C'est probablement vers la fin de la troisième année du ministère de notre Seigneur que les événements de cette leçon se sont produits. Pendant toute cette période de trois ans à partir du début du ministère de Jean, nous n'avons aucune trace que Jean ou Jésus ait publiquement proclamé la qualité de Messie de ce dernier. Il y avait de la sagesse dans tout cela. Lorsque nous nous rappelons les attentes des Juifs pendant dix-huit siècles, selon lesquelles la venue du Messie devait être le grand événement pour leur nation et pour le monde, et que Son Royaume devait accomplir la bénédiction de toutes les familles de la terre, nous pouvons facilement voir que leurs idées des gloires liées à ce Roi céleste étaient telles que si Jésus S'était annoncé comme le Messie au début de Son ministère, l'effet aurait été une déception allant jusqu'au mépris. Sans influence politique ou sociale, sans richesse, sans nom ou renommée en tant que conducteur et commandant du peuple, ou général d'armée, Il aurait été considéré comme mentalement déséquilibré pour avoir fait une telle déclaration.
Il a simplement pris la position d'un enseignant religieux avec lequel la puissance divine était particulièrement présente, puissance divine qui s'est manifestée par la dignité de Ses attitudes, la grâce de Ses lèvres, l'autorité de Son enseignement et Ses œuvres merveilleuses - guérir les maladies, chasser les démons, marcher sur l'eau, calmer la tempête, etc. Il semblerait que Jean le Baptiste en savait plus que quiconque sur la mission de notre Seigneur. Ceci est indiqué par l'envoi de la question à Jésus : « Es-tu celui qui vient, ou devons-nous en attendre un autre ? ». La connaissance de Jean lui est apparemment venue moins de Jésus que de l'esprit de prophétie, qui lui a indiqué que Celui sur lequel il a vu descendre l'Esprit Saint était l'ambassadeur spécial de Jéhovah. Même la foi de Jean était ébranlée par l'absence de la gloire et de la prospérité qu'il avait prévues pour Jésus. Nous pouvons donc facilement imaginer quel aurait été le sentiment des masses si Jésus avait été publiquement proclamé comme le Messie.
SOYEZ PRUDENTS COMME LES SERPENTS, SIMPLES COMME LES COLOMBES.
Mais maintenant, après que ses disciples aient été intimement associés à Lui pendant trois ans, et que Jean-Baptiste soit mort depuis un an, le moment était venu pour Jésus de préparer les disciples à l'ignominie et à la mort qu'Il savait Lui être réservées. Mais même à ce moment-là, la question a été abordée d'une manière sage et prudente. Oh ! que tous les membres du peuple du Seigneur puissent apprendre la valeur de la sagesse dans leurs efforts pour servir la Vérité ! Non seulement notre Seigneur nous enseigna la prudence du serpent et la simplicité de la colombe, mais Il donna Lui-même l'exemple, lorsqu'Il dit aux Apôtres en une autre occasion : « J'ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais vous ne pouvez pas les porter maintenant ». Apprenons, nous aussi, qu'il y a des moments opportuns et d'autres qui ne le sont pas pour mentionner certaines vérités, et des méthodes sages et d'autres qui ne le sont pas pour les présenter. Il ne suffit pas de ne pas dire des choses inexactes, il ne suffit pas de dire la vérité, il faut veiller en outre à la dire dans l'amour, et l'amour exercé use de sagesse afin d'accomplir plus de bien (Manne du 20 octobre).
Notre Seigneur faisait appel aux Apôtres et cherchait à cristalliser dans leur esprit la pensée qu'Il savait déjà en train de se former ou d'être formée. Pour préparer Son propos, Il s'enquit de la position générale du peuple quant à Son identité. La réponse selon laquelle certains Le considéraient comme Jean le Baptiste ressuscité d'entre les morts, et d'autres comme Jérémie ou l'un des autres grands prophètes ressuscités d'entre les morts (récit de Matthieu), montrait que l'esprit du public était en train de se développer - ce qui prouvait qu'Il n'était pas un imposteur. Comme nous le lisons plus loin, certains étaient prêts à demander : « Quand le Messie viendra, fera-t-il de plus grandes œuvres que cet homme ? ». Tous ces sentiments indiquaient la sagesse de la ligne de conduite suivie par notre Seigneur, et qu'elle produisait son effet - qu'au lieu d'être ridiculisé, Il était respecté par le peuple, dont certains pensaient même à Le saisir de force pour en faire leur roi.
