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AUCUNE CONDAMNATION ET AUCUNE SÉPARATION - ROM. 8 : 1-14.
« Car tous ceux qui sont conduits par l'Esprit de Dieu, ceux-là sont fils de Dieu ».

Le chapitre dont fait partie cette leçon est incontestablement l'un des plus précieux de toute la Bible. Il commence par l'assurance que la condamnation est passée, et se termine par des preuves logiques de la faveur divine éternelle envers ceux qui deviennent des « Nouvelles-Créatures » en Jésus-Christ. Dans le chapitre précédent, l'Apôtre souligne spécialement la condamnation et l'emprisonnement de toute la race d'Adam en tant que pécheurs sous la Loi divine - et en particulier du Juif, en plus sous la Loi mosaïque. Il souligne le profond désespoir de ceux qui tentent d'échapper à la peine de mort en se justifiant par les « œuvres de la Loi ». Après avoir ainsi montré la servitude de tous, il indique la porte du salut - la rédemption en notre Seigneur Jésus : « Je rends grâce à Dieu, par Jésus-Christ notre Seigneur ». C'est pour cette classe, qui obtient la victoire par le Christ, qu'il n'y a pas de condamnation, et qu'il ne peut y avoir de séparation de l'amour et de la faveur divines, tant qu'ils demeurent en Lui comme le sarment dans la vigne.

Cette leçon est bien à sa place, car elle nous donne un aperçu de la liberté spirituelle de l'Apôtre et de sa relation à Dieu au moment de son emprisonnement à Césarée. Autrefois, il avait eu la liberté selon la chair, et dans son ignorance et son aveuglement, il avait fait beaucoup de choses contraires au Seigneur, n'appréciant pas à sa juste valeur sa liberté et ne sachant pas en faire un bon usage. Maintenant, bien que prisonnier et enchaîné physiquement, il avait acquis une grande liberté et une grande bénédiction, ainsi que la libération de la condamnation divine, avec l'assurance de l'espérance en Dieu, non seulement pour la vie présente, mais aussi pour celle à venir.

Dans le premier verset, le mot « donc » nous ramène à l'argument précédent, et nous montre que notre libération de la condamnation actuelle est le résultat du sacrifice de notre Seigneur en notre faveur (Rom. 7 : 25). C'est parce que nous apprécions le fait que la justice a fourni un prix de rédemption pour nos péchés, et parce que nous nous sommes appropriés les conditions offertes à ses bénéficiaires, que nous nous rendons compte que la condamnation de la Loi divine n'est plus en vigueur contre nous. Dans son argumentation précédente, l'Apôtre avait clairement montré que la difficulté ne résidait pas dans la Loi elle-même, que Dieu ne pouvait pas donner une Loi imparfaite ou, en aucun cas, mauvaise. La Loi était juste, parfaite et bonne ; la difficulté résidait en nous, car, par l'héritage du péché et de ses faiblesses, nous étions incapables de nous conformer pleinement aux exigences de la Loi divine. Comment, dès lors, échapper à sa condamnation ?

L'Apôtre répond que nous avons atteint le point de vue actuel de la libération - la libération de la condamnation - lorsque nous sommes venus en Christ. D'autres, hors du Christ, sont encore sous la condamnation. C'est donc une question importante pour chacun de décider par lui-même s'il a fait ou non le pas qui seul peut le faire entrer dans cette heureuse condition. Dans un chapitre précédent (Rom. 5 : 1), l’Apôtre indique que le premier pas pour sortir de la condamnation et entrer dans le Christ est la justification, qui apporte la paix avec Dieu, la couverture des péchés passés ; mais cela ne suffit pas, car si tous les péchés passés étaient annulés, et si aucune disposition n'était prise pour nos imperfections quotidiennes en paroles et en actes, nous serions rapidement condamnés à nouveau. Par conséquent, pour ceux qui voulaient être entièrement libérés de la condamnation, un autre pas était nécessaire - un pas dans le Christ. Ces deux étapes ne doivent pas être confondues ; c'est une chose de se libérer de la responsabilité des péchés passés, et c'en est une autre d'entrer en Christ, et d'être entièrement couvert par Ses mérites pour tout le reste de la vie. Les deux étapes sont mentionnées dans Rom. 5 : 1,2 : la foi en la rédemption apporte la justification des péchés passés et la paix avec Dieu ; mais par elle aussi, comme l'explique l'Apôtre, nous avons accès à cette grâce (la faveur de la filiation, l'appartenance au corps du Christ) dans laquelle nous nous trouvons, nous réjouissant dans l'espérance de la gloire de Dieu (parce que la gloire, l'honneur et l'immortalité sont promis à chaque membre de la Nouvelle-Création - chaque membre du corps du Christ).

