La prospérité n'apporta pas un avantage personnel au roi David. Après des années d'un succès phénoménal sous la bénédiction de l'Éternel, lorsque son royaume était puissant et son nom honorable, que sa participation personnelle dans les guerres n'était plus nécessaire, et que son cœur, ayant commencé à graviter vers les plaisirs terrestres, était moins zélé pour le Seigneur et la Loi qu’au commencement, le roi chuta dans des péchés très graves, qui apparaissent d'autant plus noirs par leur contraste avec le caractère hautement moral qu'il avait manifesté dans sa vie passée, lorsqu'il était l'homme selon le propre cœur de Dieu. Ses péchés, la manière dont il s'éprit de Bath-Shéba et commit l'adultère avec elle, et comment, par la suite, pour se protéger, il fit placer son mari Urie au premier rang de la bataille afin qu'il se fasse tuer par l'ennemi, entraînant aussi la perte de plusieurs autres vies, tout ceci est relatée dans les Écritures de la manière la plus franche, sans le moindre effort pour pardonner le mal commis par le roi. Aucune excuse n'est avancée à propos du récit ; la responsabilité totale de ces crimes horribles est déposée directement aux pieds du roi. Qu'une excuse puisse être trouvée en sa faveur, cela devrait venir du lecteur du récit. Nous pouvons suggérer quelques pensées à ce propos. À cette époque, les rois du monde exerçaient un pouvoir despotique, et parmi le peuple une théorie disait que le roi ne pouvait pas agir mal - que ce qu'il lui plaisait de faire était bon pour lui à cause de sa position élevée comme chef et souverain de la nation. Nous ne pouvons, en aucun sens du terme, être d'accord avec une telle pensée. Néanmoins, nous pouvons supposer raisonnablement qu'un sentiment si répandu a eu plus ou moins d'influence sur l'esprit du roi. Lui qui respecta la vie de Saül, parce qu'il était l'oint du Seigneur, a pu tomber, dans une certaine mesure, dans l'idée fausse que sa propre onction par le Seigneur le dégageait jusqu'à un certain point des responsabilités reposant sur d'autres de sa nation.
Pendant deux ans environ après que ces crimes furent commis, le roi chercha à faire taire sa conscience, et à envisager qu'il n'avait uniquement utilisé que des libertés royales dans ce qu'il avait fait. Néanmoins, il fut frappé de remords et ressentit une désaffection de la part de Dieu et une condamnation sous Sa loi comme il n'en aurait pas ressenti s'il avait eu un caractère de nature différente. Dieu ne S'était pas précipité, non plus, pour le réprouver. Il lui laissa goûter pleinement l'amertume du cœur - Il le laissa ressentir les ténèbres de l'âme, l'absence de joie - provenant du nuage qui s'était installé entre lui et son Dieu. Ce fut au temps voulu, lorsque David eut traversé des afflictions et douleurs secrètes de l'âme, que l'Éternel lui envoya un reproche par Nathan, le prophète, pour lui remettre clairement le sujet en mémoire. Sous la forme d'une parabole, Nathan provoqua les compassions et la déclaration par le roi d'un jugement très dur - une sentence de mort - contre une personne fautive, et alors le prophète transposa la leçon à son cas en lui disant : « Tu es cet homme ! ».
Nous devons nous rappeler que le roi David vécut avant la Première Venue de Christ, et donc il avait une vue beaucoup moins claire sur ces sujets que celle qui appartient convenablement au peuple actuel de Dieu, les consacrés qui profitent du déploiement de la Vérité pendant le Temps de la Moisson, puisque la lumière a brillé plus fort depuis l'époque de David et ira « croissant jusqu'à ce que le plein jour soit établi » (ou « jusqu'à ce que le jour soit en sa perfection » - Trad.).
EXAMEN DE CONSCIENCE.
