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LA LUTTE POUR LE PRIX EST ENGAGÉE.

« La vie est un combat », a dit quelqu'un à juste titre. Nous voyons parmi la création brute une lutte constante pour l'existence, et il en est de même pour l'humanité. Dans les affaires, c'est un combat ; en politique, la lutte est continuelle ; dans la famille, entre les parents et les enfants, il y a souvent une lutte pour la maîtrise ; et dans le monde entier, c'est en grande partie chaque famille pour elle-même et chaque individu pour lui-même, toutes ces luttes étant fondées sur l'ambition et l'égoïsme, parfois même par pure nécessité.

Les soldats du Seigneur ont été recrutés dans ces conditions misérables, mais pour une guerre différente - une guerre contre l'égoïsme, la convoitise, l'avarice et toutes les méthodes injustes, toutes les pratiques dépourvues d'amour, tous les péchés. Le capitaine de notre salut est notre modèle, dont nous devons copier les méthodes de guerre. Bien qu'Il ait été saint, innocent, sans souillure et séparé des pécheurs, Il a été un ennemi invétéré du péché et a donné Sa vie pour S'y opposer. Tous ceux qui veulent être acceptés comme disciples de la croix doivent suivre Son exemple – « fidèle jusqu'à la mort » - s'ils veulent avoir le grand prix, la couronne de la vie.

Lorsque nous regardons le monde dont nous faisions autrefois partie, « enfants de la colère comme les autres », nous voyons que toutes ses luttes ont un but. L'homme politique s'efforce d'obtenir de l'influence et parfois de l'honneur ; le commerçant s'efforce de s'enrichir et de devenir prospère ; les luttes dans l'arène sociale visent la place et l'influence. Tels sont leurs prix, et dans leurs efforts pour atteindre leurs objectifs, nombreux sont les sacrifices qu'ils supportent, nombreux sont les risques qu'ils courent, nombreux sont les veilles nocturnes et les plans minutieux, les projets et les complots. Néanmoins, peu de ceux qui s'efforcent d'atteindre les désirs de leur cœur y parviennent. Le prix leur échappe, et les plus chanceux qui parviennent à s'en emparer découvrent qu'il y a beaucoup d'amertume liée au succès, beaucoup de déception quant au plaisir réel qui l'accompagne. L'Apôtre compare ces ambitions terrestres du monde avec les ambitions supérieures des soldats de l'armée du Seigneur. Il fait remarquer que ceux qui luttent dans les affaires terrestres, que ce soit comme des coureurs ou comme des combattants dans n'importe quel domaine de la lutte terrestre, se soumettent à certaines épreuves de patience, d'endurance et d'abnégation dans leurs efforts pour atteindre leurs ambitions ; et il indique que les soldats de la croix devraient encore beaucoup plus estimer le grand prix pour lequel ils sont appelés à combattre le bon combat - le prix de la vie éternelle. L'Apôtre dit : « Or quiconque combat dans l'arène vit de régime en toutes choses ; eux donc, afin de recevoir une couronne [récompense] corruptible ; mais nous, afin d'en recevoir une incorruptible ».

Ceux qui s'efforcent d'obtenir des prix terrestres le font face à beaucoup d'incertitudes. Tout homme politique admet la forte probabilité de sa défaite ; toute personne qui recherche la richesse reconnaît la forte probabilité qu'elle échouera dans sa lutte pour l'obtenir ; mais il n'en va pas de même pour les soldats de la croix. Le prix n'est pas seulement suprêmement grand, grandiose et incorruptible, mais c'est une chose certaine, comme l'ajoute l'Apôtre : « Moi donc je cours ainsi, non comme ne sachant pas vers quel but ; je combats ainsi, non comme battant l'air ». Nous savons que, en suivant fidèlement notre Capitaine, nous obtiendrons des résultats non seulement bénis pour nous-mêmes, mais des résultats qui seront, sous la providence du Seigneur, une bénédiction pour toutes les familles de la terre. C'est en vue de cette certitude de notre part quant aux résultats et à leur grandeur que l'Apôtre laisse entendre que nous, soldats de la croix, devrions être disposés à endurer beaucoup plus de privations, de renoncements et d'épreuves pour le bien de la cause que nous représentons que ne le feraient ceux qui s'efforcent d'obtenir des couronnes et des prix terrestres. Et si ceux-ci pratiquent l'abnégation et les disciplines tardives et précoces, à temps et à contretemps, quand cela leur convient et quand cela ne leur convient pas, qu'il s'agisse de nourriture et de boisson s'ils se préparent à une épreuve physique, ou de confort, de commodités et de plaisirs s'ils se préparent à des épreuves politiques ou commerciales, à plus forte raison ne devrions-nous pas être paresseux dans nos affaires, fervents en esprit, servant le Seigneur, combattant le bon combat de la foi, nous attachant à la vie éternelle comme à une chose certaine et non comme à une incertitude. L'Apôtre applique aussi cette pensée, en disant : « Je mortifie mon corps [ses ambitions, appétits, désirs], et je l’asservis [à l'esprit nouveau], de peur qu’après avoir prêché à d’autres, je ne sois moi-même réprouvé [exclu du Petit Troupeau] » - 1 Cor. 9 : 25-28.