La dernière clause de ce verset, « qui ne marchent pas selon la chair, mais selon l'esprit », est omise à juste titre par la Version révisée, parce qu'elle ne se trouve pas dans les anciens MSS. La pensée, cependant, est néanmoins correcte, et ces mêmes mots se trouvent dans la conclusion du verset 4. Ces mots ne s'appliquent pas correctement au verset 1, car celui-ci décrit ceux qui sont en Christ, comme membres de Son corps, et personne n'est compté comme étant en Lui, sauf ceux qui marchent selon l'esprit, et non selon la chair.

L'Apôtre attire notre attention (vs. 2) sur deux lois en vigueur. Nous étions sous l'une d'elles, qui nous condamnait, en tant que pécheurs, à la mort. Nous sommes sortis entièrement de cette loi lorsque nous sommes entrés dans le Christ Jésus, comme membres de Son corps. Notre Rédempteur a gardé la Loi, Il était irréprochable, puis Il a donné Sa vie irréprochable comme prix de rachat pour nous racheter de cet esclavage, nous qui avions été esclaves du péché et de la mort. Nous avons été rachetés par Son précieux sang. Comme Il a été élevé à une nouvelle nature par la puissance du Père, nous sommes maintenant invités à nous associer à Lui dans cette nouvelle nature - à être comptés comme membres de Son corps, sous Lui comme Tête. Toute la transaction est une affaire de foi ; la foi d'abord dans Son sacrifice, dans l'acceptation par Dieu de ce sacrifice et dans notre justification par ce sacrifice. Deuxièmement, la foi en notre appel à devenir membre de Son corps ; la foi que notre consécration en réponse à cet appel nous a rendus acceptables par le Père et a inscrit nos noms dans le livre de vie de l'Agneau comme enfants de Dieu sur ce nouveau plan. Tous ceux qui peuvent réaliser qu'ils ont franchi ces deux étapes peuvent donc se rendre compte que, du point de vue de Dieu, ils ne sont plus considérés ni traités comme des membres de la famille humaine, mais comme des membres du nouvel ordre - des membres du corps du Christ.

Ainsi, ils peuvent se rendre compte qu'ils sont entièrement libérés de la condamnation qui pesait sur eux en tant qu'êtres humains, et qu'ils sont soumis à une nouvelle loi, à un nouvel arrangement qui, en Christ, leur garantit la vie éternelle. La nouvelle loi nous juge comme de Nouvelles-Créatures en Christ, selon l'esprit, la pensée, l'intention, dans la justice, et non comme des êtres humains, selon la chair, ses faiblesses et ses imperfections.

La Loi de Dieu - une justice absolue sans miséricorde - représentée par la Loi Mosaïque et son alliance, ne pouvait pas aider la race faible et déchue, parce que son exigence minimale qu'elle pouvait poser était la perfection envers Dieu et envers les hommes, et notre race étant déchue était incapable de se conformer à ses exigences. Elle était donc « faible » (impuissante) pour notre délivrance, parce que nous étions faibles à cause de notre chair imparfaite et déchue. Mais Dieu, par le Christ, a pris pour nous une disposition qui ne viole pas Sa propre loi, en envoyant Son Fils pour accomplir notre rédemption, le paiement de notre dette. Le Fils de Dieu n'a pas été envoyé dans une chair pécheresse, mais « dans la ressemblance », ou la nature de notre chair, qui était devenue pécheresse, Lui qui était saint, innocent, séparé des pécheurs. L'objet de Sa venue à notre ressemblance est exposé, à savoir, comme une offrande pour le péché - une offrande pour le péché et une expiation - un sacrifice en notre faveur.

Ce procédé, dans aucun sens du terme, ne justifiait le péché - dans aucune mesure il ne le rendait juste ou ne le déclarait convenable. Au contraire, le moyen même que Dieu a adopté pour nous délivrer, a en même temps « condamné le péché dans la chair ». Ainsi, en même temps que la porte du salut nous était ouverte, nous étions assurés de la manière la plus catégorique qu'il n'y avait aucun espoir dans une quelconque autre direction.

