux qui sont le plus sincèrement compatissants et qui prient le plus ardemment sont ceux qui travaillent le plus sérieusement à cette Moisson - qu'ils soient autorisés à travailler d'une manière publique ou qu'ils soient limités à des moyens plus privés de conversation personnelle, de distribution de tracts et de correspondance postale, qu'ils aient les plus grandes possibilités du travail bénévole sur une échelle plus grande, ou qu'ils aient les possibilités encore plus grandes du service de colportage ou du travail de pèlerinage, etc.

« COMMENT POURRAIENT-ILS PRÊCHER S'ILS N'ÉTAIENT PAS ENVOYÉS ? »

Notre Seigneur a laissé entendre que ce serait un grand honneur pour quiconque d'être envoyé, et Il a également laissé entendre que personne ne pourrait s'engager dans ce service sans être envoyé par Lui - le Seigneur de la Moisson. Nous ne devons donc pas considérer que n'importe qui peut s'engager dans ce travail aujourd'hui, pas plus que pendant la moisson de l'Âge Juif. Nous devons prier pour avoir le privilège et l'occasion de servir, et lorsqu'ils se présentent à nous, nous devons les saisir et les utiliser avec zèle, comme appréciant le privilège d'être des collaborateurs du Seigneur dans l'œuvre la plus grande et la plus grandiose que l'on puisse imaginer. Il y a une ligne clairement tracée quant aux personnes qui ont le privilège de s'engager dans ce travail. Les moissonneurs acceptés par le Seigneur ne peuvent être que ceux qui Lui sont pleinement consacrés et acceptés comme membres du corps de Christ. Si d'autres s'engagent, nous ne pouvons pas attendre d'eux le succès et la bénédiction que nous sommes autorisés à attendre de ceux que le Seigneur envoie. En harmonie avec cette remarque, nous constatons que les non-croyants, les agents de livres et les librairies ne réussissent pas à gérer nos publications. La bénédiction semble aller seulement à ceux qui sont consacrés au Seigneur et à ceux de leurs familles qui sont heureux de coopérer avec eux dans cette récolte sous leur direction.

COMME DES AGNEAUX AU MILIEU DES LOUPS.

L'illustration de notre Seigneur, selon laquelle Ses représentants envoyés seraient comme des agneaux au milieu des loups, semble être une présentation très forte et presque exagérée du cas jusqu'à ce que nous prenions le point de vue approprié d'observation. Ceux qui étaient représentés comme des loups étaient des Juifs, des Israélites, en principe le peuple favorisé de Dieu depuis des siècles, les héritiers naturels de l'alliance et des promesses d'Abraham. C'était le peuple qui, selon la chair, était les brebis du Seigneur, comme le décrit le vingt-troisième psaume : « L’Eternel est mon berger ». Cependant, les paroles de notre Seigneur les comparant à des loups indiquent clairement à quel point ils avaient perdu, dans leur ensemble, les caractéristiques propres aux brebis. La brebis est une créature innocente et presque sans défense, inoffensive ; le loup est vorace, destructeur, égoïste. Sans doute, les paroles de notre Seigneur ont-elles paru dures même à Ses disciples, qui, habitués à l'égoïsme du monde, ne l'ont pas vu du même point de vue que celui de notre Seigneur, qui était saint, innocent, non souillé, séparé des pécheurs, dans le sens et le degré les plus absolus. Notre Seigneur, cependant, « connaissait ce qui était dans l'homme » et ne jugeait pas d'après les apparences extérieures.

Ce qui, par conséquent, aurait pu être un jugement et une parole peu charitables de la part des Apôtres ne l'était pas de la part de notre Seigneur. Ses propres expériences, moins de six mois après, et les expériences de Ses fidèles disciples, ont toutes attesté la sagesse et la justesse du terme « loups » appliqué aux scribes et aux pharisiens satisfaits d’eux-mêmes, observant le sabbat, priant au coin de la rue, donnant la dîme, qui avaient la forme de la piété mais pas sa puissance dans leur cœur et leur vie.