Le premier élément essentiel pour devenir un soldat de la croix est de bien comprendre les seules conditions de l'enrôlement, à savoir qu'il n'est pas pour une seule occasion, ni pour un an, mais pour la vie. Beaucoup se trompent sur ce point, et après avoir combattu loyalement dans quelques escarmouches, ils semblent avoir l'impression d'avoir rempli les conditions de leur enrôlement, et dérivent vers un autre service, un autre type de combat, ou vers un relâchement paresseux et indifférent en présence de l'ennemi et du mal contre lequel ils se sont engagés à mener un bon combat jusqu'à la mort. Ceux-là se réveillent parfois sous l'impulsion de l'Évangile ou d'une excitation mentale et, pendant un certain temps, se battent un peu plus, pour retomber ensuite dans l'indifférence et la paresse. Certains s'enorgueillissent même de ces réengagements répétés et se proposent d'en faire d'autres avant de mourir, sans se rendre compte qu'il s'agit là d'une vision erronée de la situation - qu'aucun volontaire n'est accepté si ce n'est aux conditions du Capitaine : « Sois fidèle jusqu'à la mort, et je te donnerai la couronne de vie ». Ceux-ci devraient voir que la participation à quelques batailles n'est pas la condition de notre appel et de notre enrôlement, et que les récompenses - gloire, honneur et immortalité - que le Seigneur a promises aux fidèles ne peuvent être attendues par ceux qui ne combattent pas le bon combat fidèlement et en permanence. Nous ne discuterons pas maintenant de la part qui reviendra à ceux qui ne respectent pas les conditions de leur enrôlement. Nous ne dirons pas si leur part sera dans la Grande Foule ou ailleurs ; mais nous cherchons à établir clairement que personne ne peut être considéré comme digne d'une place dans le Petit Troupeau, dans la gloire du Royaume, à moins qu'il n'ait une juste appréciation de son enrôlement, et qu'il n'ait été, au moins dans son cœur, complètement loyal et actif dans la défense des principes pour lesquels son alliance est engagée - les principes de la justice à tout prix, même jusqu'à la mort.

Quiconque, en connaissance de cause, aura fait l'entière consécration de sa volonté, l'enrôlement complet de ses facultés et talents de l'esprit et du corps, trouvera en cela un grand secours dans les faiblesses de la nature déchue. Celui qui a cette compréhension exacte de sa consécration et de son enrôlement dans l'armée du Seigneur reconnaîtra qu'il n'a rien de plus à Lui donner et qu'en conséquence, toute lutte de sa volonté est totalement terminée dès l'instant qu'il a décidé une fois pour toutes : « Pour moi et ma maison, nous servirons l'Éternel ». Les autres, qui ne comprennent pas la question de cette façon, doivent continuellement se battre avec leur volonté avant de pouvoir s'engager dans une quelconque mesure pour défendre la Vérité. Il est donc important que tous les soldats se rendent compte que leur engagement dure jusqu'à la mort et qu'il n'y a pas lieu d'envisager la moindre suggestion de se retirer de la bataille et de cesser, ne serait-ce qu'une heure, de combattre le bon combat de la foi (Manne du 14 Janvier). Les nouvelles recrues de l'armée du Seigneur ont souvent des difficultés avec elles-mêmes à cause du type de combat très particulier auquel les soldats du Seigneur sont appelés. Habitués à combattre dans la bataille de la vie en tant que membres de la race déchue, la tendance naturelle est de se battre pour le Seigneur selon les mêmes principes - avec des armes charnelles, des objets, des actions, des méthodes charnelles, etc. Cependant, ceux-là doivent tenir compte de la voix du Capitaine, et se battre uniquement selon Ses directives - pour la justice et non pour l'injustice, pour l'amour et la générosité, contre l'égoïsme et non pour l'égoïsme. Ils ne doivent même pas suivre les suggestions de certains réformateurs moraux et se lancer dans une bataille pour une politique plus pure, pour l'abstinence totale ou pour l'élévation sociale - parce que les ordres du Capitaine n'ont pas été dans ce sens. Ils peuvent, et même devraient, éprouver une profonde sympathie pour tous ces efforts louables, et devraient les approuver plutôt que les désapprouver ; mais leur temps, leur influence, leurs talents ne devraient pas aller dans ces directions, quelle que soit leur sympathie à leur égard, parce qu'ils sont sous les ordres du Capitaine. Ils ne se battent pas pour leur propre compte ni pour accomplir leurs propres volontés ; ils ne sont pas les chefs de l'armée, mais les membres subordonnés, et s'en remettent donc au Capitaine pour leurs directives. Il les a appelés dans un but précis, et leur a donné des instructions particulières à ce sujet, et toute leur énergie et tout leur talent, qui ne sont pas absorbés par les nécessités de la vie, doivent être considérés comme consacrés et hors de leur contrôle.