Par conséquent, nous ne devons pas compter tirer une leçon pour nous-mêmes dans cet ordre d'idées. Mais plutôt, nous qui sommes au seuil du brillant Jour Millénaire, avec les conceptions plus claires de la volonté divine, nous devons nous souvenir de l'interprétation plus élevée de l'adultère et du meurtre présentés dans le Nouveau Testament : que quiconque désire commettre l'adultère, et en est simplement empêché par des circonstances extérieures ou des craintes, est vraiment adultère dans son cœur (Matth. 5 : 28) ; que celui qui se met en colère contre son frère et qui hait son frère est un meurtrier - parce que l'esprit de colère est celui qui, s'il n'est pas réfréné, conduirait au meurtre (Matth. 5 : 22) ; et que la personne qui convoite les choses d'une autre et est simplement empêchée de les prendre parce qu'elle n'en a pas l'occasion ou par crainte des conséquences, est un voleur dans son cœur. Si ces principes sont appliqués par les chrétiens dans l'examen de leur propre cœur, il est fort probable que certains, aujourd'hui, puissent se trouver très près du niveau du roi David concernant le péché et, en considérant les sujets de cette manière, ils exerceront une compassion proportionnellement plus grande dans leur jugement du roi. Ceux-là aussi trouveront une grande consolation dans la compassion du Seigneur, à condition qu'ils soient tracassés en ce qui concerne leurs offenses, comme l'était David avec les siennes. « Aussi l'Éternel a fait passer ton péché : tu ne mourras pas », voilà l'expression du prophète. Si Dieu était dépourvu de compassion, comme le sont beaucoup de nos semblables, il n'y aurait plus rien à espérer dans ces circonstances. C'est lorsque nous prenons conscience que, avec le Seigneur, il y a un pardon pour tous ceux qui sont contrits du fond du cœur, et qui, par conséquent, témoignent que leurs péchés ne sont pas volontaires, mais plutôt dus à la faiblesse de l'hérédité et à la pression de tentations aveuglantes, que nous sommes poussés à la repentance par l'espérance de choses meilleures.
PSAUME 51
En général, le Psaume 51 est reconnu comme étant celui dans lequel le Psalmiste exprime à Dieu sa contrition pour ses péchés, et le fait qu'il soit dédié au chef de musique implique que l'intention du roi était que ce Psaume-là, avec d'autres, soit psalmodié dans les services du Tabernacle, pour lesquels il avait réservé un très grand nombre de chanteurs. Nous nous apercevons donc que, puisque le péché était flagrant et grossier, l'expiation que le roi s'efforçait de faire était on ne peut plus publique. Il est probable que beaucoup de gens dans la nation avaient ressenti plus ou moins la condamnation du roi, et son influence avait dû être très pernicieuse ; et maintenant, dans l'exposition publique qu'il en faisait comme péché, et sa prière pour obtenir le pardon divin, le roi voulait détruire, autant que possible, non seulement l'offense qu'il avait infligée à sa propre conscience et qui, tel un nuage, pendait entre Jéhovah et lui, mais il voulait aussi détruire les mauvaises influences quant à la conscience de la nation – sur les sujets de l'adultère et du meurtre.
UN HOMME SELON LE CŒUR DE DIEU.
Ici encore, nous voyons pourquoi David était décrit comme un homme selon le propre cœur de Dieu. Ses péchés ne plaisaient pas à Dieu - bien au contraire ; mais l'aveu public de David de l'énormité des péchés et donc, sa repentance sincère vis-à-vis de l'Éternel, et le désir d'être purifié de toute voie mauvaise, furent agréables à l'Éternel. Nous avons ici une illustration qui montre comment toutes choses peuvent concourir au bien de ceux qui aiment Dieu. À cause de la loyauté de son cœur sincère envers l'Éternel et les principes de droiture, même ces terribles péchés eurent pour résultat d'apporter une grande bénédiction dans le propre cœur de David - en le rendant humble - en lui donnant une appréciation de sa faiblesse et de sa petitesse, et de son besoin de demeurer près de Dieu s'il voulait avoir Sa communion et Sa compassion, et être à l'abri des tentations de sa propre chair déchue. Il en est de même aussi pour tous ceux d'entre nous qui avons pris le nom de Christ, dans ces derniers jours qui précèdent l'inauguration du Royaume. Combien d'entre nous ont pris conscience des leçons profitables et des bénédictions à retirer de certaines de nos erreurs - ainsi, ce n'est pas que nos faux-pas soient bons, ni qu'ils proviennent de l'Éternel, mais l'Éternel a été capable de diriger ces circonstances pour le bien de ceux qui ont la disposition d'esprit convenable - qui sont droitement exercés à la repentance et à la réformation.
