A aucune époque de l'histoire de l'Eglise, notre grand adversaire n'a été aussi actif qu'aujourd'hui pour multiplier les fausses doctrines et détourner l'attention de la vérité en introduisant des questions sans intérêt et sans pertinence. Au moment même où l'exaltation et la gloire de l'Église sont sur le point de s'accomplir, et où les fidèles sont sur le point d'être reçus dans la joie de leur Seigneur, tous les moyens sont mis en œuvre pour les détourner de leur récompense et faire échouer cet aspect du Plan Divin. Il est impossible de contrecarrer véritablement une partie quelconque du Plan Divin : Dieu a voulu retirer du milieu des hommes un « Petit Troupeau », « un peuple pour son nom », une « Sacrificature Royale » ; et une telle compagnie est assurément en train d'être rassemblée ; mais la question de savoir si tous ceux qui sont maintenant dans la course pour le prix seront définitivement de cette compagnie, est encore ouverte. Prenez garde, bien-aimés, que personne ne prenne votre couronne (Apoc. 3 : 11). Si certains manquent à leurs privilèges et se révèlent indignes du riche héritage, d'autres prendront rapidement leur place.
Nous vous exhortons, frères, alors que vous appréciez la glorieuse espérance que vous offre l'Évangile, à ne pas prêter attention aux esprits séducteurs et aux doctrines des démons, comme l’Apôtre les appelle (1 Tim. 4 : 1) ; mais à vous appliquer, avec détermination, à la seule chose pour laquelle vous êtes appelés et privilégiés en tant que futurs membres de cette Sacrificature Royale. N'oublions jamais que nous sommes « un peuple particulier » séparé du grand corps des chrétiens nominaux aussi bien que du monde, ayant des expériences, des prétentions et des ambitions plus élevées, et étant favorisés par une connaissance plus claire des choses profondes de Dieu, ayant été appelés de nos précédentes ténèbres à Sa merveilleuse lumière. Si nous sommes ainsi séparés du monde et des chrétiens qui participent dans une grande mesure à l'esprit mondain, qu'y a-t-il d'étonnant que nous les trouvions tous en désaccord avec nous, nous ignorant ou nous faisant de l'opposition ? (Manne du 16 mai).
Nous devons nous attendre à de l'opposition et celle-ci durera sans doute jusqu'à ce que nous ayons achevé notre course dans la mort. Se soumettre patiemment à cette opposition, c'est faire le sacrifice de nos préférences naturelles pour l'amitié et les plaisirs de la vie présente et endurer comme de bons soldats les difficultés de toutes espèces pour la cause de la Vérité, par nos efforts à faire la volonté du Seigneur et à travailler à l'avancement des intérêts de Son Royaume. C'est ce que signifie la présentation de nos corps comme des sacrifices vivants dans le service divin. Être réellement au service du Seigneur comprend premièrement l'étude soigneuse et continuelle du Plan de Dieu ; secondement, la possession de l'esprit de ce Plan qui mène, troisièmement, à un zèle enthousiaste pour son accomplissement et à l'activité à son service dans la mesure de notre capacité, quel que soit le prix ou le sacrifice que cela exige (Manne du 2 mai).
Si nous sommes fidèles à ce service, nous n'avons pas le temps, ni la disposition, à prêter attention à de fausses doctrines ou à d'autres thèmes qui n'ont aucun rapport avec la seule chose à laquelle nous avons solennellement consacré notre vie. Notre temps ne nous appartient pas si nous l'avons consacré à Dieu ; et par conséquent, nous n'avons pas de temps à consacrer à l'étude de fausses théories fantaisistes, construites sur d'autres fondements que ceux qui sont établis dans les Écritures ; nous n'avons pas non plus de temps à consacrer aux idées et aux occupations qui accaparent l'attention du monde, dont beaucoup sont inoffensives en elles-mêmes, mais qui nous seraient nuisibles si nous leur permettions d'occuper le temps consacré et de détourner notre attention de la seule chose que nous devrions faire. L'Apôtre nous avertit « d’éviter les discours vains et profanes, qui mènent plus avant dans l'impiété » ; mais il ajoute : « Etudie-toi de te présenter approuvé à Dieu, comme un ouvrier qui n'a pas à avoir honte, exposant justement la Parole de la vérité ». « N'enseignez pas des doctrines étrangères, et ne vous attachez pas aux fables et aux généalogies interminables, qui produisent des disputes plutôt que l’administration de Dieu, qui est par la foi » - 2 Tim. 2 : 15,16 ; 1 Tim. 1 : 3,4.
