« Vous avez besoin de patience, » écrit l’Apôtre. « Possédez vos âmes par votre patience », dit notre Seigneur. « Que la patience accomplisse parfaitement son œuvre, afin que vous soyez parfaits et accomplis, sans faillir en rien » déclare l'Apôtre. Il ressort clairement de ceci que la patience renferme les autres grâces de caractère et qu'elle implique leur possession à un certain degré. Chez le peuple du Seigneur la foi doit certainement précéder la patience, le degré de celle-ci mesurant très généralement l'étendue de celle-là. Le chrétien impatient et turbulent manque évidemment de foi envers le Seigneur, car, autrement, il serait capable de se reposer sur Ses gracieuses promesses et d'attendre leur accomplissement. Après avoir fait preuve de diligence et d'une énergie raisonnables, il devrait se contenter de laisser les résultats, les temps et saisons au Seigneur (Manne du 12 septembre).
Notre leçon traite de l'accession de David au royaume auquel il a été oint par le prophète Samuel alors qu'il n'était encore qu'un jeune berger. Sa confiance patiente en l'Éternel, et l'attente de Son temps et de Sa manière de lui donner le royaume, sont dignes d'être relevées, et constituent le trait le plus frappant de cette leçon. Dans sa jeunesse, il a fait preuve de patience jusqu'à ce que la providence du Seigneur lui donne l'occasion de rencontrer Goliath, d'être promu au rang de capitaine dans l'armée et de devenir le gendre du Roi Saül.
Puis vint le temps de l'arrêt de sa carrière, lorsque pendant sept ans il fut traité comme un hors-la-loi par le Roi, et plus ou moins considéré comme tel par ses compatriotes. Nous avons vu sa patience dans ces circonstances éprouvantes, et nous avons noté son refus de vouloir devancer les arrangements du Seigneur, dans lesquels il avait pleinement confiance, son refus de lever la main contre le Roi, ou de sanctionner sa mort par la main d'un autre. Cette leçon nous montre que même après la mort de Saül, David attendit patiemment que le Seigneur lui donne, selon Sa propre méthode, les honneurs et les pouvoirs promis.
Quelque temps avant la mort de Saül, David et ses six cents compagnons vivaient dans le pays des Philistins et étaient traités par eux comme des alliés. Lorsque les Philistins entrèrent en guerre avec Israël, pour combattre le roi Saül, qui avait été l'ennemi de David et de ses compagnons, il aurait été étrange que ces derniers refusent de participer à la guerre. Dans la Providence du Seigneur, ils ont été très gracieusement épargnés, que ce soit de combattre leurs frères ou d'avoir l'air de ne pas apprécier leurs hôtes, les Philistins, par la décision de ces derniers de renoncer à la présence de David et de sa troupe. Après la défaite de Saül et de son armée, les Philistins prirent possession d'une partie considérable du pays d'Israël, et la question se posa pour David de savoir quelle serait sa ligne de conduite - comment le Seigneur lui donnerait-il le trône d'Israël, comme promis ? Le fait que le cœur de David était fidèle à l'Éternel, comme l'aiguille au pôle, est attesté par le fait qu'il n'a pas conclu lui-même ce qu'il devait faire, mais qu'il a demandé l'avis de l'Éternel. Il l'a fait probablement par l'intermédiaire du Souverain Sacrificateur, Abiathar. Il reçut la réponse du Seigneur et la suivit à la lettre, s'installant, avec ses compagnons et leurs familles, à Hébron et dans les villes voisines. David était de la tribu de Juda, et en s'installant ainsi dans une ville centrale de cette tribu, où lui et sa famille étaient bien connus, il était en sécurité parmi ses amis ; en outre, les Philistins étaient ses amis. Il ne fallut pas longtemps pour que le peuple de sa propre tribu le choisisse comme leur Roi, et l'oigne en conséquence - s'alignant ainsi sur le choix et l'onction du Seigneur, déjà exprimés des années auparavant.
Cela semblait être un bon début pour l'accomplissement de la promesse du Seigneur concernant le royaume, mais l'affaire fut à nouveau reportée de sept ans, durant lesquels David a patiemment assisté à l'onction d'Ish-Bosheth, le fils survivant de Saül, qui devint Roi d'une province d'Israël après l'autre, et qui, avec son général Abner, remporta victoire sur victoire sur les Philistins, semblant s'établir fermement dans le pouvoir du royaume que David avait certainement supposé lui revenir à la mort de Saül. Les expériences de ces sept années ont certainement été des épreuves aussi fortes pour la foi et la patience de David que toutes les autres dans sa carrière. Pour un homme de son tempérament courageux et de son énergie, la disposition devait être d'affirmer la domination de Juda sur les autres tribus, de les déclarer en rébellion et de tenter leur conquête au nom de l'Éternel, en affirmant qu'il était le choix de l'Éternel, oint par Samuel, etc.
