[REMARQUE : Les deux premiers paragraphes, ainsi que le dernier, ne figurent pas dans le texte original anglais du reprint R 3324.
Nous abordons la matière du sujet de cet article pendant une période de l'histoire humaine qui est sans précédent dans son étendue de violence, de malaise social, de corruption gouvernementale, de factions anarchistes, de diminution de valeur religieuse et des dénominations ; et l'association de tous ces éléments ajoute au stress et au fardeau placés dans le cœur et l'esprit humains de tous ceux qui vivent dans la société actuelle. Ce scénario a été prophétisé dans les Écritures il y a de nombreux siècles, comme le Grand Temps de Détresse par le prophète Daniel, et par notre Seigneur comme un Temps de grande Tribulation (Dan. 12 : 1 ; Matth. 24 : 21, 22). Ces conditions mondiales sont d'abord arrivées, en accomplissement de la prédiction divine, à l'automne de 1914, avec le début de la Première Guerre mondiale, et se sont poursuivies et étendues jusqu'au point où nous sommes maintenant. Il se peut, semble-t-il, que nous approchions du moment décrit par Jésus lorsqu'Il déclara : « si ces jours-là n'eussent été abrégés, nulle chair n'eût été sauvée ; mais, par les élus, ces jours-là seront abrégés ».
Vous pouvez vous souvenir que dans ces articles précédents, traitant de ce Temps de Détresse spécial, celui-ci est exposé en 1Rois 19 :11, 12 comme se composant de trois périodes associées : la guerre (le vent), la révolution (tremblement de terre) et l'Anarchie (le feu). Il a commencé avec la phase de guerre, et se fond graduellement avec ses contreparties : la révolution et l'Anarchie, qui commencent à être plus en évidence et occupent la scène centrale à mesure que la détresse continue à croître en intensité et en destruction de la vie et des biens humains. Jésus apaise le tourbillon dans cet article et, par la foi, nous comptons sur Sa grande puissance et Son grand amour pour calmer les vagues de l'imperfection humaine et de l'insurrection pendant Son Règne de mille ans du Royaume millénaire. Appliquons les principes exposés sur cepoint, à nous-mêmes, à notre famille et à tous ceux sur lesquels nous pouvons avoir une influence, à la fois maintenant et dans le futur. Puissions-nous maintenir, dans nos cœurs et nos esprits le « Fais silence, tais-toi » du Seigneur, durant cette nouvelle année 2006.]
On suppose que le ministère de notre Seigneur durait depuis deux ans au moment où Il fit le miracle de calmer la mer, comme cela est relaté dans cette étude. Après le choix des douze Apôtres et le Sermon sur la Montagne, notre Seigneur retourna à Capernaüm et, aussitôt après, commença Son second voyage en Galilée. Ce fut durant cet intérim que Jésus réveilla le fils de la veuve de Nain du sommeil de la mort - le premier miracle de cette sorte qui ait été relaté dans le ministère de notre Seigneur. Ensuite, Il exposa diverses paraboles et, dans l'après-midi, après une journée occupée à enseigner, après quinze heures, étant toujours assis dans l'un des bateaux, comme lors d'une occasion antérieure, ayant réglé Ses instructions, Il demanda que le bateau passe sur la rive opposée du lac. Après avoir été informées que les discours étaient terminés, les foules se dispersèrent et, sans tarder, le bateau partit. D'après les divers récits, nous estimons que les douze Apôtres étaient avec Jésus, ainsi que d'autres « hommes » apparemment-des marins, comme l'implique le récit de Matthieu (Matth. 8 :23-27).
Des visiteurs de la Terre Sainte nous disent que la Mer de Galilée est tout à fait sujette aux tempêtes de vent. Le Dr Thompson, décrivant ses propres expériences sur cette petite mer, déclare : « Le soleil était à peine couché, lorsque le vent commença à souffler impétueusement vers le lac ; et cela dura toute la nuit avec une violence qui augmentait continuellement, si bien que lorsque nous atteignîmes le rivage le matin suivant, la surface du lac ressemblait à une énorme chaudière. Le vent se précipitait dans chaque vallée depuis le nord-est et l'est, avec une telle furie que les efforts des rameurs n'auraient absolument pas pu amener le bateau sur le rivage en aucun point de cette côte. Pour comprendre les causes de ces tempêtes soudaines, nous devons nous souvenir que le lac s'étend à600 pieds (environ 183 m) au-dessous du niveau de l'océan ; que les vastes plateaux dénudés du Golan s'élèvent à une grande hauteur, s'étendant à l'arrière jusqu'aux régions sauvages du Hauran, et en montant vers le neigeux Mont Hermon ; que les cours d'eau ont creusé de profonds ravins et de larges gorges qui convergent à l'amont du lac, et que ceux-ci agissent comme de gigantesques entonnoirs pour faire descendre les vents froids venant des montagnes ».