LA CONFIANCE DE DAVID EN L'ÉTERNEL.
Les trois premiers versets du Psaume expriment l'évaluation que fait David de son péché, et sa confiance en l'Éternel, sans aucune tentative pour excuser ses imperfections. Il faisait confiance à l'Éternel pour faire la part des choses, autant que possible, et invoqua simplement Sa « bonté ». En évoquant le souvenir de la multitude des tendres bienfaits de Dieu dans le passé, il exprimait sa foi et sa confiance que, d'une certaine façon, l'Éternel pouvait effacer ces graves transgressions et les pardonner. L'Éternel n'avait pas encore clairement précisé de quelle façon Il pouvait être juste et cependant être le justificateur des pécheurs. D'une manière vague seulement, par les ombres des sacrifices du Jour de Réconciliation, Il donna à entendre qu'Il avait un moyen qui Lui était propre, par lequel, au temps voulu, les coupables mais repentants, seraient purifiés. David se saisit de la pensée de la miséricorde, telle qu'on la comprenait dans les types et figures de la Loi – et nous qui appartenons à la Maison de la Foi – pouvons encore mieux comprendre la pensée du pardon de notre Père, lorsque nous voyons qu'il s'exerce envers nous par le Seigneur Jésus-Christ, qui S'est déjà donné Lui-même en Rançon pour tous, témoignage qui devrait être rendu au temps voulu, et dont le sacrifice a été accepté par le Père, comme cela a été manifesté par la résurrection de notre Seigneur, hors de la mort, et par l'effusion du saint Esprit à la Pentecôte. C'est pourquoi, si David pouvait faire confiance à l'Éternel pour Sa bonté aimante, Ses tendres miséricordes et le pardon des péchés à son époque, à plus forte raison nous, membres de la Maison de la Foi vivant actuellement, devrions exercer une foi entière dans le Caractère divin et le Plan de rédemption hors du péché.
RESPONSABILITÉ VIS-À-VIS DE DIEU.
Le verset 4 du Psaume 51 semblerait ignorer le fait qu'une injustice avait été commise envers les semblables mais, par priorité, nous pouvons comprendre qu'il signifie que, alors que le roi avait conscience du mal fait à ses semblables, il percevait une responsabilité plus élevée vis-à-vis de Dieu, dont il avait violé les lois et déshonoré la fonction royale, typifiant celle de Christ. Par conséquent, en mettant en contraste ce que l'homme pouvait penser de son crime contre un autre homme, et sa conscience encore plus élevée de son péché contre l'Éternel, celui-ci lui semblait tellement plus grand qu'il éclipsait pratiquement toute violation faite aux humains. Le péché plus grand contre le Tout-Puissant éclipse totalement les mauvaises actions contre l'humanité. David déclare sa reconnaissance du fait que Dieu est le grand Juge, et que, quel que fût Son jugement, il savait d'avance que celui-ci serait juste.
Dans le cinquième verset, il présente une circonstance atténuante comme s'il rappelait à l'Éternel qu'il était né dans le péché et que, par conséquent, la perfection n'était pas possible pour lui. Mais il n'utilise pas ce fait comme un écran derrière lequel cacher ses propres responsabilités. Libre de décider, bien que pécheur par nature, il était nécessairement responsable d'avoir cédé à la tentation comme il le fit, mais il avait confiance que Dieu lui accorderait le bénéfice de toutes les circonstances atténuantes.
CHÂTIMENT POUR LE PÉCHÉ.