À présent, le Seigneur s'adressa à Ses disciples en laissant entendre qu'ils étaient séparés, dans Sa pensée, du reste du peuple, et qu'ils devaient avoir de Lui une connaissance plus claire que les autres, et Sa question fut la suivante : « Et vous, qui dites-vous que je suis ? » - avec la connaissance intime que vous avez eue, quelle est votre opinion ? Pierre, probablement le plus âgé des disciples, et en général un conducteur et un porte-parole parmi eux, répondit pour eux tous : « Tu es le Christ [l'Oint de Dieu, en hébreu, le Messie], le Fils du Dieu vivant ». Cette réponse prouva que Jésus avait jugé avec raison que le temps était mûr pour une telle confession de Lui parmi Ses apôtres, et pour la première fois Il leur confiait que leurs suppositions sur le sujet étaient correctes - qu'Il était plus qu'Élie, Jérémie, ou n'importe lequel des prophètes - qu'Il était le Messie longtemps promis.
L'HUMILITÉ DE NOTRE SEIGNEUR.
La réponse de notre Seigneur, donnée dans un autre récit, reconnaît distinctement la justesse de la déclaration de Pierre, et affirme que la chair et le sang ne l'avaient pas révélé à Pierre, mais le Père qui est aux cieux. Nous sommes frappés par la modestie de notre Seigneur Jésus à l'égard de cette proclamation de Sa personne comme le grand Messager de l'Alliance. Combien est beau un esprit humble ! Et s’il était beau et approprié chez notre Seigneur, combien plus approprié l'est-il pour nous qui sommes Ses disciples et qui n'avons rien de nous-mêmes - rien que nous n'ayons reçu par Lui. Combien sont appropriées les paroles de l'Apôtre, lorsque, après avoir parlé de la manière dont Jésus S'est abaissé pour devenir un homme, et pour être obéissant jusqu'à la mort, Il nous exhorte en disant : « Humiliez-vous donc, mes frères, sous la puissante main de Dieu, afin qu'Il vous élève quand le temps sera venu ». En effet, nous pouvons être sûrs que personne ne participera avec le Seigneur à Son exaltation qui n'aura pas appris à cœur cette leçon d'humilité. « Dieu résiste aux orgueilleux, mais Il donne la grâce aux humbles ».
Jésus recommanda à Ses disciples de ne dire à personne qu'Il était le Messie. C'était là une vérité qui ne s'adressait encore qu'à eux ; et si on l'avait proclamée d'une manière générale, on aurait pu susciter plus ou moins d'insurrection, et empêcher la réalisation de l'arrangement divin concernant Sa mort ignominieuse. Ils pouvaient continuer à proclamer que le Royaume des cieux était proche, continuer à parler de Jésus comme du grand Maître et de l'homme, continuer à demander qui Il pouvait être ; mais le moment approprié pour Le faire connaître comme le Messie serait après qu'Il ait terminé l'œuvre de sacrifice que Le Père Lui avait donné à faire. En effet, Il ne pouvait être le Messie qu'en accomplissant cette œuvre. Il doit acheter le monde des hommes avant de devenir leur Seigneur et leur Donateur de Vie, leur Restaurateur, leur Messie.