Après son enrôlement, chaque soldat doit s'attendre à recevoir sa part de l'armure fournie - casque, cuirasse, sandales, bouclier et épée - et son premier travail doit être de revêtir cette armure - de se préparer. L'armurerie dans laquelle ces équipements peuvent être obtenus est la Parole de Dieu, qui est si bien pourvue que « l'homme de Dieu peut être parfaitement accompli pour toute bonne parole et toute bonne œuvre » (2 Tim. 3 : 17). Celui qui se précipite dans un combat sans attendre d'entendre l'ordre du Capitaine et sans attendre de revêtir l'armure fournie, est certain de rencontrer une défaite cuisante et un désastre plus ou moins conséquent. Si seulement chaque soldat qui s'engage pouvait se rendre compte de la nécessité d'écouter la Parole de Dieu et de s'approprier l'armure de Vérité qu'elle fournit. Le casque, représentant la Vérité, qui fortifie les soldats du Seigneur sur le plan mental en leur donnant une appréciation claire et compréhensive de Son plan, est nécessaire ; la cuirasse, qui représente la connaissance de la justice et l'appréciation de la disposition de Dieu pour nous couvrir dans le grand sacrifice rédempteur, est également essentielle pour couvrir nos cœurs, pour notre protection spirituelle ; les sandales, qui représentent notre attente d'épreuves et de difficultés sur le chemin étroit et notre disposition à les accepter toutes, avec l'assurance qu'elles concourront toutes à notre bien, sont indispensables ; le bouclier de la foi, qui s'élargit au fur et à mesure qu'on le manipule et qu'on l'utilise, est également très important ; aucun soldat ne peut s'acquitter convenablement de ses fonctions auprès du Capitaine s'il ne dispose pas d'un tel bouclier ; sans lui, il serait exposé aux flèches de l'ennemi. Bien qu'il ait revêtu toute l'armure, il ne faut pas oublier l'épée de l'Esprit, la Parole de Dieu, plus tranchante que toute épée à deux tranchants. Celui qui n'a pas revêtu une partie de l'armure sera incapable de maintenir les ennemis de la justice à une distance respectueuse ; et cette épée devient plus forte et plus grande dans les mains du soldat lorsqu'il la saisit fermement à la poignée et l'utilise dans ses combats pour le Seigneur et la Vérité.

De nombreux soldats de l'armée du Seigneur sont surpris d'apprendre que le nom du capitaine est le Prince de la Paix, et que tous les engagés doivent se battre pour la paix. La question semble d'abord contradictoire. Combattre est la guerre, la paix en est le résultat ; nous sommes appelés à être des soldats et appelés à être des artisans de paix. Beaucoup de soldats, sans attendre d'apprendre les consignes et les commandements du Capitaine, sans attendre d'étudier le bon usage de l'épée de l'Esprit, se lancent courageusement dans le combat et commencent à blesser leurs voisins, leurs amis, et parfois leurs compagnons d'armes dans l'armée du Seigneur. Ceci est une grande erreur : c'est une tentative d'utiliser les armes spirituelles d'une manière charnelle, et c'est contraire à l'exemple et à la parole de notre Capitaine. Tous ceux-là feraient mieux de rengainer leurs épées - de s'abstenir d'utiliser la parole de Dieu de manière agressive, en frappant ceux avec qui ils ont à faire. Nous devons apprendre qui est notre ennemi, et ne pas frapper aveuglément et sans réfléchir tout ce qui s'oppose à nous.