Chaque croyant consacré devrait se demander : Avec quel soin ai-je étudié ce que j'ai clairement reconnu comme étant la vérité divine ? et dans quelle mesure suis-je donc pleinement capable de manier l'épée de l'esprit ? Rares sont ceux qui peuvent dire qu'ils ont pleinement digéré et assimilé tout ce qu'ils ont reçu, qu'ils n'ont rien oublié, qu'ils l'ont tellement gardé dans leur cœur qu'ils le méditent jour et nuit, qu'ils ont une réponse toute prête - un « Ainsi parle le Seigneur » - pour tout homme qui leur demande une raison de l'espérance qui est en eux, à propos de n'importe quel point de doctrine ; qu'ils puissent dépeindre clairement et intelligemment le Plan divin, citer l'autorité divine pour chacune de ses étapes successives, et, si besoin est, indiquer sa place dans le système divin des types. Acquérir une telle maîtrise de la Parole est en effet l'œuvre de toute une vie ; mais chaque jour devrait nous rapprocher de cette maîtrise, et ce sera le cas, si nous sommes de fidèles étudiants et de fidèles serviteurs de la Vérité.
Si tous les consacrés étaient ainsi occupés à revêtir l'armure de Dieu, et à la mettre à l'épreuve par un usage réel dans des efforts zélés pour annoncer la Vérité et aider les autres à se tenir debout, il ne resterait en effet plus de temps pour des disputes sur la question anglo-israélienne, ou pour savoir si la terre est un plan au lieu d'un globe, ou si les principes du socialisme seraient recommandables aux chrétiens dans la gestion de leurs affaires temporelles. Il n'y aurait pas non plus de temps pour la politique, ni même pour le bon travail modéré de réforme, ni pour le travail parmi les femmes tombées, ni dans les bidonvilles des grandes villes, ni même pour prêcher la doctrine de la guérison divine.
Tout cela est un travail qui peut être et sera effectivement accompli dans « les Temps du Rétablissement », dans un avenir proche ; et, par ailleurs, il y a d'autres personnes intéressées par ces travaux (et nous en sommes heureux et leur souhaitons bonne chance), tandis que nous reconnaissons et cherchons à accomplir le travail qui nous est assigné dans le Plan divin. Et si, en effet, nous n'avons pas de temps à consacrer à ces choses qui ne sont que des questions secondaires et ne sont pas nuisibles en elles-mêmes, si ce n'est qu'elles détournent l'attention et consomment un temps précieux qui a été consacré à un autre usage plus important, il n'y en a certainement pas non plus pour prêter attention à de fausses doctrines telles que la prétendue Science Chrétienne et les diverses théories sur l'absence de rançon ou de l'Évolution, qui sont toutes des tentatives pour montrer aux hommes comment s'élever vers la vie éternelle par un autre moyen que celui que les Écritures indiquent, à savoir par la foi dans le précieux sang du Christ versé au Calvaire pour notre rédemption. Celui qui monte par un autre chemin est un voleur et un brigand (Jean 10 : 1) ; et il nous est commandé de ne rien avoir de commun avec les œuvres infructueuses des ténèbres, mais plutôt de les réprouver (Eph. 5 : 11).
Que cette voie est étroite ! disent certains, avec mépris, de ceux qui, comme Paul, consacrent leurs énergies à une seule chose - le service de la Vérité. Oui, ce sera le verdict contre vous, de tous, sauf du petit nombre de ceux qui, comme vous-même, ont cherché avec soin cette « voie étroite », et qui sont déterminés à y marcher, sans tenir compte de l'opprobre qu'elle entraîne. Le chemin qui mène à la marque du prix du Haut-Appel n'est pas assez large pour laisser la place à toutes les vaines philosophies, aux questions insensées, aux balbutiements et aux spéculations de la science, faussement appelée ainsi. Il n'est assez large que pour admettre le Plan du Seigneur et ceux qui sont prêts à rejeter tous les autres plans, projets et raisonnements et à se consacrer pleinement et entièrement à son service, et qui sont tout à fait disposés à supporter les reproches que cela peut entraîner.
Considérez votre appel, frères, car « vous êtes une génération élue, une sacrificature royale pour offrir des sacrifices agréables à Dieu, une nation sainte, un peuple particulier, afin que vous fassiez connaître les louanges de celui qui vous a appelés des ténèbres à sa merveilleuse lumière ». Le but même de notre appel à cette lumière est que nous la laissions briller. S'il n'en est pas ainsi, nous en sommes indignes ; ce trésor nous sera enlevé et nous resterons dans les ténèbres. Si nous avons vraiment reçu la lumière et si nous nous sommes pleinement consacrés à Dieu, posons-nous cette question : Que fais-je pour proclamer les vertus de Celui qui m'a tiré des ténèbres ?