« NOUS N'IGNORONS PAS SES DESSINS ».
Notre propre opinion est que « le chef de l'autorité de l'air » (Éph. 2 : 2) eut quelque chose à voir dans le développement de cette tempête - qu'elle eut plus que des causes naturelles, même si ces dernières ont pu aider ou même être suffisantes. Nous nous souvenons que l'Adversaire s'était déjà efforcé de persuader notre Seigneur de sauter du pinacle du Temple, mais n'avait pas réussi. Apparemment, maintenant il voulait Le jeter à la mer. Mais le Seigneur, qui déclare Lui-même qu'Il peut faire de la colère de l'homme une louange pour Lui, fit de la colère de Satan ou de la sauvagerie des éléments, quelle que soit celle qui provoqua la tempête, une louange pour Lui – pour manifester Son pouvoir puissant.
Pendant la tempête, notre Seigneur dormait à la poupe sur un oreiller. Manifestement Il était complètement épuisé par les travaux de Son voyage et de Son ministère. Pendant ce temps, comme la tempête se renforçait, le bateau, et sa précieuse charge, commençait à se remplir d'eau plus vite qu'on ne pouvait écoper. Il n'est pas étonnant que les disciples, et les pêcheurs, avertis de l'issue imprévisible d'une mer en furie, étaient effrayés. Nous ne pouvons éviter la pensée que, d'une certaine manière, la providence du Seigneur était pour quelque chose dans Son sommeil prolongé dans de telles circonstances, et que l'intention était de mettre à l'épreuve la foi des disciples. Ils avaient vu Ses œuvres puissantes, Sa guérison des malades et Son réveil de personnes décédées ; ils avaient entendu Ses enseignements et pris une quantité miraculeuse de poissons sous Sa direction, là où ils n'avaient rien pêché auparavant et, avec le temps, ils auraient dû avoir une foi considérable en Son pouvoir en tout cas. Le fait qu'ils se rapprochèrent de Lui indique qu'ils avaient la foi à un certain degré, bien que n'étant pas une foi absolue.
Les récits légèrement différents de l'événement donnés par Matthieu, Marc et Luc, peuvent être paraphrasés comme suit - Matthieu : « Seigneur, sauve-nous, nous périssons ! » ; Marc : « Maître ! ne te mets-tu pas en peine que nous périssions ? » ; Luc : « Maître ! Maître ! nous périssons ! ». Les trois récits sont corrects - un disciple s'écria d'une façon et les autres en d'autres termes. On pourrait dire de cette manière : Petite Foi pria : « Sauve-nous ! » ; Grande Frayeur cria : « Nous périssons ! » ; Méfiance commanda : « Ne te mets-tu pas en peine ? » ; Foi plus grande dit : « Seigneur, Maître ». Faible Espoir cria : « Maître, toi avec autorité ». Jésus Se leva (Se réveilla) et commanda paix et calme, qui suivirent immédiatement. Le récit mentionne que le vent cessa et que, de plus, la mer se calma. Quelqu'un pourrait prétendre qu'une tempête qui s'était levée soudainement pourrait aussi se calmer tout aussi rapidement, mais ceci n'expliquerait pas le retour au calme de la mer. Des eaux ainsi entrées en furie ne pourraient être calmées rapidement, sauf par une puissance surhumaine. Nous pouvons vraiment admettre cela comme une caractéristique éminente du miracle.
Il est plutôt singulier que le mot grec employé pour « Tais-toi » dans ce texte soit le même que celui qui est employé par notre Seigneur à l'égard du démon (Marc 1 : 25). Ceci corrobore la suggestion émise plus haut que la tempête était l'œuvre de l'Adversaire. Dans n'importe quel cas, ce miracle montre clairement que les tempêtes ne devraient pas être mises au compte de la haine divine ; car si le Père avait provoqué la tempête, le Fils ne Se serait pas interposé. Nous ne voulons pas laisser entendre non plus que toutes les tempêtes sont d'origine satanique ; nous ne contestons pas que beaucoup d'entre elles sont dues à des causes naturelles ; mais nous maintenons que certaines d'entre elles sont surnaturelles et viennent de l'Adversaire ; et, comme preuve scripturale dans ce sens, nous citons le tourbillon de vent provoqué par Satan, qui frappa la maison dans laquelle festoyaient les enfants de Job - Job 1 : 18, 19.