En continuant à tirer des leçons de la moisson Juive et à les appliquer à cette Moisson, nous commençons à nous rendre compte que la chrétienté nominale d'aujourd'hui est également comparable à un loup plutôt qu'à un agneau, et que ceux qui reçoivent le message du Seigneur et vont de l'avant en Son nom sont de la même manière des agneaux au milieu des loups. L'Apôtre dessine une figure, non pas du monde païen, mais de l'église chrétienne nominale d'aujourd'hui, quand, écrivant à Timothée, il décrit prophétiquement les conditions de la fin de cet âge. Ses paroles sont : « Dans les derniers jours, il surviendra des temps fâcheux ». « Car le temps viendra où ils ne supporteront pas la saine doctrine ; mais, ayant des oreilles qui leur démangent, ils s'amasseront des maîtres selon leurs propres convoitises, et ils détourneront leurs oreilles de la vérité et se tourneront vers les fables » - 2 Tim. 3 : 1-5 ; 4 : 3,4.

UNE GRANDE ŒUVRE BIENTÔT PRÊTE.

De même que la majeure partie de l'œuvre du Seigneur lors du Premier Avènement s'est concentrée sur les six derniers mois, nous prévoyons que l'œuvre principale de la Moisson actuelle se concentrera sur les six dernières années. Nous voyons déjà des preuves que l'œuvre de la Moisson s'élargit en ce moment. Beaucoup plus nombreux sont ceux qui ont l'oreille attentive à la Vérité qu'il y a peu de temps, et beaucoup plus nombreux sont ceux qui prient pour le développement de la Moisson et coopèrent à leurs prières en se présentant, avec toutes leurs opportunités et leurs talents disponibles, au service du Seigneur dans les différents départements de l'œuvre.

Nous ne devrions donc pas nous étonner si, dans les six années à venir, les preuves de l'attitude de loup de beaucoup de ceux qui ont une apparence de piété et qui prétendent être les brebis du Seigneur se faisaient plus évidentes que jamais auparavant. Si les brebis devaient souffrir de leurs mains, nous pouvons être sûrs que cela ne sera pas permis avant le moment voulu. Il ne sera pas permis de faire obstacle à l'œuvre de la Moisson, et personne ne peut être sérieusement troublé, sauf avec la permission du grand Chef Moissonneur, et ce jusqu'à ce que Son heure soit pleinement venue. Tous ceux qui ont été formés à l'école du Christ seront prêts, nous en sommes convaincus, à dire comme le Maître à la fin de Son parcours : « La coupe que le Père m'a versée, ne la boirai-je pas ? », et à se réjouir d'être reconnus dignes de souffrir pour le nom et la cause que nous aimons.

« JE FAIS UNE CHOSE ».

Les soixante-dix furent envoyés sans bagage. Ils ne prenaient pas de vêtements de rechange, ils ne portaient que des sandales, et n'emportaient pas de chaussures de maison ou de pantoufles ; leur voyage devait se faire rapidement et toute l'attention devait être accordée à leurs tâches missionnaires ; ils ne devaient pas chercher à se mettre spécialement à l'aise. C'était la coutume de l'époque de recevoir les voyageurs, et en particulier ceux qui avaient une mission religieuse, les prophètes, etc. ; ces évangélistes ne devaient pas faire de collecte, et ne devaient donc pas emporter de sacs à provisions.

Ils ne devaient rien demander en échange de leurs services, mais partout où ils allaient, ils devaient guérir les malades, chasser les démons et proclamer leur mission aux gens en tant que hérauts de Jésus, leur déclarant que le Royaume de Dieu était proche et allait bientôt être établi. L'ordre de ne saluer personne en chemin ne signifiait pas qu'ils ne pouvaient pas dire « Bonjour », mais qu'ils ne devaient pas suivre la coutume de leur époque de s'arrêter en chemin pour discuter des nouvelles qui pouvaient être transportées d'un village à l'autre. Ils n'étaient pas des collecteurs de nouvelles, ni des annonciateurs de nouvelles, mais les hérauts du Seigneur, les ambassadeurs du Royaume, et ils devaient consacrer leur temps et leur attention à ce seul service.

