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« CROISSEZ DANS LA GRÂCE ».
« Vous donc, bien-aimés, sachant ces choses à l'avance, prenez garde, de peur qu'étant entraînés par l'erreur des pervers, vous ne veniez à déchoir de votre propre fermeté ; mais croissez dans la grâce et dans la connaissance de notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ. A lui la gloire, et maintenant et jusqu'au jour d'éternité ! Amen » - 2 Pierre 3 : 17,18.

Il y a une tendresse touchante dans les épîtres de l'Apôtre Pierre, âgé, adressées à la Maison de la Foi, qui montre que, tout en sachant que le moment de son départ approchait (2 Pierre 1 : 14 ; Jean 21 : 18,19), sa sollicitude pour la croissance et le développement de l'Église allait croissant. En conséquence, il écrit deux épîtres de portée générale, non pas tant pour avancer des vérités nouvelles que pour rappeler des vérités déjà apprises et pleinement reçues (2 Pierre 1 : 12-15), et pour conseiller à tous la fidélité et la croissance dans la grâce et dans la connaissance de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ.

Dans les versets précédents, il a rappelé quelques-unes de ces vérités, et il reconnaît que les destinataires sont déjà établis en elles ; mais, sachant que de faux docteurs s'élèveront pour pervertir la vérité, il conseille une vigilance particulière pour qu'ils ne soient pas détournés de leur fermeté actuelle par l'erreur des méchants. Que ce conseil de l'Apôtre s'applique spécialement à l'Église des derniers jours, de nos jours, et qu'il a été manifestement conçu ainsi par l'Esprit de Dieu, cela ressort clairement du verset 3 : « Dans les derniers jours des moqueurs viendront », etc.

Observons la manière dont l'Apôtre voudrait que nous nous gardions d'être entraînés par l'erreur des méchants. Est-ce par un examen attentif de toutes les prétentions que tout nouveau faux prophète qui se présente peut imposer à notre attention, et par l'écoute de tout esprit séducteur (1 Timothée 4 : 1) ? Non, ce serait tout à fait contraire à l'enseignement de « notre bien-aimé frère Paul », auquel Pierre se réfère si affectueusement et qu'il approuve si pleinement ; car Paul n'a pas donné de conseils incertains à ce sujet, lorsqu'il a dit : « Évite les discours profanes et vains, car ils augmentent l'impiété, et leur parole ronge comme une gangrène » ; et « Je vous exhorte, frères, à avoir l’œil sur ceux qui causent des divisions et les occasions de chute par des choses qui ne sont pas selon la doctrine que vous avez apprise ; et éloignez-vous d’eux ; car ces sortes de gens ne servent pas notre Seigneur Christ, mais leur propre ventre [pour l'honneur et la louange parmi les hommes, voulant être des docteurs de la loi — 1 Timothée 1 : 6, 7] ; et par de douces paroles et un beau langage, ils séduisent les cœurs des simples. ... Je désire que vous soyez sages quant au bien, et simples quant au mal » — 2 Timothée 2 : 16, 17 ; Romains 16 : 17-19.

Pierre a ressenti la force des conseils sages et fermes de Paul, et a répété avec insistance les mêmes sentiments. Prêter attention à de telles doctrines séduisantes, contraires à la doctrine que nous avons déjà reçue du Seigneur et des Apôtres, témoigne d'un manque de foi en ces doctrines. Un tel individu n'est pas établi dans la foi. Ceux qui enseignent de fausses doctrines pensent qu'il n'est ni nécessaire, ni judicieux d'être affermi [établi] dans la foi ; ils expriment en général le sentiment qu'être affermi c'est être bigot. Et il en est ainsi si quelqu'un a l'esprit assez déloyal pour accepter et soutenir obstinément ce qu'il ne peut prouver ni par la saine logique, ni par l'autorité de la Bible. Celui-là n'est pas un bigot dépourvu de raison qui, avec une foi simple, sur l'autorité de Dieu, accepte la Parole de Dieu. Celui-là et celui-là seul, est établi dans la Vérité. La différence entre un chrétien ferme et fort et un bigot est que l'un est établi dans la Vérité tandis que l'autre est établi dans l'erreur. Le premier connaît la vérité, et la vérité l'a libéré de tous les doutes et de toutes les suspicions, et de tout désir de se plonger dans la mare boueuse des spéculations humaines. À tous ceux-là, Paul dit : « Comme donc vous avez reçu le Christ Jésus, le Seigneur, marchez en lui, enracinés et édifiés en lui, et affermis dans la foi, selon que vous avez été enseignés [par nous, les Apôtres], abondant en elle avec des actions de grâces » ; mais « Prenez garde que personne ne fasse de vous sa proie par la philosophie et par de vaines déceptions, selon l’enseignement des hommes, selon les éléments du monde, et non selon Christ » (Colossiens 2 : 6-8).

Avec ces sentiments de « notre bien-aimé frère Paul », le conseil de Pierre est en pleine harmonie, son conseil étant de ne pas perdre un temps précieux à examiner « les erreurs des mal affermis », mais, au contraire, de s'efforcer plus sérieusement de « croître dans la grâce et dans la connaissance de notre Seigneur et Sauveur, Jésus-Christ », qui est le chemin, la vérité et la vie. Plus notre connaissance du Seigneur est approfondie et plus nous le connaissons intimement, plus nous sommes sûrs de notre fermeté.