Les versets 40, 41 semblent indiquer que notre Seigneur avait l'intention que cette expérience soit une leçon pour les disciples, pour qu'ils aient foi en Lui. Il leur dit : « Pourquoi êtes-vous ainsi craintifs ? Comment n'avez-vous pas de foi ? ». Votre foi n'est-elle pas encore développée à un point tel que vous puissiez vous fier à Moi, et comprendre que la faveur et la puissance divine sont à jamais avec Moi pour Ma protection, et que pendant que vous êtes avec Moi, aucun mal ne peut vous atteindre - rien qui ne soit pas entièrement sous Mon contrôle ? Il n'est pas étonnant que les Apôtres acquirent une révérence supplémentaire pour le Seigneur, comme résultat de ce miracle. Apparemment, il se produisit au moment et dans la situation voulus pour être une leçon appropriée pour eux. En fait, nous pouvons conclure que chaque point de leur expérience et chaque point de la conduite, de l'enseignement et des œuvres puissantes de notre Seigneur était destiné spécialement à l'instruction de ces douze qui devaient nous instruire, nous et les nations de la terre, concernant ce ministère.
LEÇONS POUR LES CLASSES TERRESTRES.
Il y a aussi une leçon précieuse dans ce miracle pour chacun des disciples du Seigneur, extérieurs à la charge d'Apôtre. Nous aussi avons besoin de foi et de mises à l'épreuve de notre foi. Depuis que nous sommes devenus disciples du Seigneur nos expériences journalières ont évidemment été dirigées et surveillées par la puissance invisible, afin que, comme élèves à l'école de Christ, nous puissions tous être enseignés de Lui et développer de plus en plus les grâces de l'Esprit, particulièrement la foi. Il semble que ce soit la chose que le Seigneur recherche spécialement chez ceux qu'Il appelle maintenant à devenir Ses disciples (Manne du 15 octobre). « Sans la foi, il est impossible de plaire à Dieu ». « Avec la foi, toutes choses sont possibles ». Il s'agit bien sûr de la vraie foi, pas de la crédulité, ni de la confiance dans les paroles des hommes, mais de la foi implicite envers le Seigneur pour tout ce qu'Il a promis. « Qu'il te soit fait selon ta foi ».
Une grâce si importante doit avoir nécessairement besoin de nombreuses leçons pour son développement correct, et nous ne sommes pas surpris que, dans nos expériences individuelles en tant que chrétiens, nous trouvons celles qui correspondent aux expériences des Apôtres relatées dans cette leçon. Avec quelle soudaineté l'Adversaire peut, à certains moments, lever contre nous un tourbillon de tentations, ou d'opposition, ou de persécution. À ces moments-là, combien notre ciel paraît couvert, sombre, de mauvais présage ; combien les vagues d'adversité ou d'affliction nous ont presque submergés, et comme le Seigneur semblait endormi et inattentif à notre détresse et indifférent à notre besoin ! Ces expériences sont des mises à l'épreuve de notre foi, de même que celle-ci éprouva la foi des Apôtres. Si notre foi était suffisamment forte dans ces circonstances, nous continuerions, par nos propres efforts, à écoper l'eau du bateau et à actionner les rames ; mais en même temps, avec une forte foi dans la promesse du Seigneur que « toutes choses concourent ensemble au bien », nous serions capables de chanter comme le firent l'Apôtre Paul et Silas, après avoir été battus, en place publique, à cause de leur fidélité au Seigneur. Ils se réjouissaient parce qu'ils étaient estimés dignes de souffrir pour le nom de Christ. Ainsi, c'est selon notre foi que nous pourrons nous réjouir, même dans la tribulation. Nous ne pouvons pas aimer les souffrances, mais nous pouvons nous réjouir de la pensée que la foi y attache, à savoir qu'elles ne sont que de légères afflictions qui produisent en mesure surabondante un poids éternel de gloire (Manne du 15 octobre).
Chaque expérience doit nous être utile. Si, au début, nous étions craintifs et criions à haute voix, le secours vint promptement, accompagné peut-être de la réprimande : « Homme de peu de foi ! ». Mais, comme nous avons reçu leçons sur leçons, le Maître attendra de nous - et nous devons aussi l'attendre nous-mêmes - une plus grande foi, une plus grande assurance, une plus grande paix, une plus grande joie dans le Seigneur, une plus grande confiance dans Sa présence auprès de nous, dans la vigilance qu'Il exerce sur nous, dans Son pouvoir de nous délivrer de l'Adversaire et de tout mal, et de nous amener finalement au port que nous cherchons - le Royaume (Manne du 9 octobre).
