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CAPABLE DE COMPRENDRE AVEC TOUS LES SAINTS [Eph. 3:18].

« La procrastination [tendance à remettre systématiquement au lendemain des actions – Trad.] est le voleur de temps », est un vieux proverbe qui est vrai : et le temps perdu signifie des occasions perdues, et les avantages et privilèges qui accompagnaient ces occasions, également perdus. Si les Chrétiens (tous les vrais consacrés) pouvaient avoir une vue correcte du plan divin, et voir clairement, avec les yeux de leur intelligence, la grande œuvre que Dieu accomplit maintenant parmi les hommes, et voir leurs privilèges en rapport avec cette œuvre, la vie deviendrait beaucoup plus réelle, beaucoup plus pleine de sens, pour eux, qu'elle ne l'est actuellement. Nous ne mentionnons pas le monde en général, mais nous reconnaissons qu'il n'a ni l'ouïe ni la vue pour les choses divines à l'heure actuelle ; il est aveuglé par le dieu de ce monde, et assourdi par le brouhaha et les clameurs qu'il induit et perpétue dans ce but. Remercions Dieu pour les gracieuses promesses de la Parole : dans la nouvelle dispensation, sous le Royaume millénaire du Christ, tous les yeux aveugles seront ouverts, et toutes les oreilles sourdes seront débouchées (Es. 35 : 5). Mais, voyant que le monde est aveugle et sourd, nous ne nous arrêtons pas à tenter un miracle avec ses enfants ; mais suivons l'injonction du Seigneur, et ne parlons, autant que possible, qu'à ceux qui ont des oreilles. « Celui qui a une oreille, qu'il entende ».

Ceux qui ont entendu dans une certaine mesure - qui ont vu dans une certaine mesure, qui ont goûté dans une certaine mesure, que le Seigneur étend gracieusement Sa faveur à tous ceux qui viennent à Lui par le Rédempteur, et qui sont ainsi entrés dans la Maison de la Foi - sont privilégiés bien au-delà de la masse de notre race qui est encore étrangère à Dieu et éloignée de Lui. Mais une difficulté réside dans le fait que, par le biais de fausses doctrines introduites par l'Adversaire, les croyants ont acquis une conception si erronée du plan divin et du caractère divin qui formule ce plan, que non seulement ils n'aiment pas Dieu de tout leur cœur, mais qu'au contraire, ils désirent avoir le moins de rapports possible avec Lui, un minimum qui leur permette d'échapper à une éternité de torture, qu'on leur a appris à croire qu'Il a préparée pour la grande masse de Ses créatures.

Nous ne pouvons pas blâmer les gens qui considèrent Dieu et Son plan de ce faux point de vue, s'ils prennent relativement peu d'intérêt à l'étude de la Bible, qu'ils croient être la révélation de ces horribles dispositions, - prévues avant la création du monde. Notre premier effort pour approcher le chrétien moyen devrait être d'oindre les yeux de son intelligence avec « l'huile de la joie », en lui expliquant brièvement et plus exactement la voie du Seigneur. Il est bon de commencer là où Dieu commence, et là où les Apôtres commencent l'histoire du salut, c'est-à-dire par la croix du Christ. Il est bon de faire comprendre, tout d'abord, qu'en tant que race, nous sommes tous condamnés par le péché originel, et qu'il n'y a de salut pour personne, sauf par le Rédempteur que Dieu a prévu. Ensuite, il est bon de montrer quelle est la sanction, qu'il ne s'agit pas d'une souffrance éternelle, d'un tourment, mais d'une mort éternelle, une mort dont on ne peut sortir, l'anéantissement. Ensuite, il s'agira de montrer la compassion de Dieu en nous procurant le Sauveur, qui a payé pour nous la peine même qui nous était infligée - que, dans Sa chair, Il a « souffert, le juste pour les injustes, afin qu’il nous amenât à Dieu » (1 Pi. 3 : 18) ; qu'Il n'a pas souffert les tourments éternels, mais la peine même qui nous était infligée, à savoir la mort éternelle. Ensuite, il s'agira de montrer que, bien que la chair du Christ ait été ainsi livrée pour l'éternité, comme prix de la rançon de l'homme, Dieu L'a néanmoins ressuscité des morts, lui donnant une vie nouvelle, un être nouveau, faisant de lui une « Nouvelle-Créature » ; et que, par conséquent, Il n'est plus un homme dans la chair, mais qu'Il est de nouveau un être spirituel, maintenant de nature divine, bien au-dessus des anges, des principautés et des puissances (Eph. 1 : 21 ; 1 Pi. 3 : 22).