Mais quelqu'un demande : Ne devons-nous pas abattre l'erreur, et cela ne signifie-t-il pas frapper ceux qui la soutiennent ? Nous répondons que ceux qui, autour de nous, soutiennent l'erreur, et ceux qui nous maltraitent et nous persécutent parce que nous sommes du côté du Seigneur, sont aveuglés par l'ignorance, et qu'il n'est pas dans l'intention du Seigneur que nous luttions contre eux ; nous voulons plutôt lutter pour eux afin de les tirer de leur ignorance et de leur aveuglement, de leur superstition. Le Seigneur l'a exprimé ainsi lorsqu'il a dit : « Le Fils de l'homme n'est pas venu pour détruire la vie des hommes », mais pour qu'ils aient la vie, et cela dans une plus grande abondance. Il n'a pas changé entre-temps ; Il a toujours le même sentiment généreux envers le pauvre monde qu'Il avait au moment de mourir, lorsqu'Il a goûté la mort pour tout homme. L'Apôtre va nous apprendre qui sont nos ennemis. Il dit : « Notre lutte n’est pas contre la chair et le sang, mais contre les principautés, contre les autorités, contre les dominateurs de ces ténèbres, contre la puissance spirituelle de méchanceté qui est dans les lieux célestes » - Eph. 6 : 12.

Mais alors, nos véritables adversaires sont les anges déchus, les démons ; et nos pauvres semblables déchus qui s'opposent à nous et à la justice le font parce qu'ils sont sous le pouvoir de Satan, plus ou moins aveuglés par ses sophismes et ses tromperies, - comme il est écrit : « Le dieu de ce monde a aveuglé l'esprit des incrédules » - il a trompé le monde entier (2 Cor. 4 : 4 ; Apoc. 20 : 2,3). Notre sentiment à l'égard de tous les adversaires de la justice parmi les hommes devrait donc être celui de la bienveillance et de la compassion, sachant qu'ils sont sous la puissance de l'Adversaire, bien qu'ils ne le sachent pas. Et si nous souffrons de leurs mains en tant que soldats de la croix, nos sentiments devraient être : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu'ils font » ; « Seigneur, ne leur impute point ce péché ». De même que l'Apôtre Pierre expliquait, à propos de ceux qui ont crucifié le Seigneur Jésus, qu'ils l'ont fait par ignorance, de même nous devrions considérer que les oppositions actuelles à la justice et à ceux qui sont du côté du Seigneur sont en grande partie le résultat de l'ignorance et de la superstition, et de l'aveuglement qui vient du grand séducteur contre lequel nous sommes enrôlés et cherchons à combattre un bon combat.

Notre bon combat de la foi, comme l’Apôtre l’explique, consiste dans une mesure considérable en la défense que nous devons prendre de la Parole de Dieu, ce qui comprend aussi la défense du caractère de Dieu. C'est ce qu'implique la phrase de l'Apôtre : « Combattez [luttez avec ardeur] qui a été une fois enseignée aux saints ». Cela signifiera que nous serons disposés à défendre la Vérité à tout prix, quel que soit le nombre des assaillants - contre les credo et les théories des hommes qui pourraient dénaturer la bonne nouvelle de grande joie que le Seigneur et les Apôtres ont annoncée et qui, Dieu soit loué, sera pour tout le peuple. Comme l'Apôtre le dit encore : « Je suis établi pour la défense de l'évangile ». Nous ne pouvons pas faire moins que de défendre la Vérité. Elle représente Dieu, elle représente Christ, elle est donc notre étendard. Comme de vrais soldats, nous le défendrons jusqu'à la mort (Manne du 23 septembre). Pas toute la vérité, cependant ; car bien que nous puissions nous sentir en sympathie avec toute la vérité, nous sommes enrôlés sous les ordres d'un Capitaine dont le commandement indique qu'il s'agit d'une branche particulière de la vérité que nous devons défendre au péril de notre vie - la vérité de la révélation divine - le message divin, l'Évangile, la bonne nouvelle de la rédemption par le sang précieux, le pardon des péchés, et en général le plan divin du salut tel qu'il est exposé dans la Parole inspirée. On remarquera que ceci ignore de façon significative la vérité sur d'autres lignes, sur les mathématiques, l'astronomie, la géologie, sans parler d'autres sciences faussement appelées ainsi, au sujet desquelles le Seigneur ne nous a donné aucune révélation - au sujet desquelles, par conséquent, Son épée de Vérité n'a jamais été envoyée de façon offensive ou défensive. C'est pour la « foi donnée une fois aux saints », et seulement pour celle-là, que les soldats de la croix doivent se battre.