La conduite de David durant cette période montre clairement le véritable caractère de cet homme. Il avait confiance que le Seigneur, qui avait été avec lui lorsqu'il était enfant, qui l'avait sauvé du lion et de l'ours, qui l'avait utilisé comme champion d'Israël dans la bataille contre Goliath, qui l'avait guidé jusqu'ici, continuerait à le guider et à le diriger, s'il continuait à être soumis et à agir uniquement selon les directives du Seigneur. La sagesse de cette ligne de conduite est manifeste dans le récit. David montra, non seulement dans ses rapports avec les hommes de Jabes de Galaad, mais aussi en d'autres occasions, qu'il n'éprouvait aucune animosité envers ceux qui étaient les amis de Saül et les amis de sa famille. Un homme au cœur moins grand aurait agi différemment, mais il n'aurait pas été « un homme selon le cœur de Dieu ». La ligne de conduite de David était défensive. Il savait que la tribu de Juda agissait en accord avec le programme divin et, par conséquent, lorsqu'Ish-Bosheth et son armée ont tenté de contraindre le peuple de Juda à reconnaître Ish-Bbosheth, David et ses partisans ont résisté à cette intrusion, bien que nous n'ayons aucune preuve que David ait tenté d'étendre son autorité sur les autres tribus - sauf si elles choisissaient volontairement de l'accepter comme Roi. C'est ce qu'ils ont finalement fait, au bout de sept ans et demi, et un grand couronnement a fait de lui le Roi de tout Israël. Son attente patiente du temps du Seigneur et de la voie du Seigneur était évidemment bien meilleure que toute autre voie qu'il aurait pu suivre. La sagesse du Seigneur est toujours supérieure, bien qu'au milieu de ses épreuves, Son peuple, incapable de voir la fin dès le début, puisse avoir trop de confiance dans ses propres plans et méthodes et trop peu de foi dans le Seigneur.
Le peuple du Seigneur d'aujourd'hui devrait prendre à cœur cette leçon de foi, d'obéissance et d'attente patiente du Seigneur. Nous aussi, nous attendons un Royaume, et la paix et la bénédiction que le Seigneur a promis de nous apporter. Nous aussi, nous voyons des Philistins sur le chemin, et des frères rivaux, qui, bien qu'ils appartiennent vraiment au Seigneur, ne voient pas aussi clairement que nous le programme du Seigneur pour l'établissement de Son Royaume. C'est à nous d'attendre patiemment le Seigneur, pendant qu'Il utilise la colère de l'homme pour Le louer, et pour rendre droit le chemin du Seigneur, et pour faire entrer finalement Son Royaume dans des conditions plus favorables que celles qui seraient possibles si nous essayions d'agir par nous-mêmes, ou de quelque manière ou sens que ce soit pour précipiter Ses dispositions.
Le Texte d'Or est excellent, et appliqué à cette leçon, nous le voyons illustré dans le parcours de David. Bien qu'il ait été un homme de guerre, courageux et agressif envers les ennemis du Seigneur et d'Israël, David était surtout un homme de paix envers ses frères de toutes les tribus, attentif à les traiter comme des frères et à faire tout ce qui était en son pouvoir pour maintenir l'unité, l'amour fraternel et l'amitié. Bien qu'il ait été incompris et persécuté par eux pendant un certain temps, il a finalement été honoré et proclamé Roi de tout Israël, ce qui a eu pour résultat que tous les frères, ainsi réunis par ses sages conseils et sa conduite, ont vécu ensemble dans l'unité, et qu'Israël a connu la paix et la prospérité, alors qu'une conduite différente de la part de David aurait facilement pu déclencher une guerre civile féroce et de longue durée.
Nous nous rappelons aussi que ce sont les propres frères du Seigneur qui L'ont persécuté, mais que, comme l'explique l'Apôtre, « ils l'ont fait par ignorance ». Nous nous réjouissons de savoir que lorsque le Seigneur aura pleinement établi Son Royaume, tous ceux qui sont le peuple du Seigneur, tous ceux qui désirent être du côté de la justice, Le salueront avec joie comme leur Roi ; et que l'unité, la paix et la bénédiction de cet Âge millénaire glorieux dépasseront de loin tout ce que nos esprits peuvent saisir ou nos langues exprimer. A l'exemple de notre Maître, cherchons à procurer la paix et à demeurer unis avec les frères, dans l'unité de l'esprit et dans les liens de la paix. Que notre activité, notre combativité, etc., soient dirigées contre le grand ennemi et toutes les œuvres du péché, y compris celles qui sont dans nos membres, dans notre chair déchue. Nous trouverons tous, dans des voies bien agréables au Seigneur, assez d'occupations pour chaque élément combatif de notre nature, et d'occasions d'employer chacune des qualités louables et utiles que nous possédons à l'édification mutuelle et à l'exercice du bien envers tous les hommes, selon que l'opportunité nous en est offerte, spécialement envers la maison de la foi (Manne du 13 septembre).