Ensuite, il conviendra de montrer comment la mort du Christ a pu affecter toute l'humanité ; que c'est parce que Jésus a pris la place du père Adam, et a ainsi racheté sa vie ; et comme toute la race était condamnée en Adam, son rachat personnel impliquerait, légalement et justement, que la peine était suffisante pour les péchés du monde entier condamné en lui, et non condamné pour leur propre compte. Nous devrions ensuite montrer que le but de cet achat du monde était, et est toujours, que chaque membre de la race d'Adam puisse avoir l'occasion, comme Adam, de montrer au Seigneur sa volonté d'obéir à Lui et à Ses lois, et d'obtenir ainsi de Sa main le grand don de la vie éternelle. Seulement pour Adam, ce sera vraiment une seconde chance, car sa race n'a pas encore eu de chance, étant née dans le péché et sous sa peine de mort.

A ce stade, votre auditeur devrait être préparé à voir que le jugement que Dieu se propose de faire subir à l'humanité n'est pas un jugement comme celui qui est fait à un criminel, à un condamné, devant un tribunal pénal, pour déterminer s'il est coupable ou non coupable ; car, en fait, dans le cas de l'humanité, Dieu a déjà déterminé que « tous sont coupables », qu' « il n'y a pas de juste, pas un seul ». C'est parce qu'un tel procès serait une pure parodie inutile, que rien de tel n'est proposé par le Seigneur, bien que ce soit la pensée déraisonnable commune à Son peuple. Puisque nous sommes sans espoir de nous purifier nous-mêmes, Dieu, par Son propre plan et Ses propres dispositions, a déjà payé la peine pour chaque homme, par le sacrifice de Son Fils. Par conséquent, le monde entier de l'humanité, lorsqu'il sera jugé pour la vie éternelle, ne sera pas jugé comme des condamnés, mais comme des affranchis rachetés dont la libération de la condamnation à mort initiale a été entièrement payée par le sacrifice-rançon du Christ. Leur épreuve consistera à faire leur choix entre la vie et la mort éternelles - suivant les termes de Dieu - comme Adam a fait son choix dans son épreuve ; à déterminer ce qu'ils choisiraient après avoir acquis la connaissance du péché et de son châtiment, la mort éternelle, et la connaissance de la justice et de la récompense de la justice, la vie éternelle ; leur choix étant exprimé par leur obéissance ou leur désobéissance aux ordonnances divines.

Celui qui suit le plan jusqu'ici, est préparé à voir que Dieu n'a pas encore donné à l'humanité en général la grande épreuve, ou l'opportunité garantie à tous par le sacrifice de notre Seigneur Jésus, pour tester s'ils sont dignes ou indignes de la vie éternelle. Tous ceux qui ne sont pas grossièrement aveuglés par l'erreur et les préjugés peuvent voir que l'occasion complète et équitable de juger entre le bien et le mal, de choisir le bien et de rejeter le mal, n'est pas encore venue au monde dans son ensemble. Ils peuvent voir que l'ignorance, les préjugés et la superstition aveuglent encore le monde ; et en regardant en arrière le long des chemins de l'histoire, ils peuvent voir que cet aveuglement existe dans le monde depuis des siècles ; - bien avant que le prix de la rédemption du monde ait été payé.