Nous pourrions établir une parallèle entre ces représentants de la Vérité à la fin de l'Âge Juif, et des ministres de la Vérité similaires dans le temps de la Moisson actuelle. Nous pourrions noter que les frères Pèlerins vont de lieu en lieu, ne faisant aucune collecte, ne s'engageant dans aucune autre activité, et déclarant le même message - que le Royaume de Dieu est proche. Nous pourrions noter la même chose en ce qui concerne les Colporteurs : eux aussi ont une seule mission, et bien que leur message soit délivré par la page imprimée, c'est le même message - le Roi, le Royaume, sont à la porte. Et bien que le message soit vendu à un prix, ce prix n'est pas supérieur à celui que les soixante-dix ont reçu en allant de lieu en lieu. Ces travailleurs n'amassent pas non plus de trésors sur terre, mais se contentent de faire face à leurs dépenses quotidiennes, et ils sont heureux de sentir qu'ils donnent plus qu'une valeur matérielle pour chaque centime qu'ils reçoivent, sans compter les incalculables bénédictions spirituelles qui accompagneront la nouvelle qu'ils diffusent à ceux qui ont des oreilles pour entendre et un cœur pour apprécier les nouvelles du Royaume. Les Volontaires qui distribuent les tracts dans chaque ville et village transmettent de la même manière le message que le Roi est à la porte, et travaillent de la même manière sans rémunération, et se contentent de ce qu'ils ont et ne cherchent pas de récompense terrestre. L'esprit de l'œuvre en cours et celui de l'œuvre accomplie à la fin du ministère de notre Seigneur ont une remarquable concordance.

BIENHEUREUX CEUX QUI PROCURENT LA PAIX – FILS DE DIEU.

Chaque ouvrier dans la moisson actuelle doit bien prendre note de l'instruction du Seigneur contenue dans les versets 5 et 6. Partout où vont les représentants du Seigneur, la paix doit les accompagner et non la dispute, le désordre, le trouble, la querelle. Il est vrai que la Vérité sera une épée qui soulèvera de l'opposition ; toutefois, il faut que ce soit la Vérité qui cause l'opposition et la division, et non les paroles ou actions rudes ou désobligeantes de la part des représentants du Seigneur. Il y a une foule de choses pour agacer l'humanité en ces jours de fièvre des affaires ; aussi tous ceux qui ont reçu la Vérité devraient-ils posséder son esprit qui « parle de paix par Jésus-Christ » (Manne du 8 août). La « paix de Dieu qui surpasse toute intelligence » devrait contrôler tous ceux qui représentent le Seigneur et Son message, et une influence sanctifiante devrait accompagner chacun d'entre eux, en particulier dans chaque service et chaque parole prononcée au nom du Prince de la Paix. Le vrai caractère de Son peuple est décrit par notre Seigneur : ceux qui seraient correctement appelés les enfants de Dieu devraient être des artisans de paix et non des perturbateurs de paix. « Autant que cela dépend de vous, vivez en paix avec tous les hommes ». Il n'est pas possible de vivre en paix avec tous et d'être fidèle à ses principes, mais les représentants du Seigneur doivent préserver l'intérêt de la paix par tous les moyens appropriés.

Selon les coutumes de notre époque, il pourrait être considéré comme excessif d'appliquer littéralement les paroles du Seigneur et de dire « Paix à cette maison » avant d'entrer ; de même, il serait considéré comme excessif aujourd'hui que, n'étant pas accueillis, nous fassions tomber la poussière de nos chaussures en sortant de la maison. Cependant, l'esprit de ces deux choses devrait nous accompagner. En entrant dans n'importe quelle maison, notre pensée devrait être de faire du bien, de porter la bénédiction, d'exercer une influence favorable à la paix, à la joie et à la bénédiction de ceux qui sont à l'intérieur ; et si, en tant que ministres du Seigneur, nous étions repoussés et dédaignés, si nous n'étions pas désirés, nous devrions veiller à ne pas nous imposer davantage, et, dans le sens figuré du terme, nous devrions même essuyer la poussière.

« Si un fils de paix est là, votre paix reposera sur elle [la maison] ». Si, en un lieu quelconque, nous trouvons quelqu'un qui a le même esprit que le Seigneur, désireux de connaître et de faire la volonté du Seigneur, nous devrions nous réjouir de le rencontrer comme un frère et lui communiquer le message de la Moisson comme il peut avoir des oreilles pour l'entendre, et ainsi une bénédiction serait la sienne ; sinon, nous ne devrions pas rester. Le peuple du Seigneur ne devrait jamais s'immiscer autrement que pour faire connaître brièvement Son message et Son œuvre. Si ceux-ci sont correctement présentés et ne rencontrent aucune réponse, le Seigneur ne veut pas que nous violions les convenances de la courtoisie en nous imposant ou en imposant nos enseignements à ceux qui ne les apprécient pas. Notre Seigneur nous a donné un bon exemple en la matière.

MENDIER POUR LE SEIGNEUR N'EST PAS AUTORISÉ.