Malgré la grande clarté et la manière explicite dont la doctrine de la nécessité d'un sacrifice pour les péchés est exposée dans les Écritures, aussi bien dans l'Ancien Testament que dans le Nouveau, il semble remarquable que certains y trébuchent encore. On ne peut échapper à la constatation qu'il y a quelque chose qui fonctionne mal dans leur cœur, sinon leur tête ne s'embrouillerait pas ainsi sur une question qui est si explicitement exposée dans la Parole. L'Apôtre fait remarquer qu'il en a été ainsi pour les Juifs en tant que nation. Ils ont trébuché sur la croix du Christ ; ils admettaient alors et reconnaissent encore que Jésus était un grand Maître. Les rabbins du monde entier reconnaissent aujourd'hui que Jésus était un grand Juif, dont les enseignements ont béni le monde dans une large mesure. Ils s'opposent à la croix du Christ - qu'ils étaient des pécheurs qui n'ont aucun moyen de se libérer si ce n'est par une expiation en leur faveur, et que la mort du Christ a constitué l'offrande pour le péché, par laquelle seule la foi peut rendre quelqu'un acceptable à Dieu - justifié. La même objection existe dans le cœur de l'homme naturel qui n'est pas Juif. Il préfère monter par un autre chemin plutôt que de passer par la porte ; il se sert des enseignements de Jésus comme d'une échelle pour entrer dans la bergerie ; mais il refuse d'entrer par Lui comme par une porte, et de se reconnaître condamné par Dieu et irrémédiablement perdu, sauf si le grand sacrifice pour les péchés et le mérite du Rédempteur sont appliqués en sa faveur. Néanmoins, ceux qui refusent la voie de Dieu trouveront qu'elle est inaltérable, et qu' « il n'y a pas d'autre nom donné sous le ciel ou parmi les hommes par lequel nous devons être sauvés ». Ceux qui ne veulent pas entrer par cette porte, ceux qui n'acceptent pas le pardon de leurs péchés par le mérite du sacrifice du Christ, ne peuvent pas avoir la faveur divine, ne peuvent pas être considérés comme membres du corps du Christ ni héritiers avec Lui - ils ne sont pas en Jésus-Christ - ils sont encore dans leurs péchés, parce qu'ils ne croient pas au témoignage de Dieu. Certains sont maintenant dans cette attitude, alors même qu'ils étaient autrefois dans la lumière de la vérité sur ce sujet, qu'ils avaient revêtu l'habit de noces, mais qu'ils l'ont enlevé - ils ont rejeté la robe de la justice de Christ, et ils essaient de se tenir devant Dieu dans leur propre justice, en acceptant simplement Jésus comme un Maître et non comme un Rédempteur. Nous considérons que la condition de ceux-là est des plus dangereuses. Nous ne pouvons pas être sûrs qu’ils n’auront jamais l'occasion d'accepter à nouveau le mérite du précieux sang dont ils ont joui autrefois et qu'ils ont rejeté, « considérant le sang de l'alliance [la mort de Jésus] par lequel ils ont été [autrefois] sanctifiés comme une chose impie [commune] », faisant ainsi fi de l'esprit de grâce - dédaignant, méprisant, répudiant la faveur du pardon divin par le sang. Rejetant ainsi le Rédempteur, ils retirent leurs affaires des mains du Médiateur de la Nouvelle Alliance. Ainsi, ils tombent immédiatement entre les mains du Dieu vivant et sont soumis à toutes les exigences de la Loi absolue, sans miséricorde, car toute la miséricorde de Dieu envers les pécheurs se trouve dans et par Celui qui nous a aimés et achetés de Son précieux sang. Nous ne disons pas que tous ceux qui rejettent le sang de l'alliance le font à leur perte éternelle, mais nous sommes heureux de croire, au contraire, que beaucoup d'entre eux ont été tellement aveuglés par le dieu de ce monde qu'ils n'ont jamais vu clair et, par conséquent, n'ont jamais rejeté entièrement la robe de justice achetée par le sang. Pour tous ceux-là, nous espérons que la lumière de la nouvelle dispensation leur montrera clairement le plan divin, et nous sommes convaincus que beaucoup d'entre eux seront prêts à accepter humblement la grâce de Dieu selon Ses propres conditions.