Si votre auditeur a l'esprit interrogateur, il se demandera maintenant quand ou comment une connaissance et une opportunité ou une épreuve complètes seront, ou pourraient être étendues à l'humanité ; et ce sera l'occasion favorable pour lui rappeler les paroles de l'Apôtre, « Dieu a établi un jour [encore futur] auquel il doit juger [non pas condamner le monde, car le monde est déjà condamné, raison pour laquelle Christ est mort pour les impies ; mais il jugera le monde dans le sens d'accorder à tous une épreuve] en justice la terre habitée [dans des conditions justes, favorables, équitables, raisonnables] par l’homme qu'il a destiné à cela [le grand Messie, le Sacrificateur Royal, dont le règne est d'apporter la bénédiction et l'élévation à qui veut de toutes les familles de la terre] » (Actes 17 : 31). C'est de ces temps de bénédiction et de restitution que l'Apôtre Pierre déclare que tous les saints prophètes depuis le commencement du monde ont parlé (Actes 3 : 19-21). Et il n'y a pas lieu de s'en étonner, puisqu'ils parlaient comme des oracles de Dieu ; car Dieu a eu ce dessein dès la fondation du monde, sachant d'avance le cours que prendrait le péché, et le cours que prendrait l'homme sous les illusions du péché, à cause de l'expérience.

LES DÉBUTS DE LA COMPRÉHENSION.

Au fur et à mesure que les yeux et les oreilles du croyant commencent à saisir la plénitude de ce que Dieu a prévu pour Ses créatures, ses anciennes craintes s'apaisent et il commence à avoir un sens réel de la bonté et de l'amour de Dieu, comme jamais auparavant. Mais il aura encore des interrogations. Il voudra savoir quand commencera ce jour dont parle l'Apôtre, le jour du jugement du monde, ou de l'épreuve de la justice, dans des conditions favorables. Il voudra savoir pourquoi il n'a pas commencé immédiatement après la mort et la résurrection de notre Seigneur, s'il attendait et dépendait de Son œuvre expiatoire. Ce sera l'occasion d'ouvrir aux yeux de son intelligence une autre partie du plan gracieux de notre Père céleste, en lui montrant ce qui est si clairement exposé dans les Écritures, à savoir que le Père a destiné une Église élue et choisie à être comme une Épouse unie au Christ, Son Seigneur, Son Rédempteur et Son Époux, à être une manifestation spéciale de la miséricorde et de la bonté divines, à partager Sa gloire, Son honneur et Son immortalité, à être « changée » en nature divine à la première résurrection.

Il commencera maintenant à comprendre faiblement ce que l'Apôtre voulait dire lorsqu'il déclarait : « ‘Ce que l'œil n'a pas vu, et que l'oreille n'a pas entendu, et qui n'est pas monté au cœur de l'homme, ce que Dieu a préparé [mis en réserve] pour ceux qui l'aiment’ ; mais Dieu nous l’a révélée par son Esprit » (1 Cor. 2 : 9,10). Il commencera à apprécier le fait que lorsque nous entrons dans la famille du Seigneur et devenons membres de la Maison de la Foi, nous ne sommes qu'au seuil de la connaissance et de l'appréciation, et nous avons besoin de progresser et de croître. Il commencera à comprendre la force des paroles de l'Apôtre lorsqu'il dit, en s'adressant aux Chrétiens, et non aux gens du monde, « Je fléchis mes genoux devant le Père, ... afin qu'il vous donne ... afin que, enracinés et fondés dans l'amour, vous soyez capables de comprendre avec tous les saints quelle est la largeur, la longueur, la profondeur et la hauteur, et de connaître l'amour du Christ » (Eph. 3 : 14-19). Il dit encore : « Je ne cesse de rendre grâces pour vous, faisant mention de vous dans mes prières, afin que … le Père de gloire vous donne l'esprit de sagesse et de révélation dans sa connaissance, les yeux de votre cœur étant éclairés, pour que vous sachiez quelle est l'espérance de son appel, et quelles sont les richesses de la gloire de son héritage dans les saints » (Eph. 1 : 16-18).

