R 3231
DES FORTS CARACTÈRES EN CONTRASTE - 1 SAMUEL 18 : 5-16.
« Dieu est notre refuge et notre force, un secours dans les détresses » - Psaumes 46 : 1.

Saül et David étaient tous deux des hommes de fort caractère, mais le premier négligeait la parole et les conseils Divins et se chargeait lui-même de la gestion de ses affaires, tandis que le second se soumettait au Seigneur et à Ses conseils et cherchait à Le suivre par la foi. Dans les deux cas, les résultats ont été éloquents : Saül a connu une fin peu glorieuse. David a prospéré et a fait preuve d'une sagesse et d'une force de caractère bien au-delà de son époque. Nous ne devons pas oublier à cet égard que l’humilité de David et son obéissance au Seigneur l'ont tenu éloigné du trône d'Israël pendant des années - des années de troubles, de privation et d'errance, alors que la poursuite de méthodes mondaines aurait pu le conduire à une plus grande prospérité en ce qui concerne les apparences extérieures. Néanmoins, nous devons également nous rappeler que la nation d'Israël avait été adoptée par le Seigneur comme Son peuple particulier choisi, avec lequel Il traiterait, dont Il superviserait le cours et à l'égard duquel Il Se prononcerait sur les souverains. Nous ne devons pas non plus oublier la grande différence entre l'Âge Juif, avec ses dispositions et ses réglementations divines, et cet Âge Chrétien ou Évangélique, avec ses différentes réglementations et sa loi d'amour, d'endurance patiente et de combat spirituel plutôt que charnel. Ceux qui considèrent le parcours de David et d'autres fidèles de l'époque Juive comme des modèles pour l'Église, le corps du Christ, montrent en cela qu'ils ont une incompréhension totale de la Parole Divine à ce sujet. À leurs yeux, les batailles, les victoires et les massacres de David sont des figures qui illustrent les batailles et les victoires spirituelles de David antitype, le Bien-Aimé - tête et corps - le Christ.

Bien que Saül ait déjà été averti par le Seigneur, par l'intermédiaire du prophète Samuel, que le royaume devait être enlevé à sa famille et donné à un proche plus digne de confiance que lui, plus fidèle au Seigneur, il lui avait néanmoins été donné de comprendre que le royaume pourrait rester entre ses mains pendant un temps considérable. Nous pouvons donc supposer que Saül était à l'affût de quelqu'un qui pourrait s'élever au rang de son successeur, bien que nous n'ayons aucune raison de penser qu'il ait compris que David avait déjà été oint à cette position, car l'onction de David était tenue secrète.

Saül, bien que sensible aux exploits de David, était néanmoins jaloux de lui en raison de la réputation que son noble parcours lui conférait aux yeux du peuple. Cette jalousie s'accentua lorsqu'il entendit les louanges de David chantées en des termes plus élogieux que les siens. La jalousie est toujours une qualité malsaine - elle ne fait pas partie de l'Esprit du Seigneur, du saint Esprit, mais elle est un ingrédient puissant de l'esprit du mal. La haine, l'envie, la malice, les conflits, les œuvres de la chair et du diable, sont tous étroitement liés à la jalousie, et en découlent souvent. Saül aurait dû résister aux suggestions envieuses qui lui venaient à l'esprit : il aurait dû permettre à son esprit de s'élever au-dessus de toutes les personnes et de se réjouir très sincèrement, de tout cœur, des louanges adressées à son jeune général. Sans doute est-ce en partie à cause de ses souvenirs de la déclaration du Seigneur selon laquelle il devait être dépourvu du royaume qu'il regarda désormais David avec des yeux jaloux.