Nous avons déjà remarqué que la lutte ne doit pas se faire avec des armes charnelles, même lorsqu'il s'agit de la foi donnée une fois aux saints ; et par armes charnelles, nous entendons bien davantage que ce que beaucoup pensent au premier abord. Non seulement les épées, les lances et les fusils sont des armes charnelles, mais la colère, la malice, la haine, les querelles et un esprit général de lutte et de combat sont tous des armes charnelles ; et chaque fois que ces armes sont utilisées pour défendre la bonne cause du Seigneur, elles lui font du tort au lieu de lui faire du bien, quelle que soit l'intention de ceux qui les utilisent. Il est important de se rappeler que tous les soldats qui combattent dans cette bataille pour la Vérité gagnent non pas en blessant les autres, mais en montrant aux autres de nobles exemples de fidélité aux principes de la droiture (vérité), même jusqu'à la mort, qui leur feront connaître le Seigneur et Sa cause. Ceux qui combattent avec colère, malice et esprit de querelle, qui combattent charnellement, dénaturent le Capitaine, même sans le vouloir, et font du tort à Sa cause. Il y a beaucoup de ces combattants qui ne mènent pas une bonne guerre, qui ne combattent pas un bon combat, et qui, par conséquent, n'obtiendront pas la récompense principale - la gloire, l'honneur, l'immortalité et le cohéritage avec le Seigneur dans le Royaume.

On peut alors se demander comment ces soldats peuvent s'attendre à livrer bataille s'ils s'abstiennent de tout combat charnel, que ce soit avec leurs mains ou leurs langues, en ne disant que ce qui est bon et en s'efforçant, autant que cela dépend d'eux, de vivre en paix avec tous les hommes. Comment de tels soldats pourraient-ils avoir un quelconque combat ? Qui voudrait se battre avec eux ? Assurément, dit quelqu'un, on ne peut pas supposer que le monde se batte ou, de quelque manière que ce soit, blesse ou s'oppose à ceux qui ne cherchent que son bien, son bien-être, sa bénédiction, sa paix. Mais non, répondons-nous, le Maître a souffert pour Sa fidélité à la foi une fois transmise, et Il nous a prévenus en disant : « Ne vous étonnez pas si le monde vous hait, sachez qu'il m'a haï avant vous. Si vous étiez du monde, le monde aimerait ce qui serait sien ; mais parce que vous n'êtes pas du monde, mais que moi je vous ai choisis du monde, à cause de cela le monde vous hait ». « Le monde aime les ténèbres plutôt que la lumière ». Guidés par les paroles du Maître, nous cherchons à voir ce qui constituait le monde de Son point de vue. Nous comprenons qu'Il n'a pas pu vouloir dire que les ennemis des saints seraient exclusivement ou principalement les voyous de la société, les voleurs, les truands et les meurtriers. Ce n'est pas d'eux que nous devons attendre la haine et la persécution que le Seigneur nous a prévenus que tous les vrais soldats subiraient de la part du monde. Lorsque le Maître a déclaré que le monde Le haïssait, nous comprenons que ce n'était pas le monde païen ou des Gentils, mais le monde religieux, comme nous pourrions l'appeler - l'église de Son temps - les principaux sacrificateurs, les scribes et les Pharisiens qui ont pris parti contre Lui et qui ont finalement obtenu Son exécution. C'est le même monde dit religieux qui, au cours des âges sombres, a persécuté la lumière et la vérité jusqu'à la mort, et c'est le même monde prétendument religieux, dépourvu de l'Esprit du Seigneur et plus ou moins aveuglé par le dieu de ce monde, qui continuera à persécuter les soldats de la croix jusqu'à la fin de cette dispensation, jusqu'à ce que le dernier soldat de la croix se soit montré fidèle jusqu'à la mort et que la famille des élus soit complète.

Nous avons ici la conception générale que les religions païennes sont toutes de Satan, qu'il a induit les peuples païens en erreur et les a plongés dans de profondes ténèbres, et que toute mesure de superstition et de ténèbres qui s'accroche encore au Chrétien est en fait la puissance de Satan qui agit dans et à travers ceux qui sont nominalement et prétendument le peuple du Seigneur. Les soldats de la croix, tout au long de cet Âge de l'Évangile, à l'exemple du Capitaine et de Ses lieutenants, les Apôtres, ont brandi la bannière de la Vérité, la lumière, non pas de manière agressive mais défensive, et ont été considérés comme fidèles dans la mesure où ils ont supporté la dureté avec douceur, patience et longanimité, avec bonté fraternelle et amour, ne rendant pas le mal pour le mal, la calomnie pour la calomnie, l'injure pour l'injure ; mais, comme le Maître, lorsqu'ils ont été injuriés, ils n'ont pas répliqué, mais ils ont béni leurs ennemis et fait du bien à ceux qui les méprisaient et les persécutaient, priant pour eux et espérant pour eux la miséricorde divine dans le futur, jusqu'à l'ouverture des yeux de leur compréhension. Il doit en être de même aujourd'hui.