Il faut du temps pour que le cœur et la tête se développent au point d'entrevoir une bénédiction aussi merveilleuse que celle que Dieu a accordée aux « élus ». Mais quiconque a ne serait-ce qu'un faible aperçu de la grandeur de la faveur de Dieu à l'égard de l'Église ne s'étonnera pas que, dans le plan divin, une marge aussi large que près de dix-neuf siècles ait été prévue pour l'appel, la discipline et le perfectionnement des saints en vue de l'œuvre grande et glorieuse à laquelle ils sont appelés en tant que cohéritiers du Messie. Ils ne trouveront pas non plus étranges les épreuves ardentes qui éprouvent tous ceux que le Seigneur notre Dieu appelle et accepte comme membres en probation de la classe élue du Royaume. Ils comprendront assez facilement que s'il était opportun, voire nécessaire, que notre Seigneur Jésus, avec toute Son expérience dans les Parvis célestes, doive « apprendre l'obéissance par les choses qu'il a souffertes » et prouver Sa loyauté envers le Père par une fidélité allant jusqu'à la mort, à plus forte raison Ses disciples - dont l'histoire antérieure était celle de pécheurs - doivent-ils être éprouvés et testés à fond en ce qui concerne leur loyauté envers le Seigneur.

De ce point de vue, les expériences des Chrétiens prennent un sens tout à fait nouveau ; et ceux qui se sont consacrés au Seigneur se rendent compte qu'ils courent pour un but, pour un prix ; leurs pas ne sont plus si chancelants, leurs cœurs ne sont plus si faibles et si inconscients, les babioles du monde ne sont plus si séduisantes et piégeuses. Dieu agit ainsi en eux par la Parole de Sa grâce, par Ses promesses si grandes et si précieuses. Par ce moyen, Il les pousse à vouloir Lui être fidèles, puis à agir, à conformer leur vie aux exigences de Sa Parole. La même vérité devient aussi une puissance, une force de Dieu, en eux, leur permettant de faire de plus en plus les choses qu'ils doivent faire - les choses agréables aux yeux de Dieu.

De ce point de vue, tout est clair et net ; non seulement nous voyons que Dieu permet le mal dans le monde afin que celui-ci puisse apprendre certaines leçons d'amère expérience sur la récompense naturelle des mauvaises actions ; mais nous voyons aussi un ministère du mal à l'égard des saints - dans leur mise à l'épreuve, leur polissage et leur affinage pour les préparer à l'héritage des choses merveilleuses que Dieu a en réserve pour les fidèles et s'assurer que, comme vainqueurs, ils en sont dignes (Manne du 15 mai). Ce sera, pour le croyant raisonnable, une explication complète de la raison pour laquelle Dieu n'a pas encore entrepris la bénédiction du monde ; de la raison pour laquelle les promesses, faites par les prophètes, d'un temps prochain où la connaissance du Seigneur remplira la terre, et où la malédiction sera enlevée, n'ont pas encore été accomplies. Ils peuvent voir que c'est la suppression de cette malédiction, l'effacement de toutes les larmes, l'apport de bénédictions à l'humanité, qui est l'œuvre même pour laquelle Dieu a mandaté Son Fils glorifié, et pour laquelle Il choisit l'Épouse, la femme de l'Agneau, comme cohéritière.

D'un tel point de vue, même l'intellect le plus endormi aura des aperçus merveilleux et rafraîchissants de la gloire et de la bénédiction qui suivront, dès que le « ministère du mal » actuel aura accompli son travail. En regardant vers l'avenir, ils commencent à réaliser quelque chose des longueurs, des largeurs, des hauteurs et des profondeurs du plan divin, et ils seront prêts à s'exclamer, « Oh, si le plan de Dieu est si grand qu'il a exigé un si large fondement, une si grande préparation, dans la personne de notre Seigneur, et dans les personnes de Son peuple qui seront cohéritiers avec Lui dans le Royaume, combien grandiose doit être la bénédiction qui sera administrée au monde par leur intermédiaire, lorsque le temps établi viendra ! ».