La jalousie est l'un des ennemis qui attaque chaque chrétien. Dès qu'on l'aperçoit, il faut le mettre à mort comme un ennemi de Dieu, de l'homme et de tout bon principe. Si, à certains points, sa présence a souillé le cœur, ne fut ce qu'un instant, il faut invoquer une purification par l'esprit de sainteté et d'amour. La jalousie n'est pas seulement un monstre cruel en elle-même, mais il est presque sûr que ses griffes empoisonnées causeront de la douleur et de l'affliction aux autres en même temps que le malheur général de ceux qui la nourrissent et, finalement, leur destruction. La jalousie, c'est le péché en pensée, la méchanceté en pensée ; elle est fort sujette à conduire rapidement au péché et à la méchanceté en action. La jalousie transforme tout ce qui l'entoure à sa propre couleur et à son propre caractère avec une telle rapidité qu'une fois l'esprit empoisonné par elle, il ne peut en être purifié qu'avec de grandes difficultés (Manne du 5 septembre). Ce péché, lorsqu'il est consommé, si on le laisse grandir, s'il n'est pas mis en échec, s'il n'est pas surmonté, engendre la mort. Tous les disciples du Seigneur doivent être sur leurs gardes contre ce péché, et personne n'en a plus besoin que ceux que Dieu a grandement honorés comme Ses porte-parole ou Ses serviteurs de quelque manière que ce soit. Si David et Saül n'avaient pas été à des positions aussi élevées, la jalousie, la rivalité et l'inimitié auraient été plutôt improbables.

Dans ces circonstances, nous ne sommes pas surpris de lire (v. 10) que Saül qui était jaloux était troublé par un esprit maléfique - une mauvaise disposition. Peut-être que ce texte devrait être compris comme signifiant qu'un mauvais esprit - au sens d'un esprit déchu, un démon - l'a troublé. Nous savons certainement que, comme l'amour, la patience, la joie et la paix sont des éléments de l'Esprit Saint - la disposition de Dieu - un esprit de haine et de jalousie est un esprit mauvais ou une disposition « contre Dieu », c'est-à-dire loin de Dieu, opposé à Dieu. Nous pouvons aussi reconnaître le fait qu'un esprit mauvais comme celui qui prit possession de Saül n'était pas seulement un esprit éloigné de Dieu, ou de tout ce qu'il pouvait approuver, mais nous pouvons même supposer que, puisque Saül était le représentant oint de Dieu sur le trône d'Israël, l'esprit mauvais n'aurait pas pu prendre le contrôle sur lui sans au moins la permission Divine. De même que les hommes saints d'autrefois étaient poussés par l'Esprit Saint à parler et à écrire des choses d'inspiration Divine, de même des hommes ont été et sont parfois poussés aujourd'hui par des esprits mauvais à parler et à écrire des choses perverses. C'est la pensée contenue dans le mot « prophétisé » dans ce verset. Saül dit des choses insensées, des choses inappropriées, parla bizarrement alors qu'il avait sa lance dans la main. L'esprit du mal était sur lui, le conduisant à faire un mouvement avec sa lance comme s'il voulait faire violence à son fidèle et humble jeune général qui, en tant qu'ami et compagnon, jouait pour lui sur la harpe afin de dissiper sa mélancolie. Le mot « jeta » (v. 11) est plus fort que celui de l'original, qui semble simplement signifier un mouvement - bien que par la suite il ait effectivement lancé l'arme - 1 Sam. 19 : 10.

David semble avoir été assez courageux, sans crainte, et s'exposa à maintes reprises au pouvoir de Saül lorsque ce dernier était sous l'influence de sa mélancolie. Il n'est pas fait mention de la crainte de David, car bien qu'il ait estimé qu'il était opportun et de son devoir de s'échapper comme il l'a fait, il semble avoir eu continuellement le souvenir du pouvoir de Dieu pour sa préservation, et du fait que Dieu l'avait déjà oint pour être roi en temps voulu. Une telle foi et un tel courage constituent une bonne leçon pour tous les membres de David antitype. Rien ne nous nuira en aucune manière. Les choses peuvent être opposées à la marche de nos affaires, à notre bien-être et à nos intérêts charnels. Néanmoins, lorsque nous nous rappelons que nous ne sommes pas dans la chair, mais dans l'esprit, que c'est aux nouveaux cœur, esprit et volonté que le Seigneur a promis le Royaume en son propre temps, nous pouvons nous rendre compte qu'aucune influence extérieure ne peut s'opposer à nos intérêts réels, à nos intérêts spirituels, ni nous empêcher de parvenir aux gloires du Royaume que le Seigneur a promis à Ses fidèles. Seule notre perte de confiance dans le Seigneur et notre infidélité à Son égard pourraient nous séparer de Son amour et de Ses promesses (Manne du 6 septembre).