Les disciples ne devaient pas aller de maison en maison comme des mendiants, pour obtenir un repas ici et un logement là, mais ils devaient s'attendre à ce que, si le Seigneur les avait guidés providentiellement vers ceux qui les avaient reçus, il entendait donner à leurs hôtes, par leur intermédiaire, une bénédiction proportionnelle au coût de leur bref passage. Ils ne devaient pas considérer ces hospitalités comme des aumônes, car en tant que représentants du Seigneur, ils étaient là pour dispenser des bénédictions supérieures à celles qu'ils recevraient, et en tant que simples travailleurs, même le service qu'ils rendaient devait valoir au moins leur salaire. Ce principe devait s'appliquer non seulement à une maison mais à une ville. Ils ne devaient pas être exigeants, mais accepter les hospitalités qu'on leur offrait ; et si cela ne signifiait pas l'hospitalité, ils devaient quitter la ville et aller dans une autre qui les recevrait plus aimablement, eux et leur message.

Le verset 9 pourrait à première vue sembler être un message spécial applicable à la Moisson Juive mais non applicable à la Moisson de l'Âge de l'Évangile ; mais il n'en est rien. Il y a des maladies spirituelles aussi bien que physiques, et les ambassadeurs du Seigneur d'aujourd'hui devraient considérer que c'est leur mission, leur affaire, d'ouvrir les yeux aveugles et de déboucher les oreilles sourdes, et de façon générale de guérir les malades d'une manière spirituelle avec le baume de Galaad, la bonne nouvelle de grande joie qui est à présent censée être comprise. De plus, c'est notre privilège maintenant, comme c'était le leur alors, de déclarer : « Le Royaume de Dieu s'est approché de vous ».

Cette annonce ne fut pas une annonce appropriée tout au long de l'âge, mais seulement à la fin ou lors des récoltes des deux âges. Après la mort et la résurrection de notre Seigneur, les Apôtres n'ont plus prêché : « Le Royaume de Dieu s'est approché de vous ». Au contraire, ils déclarèrent que le Royaume de Dieu, qui avait été offert à Israël, leur avait été retiré pour être donné à un Israël spirituel qui devait être choisi parmi tous les peuples, toutes les races et toutes les nations. Mais maintenant, nous sommes arrivés à la fin de cette période de sélection de l'Israël spirituel, et au temps de la Moisson de cet âge, la proclamation se fait à nouveau entendre : Voici, le Roi est à la porte, le Royaume est proche, et les vierges sages se préparent et entreront aux noces, comme le Seigneur l'a représenté dans la parabole des vierges sages et des vierges folles (Matth. 25 : 1-12). Il est encore vrai qu’en certains endroits, les représentants du Seigneur seront mal reçus, quelle que soit la sagesse et la gentillesse avec lesquelles ils cherchent à annoncer leur message, et ils devraient tenir compte de cette même exhortation.

UNE SIMPLE « FORME DE PIÉTÉ » EST PIRE QUE PAS DE PIÉTÉ.

Le Seigneur attire ensuite l'attention de Ses disciples sur les villes dans lesquelles Il a accompli Ses principales œuvres, Chorazin, Bethsaïda et Capharnaüm, en déclarant que si les mêmes œuvres avaient été accomplies dans les villes païennes de Tyr et de Sidon, ou même dans la ville de Sodome, qui fut détruite au temps d'Abraham, les œuvres qu'Il a accomplies auraient suffi à inciter les habitants païens de ces villes à se repentir et à rechercher la faveur du Seigneur. Il fait ensuite remarquer que lorsque le grand jour du jugement viendra, il sera plus supportable pour Tyr et pour Sidon et pour Sodome que pour ceux qui avaient bénéficié d'une si grande faveur et qui n'ont pourtant pas été poussés à la repentance et à l'obéissance. Ces mots suggèrent plusieurs pensées importantes.

(1) Comment se fait-il que ces villes Juives, si longtemps sous l'instruction divine par la Loi et les prophètes, fussent plus sourdes, moins prêtes à entendre la bonne nouvelle que les païens ? Nous ne pouvons l'expliquer que par les lignes générales suggérées par l'Apôtre lorsqu'il a déclaré que toute la connaissance que chacun d'entre nous peut recevoir est soit une sève de vie pour la vie, soit une sève de mort pour la mort - soit qu'elle nous affecte favorablement pour nous rapprocher du Seigneur et des principes de la justice, soit qu'elle nous affecte défavorablement pour nous éloigner encore plus de Lui. Il s'agit d'un principe général, et nous pouvons facilement voir que la Vérité qui vient à l'homme déchu dans les conditions actuelles serait une grande bénédiction pour un petit nombre d'entre eux, et qu'elle entraînerait dans une certaine mesure l'endurcissement du cœur pour le plus grand nombre.