Sans aucun doute, en harmonie avec la déclaration biblique, nous pouvons nous attendre à ce que, dans un avenir proche, tous les soldats de la croix soient exposés à des attaques beaucoup plus sévères de la part du grand Adversaire et de ceux qu'il a aveuglés. Les attaques seront si sévères que, selon la déclaration scripturaire, mille tomberont à nos côtés pour un seul qui restera debout - les soldats purement nominaux tomberont. Seuls les fidèles, les vainqueurs, les élus, seront capables de tenir dans ce jour mauvais, et ils le seront parce qu'ils auront revêtu toute l'armure de Dieu prévue pour leur protection. L'Apôtre parle de toute la séduction de l'injustice chez ceux qui périront comme étant l'une des caractéristiques de la manifestation de Satan à notre époque. Nous voyons une partie de cette tromperie se manifester dans les nombreuses œuvres miraculeuses, les guérisons, etc., accomplies par les spirites, les mormons, les scientistes chrétiens et autres, dans le but de tromper si possible les élus. Mais il ne sera pas possible de tromper cette classe de vainqueurs, parce que le vrai soldat tiendra attentivement compte des instructions du Capitaine et aura revêtu toute l'armure de Sa Parole pour sa défense et sa protection contre toutes les ruses de l'Adversaire, qui, maintenant que son royaume bascule vers sa chute, est forcé de le soutenir en feignant des œuvres de miséricorde et de bonté comme un vêtement de lumière - Matt. 12 : 26 ; 2 Cor. 11 : 14.

Auparavant, nous avons examiné les combats extérieurs des soldats du Seigneur ; considérons maintenant les exercices et les combats plus cachés qui se présentent à chaque soldat, pour tester sa loyauté et développer son caractère. Nous avons déjà remarqué que le soldat est la Nouvelle-Créature et non la chair, que l'enrôlement a été un abandon de la volonté charnelle et l'acceptation du commandement ou de la capitainerie du Rédempteur. À partir de ce moment de remise totale au Capitaine, d'enrôlement sous Ses ordres et au service de la justice, la Nouvelle-Créature a connu un conflit avec son corps mortel et ses faiblesses, ses passions et ses tendances au péché. La nouvelle volonté ne peut pas se libérer du corps charnel, et bien que la récompense promise par le Capitaine soit un nouveau corps, parfait et en pleine harmonie avec lui-même et avec la justice, la nouvelle volonté doit néanmoins démontrer sa loyauté envers le Capitaine et la justice par son combat fidèle contre la chair - avec les désirs et les penchants de son propre corps mortel.

Il y a ici un grand et incessant combat car, si la nouvelle volonté s'affirme, si elle en impose au corps et l'oblige à se soumettre au nouvel entendement, néanmoins, le corps mortel, n'étant pas réellement mort, est continuellement en contact avec le monde et l'Adversaire qui le stimulent sans relâche. Ils lui rendent la vigueur par les soucis, les ambitions, les méthodes, les luttes, les combats terrestres et l'insubordination à notre nouvelle volonté. Tous les saints font des expériences de ce genre - tous ont des combats au dehors et au dedans. Il faut que nous soutenions la lutte jusqu'à la fin, sous peine de ne pas remporter le grand prix pour lequel nous combattons. Bien que, par la grâce et la force renouvelées du Seigneur, les nouveaux cœur, esprit et volonté maîtrisent le corps mortel, le conflit ne peut cependant cesser qu'à la mort (Manne du 9 Novembre), car « la chair convoite [désire, lutte] contre l'Esprit, et l'Esprit contre la chair ; et ces choses sont opposées l'une à l'autre, afin que vous ne pratiquiez pas les choses que vous voudriez » - Gal. 5 : 17.

L'Apôtre nous exhorte à ne pas nous attendre à la coopération de la chair, mais à anticiper son opposition et à procéder immédiatement à la mortification de la chair avec ses affections et ses désirs, nous assurant que, de même que la mort de la chair aura pour résultat notre engendrement à la nouvelle nature, de même la mort de la chair sera un préalable à notre naissance de l'Esprit. Les paroles de l'Apôtre dans ce sens sont réconfortantes pour nous. Il dit : « C'est pourquoi nous ne nous lassons point [dans nos combats] ; mais si même notre homme extérieur dépérit, toutefois l'homme intérieur est renouvelé de jour en jour [nous devenons plus forts dans le Seigneur et dans la puissance de Sa force], car notre légère tribulation [épreuves, etc., qui peuvent inclure ces combats avec notre propre chair] d’un moment [en comparaison de l'éternité que nous espérons gagner], opère pour nous, en mesure surabondante, un poids éternel de gloire » - 2 Cor. 4 : 16-18.