L'Apôtre fait remarquer (vs. 4) que cette Loi de l'esprit de vie dans laquelle nous nous réjouissons en tant que Nouvelles-Créatures dans le Christ est en réalité la même Loi qui nous condamnait autrefois - que le passage de la condamnation à mort à la justification à la vie ne signifie pas un changement de la Loi, mais un changement de notre position. C'est une loi de vie pour nous, parce que, par la grâce de Dieu en Christ, nous sommes parvenus à un point où nous sommes capables de nous conformer aux exigences de la Loi et de les accomplir. Ce n'est pas notre chair qui a été changée, de sorte qu'elle soit devenue parfaite et capable d'obéir à la Loi, mais, en tant que Nouvelles-Créatures, la chair est considérée comme morte, et nous sommes considérés selon l'esprit ou la disposition d'esprit ; et avec notre esprit ou notre volonté, nous sommes capables de garder la Loi de Dieu parfaitement - c'est-à-dire que nous pouvons vouloir faire le bien, nous pouvons nous efforcer de faire le bien, nous pouvons nous efforcer de plaire à Dieu, et tant que Dieu accepte la volonté, l'intention, l'effort, et ignore notre chair et ses faiblesses incontrôlables, aussi longtemps nous pouvons être assurés que la Loi divine nous approuve ; et ce, tant que nous demeurons dans notre position actuelle de membres du corps de Christ, et nous avons le privilège de rester membres du corps de Christ tant que nos aspirations sont en faveur de la justice et en opposition au péché. La Nouvelle-Créature n'aime pas le péché, mais, au contraire, elle aime la justice, tout le contraire. Si la volonté, le cœur, se détournaient à nouveau, pour aimer l'injustice, pour désirer faire ce qui est contraire à la volonté du Seigneur, cela signifierait que nous serions morts en tant que Nouvelle-Créature, et que nous serions redevenus des créatures charnelles, pour penser aux choses de la chair, pour avoir ses espoirs, ses buts et ses objets. Dans ce cas, nous retomberions sous la loi du péché et de la mort, et nous serions à nouveau jugés selon la chair, la sentence étant, comme auparavant, la suivante : « Le salaire du péché, c'est la mort ». De plus, un tel retournement, comme celui d'une truie qui se vautre dans la boue et d'un chien qui retourne à son vomi, signifierait, pour ceux qui sont devenus de Nouvelles-Créatures en Christ et qui sont ainsi sortis de la mort adamique, la Seconde-Mort - le résultat de leur propre rejet délibéré de la faveur de Dieu par le Christ, qu'ils rejettent après en avoir bénéficié. On voit donc qu'il y a deux manières de rejeter la grâce de Dieu : l'une consiste à se tourner vers le péché (non pas simplement en se laissant vaincre temporairement par les faiblesses de la chair, mais en choisissant délibérément le péché et en abandonnant intentionnellement la justice) ; l'autre consiste à rejeter mentalement les conditions de la faveur, à répudier mentalement le sang de la Nouvelle Alliance. Ces deux formes de commettre le péché à la mort - à la Seconde-Mort - sont clairement exposées par l'Apôtre dans Héb. 6 : 4-6 ; 10 : 26-31.

Il y a donc de la force dans la définition explicite que donne l'Apôtre de la classe justifiée sous la loi de l'esprit de vie - c'est-à-dire de ceux qui sont en Christ et qui marchent non pas selon la chair, mais selon l'esprit - qui ne cherchent pas à satisfaire les envies, les appétits et les désirs de la chair, mais qui cherchent à les maîtriser et à les soumettre à l'esprit nouveau, dans toute la mesure de leurs capacités. Marcher selon l'esprit ne signifie pas nécessairement marcher à la hauteur de l'esprit. Seul le Seigneur Jésus pouvait marcher à la hauteur de l'esprit de la loi parfaite de Dieu ; mais tous les membres de Son corps, tous ceux qui sont dans le Christ Jésus, peuvent marcher selon cet esprit, aussi près qu'il leur est possible de le faire. Une telle marche est acceptable pour Dieu, pour tous ceux qui demeurent en Christ, par la foi en Son sang. Si, par suite des faiblesses de la chair, dues à une hérédité défavorable, ils sont très dégradés et très faibles, et ne peuvent que boiter avec difficulté et lenteur selon l'esprit, ils sont néanmoins comptés comme s'ils marchaient parfaitement à la hauteur de l'esprit. En d'autres termes, l'arrangement de Dieu pour accepter la volonté, l'intention, des membres du corps du Christ, au lieu de leurs accomplissements réels, répond à toutes les exigences, et justifie librement, pleinement, complètement, tous ceux qui sont en Christ - aucun d'entre eux n'aurait pu être justifié par la Loi sous l'alliance Juive ou autrement.

L'Apôtre répond à une question présumée sur la manière dont nous pouvons reconnaître ceux qui sont des Nouvelles-Créatures en Christ et qui marchent selon l'esprit, des autres. C'est là une question difficile. Il y en a qui ne sont pas en Christ et dont la chair est beaucoup moins dépravée que celle de certains qui sont en Christ ; ainsi, si on les mesurait par les actes de la chair, celui qui est en Christ pourrait paraître moins à son avantage que celui qui n'est pas en Christ. Voilà pourquoi le Seigneur exhorte Son peuple à ne pas juger sur les simples apparences, en l'assurant que certains sont hypocrites, et que Dieu regarde le cœur, l'intention. Ainsi encore l'Apôtre nous enjoint-il, en disant : « Désormais, nous ne connaissons plus d'homme selon la chair. » L'Apôtre ne voulait pas dire que nous n'avons nullement à faire attention aux manquements de la chair, soit en nous-mêmes, soit chez d'autres disciples de Christ. Toutes les faiblesses de la chair doivent être combattues ; elles nécessitent souvent un traitement rigoureux dans l'intérêt des nouveaux cœur, esprit et volonté. Néanmoins, nous devons différencier nettement entre ceux-ci et leur faible corps mortel ; le frère ou la sœur sont dignes d'être aimés et de bénéficier de notre sympathie, alors même que nous pourrions nous trouver obligés, dans leur intérêt et aussi dans l'intérêt de l'église, de réprouver, de reprendre ou de corriger leur mauvaise conduite.

