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« Mon peuple n’a pas d’intelligence » [Ésaïe 1:3]
« Considère ce que je dis ; car le Seigneur te donnera de l'intelligence en toutes choses » - 2 Timothée 2 : 7.

Considérer - réfléchir, penser, étudier, méditer. Quoi que l'on puisse dire des religions païennes et de la religiosité des églises en ce qu'elles exigent peu de réflexion, peu d'étude, ce n'est pas le cas de la religion de la Bible. Il ne s'agit pas d'une religion de la crédulité – « fermez les yeux et ouvrez la bouche », et avalez ce qu'on vous dit. Certes, c'est une religion de foi, mais une foi fondée sur des preuves raisonnables, sur la connaissance de Dieu, dont elle révèle le plan et le caractère. C'est ainsi que les Écritures invitent les fidèles à considérer, à chercher, à prouver, en disant : « Venez, et plaidons ensemble » (Es. 1 : 18). Et il est digne de noter que tous les faux systèmes de religion et d'église, faussement appelés christianisme, inversent dans une large mesure cet ordre scripturaire, s'efforçant d'obtenir l'harmonie, l'union, sur une base de relative ignorance, plutôt que sur une base de croissance dans la grâce et dans la connaissance de la Vérité.

De même que nous voyons que cela est vrai aujourd'hui dans l'Israël spirituel nominal, de même nous trouvons que c'était vrai autrefois dans l'Israël charnel, à qui le Seigneur déclare : « Le bœuf connaît son possesseur, et l'âne la crèche de son maître ; Israël ne connaît pas, mon peuple n'a point d'intelligence » (Es. 1 : 3). Nous ne devons pas comprendre le Seigneur comme signifiant que les Juifs n'avaient aucune connaissance de Celui dont les sacrifices, la loi cérémonielle et le culte faisaient l'objet de leur attention quotidienne ; nous ne devons pas non plus comprendre que les chrétiens nominaux, qui manifestent de diverses manières un certain respect et une certaine révérence pour le Seigneur, L'ignorent totalement. La pensée est plutôt que le peuple de Dieu, aujourd'hui comme autrefois, tout en connaissant un peu son Créateur et son Rédempteur, ne le connaît pas dans le sens d'une connaissance réelle de Son caractère. À bien des égards, ils adorent un Dieu étrange, parce qu'ils n'ont pas réussi à Le connaître correctement, à fond. Une telle connaissance ne peut être obtenue qu'en suivant la ligne suggérée dans notre texte : en prêtant attention, en considérant, en réfléchissant, en étudiant la révélation que Dieu a faite sur Lui-même. Non pas que les Écritures nous donnent une description détaillée de notre Créateur ; mais plutôt, en nous révélant Ses plans, elles nous permettent, à travers une compréhension des plans divins, d'avoir une compréhension du caractère divin que ces plans exemplifient et illustrent. De même qu'un homme est connu par ses œuvres, de même Dieu est connu par Ses œuvres. Par conséquent, quiconque veut connaître Dieu - apprécier le caractère divin - doit parvenir à cette connaissance par la connaissance du Plan Divin que Dieu est en train de réaliser.

Satan, le grand adversaire, semble comprendre parfaitement cette question, et il emploie ses arts de la tromperie pour empêcher les hommes d'apprécier le Plan Divin, et ainsi empêcher l'appréciation du caractère divin - pour empêcher une vraie connaissance de Dieu. Il a réussi, et cela de façon merveilleuse, comme le déclare l'Apôtre, dans cette voie. Le Dieu de ce monde a aveuglé l'esprit de ceux qui ne croient pas, afin que la glorieuse lumière de la bonté de Dieu, telle qu'elle brille sur le visage de Jésus-Christ, ne pénètre pas dans leurs cœurs (2 Cor. 4 : 4,6). Il lui est impossible d'empêcher toute connaissance et toute appréciation du Créateur, car la qualité de révérence est profondément gravée dans l'homme naturel qui, bien que déchu et détraqué, cherche néanmoins instinctivement un Dieu à adorer. L'œuvre de Satan est donc, et a été, d'aveugler et de tromper les hommes, dont beaucoup, comme le déclare l'Apôtre, cherchent Dieu, si seulement ils pouvaient Le trouver - Actes 17 : 27.

Le succès de l'adversaire dans l'aveuglement de l'humanité ne serait pas aussi facilement accompli sans le fait qu'il persuade les hommes de ne pas raisonner sur les sujets religieux ; que sur tout autre sujet que la religion, la réflexion, la considération, le raisonnement sont recommandés, mais que sur les sujets religieux, la crédulité, prise pour la foi, est la voie sûre, sage et acceptable. Son succès a été si grand que nous trouvons non seulement le monde païen dans l'ignorance, et superstitieux sur les questions religieuses, mais que les mêmes principes, sous une forme plus légère, prévalent dans la chrétienté - non seulement chez les Catholiques mais aussi chez les Protestants. Le remède à ce mal général doit être cherché et trouvé par tous ceux qui veulent être des saints, des vainqueurs, - chacun d'entre eux doit connaître le Seigneur non pas simplement en théorie, mais véritablement, par une connaissance de Son caractère, par une connaissance de Son plan.