On notera que David s'attendait à un châtiment de l'Éternel pour ses péchés et exprimait ici sa confiance qu'Il ne lui enverrait pas une punition qui ne serait ni raisonnable, ni dans les limites de la justice. Dans ce Psaume, ce qu'il demandait dans sa prière n'était pas une remise de la peine appropriée, mais plutôt une purification de son cœur aux yeux de l'Éternel, et son rétablissement à la faveur divine. En réalité, nous constatons que Dieu fit vraiment venir un châtiment sévère sur le roi, et qu'Il rétablit le pécheur dans Sa faveur, lui accordant d'expérimenter de nouveau les joies de Son salut. De l'avis d'autres rois de cette époque, auxquels le peuple d'Israël donnait manifestement son assentiment, le roi avait adopté une conduite très modérée dans le péché, en ce qu'il n'avait pas pris directement la vie d'Urie mais simplement orchestré sa mort dans la bataille ; mais le roi se rendait compte du fait que Dieu avait une vue plus profonde que cela et voulait la vérité - la justice au tréfonds de l'esprit - dans le cœur. Un crime accompli et un crime permis dans l'esprit sont tout autant abominables aux yeux de Dieu, et son expérience avait enseigné la sagesse au roi. Maintenant, David désirait être entièrement purifié et, d'une façon poétique, il dit : « Purifie-moi du péché avec de l'hysope, et je serai pur ; lave-moi, et je serai plus blanc que la neige ». L'hysope était employée pour l'aspersion des impurs sous la Loi. David, comprenant dans une certaine mesure la signification de ce symbole, désirait la purification-antitype de son cœur. Son appréciation de la perfection de l'Éternel en traitant le péché et de Sa compassion dans le pardon sont de bonnes leçons pour certains des membres encore plus favorisés des élus de Dieu. Beaucoup parmi le peuple de Dieu, bien qu'ayant vu, avec « les yeux de la foi », la grande Réconciliation pour les péchés faite par notre Seigneur Jésus, sont encore incapables de comprendre le fait que l'imputation du mérite de Son sacrifice est tout à fait suffisante pour nous purifier de tout péché et pour nous perfectionner, afin que nous puissions être reconnus comme absolument purs aux yeux du Père et traités en conséquence - non comme des pécheurs, mais comme des amis (Jacq. 2 : 23).
De la déclaration au verset 8 nous pouvons raisonnablement déduire que pendant l'année précédant sa repentance, le roi David était dans un état d'esprit tellement triste que même la musique des chanteurs et de ceux qui jouaient habilement de la harpe, et tous les chants joyeux de la nature, étaient douloureux à son cœur - il n'y avait aucune allégresse en eux pour réconforter son cœur exclu de la présence et de la communion de l'Éternel. C'est la pensée de notre hymne, (94) qui parle de l'âme qui se réjouit de la lumière de la faveur divine :
« Doux espoirs, oiseaux, fleurs jolies,
Tout me ravit de plus en plus.
Mon ciel s'éclaire en sa présence,
Mon âme exulte en saints transports ;
Tandis qu'à Lui mon cœur s'attache,
Décembre est aussi beau que mai ».
Le roi David désirait ardemment la joie et l’allégresse qu’il avait expérimentées dans le passé et, par métaphore, il s'identifie à un homme dont les os ont été brisés. Il savait que sa joie et sa consolation ne reviendraient que s'il pouvait retrouver la faveur de Dieu. Il savait aussi que l'Éternel ne pouvait considérer le péché avec une quelconque tolérance, d'où sa prière : « Cache ta face de mes péchés, et efface toutes mes iniquités [injustices]. Crée-moi un cœur pur, ô Dieu ! et renouvelle au-dedans de moi un esprit droit. Ne me renvoie pas de devant ta face, et ne m'ôte pas l'esprit de ta sainteté. Rends-moi la joie de ton salut, et qu'un esprit de franche volonté me soutienne » (Ps. 51 : 9-12).
DE GRANDES RESPONSABILITÉS.