L'Apôtre définit le moyen par lequel nous pouvons connaître les deux classes, disant en substance, ceux qui ne sont pas régénérés s'affectionneront aux choses de la chair, tandis que ceux qui sont régénérés s'affectionneront aux choses de l'Esprit (Manne du 27 août). Il y a un grand fossé entre ces deux classes, et il ne devrait pas être question que quelqu'un soit longtemps dans le doute quant à savoir s'il est ou non membre de l'Église, le corps de Christ. S'il est en Christ, il a de nouvelles aspirations, de nouveaux espoirs, de nouveaux buts, et même s'il ne parvient pas toujours à réaliser ces buts et ces ambitions, son cœur étant droit, il reviendra toujours à la norme divine. Ses affections sont pour les choses qui sont justes, pures et bonnes, même s'il est encore aux prises avec la loi du péché et de la mort, à travers les faiblesses de son corps mortel. Il ne doit pas se contenter de cette condition de préférence mentale pour le bien et de sollicitude de cœur pour la justice, en éprouvant de la peine s'il se trouve vaincu par la tentation ; mais, comme l'Apôtre le préconise ailleurs, il doit être si profondément engagé dans cette affaire qu'il ne se contentera pas de faire de son mieux pour redresser chaque tort, mais qu'il continuera à rechercher la grâce auprès du trône céleste, afin d'être de plus en plus capable de vaincre, de devenir de plus en plus fort en esprit, et que la puissance de sa chair soit affaiblie en même temps. L'Apôtre exhorte ceux-là à tracer des sentiers droits pour leurs pieds, pour leurs faiblesses, pour leurs infirmités, selon la chair - à éviter les voies de la tentation et de la faiblesse à mesure qu'ils les découvrent, et à manifester ainsi les désirs de justice de leur cœur. Il insiste encore pour que tous portent continuellement leurs affections sur les choses d'en haut, afin que les choses de la terre aient de moins en moins d'influence et de contrôle sur eux pour les entraver dans leur course. Il insiste pour que le cœur, l'esprit, les paroles, la conduite, qui sont remplis de la vérité et du service du Seigneur, soient ainsi sanctifiés et séparés, de sorte que le Malin trouve de moins en moins d'occasions de prendre l'avantage.

La matière est exposée en termes encore différents dans les versets 6 et 7. Nous devons distinguer l'esprit de la chair de l'esprit qui est en accord avec Dieu, car l'un est en inimitié avec Dieu et l'autre en harmonie avec Lui. L'esprit qui est en harmonie avec Dieu trouve ses délices dans Sa Loi, dans la justice, la pureté, la bonté, la paix, la foi, à travers les promesses de Dieu, et attend avec joie la réalisation glorieuse de toutes les merveilleuses espérances inspirées par ces promesses. L'esprit charnel (si courtois, si cultivé, si bien élevé, si raffiné et si contrôlé par le corps mortel qu'il soit) n'est pas en accord avec Dieu ; il a ses propres ambitions, ses propres projets, il y prend plaisir et s'en afflige s'ils sont contrariés ; il fonde ses espoirs et ses buts principalement sur ce qui peut être atteint dans cette vie présente ; il n'est pas en harmonie avec Dieu, et n'est pas disposé à accepter avec gratitude tout ce qu'il lui plaît d'envoyer ; il est plutôt plein de projets et de volonté propres - il n'est pas soumis au contrôle divin, et il ne peut pas l'être, parce qu'il est charnel, et parce que, à l'heure actuelle, toute l'humanité est dans un état de péché, d'aliénation de Dieu, etc. Ces deux états d'esprit sont mis en contraste, et l'Apôtre nous affirme que l'un est la mort ; qu'il signifie la mort ; qu'il signifie que la personne qui a cet esprit est encore dans l'état de mort, qu'elle n'a pas reçu le Christ comme le donneur de vie. « Celui qui a le Fils a la vie », et il peut avoir, lui aussi, la joie et la paix de l'esprit nouveau en Christ ; mais celui qui n'a pas le Fils, celui qui n'a pas renoncé à sa volonté, est encore dans la mort, encore sous la condamnation, encore étranger à Dieu.