C'est parce que l'Adversaire agit dans le cœur des enfants de la désobéissance, et parce que les enfants de la lumière, les soldats de la croix, sont en contact dans la chair avec les enfants de ce monde, qu'ainsi l'Adversaire est capable d'agir puissamment contre eux et de faire resurgir régulièrement leur chair, de sorte que tous doivent suivre la ligne de conduite de l'Apôtre telle qu'elle est exprimée dans ses paroles : « Je mortifie mon corps » - la pensée étant que, bien que le corps soit considéré comme mort, il y a néanmoins tendance de la part de la chair à se relever de cette condition, d'où la nouvelle nature qui a besoin d'être continuellement sur le qui-vive pour maintenir sur elle son empire, pour combattre le bon combat de la foi et remporter le prix comme vainqueur. Ces luttes du nouvel esprit contre la chair sont un bon combat dans le sens qu'elles sont dirigées contre les péchés et les faiblesses qui appartiennent à la nature déchue. Elles sont un combat de la foi, dans le sens que toute la vie du chrétien est une vie de foi ; comme l'Apôtre le déclare : « Nous marchons par la foi et non par la vue ». La Nouvelle-Créature a foi dans la Parole de Dieu, dans les promesses qui y sont contenues, et voit avec l'œil de la foi la cité céleste et la couronne de justice que le Seigneur réserve aux vainqueurs, cohéritiers du Rédempteur. C'est un combat de la foi dans le sens que nul ne pourrait le soutenir contre sa propre chair, ses penchants et ses désirs, à moins qu'il n'ait foi dans les promesses et dans l'aide du Seigneur (Manne du 24 septembre).

En considérant en particulier ce que sont certains de ces combats de la nouvelle nature, nous estimons que beaucoup d'entre eux ont trait aux faiblesses de la chair par l'hérédité - le péché agissant dans nos corps mortels et cherchant à nous rendre de plus en plus captifs et à nous séparer du Seigneur et de la justice qu'il représente à tous égards. Dans la mesure où le peuple du Seigneur reçoit le nouvel esprit, les péchés grossiers de la chair lui deviennent répugnants - par exemple, le vol, la malhonnêteté, le meurtre, les conversations grossières, etc., et lorsque ceux-ci sont rejetés, une grande victoire a incontestablement été remportée - un grand progrès par rapport à ce qui était dans certains cœurs lorsqu'ils ont entendu la voix du Seigneur pour la première fois. Mais l'esprit de meurtre et l'esprit de malhonnêteté se cachent souvent dans le cœur de ceux qui sont devenus pleinement le peuple du Seigneur, et ces dispositions se cachent, se dissimulent de telle manière qu'elles trompent fréquemment la nouvelle volonté, qui a en effet besoin d'être éduquée à l'appréciation des principes.

C'est une leçon avancée à l'école du Christ qui nous fait comprendre que celui qui hait son frère est un meurtrier, et donc que ceux qui s'enrôlent comme soldats de la croix ne doivent pas seulement haïr le meurtre, mais haïr l'esprit de meurtre et le chasser entièrement, de sorte qu'ils n'aient rien d'autre que de l'amour dans leur cœur pour quiconque, même pour leurs ennemis. Seuls les soldats du Seigneur les plus avancés et les mieux entraînés voient clairement et distinctement le sens des paroles de l'Apôtre lorsqu'il qualifie la colère, la malice, la haine, les querelles, les jalousies et les mauvaises paroles d'œuvres de la chair et du diable.

Dès que cela est compris, le vrai soldat commence une campagne contre ces maux bien ancrés et les faiblesses de sa propre chair déchue, et il doit garder continuellement à l'esprit la pensée que l'amour parfait doit régner dans le cœur de tous ceux qui, à la fin, seront considérés par le Seigneur comme des vainqueurs, dignes d'avoir part avec Lui au Royaume. Il doit voir que l'amour parfait ne fait pas de mal à son prochain (Rom. 13 : 10) ; il doit voir que les mauvaises paroles viennent des mauvaises pensées, car « c'est de l'abondance du cœur que la bouche parle ». Par conséquent, il doit voir qu'il y a une condition mauvaise encore enracinée qui a besoin d'être éradiquée, et ce n'est qu'au nom et avec l'aide du Seigneur qu'il peut espérer vaincre pleinement et complètement tous ces mauvais états du cœur. Il est vrai que le Seigneur nous a reconnus purs de cœur à partir du moment où nous nous sommes pleinement consacrés à Lui, et Sa miséricorde couvre toutes les imperfections qui étaient en nous, par ignorance et involontairement, et ainsi Il nous reçoit dans Son école, dans Son armée - mais nous recevoir signifie notre éducation, notre instruction, notre exercice. À mesure que l'instruction progresse, l'obéissance doit aussi avoir progressé, sinon nous n'aurons pas été considérés aux yeux du Seigneur comme purs de cœur, purs d'intention. Il est évident que le dessein divin est que tous ceux qui sont à l'école du Seigneur parviennent finalement à ce que leur cœur n'approuve rien d'autre que ce qui est approuvé par le Seigneur, c'est-à-dire ce qui est noble, pur et bon, quelle que soit la perfection ou l'imperfection avec laquelle ils peuvent exprimer tout cela dans leur chair mortelle.