Est-ce que j'annonce ces bonnes nouvelles à mes semblables auprès et au loin ? Suis-je occupé de jour en jour à chercher à faire connaître le caractère divin et les voies justes de Dieu ? Est-ce que j'économise le temps et les moyens, et est-ce que j'organise mes affaires temporelles de manière à consacrer le plus de temps possible à cette tâche ? Et puis, est-ce que je m'applique à me familiariser avec la Vérité, afin d'être une épître vivante, connue et lue par tous les hommes dans le cercle de mon influence ? - Un ouvrier qui n'a pas à avoir honte ? Puis-je véritablement chanter :
Tout pour Jésus, tout pour Jésus mon Maître –
Toute ma force et mes aspirations ;
Tout est pour Lui, mon cœur et tout mon être,
Tous mes moments et mes actions ?
(Manne du 30 avril).
Si c'est le cas, alors nous sommes juste assez étroits d'esprit pour dire : Je ne fais qu'une seule chose, et je fais en sorte que tout le reste se plie à cette seule chose, qui est de manifester les louanges de Dieu et d'aider les autres à entrer dans Sa merveilleuse lumière. Et à cette fin, je cultive et utilise les talents que je possède en tant que sage intendant de mon Maître céleste.
Chers amis, nous ne nous imposons mutuellement ni vœux ni obligations, mais l'appel a ses propres exigences : le Maître nous a dirigés en disant : « Allez donc, et faites des disciples dans toutes les nations [car l'Évangile n'est plus limité à la nation Juive], les baptisant pour le nom du Père et du Fils et du Saint Esprit, et en leur enseignant à garder toutes les choses » - concernant notre origine anglo-israélienne (discutable) ? Non. – Toutes les choses concernant la forme de la terre ? Non. - Toutes les vaines philosophies des hommes qui se sont éloignés de la vérité, et tous les subtils sophismes par lesquels ils annulent la parole de Dieu ? Non. – « toutes les choses que je vous ai commandées » - Matth. 28 : 19,20.
C'est exactement ce qu'ont fait les Apôtres. Il y avait beaucoup d'erreurs et de questions secondaires à leur époque ; mais, les ignorant, ils se sont résolument consacrés à la diffusion de la Vérité. Paul ne prêtait aucune attention à sa généalogie charnelle, car il se reconnaissait comme une Nouvelle-Créature dans le Christ Jésus. Il était plus facile pour lui de prouver son origine charnelle en tant qu'Israélite que pour n'importe lequel d'entre nous de le faire ; mais il ne s'en souciait pas. Il ne se souciait pas de savoir s'il était des dix tribus ou des deux tribus, car il ne revêtait aucune des justices tribales de la Loi. Sa seule ambition était d'être trouvé « dans le Christ, n'ayant pas sa propre justice, qui est de la Loi, mais celle qui vient de la foi en Christ, la justice qui est de Dieu par la foi » (Phil. 3 : 9). Il dit (versets 3-7) : « Nous [les Nouvelles-Créatures en Christ] sommes la circoncision [réelle], nous qui rendons culte par l'Esprit de Dieu, et qui nous glorifions dans le Christ Jésus, et qui n'avons pas confiance en la chair [ou dans les relations charnelles] : bien que moi, j'aie de quoi avoir aussi confiance même dans la chair. Si quelque autre s'imagine pouvoir se confier en la chair, moi davantage : moi circoncis le huitième jour, de la race d'Israël, de la tribu de Benjamin, Hébreu des Hébreux : quant à la loi, pharisien ; quant au zèle, persécutant l'assemblée : quant à la justice qui est par la loi, étant sans reproche. Mais les choses qui pour moi étaient un gain, je les ai regardées, à cause du Christ, comme une perte ».
Entendez-le encore dans son zèle pour cette seule chose à laquelle il a consacré sa vie : « Et moi, frères, quand je suis allé auprès de vous, je ne suis pas allé avec l'excellence de la parole ou de la sagesse en vous annonçant le témoignage de Dieu ; car je n’ai pas jugé bon de savoir quoi que ce soit parmi vous, sinon Jésus-Christ, et Jésus Christ crucifié. [J'ai attiré votre attention sur cette seule chose ! J'ai gardé cette seule chose continuellement devant vous]. … Et ma parole et ma prédication n'ont pas été en paroles persuasives de sagesse, mais en démonstration de l'Esprit et de puissance [de la vérité], afin que votre foi ne repose pas sur la sagesse des hommes, mais sur la puissance de Dieu » - 1 Cor. 2 : 1-5.