Cela ne signifie pas que ceux que nous sommes incapables de soumettre maintenant à l'Évangile du Christ ne pourront jamais s'y soumettre. Cela ne signifie pas non plus que la chair elle-même est opposée à Dieu, et Dieu opposé à la chair. Le mot « chair » est utilisé ici dans le sens de chair pécheresse, car toute l'humanité, par la chute, est devenue pécheresse. À l'origine, cependant, telle qu'elle était représentée dans le Père Adam avant la chute, la chair était déclarée très bonne, et l'œuvre de Dieu, à Son image, n'était pas opposée à la loi de Dieu, mais en plein accord avec elle. La loi divine était inscrite dans l'organisme même de nos premiers parents ; la difficulté est que, par la chute, cette loi divine a été très sensiblement effacée, et qu'au lieu de cela la loi de l'égoïsme - qui comprend tout le mal - a été gravée dans le cœur de leur postérité. C'est pourquoi la proposition du Seigneur pour le monde est de rétablir toute l'humanité dans cette condition primitive, pour laquelle des temps de restitution ont été prévus et promis par la bouche de tous les saints prophètes (Actes 3 : 19-21). C'est en plein accord avec cela que le Seigneur, parlant de la mise en œuvre de la Nouvelle Alliance, déclare que sous elle (le Christ étant le ministre de cette Nouvelle Alliance et son administrateur pendant le temps de son fonctionnement) il enlèvera le cœur de pierre de l'égoïsme, et fera un nouveau cœur de chair, doux, sympathisant, généreux, semblable à Dieu. En d'autres termes, il réinscrira dans l'organisme de l'homme, par les processus de l'Âge millénaire - les temps de la restitution - tout le caractère originel, la ressemblance à Dieu et la loi qu'il possédait à l'origine. Quand la perfection aura été ainsi accomplie pour tous ceux qui recevront la faveur du Seigneur dans Ses conditions d'amour et d'obéissance sincère, il ne sera plus vrai que l'esprit de la chair sera en désaccord avec Dieu, comme ce n'était pas vrai à l'origine, quand Adam était en harmonie avec Dieu.

Pour comprendre l'Apôtre, il faut avoir clairement à l'esprit qu'il écrit ces paroles, non pas au monde ni à propos du monde, mais aux saints et à propos des saints. Il décrit la condition de ceux qui sont passés de la mort à la vie, qui sont devenus de Nouvelles-Créatures, en les opposant au monde, encore dans le péché et dans la défaveur divine. Ceux qui sont dans la chair, qui vivent selon leur propre volonté, qui n'ont pas entendu, ou qui, ayant entendu, n'ont pas accepté la grâce de Dieu en Christ, ne peuvent pas plaire à Dieu, ne peuvent pas être dits acquittés, ne peuvent pas être considérés comme étant sous la faveur divine.

S'adressant à l'Église, l'Apôtre fait remarquer : « Vous n'êtes pas dans la chair, mais dans l'esprit, si du moins l'esprit de Dieu habite en vous ». L'Apôtre indique ici ce qui fait de nous des Nouvelles-Créatures. Nous sommes des Nouvelles-Créatures parce que nous sommes engendrés de nouveau, parce que nous sommes engendrés par l'Esprit de Dieu. Nous n'avons pas été ainsi engendrés avant d'avoir été justifiés par la foi dans le sang du Christ, puis d'avoir entendu l'invitation à présenter nos corps comme des sacrifices vivants, puis d'avoir répondu à cette invitation et d'avoir tout consacré sur l'autel du Seigneur. Ensuite, nous avons reçu l'Esprit de Dieu ; ensuite, nous avons été reconnus comme de Nouvelles-Créatures en Christ - non plus comme des êtres de chair, mais comme des êtres d'esprit.

Voici donc le test. Ceux qui ont l'Esprit du Christ doivent avoir été engendrés de celui-ci ; ceux qui n'ont pas l'Esprit du Christ ne sont pas à Lui. C'est ainsi que nous devons nous juger nous-mêmes, et c'est ainsi que nous devons juger nos frères - par l'esprit, l'intention, la volonté, et non par le résultat, non par la chair. Oh, combien cela nous rendrait généreux dans notre jugement des frères ! S'ils professent et donnent la preuve qu'ils aiment le Seigneur, qu'ils ont confiance dans le précieux sang, qu'ils aiment les choses saintes, qu'ils aiment les frères, qu'ils aiment la parole de grâce et de vérité, et qu'ils cherchent à développer les fruits de l'esprit, ils sont sûrement des frères, sûrement « en Christ ». S'ils n'ont pas cet esprit, s'ils aiment le monde, s'ils préfèrent les fréquentations mondaines, s'ils se donnent entièrement aux ambitions mondaines, à la vanité de la vie et à la satisfaction de soi, nous avons de fortes raisons de douter de leur relation avec le Seigneur, quoi qu'ils puissent professer. Et cet aspect de la question devrait être particulièrement appliqué par chacun de nous à soi-même, comme un test individuel de la relation au Seigneur, et chacun qui trouve l'esprit de mondanité croissant en lui devrait sentir qu'il perd du terrain, devrait chercher à nouveau à fixer son affection sur les choses d'en haut et à croître dans la grâce.