Maintenant, pour la première fois, Jésus commença à enseigner à Ses disciples à s'attendre à Son rejet ignoble par les Juifs, à Sa mort finale et à Sa résurrection le troisième jour. Le récit de Matthieu est encore plus explicite à ce sujet : « Dès lors, il se mit à leur enseigner ces choses ». Quel criblage, quelle mise à l'épreuve du cœur de Ses Apôtres, et pourtant quelle sagesse dans cette démarche ! Il fallait qu'ils soient préparés à l'avance à Sa mort honteuse, sinon elle aurait été un tel choc pour leur foi qu'ils n'auraient pu s'en remettre, ni croire à Sa résurrection. Mais maintenant, après près de trois ans d'expériences, et alors qu'ils venaient de confesser qu'Il était le Messie, et qu'en confessant ainsi ils avaient cristallisé cette pensée dans leur propre esprit, cela a dû être un coup sévère porté à tous leurs espoirs et aspirations d'apprendre Sa mort ignominieuse. Comment pouvait-Il être le Messie, et pourtant subir la mort de la main de Ses ennemis ? Comment pouvait-Il bénir toutes les familles de la terre, et pourtant être mis à mort comme un malfaiteur ?
Ces choses devaient au départ leur paraître incohérentes ; mais cette annonce devait d'autant plus préparer leur cœur à l'explication des Écritures que Jésus était prêt à leur donner. L'affirmation selon laquelle Il commença à leur parler de Sa mort à venir implique que, par la suite, ce fut un sujet de discussion et de réflexion fréquent entre Lui et eux. Le même Seigneur, avec une sagesse non moins grande, continue à guider les affaires de Son Église, et à nous enseigner ligne après ligne, précepte après précepte, selon que nous sommes capables de supporter la Vérité, et notre préparation à celle-ci sera proportionnelle à notre rapprochement et à notre fraternité avec Lui. Il est également digne de noter que les choses profondes du plan divin ne nous sont révélées que lorsque nous avons confessé le Christ. Il est donné à cette classe de connaître les mystères du Royaume qui sont cachés aux autres. C'est seulement si nous avons pleinement confessé le Christ qu'il nous est accordé de connaître le fait que tous ceux qui veulent être Ses disciples doivent prendre leur croix pour Le suivre, doivent souffrir avec Lui s'ils veulent régner avec Lui, doivent être morts avec Lui s'ils veulent vivre avec Lui.
LENT À PARLER ET PROMPT À ÉCOUTER LE GRAND MAÎTRE.
Notre Seigneur a fait cette déclaration concernant Son rejet et Sa mort ouvertement - devant tous les douze Apôtres ; mais Pierre, peut-être exalté par les mots de louange de notre Seigneur que le Père lui avait révélés, a pris notre Seigneur à part pour Lui murmurer que de tels sentiments ne devraient pas être introduits ou exprimés devant les Apôtres - que ce serait décourageant pour eux tous, et que de toute façon il y avait certainement une erreur à ce sujet, car de telles choses ne pourraient jamais Lui arriver - ne devraient pas arriver ; Il devrait arranger Son discours et Sa conduite de manière à ce que ces choses ne se produisent pas. Il ne devrait pas contrarier les principaux sacrificateurs ou les anciens de façon violente, pour les amener à conspirer pour Sa mort. Il faut tenir compte du fait que Pierre était non seulement l'aîné des Apôtres, mais aussi beaucoup plus âgé que notre Seigneur, et qu'il était d'un tempérament très ardent, fort et impulsif. Cependant, Jésus, qui quelques instants auparavant avait loué Pierre pour son appréciation du fait de Sa Messianité, le réprimanda maintenant, non pas en privé, mais devant tous les Apôtres. Il savait probablement que ce serait la meilleure méthode pour corriger les sentiments de Pierre, qui, s'ils se répandaient parmi les Apôtres, leur auraient été très préjudiciables à tous. C'est pourquoi la réprimande de notre Seigneur était pointue, acérée, et portée à la connaissance de tous les Apôtres. Il dit : Va derrière moi, Satan - adversaire ; tes paroles ne sont pas en accord avec la sagesse divine, mais en accord avec la sagesse humaine. Nous ne devons pas comprendre que Pierre a été transformé en Satan, ni que Satan a pris possession de lui, mais plutôt qu'en prenant une telle position, il devenait un adversaire de l'arrangement divin, comme Satan l'était et l'est encore.