Aucun véritable Chrétien ne peut lire ces paroles sans éprouver une profonde sympathie avec les différentes expressions qui appesantissaient le cœur de David ; néanmoins, nos responsabilités plus grandes et nos conceptions plus éclairées du péché, sous « le nouveau commandement » et sous les instructions de l'Esprit Saint qui agit maintenant dans les classes de la foi, nous font ressentir avec un poids en proportion ces transgressions qui apparaissent aux yeux du monde comme ne comptant pas - comme ce que nous avons déjà mentionné, par exemple : la convoitise, la haine, la calomnie qui sont des voleurs et des meurtriers, du point de vue divin plus élevé qui est approprié pour les consacrés.
Dans le verset 13, le prophète Nathan propose à l'Éternel que l'embarras et l'humiliation de David à la lumière du courroux divin soient utilisés pour l'instruction des autres, pour montrer aux transgresseurs les voies de l'Éternel, et pour détourner les pécheurs de leur mauvaise conduite. Comme cette pensée est appropriée pour nous ! Ce n'est pas avant de savoir, par la foi dans le sang de Christ, que nos péchés ont été ôtés de la vue du Père, pas avant que nous ayons expérimenté les joies de Son salut et de Son pardon, que nous sommes dans la condition pour être des serviteurs de la Vérité ou pour aider les autres. Et donc, nous voyons que seuls ceux qui sont consacrés et possèdent l'Esprit Saint sont par-là autorisés à prêcher l'Évangile. Aux autres, l'Éternel dit : « Qu'as-tu à faire de redire mes statuts, et de prendre mon alliance dans ta bouche ? Toi qui hais la correction, et qui as jeté mes paroles derrière toi ». Eux qui, de ce fait, ne satisfont pas aux exigences divines (Ps. 50 : 16, 17).
LA JUSTICE DE DIEU.
Le 14ième verset répète la même pensée sous une forme différente. Si l'Éternel veut le délivrer de sa culpabilité liée à son péché, sa langue chantera alors hautement la justice de Dieu, et non la justice de David. C'est le chant que peuvent chanter tous les purifiés par le sang : « Vraies et justes sont toutes tes voies, ô Éternel Dieu Tout Puissant. Tu nous as rachetés d'entre les hommes ». Aucun d'entre nous n'a le droit de chanter sa justice personnelle, car, comme le déclare l'Apôtre : « il n'y a pas un juste, non pas un seul ». La mission des purifiés est d'accepter et d'utiliser la miséricorde de Dieu envers eux, pour exalter Sa justice, pour reconnaître leur indignité et appeler les autres à reconnaître cette fontaine de justice et de pardon.
« Seigneur, ouvre mes lèvres, et ma bouche annoncera ta louange ». Cette expression implique que personne ne doit s'attendre à ce que sa bouche soit convenablement ouverte pour annoncer les louanges de l'Éternel et appeler des ténèbres à Sa merveilleuse lumière, à moins que Dieu ne lui ait ouvert d'abord les lèvres avec Sa miséricorde et Sa Vérité ; car, autrement, comment quelqu'un pourrait-il espérer annoncer les bonnes nouvelles de grande joie qui seront pour tout le monde ? Cela implique également que tous ceux qui ont obtenu le pardon des péchés devraient être dans une condition d'esprit pour consacrer entièrement leur tout au Seigneur, et alors, tous ceux-là devraient espérer un descellement de leurs lèvres, afin que le message de la Vérité et de la grâce de Dieu puisse découler d'eux en vue de l'instruction et de la bénédiction des autres, ainsi qu'il est écrit : « la grâce est répandue sur tes lèvres » (Ps. 45 : 2). « Il a mis dans ma bouche un cantique nouveau, la louange de notre Dieu » (Ps. 40 : 3). Alors que ces paroles sont appropriées, particulièrement pour notre cher Rédempteur, elles le sont aussi pour toute personne consacrée se réclamant de la maison de la foi, qui n'a jamais eu ses lèvres descellées pour confesser le Seigneur dans la mesure où elle en avait l'occasion, et qui a quelque raison de s'interroger sur tout ce qui a un rapport avec sa communion avec le Seigneur.
UN COEUR BRISÉ ET CONTRIT.