La jalousie de Saül envers David était renforcée par sa peur de lui. Sans doute se posait-il souvent la question de savoir si le jeune homme sans peur qui avait attaqué le lion devait lui accorder son pardon, alors que lui, Saül, avait manifesté ouvertement sa haine et son opposition à son égard. Il se rendait compte que le Seigneur était avec David et non avec lui-même. La présence de David devint malvenue dans le palais et, comme on ne pouvait pas l'ignorer, il fut intégré dans l'armée et diverses missions lui furent confiées en rapport avec les intérêts du royaume, Saül espérant évidemment que, par une imprudence quelconque, David donnerait des raisons pour que le sentiment populaire se retourne contre lui - espérant peut-être aussi que, durant une de ces missions, il serait blessé ou tué. Mais l'Esprit du Seigneur, comme l'explique l'Apôtre, est « l'esprit de sagesse », et dans la mesure où David faisait confiance au Seigneur et était guidé par cette confiance, il pouvait faire sa part avec sagesse, gagnant l'approbation du peuple et d'autant plus la peur et la crainte de Saül.

Cette étude illustre dans une certaine mesure la relation entre les personnes consacrées au Seigneur et le monde d'aujourd'hui. Les gens du monde ont du pouvoir, de l'influence, et pourtant ils sont conscients du fait que la faveur Divine n'est plus avec eux ; qu'un changement de dispensation est en train d'être établi dans le programme Divin ; que la phase Laodicéenne de l'église va cesser d'être le porte-parole du Seigneur, et va être rejetée ; que le Petit Troupeau fidèle - dont peu sont sages ou grands ou nobles au regard de ce monde - va hériter du Royaume avec beaucoup de puissance et de gloire. Ils ne se rendent effectivement pas compte que la classe ointe est parmi eux et les fréquente jour après jour ; néanmoins, ils ressentent une jalousie à l'égard de ceux qui ont plus de l'Esprit du Seigneur qu'eux-mêmes, et détestent ce qui est plus pur, plus élevé et meilleur qu'eux. Parfois, leur jalousie pourrait presque conduire au meurtre ; mais ils craignent et haïssent la classe de David en raison de leur relation plus étroite avec le Seigneur, et en raison de Sa bénédiction manifestée dans leurs cœurs et leurs vies. Notre Seigneur a fait référence à une telle condition à la fin de l'Âge Juif, qui était certainement typique de la fin de cet âge. Il a dit des gens religieux de cette époque : « Les ténèbres haïssent la lumière, et ne viennent pas à la lumière, de peur que leurs actions ne soient réprouvées ; mais celui qui pratique la vérité vient à la lumière, afin que ses œuvres soient manifestées comme étant faites en Dieu ». Ainsi, de même qu'une séparation était faite entre Saül et David, et entre ceux qui ont aimé les ténèbres et ceux qui ont aimé la lumière lors du Premier Avènement du Seigneur, de même aujourd’hui une séparation se produit rapidement entre ceux qui aiment la lumière, la vérité, et qui sont guidés par le saint Esprit, et ceux qui sont d'un esprit ou d'une disposition différente.

Notre Texte d'Or devrait être gardé à l'esprit comme une source rassurante et stimulante pour les fidèles du Seigneur. Il est en pleine harmonie avec les paroles de l'Apôtre dans le Nouveau Testament, qui déclare que « toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu, qui sont appelés selon son dessein ».