Qu'est-ce que croître en grâce ? C'est grandir dans la faveur du Seigneur en faisant Sa connaissance intime, personnelle, et en vivant en communion d'esprit avec Lui. Cela implique, tout d'abord, la connaissance et la reconnaissance de notre rédemption par Son précieux sang, une foi personnelle et une confiance dans toutes les promesses du Père qui nous sont faites par Lui, puis une communion intime avec Lui dans notre vie quotidienne de prière, d'observation de Sa volonté et d'obéissance à celle-ci. Si telle est notre attitude constante d'esprit et de cœur, il doit y avoir un mûrissement constant des fruits de l'esprit, nous rendant de plus en plus agréables et acceptables à notre Seigneur. Le sentiment de l'acceptation et de la faveur divines nous est donné de jour en jour dans une mesure croissante, en accomplissement de cette promesse bénie de notre Seigneur : « Si quelqu’un m'aime, il gardera ma parole ; et mon Père l'aimera ; et nous viendrons à lui, et nous ferons notre demeure chez lui » (Jean 14 : 23).

Voilà, pour autant que les mots puissent l'exprimer, ce que c'est que de croître dans la grâce ; mais la compréhension pleine et bienheureuse de cette notion est mieux appréciée par ceux qui, jour après jour, marchent avec Dieu dans la foi, l'obéissance et l'amour.

Il est impossible de croître en grâce sans croître en connaissance, parce que le but même d'une telle communion est de nous édifier dans une connaissance plus intime du Plan divin et d'acquérir le privilège d'être « co-ouvriers avec Dieu » dans l'exécution de ce Plan. C'est pourquoi, si nous aimons le Seigneur et Lui obéissons et si nous désirons croître dans Sa faveur, que Sa Parole soit notre méditation et notre étude journalière ; c'est ainsi que nous croîtrons en connaissance ; non pas, cependant, en découvrant chaque année que ce que nous avons appris l'année précédente était faux, mais en complétant ce que nous avons appris l'année précédente, en revêtant de plus en plus l'armure de Dieu jusqu'à ce que nous réalisions sa glorieuse plénitude dans le plein discernement du Plan divin des Âges. Nous sommes alors prêts à rendre de vaillants services à la cause de la vérité en résistant à l'empiètement de l'erreur (Éphésiens 6 : 10 13), étant établis, fortifiés et fixés dans la foi (1 Pierre 5 : 10). Mais même pour ceux qui sont ainsi établis dans la foi, il existe d'abondantes possibilités d'accroître leurs connaissances ; car s'ils ne verront rien de nouveau ou de différent dans les grandes lignes ou dans le dessein, ils seront continuellement charmés et encouragés par les nouveaux traits d'harmonie et de beauté découverts dans les desseins divins du merveilleux Plan des Âges. En tant qu'élèves, nous pouvons constamment étudier le travail de maître de l'architecte divin,

« Et toujours de nouvelles beautés nous verrons,
Et toujours plus de lumière ».

Notre bien-aimé frère Pierre, zélé pour nous faire progresser dans la connaissance, s'efforce de nous y inciter, en attirant notre attention sur les événements merveilleux et la proximité du jour du Seigneur, en disant —

« Le jour du Seigneur viendra comme un voleur [à l'insu du monde], et, dans ce jour-là, les cieux [les pouvoirs ecclésiastiques actuels] passeront avec un bruit sifflant [tumulte et confusion], et les éléments [les divers partis et sectes qui le composent, divisés et déchirés par des vues discordantes] embrasés [la chaleur de la discussion et de l'investigation publiques] seront dissous, et la terre [la société telle qu'elle est organisée actuellement sous l'autorité civile et ecclésiastique] et les œuvres qui sont en elle seront brûlées entièrement » (détruites, dans les luttes et les frictions causées par la connaissance croissante combinée à l'égoïsme. Ce ne sera pas un feu littéral, mais, comme le décrivent les prophètes, le feu de la jalousie divine — Sophonie 1 : 18 ; 3 : 8) (2 Pierre 3 : 10). Déjà le bruit et le tumulte, qui aboutiront à l'anarchie mondiale, se font entendre distinctement dans toutes les nations ; car le jour du Seigneur a vraiment commencé, et la chaleur de la passion humaine devient chaque jour plus intense, et la grande période de détresse est très proche.

« Toutes ces choses devant donc se dissoudre [puisque les arrangements et les institutions actuels s'écrouleront tous], quelles [gens] devriez-vous être en sainte conduite et en piété, attendant et nous hâtant pour la présence du jour de Dieu, à cause duquel les cieux [les pouvoirs actuels] en feu seront dissous, et les éléments embrasés se fondront ». Prenons à cœur cette question solennelle, car nous nous trouvons en présence du Juge de toute la terre. Ces paroles, bien qu'elles aient été adressées au peuple de Dieu il y a dix-huit siècles, et qu'elles aient servi à quelque chose de bon tout au long de cet Âge de l'Évangile, sont spécialement destinées par l'esprit à nous, qui vivons en ce jour même de Dieu.

« Mais nous [nous qui sommes entrés en relation d'alliance avec le Seigneur — nous qui, contrairement au reste du monde, connaissons le Plan divin et], selon sa promesse, nous attendons de nouveaux cieux [le Royaume de Dieu — qui sera établi dans la puissance et la grande gloire] et une nouvelle terre [une nouvelle organisation de la société sous la domination du Christ et de Son épouse glorifiée, l'Église] dans lesquels la justice habite ». Heureuse assurance ! Combien nous sommes favorisés par rapport aux peuples du monde qui n'ont pas cette connaissance !

« C'est pourquoi, bien-aimés, en attendant ces choses, étudiez-vous à être trouvés sans tache et irréprochables devant lui, en paix » (2 Pierre 3 : 11-14). Et Jude (24) nous rappelle que le Seigneur, dans la grâce et la connaissance duquel Pierre désire que nous grandissions, « peut nous garder sans que nous bronchions, et nous placer irréprochables devant sa gloire avec abondance de joie ». Amen.