(2) Nous nous disons : Quel sera le sort des habitants de Chorazin, Bethsaïda et Capharnaüm au jour du jugement, dans le Millénium ? Nous constatons que, pour ce qui est de la vie présente, ils ont partagé le même sort que les habitants des autres villes : toutes les six villes mentionnées sont complètement détruites et leurs habitants sont tous morts. Ces gens auront-ils un réveil dans le futur, ressusciteront-ils d'entre les morts ? Notre Seigneur répond à cette question en disant : « Tous ceux qui sont dans les sépulcres entendront la voix du Fils de l'homme et ils sortiront ». Eh bien, alors, nous demandons, pour quelle raison seront-ils amenés à sortir ? Notre Seigneur répond que leur sortie se fera en ce jour - le Jour Millénaire, le jour du jugement du monde, les mille ans du règne du Messie - où Satan sera lié et où, en tant que semence d'Abraham, le Christ et l'Église régneront en tant que Rois et Sacrificateurs pour bénir toutes les familles de la terre – Apoc. 5 : 10.

« PLUS SUPPORTABLE POUR SODOME ».

La déclaration de notre Seigneur est qu'il sera plus supportable pour Tyr et Sidon que pour les villes de Galilée dans ce temps du Millénium. Que cela signifie-t-il ? Cela signifie que, dans cet arrangement béni, les conditions seront favorables ou supportables même pour les personnes qui ont été témoins des miracles du Seigneur et qui, pourtant, n'ont pas été poussées à se repentir et à devenir des disciples ; et elles seront encore plus supportables pour les peuples païens de Tyr et de Sidon - oui, pour les êtres dégradés de Sodome, qui n'ont jamais entendu parler de la grâce de Dieu, qui n'ont jamais goûté aux faveurs divines, qui n'ont jamais été témoins de guérisons divines, ou qui ont eu l'occasion d'être enseignés par le Seigneur, ou d'être acceptés comme disciples du Christ.

L'Apôtre nous dit que, dès que cet Âge de l'Évangile sera achevé, la faveur du Seigneur se tournera à nouveau vers l'Israël naturel, et que, par conséquent, l'aveuglement sera détourné d'eux - Israël sera sauvé de son aveuglement (Rom. 11 : 25,26). Il poursuit en expliquant que cela ne sera pas dû à un quelconque mérite de leur part, mais à la miséricorde, à la compassion et au pardon du Seigneur par le Christ. Le prophète reprend la question au même point, et déclare qu'Israël regardera Celui qu'il a transpercé et que tous pleureront à cause de Lui, et que le Seigneur répandra sur eux l'esprit de prière et de supplication en relation avec ce deuil. Ainsi, la bénédiction reviendra à ceux qui ont rejeté le Seigneur et L'ont crucifié, et avec des yeux encore plus ouverts dans les conditions favorables de l'Âge millénaire, sous la sage gouvernance du Seigneur Lui-même en tant que grand Roi sur toute la terre en ce jour, et avec les influences de Satan liées et retenues afin qu'il ne puisse plus tromper les nations en « mettant la lumière pour les ténèbres et les ténèbres pour la lumière », les habitants de Chorazin, Bethsaida et Capharnaüm auront une autre bénédiction, bien que de nature quelque peu différente de celle qu'ils ont rejetée. Ils ont rejeté le privilège de devenir disciples et cohéritiers dans le Royaume. Ce privilège ne leur sera plus jamais offert, car lorsque la prochaine faveur divine s'exercera à leur égard, ce sera avec les privilèges de la restitution de la nature humaine - de ce qui a été perdu en Adam et racheté par la mort de Celui qu'ils ont crucifié.