Paul était un enseignant résolument intransigeant. Lorsqu'il savait qu'il détenait la vérité, il la disait avec assurance, et déclarait hardiment que tout ce qui lui était contraire était une fausse doctrine ; et il enseignait à ses disciples que ce n'était pas seulement leur privilège, mais aussi leur devoir, d'être établis dans la foi et de savoir, sur l'évidence de la Parole de Dieu, pourquoi ils croyaient, et de pouvoir donner à tout homme qui le demandait une raison de l'espérance qui était en eux.
Il y a parmi les chrétiens d'aujourd'hui un grand manque de foi établie sur n'importe quel point de doctrine. Ils disent : « Je pense », « J'espère », ou « Peut-être en est-il ainsi, mais ce n'est que mon opinion, et elle peut être juste ou fausse. J'ai cependant de la sympathie pour votre opinion contraire, et pour l'opinion de chacun, car qui sait laquelle est la bonne ? Je ne saurais le dire ; mais, néanmoins, j'ai une grande foi et une grande piété (?). Je serre la main de tout le monde et je l'appelle frère s'il se dit chrétien, peu importe ce qu'il croit et enseigne, s'il considère le Christ comme la porte de la bergerie, ou s'il essaie d'enseigner aux hommes comment monter d'une autre manière. Dans l'amour chrétien, je leur souhaite à tous Bonne Route et je prie pour le succès de tous leurs enseignements, aussi antagonistes qu'ils puissent être les uns envers les autres ou envers les Écritures telles que je les lis ».
Tout cela est généralement considéré parmi les chrétiens comme de la bienveillance au grand cœur et de l'humilité personnelle, alors qu'il s'agit en fait d'un esprit ignoble et compromettant qui ne veut pas renoncer à l'amitié de ceux qui s'opposent au Seigneur en dénonçant la Vérité, et qui préfère voir la vérité souffrir, et les faibles dans la foi trébucher, plutôt que de porter l'opprobre du Christ. Ceux qui ont en Dieu une foi réelle et sincère veulent Le prendre au mot. Chez eux, les premiers principes de la doctrine doivent être établis depuis longtemps ; une bonne partie de la superstructure d'or, d'argent et de pierres précieuses doit être déjà érigée et le travail en progrès constant. Ils sont capables, s'ils sont vrais et loyaux envers Dieu, de discerner entre la Vérité et l'erreur. L'Apôtre Jean, reconnaissant cette capacité, dit : « Si quelqu'un vient à vous et n'apporte pas cette doctrine, ne le recevez pas dans votre maison, et ne le saluez pas ; car celui qui le salue participe à ses mauvaises œuvres » (2 Jean 10,11). Nous devons savoir ce que nous croyons et pourquoi nous le croyons et ensuite, avec hardiesse et fermeté, le proclamer, car « si la trompette donne un son incertain, qui se préparera au combat ? » (Manne du 3 mai).
L'Apôtre dit encore (1 Cor. 2 : 6-10) : « Or nous parlons sagesse parmi les parfaits [développés ; nous ne devons pas jeter nos perles devant les porcs], sagesse toutefois non pas de ce siècle, ni des chefs de ce siècle qui s’en vont [les conducteurs et les enseignants populaires], mais nous parlons la sagesse de Dieu en mystère, la sagesse cachée, laquelle Dieu avait préordonnée avant les siècles pour notre gloire ; qu'aucun des chefs de ce siècle n'a connue .... ce que l'œil n'a pas vu, et que l'oreille n'a pas entendu, et qui n'est pas monté au cœur de l'homme, ce que Dieu a préparé pour ceux qui l'aiment - mais Dieu nous l’a révélée par Son esprit ; car l'Esprit [ou la pensée de Dieu en nous, est si désireux de connaître sa vérité, qu'il] sonde toutes choses, même les choses profondes de Dieu ».
Les princes de ce monde savent quelque chose de l'astronomie et de la géologie, et ont leurs idées sur la forme de la terre, etc., mais ils n'ont pas connu cette sagesse cachée du Plan Divin, qui prépare une destinée si glorieuse pour les saints fidèles qui constitueront la royauté de l'âge à venir. Que le monde spécule comme il peut sur ses propres thèmes d'intérêt, mais consacrons-nous à la seule chose en main, en évitant les questions futiles, les généalogies et les contestations, ... car elles sont inutiles et vaines (Tite 3 : 9). Soyons fidèles à notre mission de prêcher cet évangile aux débonnaires qui sont prêts à l'entendre (És. 61 : 1). Que l'épouse du Christ s'applique à se préparer (Apoc. 19 : 7), car les noces de l'Agneau sont l'événement d'un avenir très proche.