Il y a là une grande leçon pour nous. Même si nous sommes les disciples du Seigneur, et même des disciples honorés, nous pouvons très facilement atteindre une position qui serait en opposition avec l'arrangement divin, et ainsi nous mettre involontairement du côté de Satan, et devenir ses ministres ou ses serviteurs. Notre Seigneur a souligné ce point à une autre occasion, en disant : « Vous êtes les serviteurs de celui à qui vous rendez service ». Il ne suffit pas que nous ayons professé le nom du Christ, que nous nous soyons placés sous Sa bannière, que nous portions Son nom, et que nous nous soyons réjouis d'être considérés comme Ses serviteurs ; il faut que nous veillions à Lui rendre service, et à ce que nos énergies ne soient pas dépensées en opposition à Lui et en réalité en coopération avec l'Adversaire.
Nous pensons que beaucoup sont dans cette position aujourd'hui. Sans le savoir, ils sont du côté de l'Adversaire dans de nombreuses questions liées à la religion et au sectarisme, et cela semble particulièrement vrai pour de nombreux serviteurs de l'église nominale. Nous pouvons supposer que certains au moins de ceux-ci ont fait une pleine consécration au Seigneur, mais dans l'ensemble ils s'opposent à la Vérité - soutenant les erreurs de l'Âge des Ténèbres et contribuant à aveugler et à tromper le peuple. Prenons garde, veillons à ne pas être disposés, comme Pierre, à nous croire plus sages que le Seigneur et à vouloir Lui dire comment il faut s'y prendre. En tout ce qui concerne le Seigneur et Son service, soyons, comme l'exhorte l'Apôtre, lents à parler et prompts à écouter et à obéir au plan divin.
LE LAIT DE LA PAROLE - PUIS SA NOURRITURE SOLIDE.
Les leçons spéciales qui précèdent étaient destinées aux Apôtres, et non à la foule ; mais plus tard, Jésus commença à enseigner à la foule, ainsi qu'à Ses disciples, certaines des choses profondes relatives à Sa mission et les conditions auxquelles quiconque pouvait devenir Son disciple. Il y a là une leçon à tirer pour nous aussi : Nous ne devons pas mettre les tests pour devenir des disciples au premier plan dans la prédication de l'Évangile. Nous ne devons pas aborder les personnes intéressées en leur annonçant « la porte étroite et le chemin resserré » et les leçons du sacrifice de soi, lorsqu'elles viennent à nous pour entendre parler de l'Évangile du Fils de Dieu. Elles doivent d'abord apprendre des leçons primaires. Elles devraient être instruites sur la bonté, l'amour et la miséricorde de Dieu, sur la rédemption accomplie par le sang de Jésus et sur le fait qu'elle est gratuite et pour tous, sur les temps glorieux de la restitution que Dieu a annoncés par la bouche de tous les saints prophètes depuis le commencement du monde, et sur l'appel de cet Âge de l'Évangile pour être associé au Royaume. Elles devraient connaître ces choses avec une grande clarté avant d'être informées du coût - le sacrifice de soi jusqu'à la mort qui est le prix du droit au cohéritage dans le Royaume. Cela apparaît comme la méthode du Seigneur, et nous ne pouvons pas faire plus sagement que de la suivre.
Le temps était venu où non seulement les douze Apôtres, mais tous ceux qui étaient profondément impressionnés par les enseignements de Jésus, devaient savoir ce que cela signifiait d'être Ses disciples. En d'autres termes, le temps du criblage était venu - le temps de présenter des doctrines qui allaient ébranler, écarter de l'étroite sympathie, de la fraternité et de la vie de disciple, tous sauf les Israélites en qui il n'y avait aucune fraude. Nous nous souvenons que, tandis que des milliers de personnes ont assisté au ministère du Seigneur et ont été miraculeusement nourries par Lui - parmi tous les milliers et milliers de personnes qui l'ont entendu et ont profité de Sa guérison, de Son enseignement et des paroles merveilleuses qui sortaient de Sa bouche, seuls « environ cinq cents frères » (1 Cor. 15 : 6), les vrais disciples, sont restés fidèles jusqu'à la fin. Les autres ont tous été passés au crible par des enseignements tels que ceux qui étaient maintenant promulgués pour la première fois.