« AINSI IL EST ÉCRIT »

Le Seigneur, par l'intermédiaire du prophète Ézéchiel (16 : 48-60), nous parle en particulier des Sodomites, expliquant la raison pour laquelle eux et leur ville ont été effacés, et expliquant aussi pourquoi les Israélites ont été rejetés de Sa faveur ; mais Il explique également que lorsqu'Il aura pitié d'Israël à cause de ses pères, et que, selon Sa promesse, Il les ramènera dans leur propre pays et leur accordera de plus grands privilèges sous le Royaume millénaire, alors Il aura aussi pitié du peuple de Sodome et le rétablira dans son ancien état, dans tout ce qui a été perdu, dans ses privilèges de restitution. Oh, combien sont grands les arrangements et les plans divins ! Certains diront peut-être que ce sont des bénédictions qui arrivent ; mais notre Seigneur a laissé entendre que certaines grandes tribulations allaient arriver sur les villes de Galilée. Quelles étaient-elles ? Nous y avons déjà fait référence. Les habitants des villes de Galilée et de toute la Palestine ont été impliqués dans la grande période de détresse au cours de laquelle l'Âge Juif a pris fin, et cette nation a été effacée de l'existence en tant que nation, ses membres étant dispersés parmi toutes les nations. Ce fut une grande tribulation et une grande perte pour les habitants de Chorazin, Bethsaïda et Capharnaüm, surtout si on compare avec ce dont ils auraient pu bénéficier s'ils avaient obéi au message du Seigneur, s'ils étaient devenus des disciples et avaient ainsi accédé au statut de cohéritier avec le Seigneur, les Apôtres et tous les saints dans le Royaume.

Mais dans quelle mesure l'Âge millénaire sera-t-il plus favorable pour les habitants des villes païennes citées que pour ceux de la Galilée ? Les conditions de l'Âge millénaire ne seront-elles pas ouvertes de manière égale à l'ensemble du monde des hommes ? Nous répondons : « Oui, mais toute l'humanité ne sera pas pareillement disposée à profiter de ces conditions bénies du Royaume. C'est une loi de la nature qu'une bénédiction ayant été une fois méprisée, et la Vérité ayant été une fois rejetée, est de ce fait plus difficile à saisir si elle est offerte à nouveau. C'est ce que notre Seigneur a laissé entendre lorsqu'Il a dit, à propos des efforts des Juifs pour faire des prosélytes parmi les Gentils : « Vous parcourez la mer et la terre pour faire un prosélyte, et quand il l’est devenu, vous le rendez fils de la géhenne deux fois plus que vous ». Les vérités reçues dans des conditions défavorables et dans des cœurs non préparés ne sont pas vraiment des bénédictions, mais sont parfois nuisibles. Lorsque les conditions du Royaume seront présentées aux habitants de Sodome, de Tyr et de Sidon, ils seront sans aucun doute plus disposés à s'y plier, à les accepter et à s'y conformer que certains qui ont déjà eu une certaine lumière, mais qui ont été infidèles à ce qu'ils ont vu. Nous pouvons donc nous attendre à ce que, dans l'Âge millénaire, il soit plus facile pour un grand nombre de peuples païens de se conformer aux dispositions gracieuses du Seigneur que pour certains qui ont joui d'une place et d'une position élevées dans les systèmes juif et chrétien, mais dont le cœur était loin d'apprécier les principes de justice, etc.

« AMBASSADEURS POUR LE CHRIST ».

Le dernier verset de la leçon est des plus impressionnants, des plus encourageants, des plus stimulants. Le Seigneur voudrait que nous sachions que lorsque nous sommes envoyés avec Son message et sous Sa direction, nous Le représentons pleinement, de sorte que Celui qui nous écoute L'écoute. Quel merveilleux honneur est ainsi conféré au plus humble des porte-parole du Seigneur : « Celui qui vous méprise, me méprise, et celui qui me méprise, méprise celui qui m'a envoyé ». Si, en tant que peuple du Seigneur, nous pouvions toujours avoir cette pensée avec nous, ce serait certainement une bénédiction pour nous de deux manières :

(1) Elle nous inciterait à ressentir la dignité du plus petit service rendu à la cause du Seigneur. Elle bannirait la peur de l'homme et tout sentiment de faiblesse et d'appréhension. En nous reconnaissant comme les représentants du Seigneur, nous aurions le courage d'aller n'importe où, d'accomplir n'importe quel service demandé par Sa commission et Sa direction providentielle.

(2) Cette pensée nous donnerait un tel sens de notre responsabilité que toutes les affaires de la vie présente nous sembleraient insignifiantes et sans importance en comparaison de la seule grande chose que nous faisons - notre mission et notre commission célestes. Nous serions plus dignes dans nos manières, plus sérieux dans notre service et moins soucieux de ce que les hommes pourraient dire de nous. Notre seule préoccupation serait de plaire à Celui qui nous a choisis pour être des soldats dans Sa Légion royale, pour être des ambassadeurs et des hérauts du Royaume et de ses termes et conditions.