« LE CORPS EST MORT ».

L'Apôtre explique que dans le cas de ces Nouvelles-Créatures en Christ, du point de vue divin, le corps est considéré comme mort, mais l'esprit, ou la mentalité, est considéré comme vivant. C'est la Nouvelle-Créature que Dieu reconnaît, et à laquelle il entend donner un corps spirituel nouveau en temps voulu, lors de la première résurrection. Il est nécessaire que cette pensée soit clairement fixée dans nos esprits, afin que nous puissions continuellement être conscients de notre paix envers Dieu et de Sa faveur et de Sa sympathie envers nous en Christ. Si nous perdons de vue le fait que Dieu nous considère au point de vue de la volonté, si nous nous mettons à penser à nous-mêmes et à l'estimation que Dieu fait de nous selon la chair, nous sommes sûrs d'entrer proportionnellement dans les ténèbres, la confusion et le découragement. Mais n'oublions pas, d'autre part, que l'esprit, ou la volonté, est considéré comme vivant à cause de sa justice, parce qu'il est en harmonie avec Dieu. Ne soyons donc jamais négligents en ce qui concerne la volonté, ou l'intention, qui gouverne la conduite de notre vie, mais rappelons-nous que tout relâchement signifiera la perte proportionnelle de la vie spirituelle. Vouloir le bien nous est toujours possible, et rien de moins qu'une volonté absolument loyale ne saurait être acceptable pour Dieu en Christ (Manne du 4 mai).

Cependant, comme l'explique l'Apôtre au verset 11, si l'esprit de Dieu nous anime, il en résultera certainement que ces corps que nous considérons comme morts, et que Dieu considère gracieusement comme morts, seront tellement vivifiés, tellement dynamisés, tellement contrôlés par le nouvel esprit, l'esprit saint, l'esprit de notre nouvelle nature, qu'ils deviendront effectivement « vivifiés » - vers la justice, vers le service du Seigneur, le service de la Vérité - en faisant du bien à tous les hommes selon l'occasion, spécialement à la famille de la foi. C'est ce à quoi nous devons nous attendre, car l'esprit de Dieu est puissant, quelle que soit la manière dont il est appliqué. Pour illustrer sa puissance, l'Apôtre nous montre notre Seigneur Jésus et Sa mort littérale, et comment l'Esprit Saint de Dieu a ressuscité Jésus d'entre les morts lors de Sa résurrection. La pensée est que cette puissance de Dieu ainsi exercée en faveur du Seigneur Jésus, et qu'Il promet d'exercer de même à la fin de cet Âge en faveur de tous les membres fidèles du corps du Christ, indique une puissance de Dieu par laquelle, si nous nous en servons, la nouvelle nature trouvera la force de vaincre, de maintenir la chair soumise, et, plus encore, de la rendre active, énergique au service de la justice. L'Apôtre ne parle pas ici de la résurrection future des justes, de l'achèvement de la première résurrection en tant qu'êtres spirituels. Il parle de la résurrection figurée, que le peuple consacré du Seigneur expérimente dans le temps présent. Ainsi qu'il l'exprime ailleurs : « Si donc vous avez été ressuscités avec le Christ, cherchez les choses qui sont en haut » ; et encore : « Vous qu'il a vivifiés [rendus vivants, ressuscités au sens figuré], vous qui étiez morts dans vos fautes et vos péchés, ... il nous a ressuscités ensemble, et nous a fait asseoir ensemble dans les lieux célestes dans le Christ Jésus » - Col. 3 : 1 ; Eph. 2 : 1,6.