La substance de ces discours est brièvement présentée comme signifiant que, si un homme veut être le disciple du Seigneur, il doit pratiquer l'abnégation de soi et le port de la croix. Bien sûr, ces mots sont utilisés dans un sens figuré : ils signifient que tous ceux qui seront les disciples du Seigneur et partageront Son Royaume et Ses gloires, seront mis à l'épreuve dans la foi et l'obéissance à tel point qu'ils tomberont en chemin, à moins que leur foi et leur engagement ne soient assez profonds pour les amener à s'ignorer eux-mêmes, à ignorer leurs propres intérêts terrestres, leurs plaisirs, leurs appétits, et à rechercher avant tout ce cohéritage avec le Maître dans le Royaume. Ils doivent considérer la perle de grand prix comme ayant plus de valeur que tout le reste, de sorte qu'ils soient prêts à se défaire, à donner en échange d'elle, tous les intérêts et toutes les choses terrestres - maisons ou terres, parents ou enfants, l'amour et l'estime des amis et des voisins - choisir l'obéissance à l'arrangement divin à tout prix, sinon ils ne seront pas dignes du Royaume. Ils doivent donc envisager un tel port de croix, un tel dépassement de leurs propres volontés, une telle soumission à la volonté divine.
CHOISIR ENTRE DIEU ET MAMMON.
En développant cette leçon, le Seigneur dit qu'il s'agit de savoir si nous aimons la vie présente ou la vie future. Celui qui fait grand cas de la vie présente, dans le cœur duquel les joies promises par l'association et le cohéritage avec notre Seigneur dans la vie à venir ne l'emportent pas sur les intérêts, les espoirs et les buts présents, celui-là perdrait la vie que le Seigneur se proposait de donner à Ses disciples - la vie éternelle, dans le Royaume, avec « gloire, honneur et immortalité ». Bien que notre Seigneur ait utilisé ces paroles en Se référant particulièrement à la classe des élus qu'Il recherche comme cohéritiers dans le Royaume, et donc particulièrement en ce qui concerne la vie éternelle de la classe du Royaume, il y a néanmoins un sens large et un degré important dans lequel Ses paroles seront toujours applicables à tous les hommes - dans l’Âge Millénaire prochain, aussi bien que dans le présent Âge. Quiconque atteindra la vie éternelle, soit en tant que membre de l'Église qui est élue maintenant, soit en tant que membre de la classe de restitution qui se développera au cours de l'Âge Millénaire, ne peut avoir la vie éternelle que par une soumission totale de lui-même et de tout intérêt à la volonté du Seigneur. Celui qui refuse volontairement cette soumission totale se rendra indigne de la vie éternelle sur quelque plan que ce soit, car les conditions de la vie éternelle sont l'obéissance totale à la volonté divine.
De ce point de vue, la force des paroles de notre Seigneur est manifeste : il ne servirait à rien à l'homme de réussir égoïstement à gagner le monde entier et, par suite de cette volonté égoïste, qui est opposée à la volonté divine et à sa loi d'amour, d'attirer sur lui la destruction totale de la Seconde-Mort. Qu'est-ce qui pourrait bien compenser l'homme pour la perte de son âme, de son existence ? Assurément, rien ne le compenserait, car sans existence, il ne peut y avoir ni possession ni plaisir.