LES EXPÉRIENCES DE L'ÉGLISE PRÉFIGURÉES.
Quelqu'un a suggéré, sur des bases apparemment raisonnables, que cette expérience de Jésus et des Apôtres sur le bateau représentait spécialement les expériences de Ses classes spirituelles pendant l'appel de l'Église des premiers-nés durant l'Âge passé et, dans un sens secondaire, pour les classes terrestres actuelles. Le Seigneur convainquit Son peuple, en disant : « Voici, je suis avec vous jusqu'à la fin de l'Âge ». Ensuite, Il promit qu'Il reviendrait lors de Sa Seconde Venue sur la terre, afin de rassembler l'Épouse élue, et ses membres ont maintenant terminé leur séjour terrestre et sont dans le Royaume céleste. Il déclare ceci en ces termes : « Je reviendrai, et je vous prendrai auprès de moi ; afin que là où moi je suis vous, vous soyez aussi », et « aucune chose ne vous nuira en aucune manière », etc. Durant tout cet Âge, les membres du peuple fidèle de Dieu ont compris, plus ou moins clairement, que ces précieuses promesses étaient un fait certain ; ils ont ressenti que le Seigneur était véritablement avec Son Église ; pourtant, à certains moments, il a semblé qu'Il n'était pas attentif aux prières de Ses fidèles, et qu'Il ne prêtait pas attention à leurs cris et à leurs gémissements. Pendant dix-huit siècles, Son Petit Troupeau a été ballotté dans la tourmente par l'Adversaire et par ceux qui avaient la disposition de Satan, qui persécutaient, affligeaient, secouaient - durant toute cette sombre nuit dans laquelle la seule lumière accessible a été la Parole de Dieu, « pour que je marche devant Dieu » (Ps. 56 : 13). Les expériences des autres dans le passé sont semblables à nos expériences actuelles.
De nos jours, nous représentons la cause du Seigneur au milieu des éléments déchaînés des passions, des oppositions humaines, etc. ; et comme l'Apôtre le déclarait en son temps, il est encore aussi vrai que « notre lutte n'est pas contre le sang et la chair, mais contre les principautés, contre les autorités et contre les puissances spirituelles de méchanceté qui sont dans les lieux célestes ». Les tempêtes peuvent sembler venir du monde, mais en réalité, par-delà le monde, se trouve l'Adversaire. « Nous n'ignorons pas ses desseins ». Nos cœurs seraient parfois épouvantés si la foi n'était à même de voir que le Seigneur est avec nous dans la barque, et de saisir la pensée de Son puissant pouvoir qui dictera la paix au monde en Son propre temps et à Sa propre manière.
Bientôt, viendra pour Lui qui prend soin de nous, le temps d'exercer Sa grande puissance pour notre délivrance dans le Royaume et de dire aux éléments en furie « Fais silence, tais-toi ». Alors suivra le grand calme, le grand repos de l'emprise du Malin pendant mille ans, car il sera lié afin de ne plus pouvoir tromper les nations. Alors arrivera le repos éternel du cœur pour tous ceux qui, à ce moment-là, seront dans le bateau avec le Seigneur, et ensuite viendra pour tous, Élus et quasi-élus, l'opportunité de collaborer avec notre Seigneur dans la grande et glorieuse œuvre de bénédiction du monde.
Ne soyons pas surpris cependant si une heure sombre est devant nous, si le temps vient où les vents de tempête seront si violents que beaucoup crieront dans la crainte et dans le tremblement. Apprenons bien les précieuses expériences du temps présent, afin qu'alors notre foi ne défaille point, et qu'à l'heure la plus noire nous soyons capables de chanter, de nous réjouir en Celui qui nous aima et nous acheta avec Son précieux sang, capables de chanter le cantique de Moïse et de l'Agneau (Manne du 16 octobre).
[Puisse ce texte-devise « Fais silence, tais-toi » être une consolation pour tous dans l'année qui commence, alors que nous comptons sur le Seigneur pour avoir cette paix intérieure du cœur, pour que notre foi puisse s'accroître jour après jour, à mesure que nous approchons du Royaume de Christ ici sur terre.]
B.S. N° 832 - janvier-février 2006
B.S. N° 832 - janvier-février 2006