Notons comment les Écritures incitent le peuple de Dieu à la réflexion. Ils sont appelés à considérer les choses naturelles fournies par le Seigneur, car ils les touchent au cours de la vie humaine, et ils devraient y lire certaines grandes leçons concernant le Créateur. Par exemple, remarquez les déclarations de notre Seigneur : « Considérez les lis des champs » (Matth. 6 : 28). « Considérez les corbeaux » (Luc 12 : 24). Notre Seigneur attire l'attention sur le fait que les choses les plus simples de la nature doivent être étudiées, considérées. Les leçons à en retirer pour toutes les affaires de la vie seront utiles à ceux qui les étudient convenablement, au point de vue de la foi au Créateur, se rendant compte qu'Il est nécessairement la personnification et le représentant des qualités les plus hautes et les plus nobles que l'esprit humain puisse concevoir. Il est parfait en Justice, en Sagesse, en Puissance et en Amour (Manne du 12 octobre). De ce point de vue de la foi, nous pouvons tirer une grande leçon de l'étude des lis. Leur beauté nous enseigne que le Seigneur apprécie profondément le beau, et le fait qu'il leur est donné sans qu'ils aient à travailler ou à tisser, nous enseigne que Dieu est tout à fait capable de produire le beau sans notre aide, et qu'au besoin Il pourrait aussi nous vêtir de façon miraculeuse. Il nous enseigne, en outre, que s'Il n'a pas ainsi pourvu à nos besoins, c'est qu'Il a vu (comme le déclare la Parole) que les expériences de la vie dans le développement des ressources de la nature, dans la satisfaction de nos propres besoins, nous seraient utiles.

En considérant les corbeaux et les moineaux, et en remarquant comment le Seigneur a pourvu à leurs besoins sans granges pour l'hiver, Il nous enseigne que Sa puissance et Sa sagesse pourraient de même, si nécessaire, pourvoir aux besoins de Son peuple, miraculeusement ou autrement ; et qu'en laissant l'humanité plus sujette aux vicissitudes de la vie que les petits oiseaux, le Seigneur a sans doute l'intention d'instruire ainsi l'humanité et de développer ses facultés de raisonnement en ce qui concerne les intérêts de la vie et les dispositions nécessaires, et d'une manière qui lui sera plus utile, mieux calculée pour son développement que ne le serait une disposition comme celle qui est faite pour les créatures brutes muettes. La foi peut apprendre dans toutes les affaires de la vie des leçons de sagesse divine, et peut se convaincre raisonnablement, en harmonie avec la suggestion du Seigneur, que les êtres humains ont beaucoup plus de valeur que beaucoup de moineaux, beaucoup de corbeaux, beaucoup de lis, aux yeux de Dieu ; et que nous pouvons donc plus raisonnablement faire confiance à Sa bonté et à Son attention dans les affaires humaines.

Ainsi, en considérant et en examinant les petites affaires de la vie, et en notant le caractère divin qui s'y révèle, l'esprit est préparé à la révélation encore plus grande de la bonté de Dieu exposée dans Sa Parole, qui assure de Sa sympathie pour l'humanité dans sa condition déchue, et de Sa volonté d'aider l'homme à se libérer du péché et de la mort selon des lignes en harmonie avec la justice et l'amour. Considéré de ce point de vue, l'amour de Dieu révélé par Son Fils Jésus s'impose d'emblée à notre cœur comme étant en plein accord avec ce que nous trouvons être Son caractère général : justice, sagesse, amour. Le cœur qui considère ainsi fait des progrès, croit en grâce, en connaissance, en amour. Le cœur qui ne considère pas les petites choses n'est pas à même d'apprécier les plus grandes. Il se prive ainsi d'une juste considération de Dieu, d'une appréciation correcte de Son Plan et, par conséquent, de Son caractère (Manne du 12 octobre).

C'est David, le prophète, qui s'exclame : « Quand je regarde tes cieux, l'ouvrage de tes doigts ! » (Ps. 8 : 3). Pour le prophète, dont l'esprit était correctement dirigé et qui considérait ces choses, « Un jour en proclame la parole à l'autre jour, et une nuit la fait connaître à l'autre nuit » ; et en conséquence, le roi David - avant la dispensation de l'Évangile, avant le don du saint Esprit d'adoption, avant la venue des bénédictions inestimables qui sont les nôtres aujourd'hui - a acquis une grande appréciation de son Créateur, qui est devenu pour lui une ancre de l'âme, à la fois sûre et inébranlable. La compréhension profonde du caractère divin, acquise par la considération de l'œuvre divine, même dans la nature, rapprochait le roi-prophète de Dieu, dans l'humilité, la vénération et l'amour.

