Il semble singulier que le risque de tomber dans le péché soit plus grand à une saison qu'à une autre ; mais, néanmoins, nous avons remarqué pendant plusieurs années, et nous y avons déjà attiré l'attention d'autres personnes, la force particulière des tentations au moment de la Pâque, chaque printemps. Année après année, à cette saison, nous avons remarqué que beaucoup, voire tous, étaient susceptibles de trébucher ou d'être « offensés ». Prenons donc sérieusement garde aux paroles de notre Seigneur, veillons et prions pour les autres et pour nous-mêmes, et que chacun soit sur ses gardes pour ne pas jeter une pierre d'achoppement devant son frère - Rom. 14 : 13 ; Héb. 2 : 1.
C'est au moment de la Pâque que notre Seigneur a dit : « Je suis le pain vivant qui est descendu du ciel ; si quelqu'un mange de ce pain, il vivra éternellement ; or le pain que moi je donnerai, c'est ma chair, laquelle je donnerai pour la vie du monde ». Alors plusieurs de Ses amis et disciples dirent : « Cette parole est dure ; qui peut l'ouïr ? ... et ne marchèrent plus avec lui. Jésus donc dit aux douze : Et vous, voulez-vous aussi vous en aller ? » - Jean 6 : 4,51,60,66,67.
C'est à la saison de la Pâque que Judas a négocié la trahison de notre Seigneur, et un peu plus tard, il l'a accomplie.
C'est à la période de la Pâque que notre Seigneur a dit : « Mon âme est saisie de tristesse jusqu'à la mort » (Matth. 26 : 38). « J'ai à être baptisé d’un baptême [la mort], et combien suis-je à l’étroit jusqu'à ce qu'il soit accompli ! » - Luc 12 : 50.
Ce fut vers la saison de la Pâque que notre Seigneur prit les disciples et commença à leur expliquer que le Fils de l'homme devait être livré entre les mains des principaux sacrificateurs et des scribes et être mis à mort (Matth. 16 : 21) ; alors Pierre, tenté d'oublier qu'il était le disciple, prit le Seigneur à part et se mit à le reprendre, en disant : « Seigneur, Dieu t’en préserve, cela ne t’arrivera point ». C'est ainsi qu'il a tenté notre Seigneur de répudier Son sacrifice, et qu'il a attiré sur lui le blâme : « Va arrière de moi, Satan, tu m’es en scandale ; car tes pensées ne sont pas aux choses de Dieu, mais à celles des hommes » - versets 22 et 23.
C'est en se réunissant pour manger la Pâque que les douze se sont disputés pour savoir lequel d'entre eux serait le plus grand dans le Royaume. Ils ont ainsi attiré sur eux le juste blâme de notre Seigneur et L'ont amené à illustrer l'humilité de Sa part par le lavement de leurs pieds.
C'est après qu'ils eurent chanté un cantique et qu'ils furent repartis de la Pâque, que notre Seigneur leur adressa les paroles qui sont en tête de cet article : « Veillez et priez, afin que vous n'entriez pas dans la tentation », tandis que Lui-même était dans un combat agonisant, et que, dans une sueur sanglante, Il soumettait Sa volonté à la volonté de Dieu ; et, priant avec ardeur, Il était fortifié - Luc 22 : 39-46.
Ce n'est qu'un peu plus tard que les émissaires du Souverain Sacrificateur les surprirent, et les onze abandonnèrent le Seigneur et s'enfuirent (Marc 14 : 50) : ils ne purent résister à la tentation et à la peur.
Ce n'est qu'un peu plus tard que Pierre et Jean, plus audacieux que les autres, se rendirent avec la foule à la cour de Pilate pour voir ce qui arriverait au Maître ; et Pierre, étant reconnu comme l'un des disciples du Christ, fut tenté de renier le Seigneur en prononçant des imprécations - Marc 14 : 68,70,71.
C'est à la même date que notre Seigneur a été tenté devant Pilate, mais a victorieusement « fait la belle confession » - 1 Tim. 6 : 13.
Les tentations de notre Seigneur se succédèrent rapidement. Lorsque Ses ennemis crachèrent sur Lui, Le couronnèrent d'épines et L'injurièrent en disant : « Qu'il se sauve lui-même, s'il est le Christ, l'élu de Dieu », Il aurait pu les frapper de maladie ou de mort ; mais, comme une brebis devant ses tondeurs est muette, Il n'ouvrit pas la bouche. Il a vaincu, et Il a prié pour ceux qui L'ont maltraité – Es. 53 : 7 ; Luc 23 : 33-37.
Il aurait même pu conclure qu'Il ne serait pas le Rédempteur d'êtres aussi ingrats ; mais, tout en réalisant qu'Il pouvait encore à ce moment-là demander au Père et recevoir l'assistance de douze légions d'anges et vaincre Ses ennemis, Il a résisté à la tentation. Il S'est donné Lui-même en rançon pour tous, témoignage qui devait être rendu en son propre temps.
La mort de notre Seigneur fut une grande épreuve de foi pour tous les disciples, qui furent aussitôt tentés de retourner à leur ancien métier de pêcheur, et de négliger la pêche des hommes - Jean 21 : 3-17.
Paul et les autres Apôtres eurent par la suite des épreuves particulières à cette même période de l'année. Voir Actes 20 : 16 ; 21 : 10,11,27-36.
Compte tenu de tout ce qui s'est passé dans le passé, ainsi que de notre propre expérience depuis le début de la Moisson actuelle en 1874, nous nous sentons particulièrement préoccupés par les brebis du Seigneur à chaque printemps ; et ce printemps ne fait pas exception. Nous ne pouvons discerner clairement le caractère des tentations avant qu'elles nous surviennent, parce que si nous les connaissions à l'avance elles ne seraient que de légères tentations. C'est pourquoi veillons et prions toujours ; notre seule sauvegarde est d'être prêts, notre Adversaire, le diable, cherchant qui il pourra dévorer. Il connaît nos points faibles et ne laisse échapper aucune occasion d'en profiter. Chacun de nous, s'il veut vaincre, doit posséder les grâces de l'Esprit dans son cœur, aussi bien que la grâce du Seigneur par laquelle il sera « secouru au temps du besoin » (Manne du 1er avril).
Mon âme sois en garde
Vois, dix mille ennemis ;
La horde du péché s'attarde
Pour te ravir le prix.
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« Et tous ceux aussi qui veulent vivre pieusement dans le Christ Jésus, seront persécuté » ;
« Ils ont appelé le maître de la maison Béelzébul … l’esclave n’est pas au-dessus de son seigneur ».
Notre Seigneur dit à Pilate : « Tu n'aurais aucun pouvoir contre moi, s'il ne t'était donné d'en haut ». Il en va de même pour chacun des membres de Son corps.
« Les ennemis d'un homme seront les gens de sa maison ».
« On dira, en mentant, toute espèce de mal contre vous, à cause de moi. … Réjouissez-vous et tressaillez de joie, car votre récompense est grande dans les cieux ».
« Le dieu de ce siècle … opère maintenant dans les fils de la désobéissance » … « Nous n’ignorons pas ses desseins ».