En continuant avec les versets 16 et 17, le roi montre qu'il a acquis une vue profonde de la signification de certains sacrifices types, même s'il est probable que, par l'inspiration, il écrivit avec plus de sagesse que de compréhension. Comme nous l'avons vu dans notre étude des Figures du Tabernacle des Meilleurs Sacrifices, seuls les sacrifices du Jour de Réconciliation étaient des offrandes pour le péché, les offrandes pour l'holocauste et les offrandes de prospérité du reste de l'année représentant la consécration au Seigneur et à Son service. Saisissant cette pensée prophétiquement, quelle que soit la mesure dans laquelle il l'avait aussi saisie intellectuellement, le roi David exprimait sa compréhension que la condition d'un cœur contrit et humilié plaît davantage à l'Éternel qu'un holocauste qui n'est qu'une illustration. Ainsi, nous apprenons aussi que rien de ce que nous pouvons donner à l'Éternel, même après notre acceptation en Christ, n'a de valeur à Ses yeux avant que - tout d'abord - nous nous soyons donnés nous-mêmes, nos cœurs, nos volontés, dans la consécration.
Gardons toujours à la mémoire le fait que l'Eternel ne méprise et ne repousse jamais un cœur brisé et contrit. Par conséquent, quelles que soient les difficultés dans lesquelles les membres du peuple du Seigneur peuvent trébucher, s'ils ont encore faim de la communion du Seigneur et de Son pardon, s'ils sentent que leur cœur est contrit et brisé, qu'ils ne désespèrent pas ! Qu'ils se rappellent que Dieu a fait, au moyen du mérite de Christ, un arrangement qui Lui permet d'accepter et de justifier gracieusement de tout péché tous ceux qui viennent à Lui par Jésus - par la foi en Son sang. Il existe un péché qui mène à la mort, qui conduit à la Seconde-Mort, hors de laquelle il n'y a ni rétablissement, ni résurrection ; mais ceux dont le cœur est brisé et contrit à cause de leurs péchés peuvent savoir qu'ils n'ont pas commis « le péché qui mène à la mort », car cette condition de cœur le prouve. L'Apôtre déclare en effet : « il est impossible de renouveler et de ramener à la repentance » celui qui a commis le péché qui mène à la mort, ceux qui étaient des pécheurs volontaires contre la lumière et la connaissance complètes. C'est pourquoi, que tous se réjouissent dans la grâce de notre Dieu qui peut, par Christ, sauver à l'extrême tous ceux qui viennent à Lui dans la repentance (Commentaire de la Manne).
RETOUR À LA FAVEUR DIVINE.
Par conséquent, ceux-ci peuvent venir avec foi vers le Père, par Christ, afin qu'ils puissent obtenir la miséricorde et trouver de l'aide. À l'exemple de David, leurs prières et leurs espérances devraient être pour un rétablissement à la faveur divine, et non pour échapper aux châtiments nécessaires à leur correction. Dieu pardonna à David, mais le châtia aussi (2 Sam. 12 : 11-14).
Il est certain que le roi David a dû retirer une grande leçon de miséricorde de sa triste expérience. Combien de fois a-t-il dû se souvenir de sa réaction à la parabole de Nathan : « L'homme qui a fait cela est digne de mort ! et il rendra la brebis au quadruple, parce qu'il a fait cette chose-là et qu'il n'a pas eu de pitié ». Hélas ! Pauvre David ! Ces paroles montraient que son cœur, son esprit, n'étaient pas étrangers à la justice et à la compassion dans les affaires des autres, et donc, il était plus coupable dans ses violations beaucoup plus graves de la justice et de la compassion. Oh, comme cela devrait nous rendre miséricordieux envers les manquements des autres quand nous nous souvenons des paroles de notre cher Rédempteur : « Si vous ne pardonnez pas aux hommes leurs fautes, votre Père ne pardonnera pas non plus vos fautes » (Matth. 6 : 15) ; et quand encore nous nous souvenons que nous ne pouvons même pas prier pour le pardon de nos péchés, à moins que, de tout cœur, nous pardonnions à ceux qui nous ont blessés et qui désirent de nouveau la communion avec nous.