Au début, les pensées de la bénédiction qui vient à la pauvre création gémissante, et des gloires qui viennent aux saints fidèles, loyaux et souffrants, submergeront votre auditeur ; et il ne pourra rien voir et penser d'autre, pendant un moment, que la grâce stupéfiante de Dieu manifestée dans ce merveilleux plan de salut humain. Mais, peu à peu, il commencera à penser à lui-même et à la part qu'il a le privilège d'avoir dans l'arrangement divin ; et, à mesure qu'il verra la possibilité d'être cohéritier du Seigneur parmi les vainqueurs fidèles, il découvrira que toutes les promesses extrêmement grandes et précieuses de la Parole de Dieu, et les nouvelles espérances qu'elles inspirent, apporteront à son âme une énergie et une puissance qu'il n'avait jamais connues auparavant ; une énergie purificatrice, une puissance sanctifiante. « Quiconque a cette espérance en lui, se purifie, comme lui est pur ». Instinctivement, il commencera à tenir compte de l'exhortation de l'Apôtre, à « rejeter tout fardeau et le péché qui nous enveloppe si facilement, et à courir avec patience la course qui est devant nous » (Héb. 12 : 1).

Peu après, diverses exhortations de la Parole auront pour lui un sens nouveau et plus profond. Par exemple, lorsqu'il lira l'exhortation de l'Apôtre : « Purifions-nous nous-mêmes de toute souillure de chair et d'esprit, achevant la sainteté, dans la crainte de Dieu » (2 Cor. 7 : 1) ; ses paroles, ses pensées, ses actions, ses vêtements, son apparence personnelle, tout sera examiné d'un point de vue nouveau : il n'est plus un pécheur condamné, mais un fils de Dieu justifié et sanctifié, Son représentant, Son ambassadeur. Ce sera une nouvelle pensée pour lui, dans une certaine mesure, que la purification de la chair est une partie de l'œuvre de sanctification ; et qu'une purification de l'esprit ou de la pensée ou des intentions, est également nécessaire - afin d'atteindre une condition de cœur agréable et acceptable pour le Seigneur. Et bien qu'il n'atteigne jamais la perfection dans la chair, à cause des taches héréditaires, il fera néanmoins assurément des progrès considérables dans cette direction ; et ne pas voir certains progrès devrait être une cause de déception, et devrait conduire à un examen de conscience au trône de la grâce (Héb. 4 : 16). Il entendra, en outre, l'exhortation de l'Apôtre Pierre à la même classe, disant : « Joignez à votre foi la vertu [la force] ; et à la vertu la connaissance ; et à la connaissance la tempérance ; et à la tempérance la patience ; et à la patience la piété ; et à la piété l’affection fraternelle ; et à l’affection fraternelle l'amour ; car si ces choses sont en vous et y abondent, elles font que vous ne serez pas oisifs ni stériles pour ce qui regarde la connaissance de notre Seigneur Jésus-Christ. ... Car ainsi l’entrée dans le Royaume éternel de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ vous sera richement donnée » - 2 Pi. 1 : 5-8,11.

LA VIE ET LA MORT.

Il est donc mort pour sa foi, c'est bien -
Plus que la plupart d'entre nous ne le font.
Mais attendez, pouvez-vous ajouter à cette ligne
Qu'il a vécu pour elle, aussi ?

Dans sa mort, il a enfin témoigné
Comme un martyr de la vérité ;
Sa vie a-t-elle fait de même dans le passé,
Depuis les jours de sa jeunesse ?

Il est facile de mourir ; des hommes sont morts
Pour un souhait ou un caprice
Par bravoure, passion ou orgueil.
Était-ce plus difficile pour lui ?

Mais pour vivre - chaque jour vivre dehors
Toute la vérité dont il rêvait,
Alors que ses amis considéraient sa conduite avec doute,
Et le monde avec mépris.

Était-ce ainsi qu'il avançait péniblement,
Sans jamais se détourner ?
Alors, nous allons parler de la vie qu'il a menée -
Peu importe comment il est mort.

- Ernest Crosby