La leçon à en tirer est que, si nous sommes dotés d'oreilles attentives et de cœurs compréhensifs en ce temps présent, et d'une connaissance des choses extrêmement grandes et précieuses que Dieu offre durant cet Âge de l'Évangile, nous serions sans excuse devant le Seigneur si nous méprisions Ses offres et choisissions égoïstement le contrôle sur nous-même et une part du monde plutôt qu'une soumission joyeuse à la volonté divine et une participation aux souffrances du temps présent et aux gloires qui suivront lorsque, en tant que membres du Royaume, nous aurons le privilège de participer au déversement sur le monde des bénédictions obtenues par le sacrifice de notre cher Rédempteur (Gal. 3 : 29). De même, ceux qui vivront pendant l'Âge Millénaire, après que l'offre actuelle du Royaume aura été retirée, et lorsque l'offre de restitution sera faite à chaque créature, ceux qui refuseront alors égoïstement de soumettre leur volonté à celle du Seigneur, ne pourront pas progresser sur la voie de la sainteté vers la perfection, et au lieu de gagner la vie éternelle, ils échoueront et tomberont dans la Seconde-Mort. En d'autres termes, il n'y aura jamais d'autre moyen d'atteindre la vie que le renoncement total à tout but, objet et désir égoïste, et l'acceptation totale de la volonté divine.
UNE SAVEUR DE VIE POUR LA VIE OU DE MORT POUR LA MORT.
Notre Seigneur résume cette leçon sur la nécessité de renoncer à soi-même et de porter la croix en montrant ce que cela signifierait réellement : que le fait de Le confesser, Lui et les grandes vérités du plan divin dont Il est le représentant, signifierait certainement, à l'heure actuelle, attirer sur soi l'opprobre du monde, car quiconque veut vivre pieusement dans cette vie souffrira la persécution. Vivre pieusement signifiera non seulement s'abstenir de tout crime, mais vivre à la hauteur de la lumière que Dieu nous donne, être fidèle aux principes de la vérité et de la droiture. Ceux qui sont aveuglés par le dieu de ce monde au point de ne pas reconnaître Jésus comme le Messie, le porteur du péché et le Roi à venir, sont proportionnellement irresponsables à l'heure actuelle. Leur responsabilité viendra lorsque cette connaissance les atteindra, et finalement la connaissance du Seigneur remplira toute la terre.
Le temps viendra donc où ils seront responsables, et où la Vérité sera pour eux soit un goût de vie pour la vie éternelle, soit un goût de mort pour la mort éternelle - la Seconde-Mort. Mais ceux qui connaissent la Vérité, et qui permettent à la honte de les empêcher de l'épouser, peuvent être sûrs qu'ils ne sont pas des disciples du Christ, qu'ils ne peuvent pas participer à la vie qu'Il présente maintenant comme la récompense des vainqueurs - la vie immortelle. Tous ceux qui seront reconnus devant le Père et devant les saints anges lors du Second Avènement de notre Seigneur auront fait preuve d'une telle fidélité au Seigneur et aux principes de la justice qu'Il prendra plaisir à les reconnaître, et le Père les reconnaîtra aussi comme étant des copies de Son Fils bien-aimé, leur Seigneur.
Le Seigneur nous a donné des exemples de ceux qui abandonnent les espoirs glorieux et les opportunités de participer au Royaume pour les choses de cette vie. Le type dans l'Ancien Testament mentionné par l'Apôtre Paul est celui d'Ésaü, qui a vendu son droit d'aînesse pour un potage de lentilles. Aussi insensée qu'ait été cette transaction, elle n'était qu'un type : il est bien plus insensé pour ceux qui ont maintenant l'occasion, par la grâce du Seigneur, de devenir cohéritiers du Seigneur Jésus, dans la gloire, l'honneur et l'immortalité du Royaume, de perdre tous ces privilèges, avantages et faveurs - de les échanger, pour ainsi dire, contre un potage de lentilles - contre une condition plus favorable dans cette vie présente, pour un plus grand honneur parmi les hommes, ou pour la richesse, ou pour l'affection et la sympathie du mari ou de la femme, des parents ou des enfants. Le prix est d'une si grande valeur que rien ne peut lui être comparé.