En résumé, nous, les Nouvelles-Créatures, constatons que nous ne devons rien à la chair en tant que Nouvelles-Créatures, que tous nos avantages et toutes nos bénédictions nous sont venus par d'autres voies. Nous devons donc ignorer la chair, ses désirs et ses appétits, et marcher aussi fidèlement que possible selon l'esprit dans toutes nos affaires. Demandons-nous pourquoi ? Une réponse est donnée ici (vs. 13) : « Si vous vivez selon la chair, vous mourrez ». Nous qui avons reçu la grâce de Dieu, qui avons entendu parler de Sa miséricorde et de Son amour, et qui avons été acceptés dans le Bien-aimé, nous avons considéré tous nos intérêts terrestres comme des sacrifices, afin d'avoir part avec le Christ aux souffrances du temps présent et à la gloire qui suivra. Pour nous, vivre selon la chair signifierait mourir dans le sens le plus absolu - la Seconde-Mort - parce que nous avons bénéficié pleinement de la rançon qui nous a été imputée. Il y a de l'espoir pour le monde, qui ne connaît encore que peu ou pas du tout la grâce de Dieu, qui n'a pas goûté, qui n'a pas vu, etc. - il y a de l'espoir pour les membres de cette classe que, sous le règne du Royaume, ils seront amenés à voir clairement, et qu'ils pourront alors répondre humblement à l'arrangement divin ; mais si nous péchons délibérément après avoir reçu la connaissance de la vérité, il ne reste plus pour nous de sacrifice pour les péchés - il ne reste donc plus pour nous d'espoir futur. Mais, d'autre part, espérons que peu de ceux qui ont accepté la grâce de Dieu sont disposés à reculer jusqu'à la perdition, mais qu'ils sont plutôt disposés à aller de l'avant et à atteindre le terme de leur foi : la gloire, l'honneur et l'immortalité, le cohéritage dans le Royaume. Pour nous qui sommes dans cet état d'esprit, les paroles de l'Apôtre sont encourageantes, lorsqu'il dit : « Si, par l'esprit, vous faites mourir les actions du corps, vous vivrez ». Ainsi, il est nettement établi que les conditions par lesquelles nous pouvons continuer d'être en communion avec le Seigneur et l'espérance que nous avons de participer aux gloires de la résurrection comprennent : la mortification des actions du corps, la répression des inclinations charnelles, leur mise à mort, leur crucifixion et leur emploi au service du Seigneur et de Sa cause. Une telle mortification des actions du corps, une telle bataille contre les faiblesses de la chair est appelée ailleurs par l'Apôtre, « un combat » ; il nous dit que la chair combat contre l'esprit et l'esprit contre la chair, parce que les deux sont opposés l'un à l'autre et seront des adversaires jusqu'à la fin de la vie. Si l'esprit a voulu combattre et a combattu selon ses moyens contre les faiblesses de la chair, le Seigneur estimera la victoire complète par le mérite du Rédempteur (Manne du 5 mai).

Nous ne devons pas penser qu'il s'agit du combat d'une volonté charnelle contre une volonté spirituelle, ni du combat de la vieille nature contre la nouvelle nature. Ce sont là des conceptions erronées, qui ne sont pas en harmonie avec les indications des Écritures. Nous ne pouvons pas avoir deux volontés et pourtant être en Christ. Nous ne pouvons pas servir deux maîtres. La question doit être tranchée - elle doit être réglée avant que nous soyons acceptés comme membres du corps du Christ. C'est pourquoi une consécration totale de tout ce que nous avons et de tout ce que nous sommes est nécessaire pour devenir membre du Christ. Désormais, il n'y a plus qu'une seule volonté, la volonté du Christ. Quant à la volonté de la chair, elle ne nous appartient pas ; nous l'ignorons, nous nous y opposons - nous sommes des Nouvelles-Créatures ; la volonté de la chair et, en général, la chair, sont contraires, et donc considérées par le Seigneur aussi bien que par nous comme mortes ; nous devons garder le corps soumis - le garder mort ; nous ne devons pas permettre à une volonté charnelle de s'affirmer en nous. Cela ne signifie pas que nous pouvons faire obstacle à un désir charnel, mais il y a une grande différence entre un désir et une volonté. Notre chair peut désirer diverses choses auxquelles nous croyons que la volonté de Dieu s'opposerait, mais notre volonté n'y consentira pas. Même si, par la faiblesse de la chair, une faute a pu être commise, la volonté ne pouvait pas y consentir tant qu'elle était fidèle au Seigneur. La nouvelle volonté peut être temporairement tombée dans la stupeur et avoir ainsi été sous l'emprise de la chair pendant un certain temps, mais aussi sûrement qu'elle était la nouvelle volonté, elle n'a jamais consenti au péché et ne l'a jamais approuvé.

Voilà donc le moyen par lequel nous pouvons connaître notre position exacte, non seulement au début de la course, mais jusqu'à sa fin, savoir : si nous sommes conduits par l'Esprit de Dieu - si c'est Sa direction que nous suivons, si c'est là ce que nous cherchons - alors nous sommes des fils de Dieu. Il reconnaît et Il accepte tous ceux qui sont venus à Lui par Christ, qui se confient dans le mérite de notre Seigneur Jésus et se maintiennent dans cette attitude de cœur (Manne du 6 mai). Ceux-ci continueront d'appartenir au Seigneur en tant que fils jusqu'à la fin du présent voyage, jusqu'à la fin du présent temps de sacrifice ; et au-delà, il les reconnaîtra comme Ses fils dans la première résurrection, en leur donnant les corps d'esprit appropriés qu'Il leur a promis.