Mais si une telle considération des cieux et des choses de la nature est profitable et utile, combien plus profitable est la considération des choses encore plus élevées révélées à l'Église Évangélique par le saint Esprit depuis la Pentecôte. L'Apôtre Paul attire notre attention dans cette direction en disant : « Considérez l'Apôtre et Souverain Sacrificateur de notre profession, le Christ Jésus » (Héb. 3 : 1). Mais combien peu de ceux qui lisent les Écritures ont suivi la suggestion de l'Apôtre ? combien peu ont jamais considéré Jésus du point de vue suggéré - comme l'Apôtre de l'Église ou le maître spécial envoyé par Dieu pour guider et instruire spécialement l'Église, et comme le Souverain Sacrificateur de l'Église envers lequel les fidèles occupent la position de sous-sacrificateurs ? Si le peuple du Seigneur avait accordé plus de considération à ces questions, un grand nombre d'entre eux seraient sans aucun doute beaucoup plus avancés qu'ils ne le sont aujourd'hui dans la connaissance et l'amour de Dieu. Ils auraient vu que si le Christ est un enseignant spécial, un Souverain Sacrificateur spécial de l'Église, et l'Église Ses élèves particuliers, Ses frères et Ses sous-sacrificateurs, alors il doit y avoir, selon les Écritures, à une époque future, une bénédiction encore plus grande dans laquelle les Souverains Sacrificateurs et les sous-sacrificateurs seront les agents de Dieu pour bénir toutes les familles de la terre.

L'Apôtre parle encore des choses spirituelles élevées que nous devons considérer, après avoir pris nos premières leçons en considérant les choses naturelles, les lis, les corbeaux, les cieux, etc. …, en disant : « Considérez celui qui a enduré une telle contradiction de la part des pécheurs contre lui-même, afin que vous ne soyez pas las, étant découragés dans vos âmes » (Héb. 12 : 3). Hélas ! Combien de vrais enfants de Dieu se lassent, ont l'esprit abattu et courent le risque de perdre le grand prix parce qu'ils n'ont pas pensé à Jésus, ne L'ont pas étudié, ne L'ont pas compris, n'ont pas considéré le Seigneur et l'opposition qu'Il endura fidèlement. S'ils considéraient Sa perfection et comment la lumière qu'Il représentait brilla dans les ténèbres sans être appréciée, ils ne seraient pas étonnés que la lumière qui émane d'eux n'est pas appréciée non plus. S'ils considéraient comment le Seigneur souffrit de toutes manières injustement et à cause de la justice, et qu'ensuite ils réfléchissaient que leur propre conduite, même avec la meilleure intention, est imparfaite, cela les encouragerait à souffrir comme de bons soldats, à ne pas se lasser de faire le bien et à ne pas faiblir sous l'opposition (Manne du 5 octobre). Cela leur permettrait de se rendre compte de ce que les Écritures déclarent clairement, à savoir que les expériences et les épreuves sont nécessaires au peuple du Seigneur et que, si elles sont bien reçues, elles produisent toutes des bénédictions éternelles.

Une telle considération du Seigneur et de ce qu'Il a enduré, ainsi que la réflexion et la réalisation de leurs propres imperfections alors qu'ils cherchent à marcher sur Ses traces, tendraient à les amener non seulement à apprécier la sympathie du Seigneur pour Son peuple et Sa grâce envers eux en couvrant de Ses yeux leurs imperfections involontaires, mais en outre, cette considération conduirait à la sympathie pour leurs compagnons dans le chemin étroit.

L'Apôtre insiste sur la pertinence de telles réflexions, en disant : « Prenons garde l’un à l’autre pour vous exciter [inciter, inspirer] à l'amour et aux bonnes œuvres » (Héb. 10 : 24). Oh, combien le peuple du Seigneur a besoin de se rappeler cette injonction, s'il veut avoir la patience et l'amour qui conviennent les uns envers les autres - de considérer le sacrifice des uns et des autres, de penser aux imperfections, aux particularités ou aux bonnes qualités des autres, selon le cas. Pour le frère chrétien, la considération signifie toujours penser avec bonté, avec charité, même aux défauts que l'amour ne peut pas cacher. Ces défauts ne doivent pas être considérés comme un motif d'aigreur et d'opposition entre nous, ni comme un prétexte à la médisance ou à la calomnie. L'Apôtre explique que nous devons nous considérer les uns les autres en vue de déterminer comment nous pouvons être le plus utiles les uns aux autres dans la voie étroite, le plus édifiants, le plus fortifiants, le plus inspirants.

Mais voici encore une autre considération : En nous reportant à notre texte, nous trouvons que l'Apôtre y a réuni deux pensées : d'abord, la nécessité de considérer ; ensuite, la nécessité d'avoir l'assistance divine pour parvenir à une juste compréhension. « Considère ce que je dis, et le Seigneur te donnera l'intelligence ».

L'homme naturel peut approuver une grande partie de ce que nous avons écrit ici ; cependant, sur certains points, cela lui échappera. Il n'y a que ceux qui abordent l'étude de la volonté divine dans la bonne direction - que ceux qui se mettent à l'école du Christ et apprennent de Lui - qui bénéficient de l'assistance divine dont parle l'Apôtre, de l'intelligence qui vient du Seigneur. Il faut avoir foi en Dieu et en Sa Parole pour pouvoir apprécier correctement les choses naturelles ou spirituelles qui sont les nôtres, pour les nourrir dans nos cœurs et les affermir dans nos caractères.