Si les soldats de la croix saisissaient de bonne heure la pensée exacte que la calomnie et la médisance sont de véritables assassinats du caractère d'autrui et que la diffamation est le vol de la bonne renommée du prochain, plus tôt ils envisageraient ce sujet sous son jour vraiment terrible, tel qu'il apparaît aux yeux du Seigneur. La compréhension rapide de cette chose au point de vue véritable et divin doit inciter les nouveaux cœur, esprit et volonté à déployer la plus grande activité possible pour détruire de telles œuvres de la chair et du diable. Chacun cherchera à extirper le vieux levain de malice, d'envie, d'antipathie, de méchanceté et de médisance, afin d'être pur dans son cœur, une copie du Seigneur (Manne du 7 Janvier).

La déclaration des Écritures est la suivante : « Ne parlez du mal de personne », et tous ceux qui peuvent voir la question sous son vrai jour, comme indiqué ci-dessus, ressentiront un zèle pour Dieu et pour la justice qui brûlera contre toute iniquité de ce genre, où qu'elle se trouve, en particulier dans sa propre chair.

Mais s'il est répréhensible de dire du mal d'une personne, si cela est contraire à l'esprit d'amour, à l'Esprit du Seigneur, combien plus mauvais, aux yeux du Seigneur, serait-ce si l'un des frères du Seigneur disait du mal de l'autre, disait du mal d'un membre du corps du Seigneur ! Combien terrible est la pensée, combien il est sûr que le malfaiteur perdrait la faveur du Capitaine et serait finalement coupé de toute relation avec Lui et avec le corps. Le Seigneur fait allusion à une telle personne en disant : « Tu livres ta bouche au mal, et ta langue trame la tromperie ; Tu t'assieds, tu parles contre ton frère, tu diffames le fils de ta mère : [tous les membres de la maison des fils, frères du Christ, sont représentés figurativement comme étant les enfants de l'alliance de Sarah, l'alliance d'Abraham.] Tu as fait ces choses-là, et j'ai gardé le silence ; tu as estimé que j'étais véritablement comme toi ; mais je t'en reprendrai » - Ps. 50 : 19-22.

Beaucoup pensent que la mauvaise parole que les Écritures interdisent se rapporte au faux témoignage ; mais il n'en est rien. Le Seigneur n'attend certainement pas de Son peuple qu'il ait une quelconque sympathie pour le mensonge. Si nous pouvions parler de péché de manière cumulative, nous pourrions ajouter que dire du mal est un péché, et que si la chose était fausse, ce serait un double péché aux yeux du Seigneur. Le principe qui sous-tend cette question devrait être clairement compris par l'ensemble du peuple du Seigneur. Il s'agit de ceci : La loi de la Nouvelle-Créature est l'amour, et celui qui aime autrui non seulement ne mentirait pas pour le blesser, mais ne parlerait même pas pour le blesser si la chose était vraie. Celui qui, par conséquent, trouve dans son cœur, dans sa propre disposition, le goût de dire sur les autres quelque chose qui est à leur détriment, qui les discrédite ou qui les blesse, doit voir qu'il manque proportionnellement de l'esprit d'amour, de l'Esprit du Seigneur. L'amour ne fait pas de mal à son prochain, que ce soit avec justice ou avec injustice ; il est prêt à croire tout ce qui est bon, et désireux de ne pas croire et d'éviter de mentionner tout ce qui est déshonorant. Seul le devoir le pousserait à parler de ce qui discrédite autrui, et il ne le ferait que d'une manière que les Écritures et l'esprit d'amour approuveraient devant ceux qui doivent savoir, et en vue de secourir le malfaiteur.

Soyons donc encouragés, en tant que Nouvelles-Créatures, par une meilleure compréhension de la parole et de la volonté du Capitaine à notre égard, pleins de confiance en Sa sagesse et en Sa grâce - qu'Il veut et peut nous faire sortir vainqueurs au sens plein du terme, si nous Lui sommes obéissants. Efforçons-nous de pouvoir dire avec l'Apôtre, au terme de nos expériences : « J'ai combattu le bon combat, j'ai achevé la course, j'ai gardé la foi ; désormais m’est réservée la couronne de justice, que le Seigneur juste Juge, me donnera dans ce jour-là » - 2 Tim. 4 : 7,8.